Je me marie (Petite comptine en 11 chansons)

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fadi concertDans quelques mois, je vais me réveiller, comme tous les jours, et je vais vivre une journée particulièrement fatigante, mais, je l’espère, remplie d’amour et de joie.

En effet, je m’apprête à unir mon destin à celui du Chevalier. Et même si, aujourd’hui, la chose paraît tellement évidente à notre entourage qu’on nous croit déjà mariés, le cheminement intérieur jusqu’à cet état de fait n’a pas été un long fleuve tranquille…

Je sais que je ne la remercie pas assez, mais comment oublier de remercier celle qui a été le grain de sable qui a mené la célibataire endurcie que je commençais à devenir jusque là (coucou la Siamoise). Ce qu’elle a vu : deux anciens étudiants en histoire fous de rock et de brit-pop et qui ont tendance à être un peu dans leur monde. Elle s’est dit : Pourquoi ne pas les présenter l’un à l’autre ? C’est ainsi que je me suis retrouvée à dire sur FB à un type qu’il n’avait aucun second degré.

Il n’en prit pas ombrage, et se mit même à rire. On se met à discuter, comme ça, pipou. Et un jour, je commis l’irréparable : je lui proposai de prendre un café un certain dimanche d’été.

Sauf qu’à moi, on ne la fait plus. Même si, évidemment, je n’avais envie, au terme de ce premier rendez-vous, que de le conserver éternellement dans mes bras, je suis assez rôdée dans le jeu amoureux pour ne pas m’emballer de suite face à ce déferlement émotionnel qui vient de m’envahir. Il faut dire que j’ai l’habitude de passer pour une fille qui cachait sous des aspects un peu graveleux une fibre romantique exacerbée…

… ce qui me valut de prendre de grosses mandales.

C’est pour cette raison, même si tout est allé très vite dans cette relation, je me mis plus d’une fois à freiner des quatre fers et à exprimer mon manque de confiance au Chevalier. Pour lui, le fait que nous décidions très vite de nous installer ensemble, puis de nous marier, était une chose de tout à fait naturelle. Malgré tout, je persistais à me méfier de cette histoire, malgré ses grandes déclarations.

Ces derniers mois, la vie m’a quand même offert de sacrés soubresauts, entre petites joies et deuils lourds à porter. Force est de constater que, non seulement le Chevalier a pris ses responsabilités face à tout cela, mais il est devenu la personne grâce à laquelle je ne sombre pas face au poids de l’incertitude.

Je suis donc ravie d’unir mon destin au sien. Nous serons entourés a priori de personnes bienveillantes sur notre couple, bien que certaines absences se fassent cruellement ressentir.

Si je parle d’être entourée par des personnes bienveillantes ce jour-là, c’est que ces mêmes sauront trouver les mots qui me diront de faire fi de tout ce que j’ai vécu de mauvais auparavant pour ne garder que le bonheur de l’instant.

Bref, je m’apprête à faire une chose que je n’aurai jamais imaginée, même dans mes rêves les plus fous. Peut-être parce qu’au final, le Chevalier m’apporte juste ce dont j’ai besoin.

Le saviez-vous ? spécial Musique

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nicolas guignolCe que m’a appris 15 mois d’amour avec le Chevalier, c’est que j’ai beau être plus cultivée que la moyenne, je peux toujours me cultiver davantage. En effet, la culture n’est pas question de savoir, mais de curiosité.

Petit test que j’ai fait hier avec le Chevalier : je lui faisais écouter Spiritchaser de Dead Can Dance, à savoir un album de musiques du monde un peu planantes, ce qui n’est pas tellement inclus dans son référencement naturel d’écoute musicale. A la diffusion d’Indus, le troisième titre de l’album, il y eut ce dialogue :

  • C’est le troisième titre de l’album qui est diffusé ?
  • Oui, il s’appelle « Indus ».
  • Tu sais que George Harrison a été crédité pour ce morceau ?
  • Ah bon ?
  • Oui, Brendan Perry s’est aperçu qu’en fait, dans son inspiration, il y avait une réminiscence de « Within You Without You » (Effectivement, dans la partie planante de cordes, NDLR). Il a demandé à l’époque à George Harrison lui-même qui a dit qu’il était tout d’accord pour leur céder les droits. Mais la maison de disque a eu peur d’avoir des problèmes et a décidé de le créditer sur le titre.

J’avoue, j’ai beau connaître le personnage, capable de me réciter des biographies entières d’artistes, le fait qu’il ait fait l’effort d’aller piocher sur le Wikipedia anglais la fiche d’un album de groupe obscur à sa connaissance m’a faite halluciner. Comme m’ont faite halluciner quelques petites références qui vont du Ah tiens, ça m’étonne pas à Oh putain, c’est quoi ce délire ? En voici quelques unes :

Si on fait un comparatif du look de Polnareff...

Si on fait un comparatif du look de Polnareff…

... et de Page à la même période, on aurait pu s'en douter :)

… et de Page à la même période, on aurait pu s’en douter :)

Le riff de La poupée qui fait non n’est pas joué par Michel Polnareff, mais par Jimmy Page. Avant de rejoindre la formation des Yardbirds qui finira par devenir Led Zeppelin fin 1966, Jimmy Page était déjà reconnu comme un excellent guitariste, mais surtout comme musicien de studio que tout le monde s’arrache. Y compris donc des pointures françaises de l’époque yéyé, telles que Françoise Hardy, Johnny Hallyday (Psychedelic et A tout casser), Eddy Mitchell (What’d I say) et donc Michel Polnarreff. Une rumeur dit même qu’il a participé en tant que musicien studio à entre 50 et 90% de la production britannique entre 1963 et 1966.

Zak_StarkeyOasis et The Who ont partagé un certain fils de comme batteur. Il s’agit de Zak Starkey, fils de Ringo Starr, le fameux batteur des Beatles. Bien que Ringo reconnaisse les qualités de son fils, il ne voyait pas exactement cette carrière pour lui. Sauf que le petit Zak a été extrêmement précoce au point d’enseigner la batterie dès l’âge de 10 ans. Il faut dire que les bonnes fées des percussions se sont penchées sur lui, puisque son parrain n’est autre que Keith Moon, le batteur originel de The Who, qui lui a offert sa première batterie. Il le remplace d’ailleurs depuis une vingtaine d’années sur les concerts de The Who. Accessoirement, il a été batteur du groupe Oasis entre 2004 et 2008, et a participé au dernier album du groupe, Dig Out Your Soul (2008) [Le Chevalier relit et vient de m’annoncer qu’en fait, il y avait DEUX batteurs sur « Dig Out Your Soul » : Zak Starkey et Noel Gallagher. Sortez moi de là, je vous prie, NDLR].

minetBernard Minet a été diplômé du Conservatoire National en percussion en 1974. Avant d’interpréter Bioman et quelques titres aussi problématiques que Hey, jolie petite fille, voudrais-tu sortir avec moi ?, Bernard Wantier de son vrai blaze était batteur dans des dancings à la fin des années 1960 et au début des années 1970 pour payer ses études au conservatoire. Il a ensuite été musicien studio et a collaboré avec toute la variété française de la fin des années 1970 : Sheila, Alain Chamfort, Charles Aznavour, Richard Clayderman… Ce dernier lui donnera l’envie de sortir sous son vrai nom des compilations d’interprétations de thèmes au synthétiseur (voui, LES compils Synthétiseur de la fin des années 1980 et du début des années 1990, c’est lui). Il collabore avec Dorothée et donc les Musclés entre 1983 et 1997. C’est d’ailleurs cette collaboration qui lui a permis d’accéder à la célébrité en passant pour un con, alors qu’en fait, c’est un musicien qui aurait pu faire une carrière très honorable.

On attribue à tort à Henri Salvador le premier disque de rock français. En effet, son EP enregistré sous le nom d’Henry Cording (ha ha ha ) en juin 1956, avec des collaboration de Vernon Sinclair (aka Boris Vian) et de Mig Bike (aka Michel Legrand), souhaitait rendre hommage avec des jeux de mots à cette mode qui embrasait les Etats-Unis depuis 2 ans. Sauf qu’un disque du nom de Mac Kac et son rock’n’roll a été enregistré un peu plus tôt dans l’année. C’est l’œuvre du batteur de jazz Baptiste Reilles, qui, par la suite, prit la direction artistique du Club Saint-Germain. De plus, c’est essentiellement les orchestres de jazz qui se sont mis à populariser le rock’n’roll en France dès 1955.

Elvis Presley était peut-être fils unique, mais n’est pas né seul. Il avait en effet un frère jumeau mort-né qui a été appelé Jesse Garon Presley. C’est en l’hommage de ce frère jumeau que Jesse Garon, chanteur de rockabilly français qui a eu sa petite notoriété au début des années 1980, a pris ce surnom. En effet, se lancer dans un revival 50’s en s’appelant Bruno Fumard, ça l’aurait moyen fait.

Cadeau Bonux : Les people qui ont essayé de chanter. J’ai bien dit essayé.

Alain Delon, Comme au cinéma

Alain Delon a l’expérience de la vie car il a les cheveux qui grisonnent. Alain Delon a du sex-appeal alors il jette sa veste sur le piano. Alain Delon se regarde dans le miroir, mais il souffre de son statut de star. Alors, comme tous les gens successful dans les années 1980, Alain Delon a décidé d’en faire une chanson. Avouez que, vous aussi, vous avez l’impression d’entendre Alain Melon.

Patrick Timsit, Manie Ma Nana

Il y a plusieurs raisons à ce massacre : nous étions en 1988, Timsit n’était pas encore la star qu’il sera dans les années 1990, c’est encore un mec qui fait des one-man shows un peu limite. Et donc il s’est dit : Tiens, pourquoi pas rigoler en faisant une chanson con et en bougeant comme Richard Gotainer ? 25 ans après, on lui parle encore de cette chanson comme d’un faux pas dans sa carrière.

Bernard Tapie, Je ne crois plus les filles

On savait que Nanar avait un peu touché à tout et que, même, il avait fait un duo avec Doc Gynéco. On a du mal à imaginer que chanteur, c’était son premier métier. A l’époque – dans les années 1960 –, il se faisait appeler Bernard Tapy et essayait de chanter comme Brel ou Serge Lama. C’est un bide. Il a même réessayé de recroiser le mic dans les années 1980 avec Réussir sa vie. Bref, même s’il est passé par la case zonzon, Nanar a mieux réussi dans les affaires.

Jean-Marie Bigard, La la la

Comme qui dirait, il n’y a la place que pour un seul Patrick Sébastien sur cette terre, et déjà, c’est lui accorder bien trop de place. Je vous prie de m’excuser pour vous avoir pourri votre semaine – bah oui, vous passerez votre semaine à chanter La la lalalala la la la –, mais admettez que Jean-Marie Bigard n’aura jamais fait aussi fort/nul que son Lâcher de salopes. Même quand il essaie de mettre l’ambiance en chanson, la soirée se dégonfle comme le slip du monsieur une fois qu’il a quitté la scène.

La musique est tellement protéiforme qu’il suffit d’être un petit peu plus curieux qu’une simple écoute pour découvrir toutes les connexions qui existent entre les différents styles.

10 chansons… pour le chômage

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chomageHélas, hélas, comme beaucoup de personnes en France en cette fin 2014, dont pas mal de personnes de mon entourage, je suis confrontée à la perte de mon emploi. C’est un drame que je vis pour la première fois sous cette forme, mais dont je connais par cœur les tenants et les aboutissants (pour m’être retrouvée par deux fois au chômage à la fin d’un cursus universitaire). Malgré tout, je reste bizarrement sereine, tant je vois cette perte d’emploi dans l’optique d’un changement général de vie que j’ai entamé par ma rencontre avec le Chevalier.

Mais, comme toute personne qui se retrouve sans emploi, il arrive que je sois confrontée au désespoir et à la démotivation. Quoi de mieux, donc, qu’une petite sélection de chansons pour se motiver à envoyer des CV et se forger un moral à hurler REP A SA ASSEDIC ?

The Offspring, Why don’t you get a job?

Commençons par du très classique : tu te fais embrouiller par tout ton entourage qui te dit Bouge-toi le cul, feignasse. Accessoirement, Emmanuel Macron et Manuel Valls en rajoutent une couche (qui de l’illettrisme, qui de la fraude aux prestations sociales…). Bref, qu’est-ce que tu fous encore là à me lire en pantoufles au lieu d’enfiler ton plus beau costar pour défoncer tous les RH de ta région ?

Peter Gabriel feat. Kate Bush, Don’t give up

La chanson de la chialance absolue quand tu es au bout du rouleau. C’est cette chanson qui me fait prendre conscience que quelque chose a changé par rapport à il y a 6 ans : certes, je suis en couple, certes, je porte un deuil, mais au moins, j’ai fait mes preuves et j’ai des appuis. Dans les soirs de désespoir, avoir deux-trois personnes qui me balancent tranquilou Ca va aller, tu peux y arriver – et même ma mère, truc de fou –, ça change tout.

Henri Salvador, Le travail c’est la santé

Exemple typique de ce que l’on se dit une fois à la retraite ou en ouverture de droits aux ASSEDIC que cet éloge à la procrastination et à la contre-productivité. Même si je me décourage certains soirs, connaissant le système de Pôle Emploi, je sais que la paresse est mon ennemie, tant il est plus éreintant de faire justifier ses droits au chômage qu’une quelconque productivité au sein d’une entreprise.

Princesse Erika, Faut qu’j’travaille

Autre écueil de la perte d’emploi : tout le monde va de son « petit conseil avisé ». Quelquefois, ça marche. La plupart du temps, c’est à côté de la plaque. Ou chercher dans le privé quand tout ton entourage est fonctionnaire…

Zachary Richard, Travailler, c’est trop dur

Chanson multireprise (par CharlElie Couture et Alpha Blondy, notamment), cette mélodie cajun n’exhorte pas seulement à la paresse, mais aussi à apprendre à trouver une liberté en dehors de toute notion de survie, de salaire, etc. Bref, ça apprend à relativiser un peu sur ses objectifs de vie.

Bernard Lavilliers, Les mains d’or

Cette chanson me tord le bide et je ne pourrai plus l’écouter avant un petit bout de temps. Comme beaucoup de personnes dans mon cas dans la boîte que je vais quitter, la décision qui a été prise a été un véritable déchirement. Personnellement, ça ne faisait que 6 ans que j’y travaillais, mais je pense à ceux qui sont là depuis plus longtemps, certains même y ont fait l’intégralité de leur carrière. Pour eux, c’est encore plus dur que pour moi.

Les Charlots, Merci patron

Certes, on ne fait jamais dans la finesse ni le bon goût avec l’équipe de comiques la plus connue des années 1970, mais j’avais envie d’une légère touche d’ironie dans cette playlist. Et même si la logique voudrait que je sois désormais mon propre patron (étant donné que les maisons d’édition externalisent de plus en plus les tâches), ça me fait encore peur, tout ça.

Eddy Mitchell, Il ne rentre pas ce soir

C’est le scénario qui se passe dans la tête de chaque personne à qui on annonce son licenciement. Comment l’annoncer à ses proches ? Comment envisager les projets que l’on a entamés, l’éducation des enfants, les loisirs, les relations… ? Et si, d’un coup, on fuyait cette vie, on disparaissait pour ne plus jamais revenir sur ses pas ?

Pierre Bachelet, Les corons

Conséquence désastreuse de la désindustrialisation de la France, qui préfère désormais tourner son prolétariat vers le tertiaire et la société de services, c’est Pierre Bachelet qui est obligé de nous faire des cours d’histoire. Et ça, c’est rude.

L’internationale

Loin de moi de combattre totalement le capitalisme, mais un petit coup de pied au derche de la part de mes amis gauchistes et communistes ne serait pas de refus. Malgré tout, j’ai fait le choix de bosser dans le privé, j’en assume les conséquences, je sais que ce que je vis en ce moment fait partie des affres de la libéralisation du marché du travail, mais je ne vais pas chouiner pour autant. Il y a des mauvais choix de vie qui ont des conséquences bien plus graves que celles inhérentes à bosser pour la société capitaliste.

Il me faudra du courage pour affronter la période qui commence, mais tant qu’il y a de la musique, des postes des rédacteur à pourvoir dans les caisses de retraites et des annonces intéressantes sur le site de l’ASFORED, tout espoir m’est permis.

5 chanteurs… cuir moustache

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cuirLa sexyness d’un chanteur se mesure à travers différents paramètres : soit sa voix subjugue son auditoire, soit son aura éclaire les auditeurs. Plus prosaïquement, et surtout depuis la deuxième partie du XXe siècle, un physique avantageux ou particulier vaut les meilleures campagnes de promotion d’un disque. Il y a une particularité chez certains chanteurs qui, selon les goûts, provoque l’hilarité ou le désir : la moustache.

Pourquoi ? Au choix, le moustachu lambda souffre dans l’imagerie populaire d’être assimilé à une personne ringarde, dégoûtante ou gay SM. Et les chanteurs qui arborent – ou ont arboré – un excès de pilosité en-dessous du nez n’échappent pas à cette règle. Faisons maintenant un petit digest de ceux qui nous font relativiser 15 jours de repousse post-Body Minute.

Francis Cabrel

Nationalité : Française

Style : Mousquetaire

Dès ses débuts en 1974, le troubadour d’Astaffort imposait son style avec une moustache digne des plus grands chevaliers baroques, qui était accompagnée d’une chevelure telle qu’on les faisait dans les années 1970. Sa carrière avançant, tant sa chevelure que sa pilosité labiale tendit à raccourcir. Las ! Ne supportant plus de se faire appeler La grand-mère à moustache par les Guignols de l’Info, Francis prit à rebours son public bucolique en s’avançant depuis une dizaine d’années avec le visage glabre. Depuis, ses chansons sur les amours dans les champs de blé trouvent bizarrement moins d’écho. Dommage.

Freddie Mercury

Nationalité : Britannique

Style : Victor Victoria

Si Farrokh Bulsara de son vrai nom avançait toutes dents dehors dans les années 1970, le tournant des années 1980 lui fit pousser une moustache droite et drue qui, accompagnée de cuir, de force marcels moulants et de quelques traits de crayon sous les yeux, fit beaucoup d’émules chez la population festive de l’époque. Il partage avec le chanteur suivant le goût de la bouche avancée, sauf que ce n’était pas de sa faute.

Günther

Nationalité : Suédoise

Style : Pétasse

Mats Olle Göran Söderlund, mannequin et directeur de discothèque, décide en 2004 de parodier les chanteurs allemands à coupe mulet tels qu’ils fleurissaient dans les années 1980, tout en s’entourant du décorum pornographique des films pornographiques suédois des années 1970. Avec ses pétasses interchangeables, le dénommé Günther hante les internautes avec forces duckfaces, allusions graveleuses (chansons bipées, bouteilles de champagne bien placées) et chorégraphies mi-coquines mi-ridicules.

Milan Fras

Nationalité : Slovène

Style : totalitaire

Le chanteur du groupe Laibach a été la raison première de l’écriture de cet article. Si aujourd’hui, M. Fras est davantage porté sur la barbe, la petite moustache taillée qu’il portait encore à la fin des années 1980, alors que la Slovénie était encore la Yougoslavie communiste, n’était pas sans rappeler une iconographie très IIIe Reich – d’où certaines accusations de fascisme. Non content de cette seule moustache, Milan Fras et son groupe ont brodé autour des costumes évocateurs et des clips dignes de documentaires filmés par Leni Riefenstahl.

Village People

Nationalité : Américaine

Style : Euh… Viril ?

S’il y a bien l’archétype de l’iconographie cuir-moustache-gay-SM en 2014, c’est bien grâce à ces types avec lesquels tu as appris à faire des trucs chelous avec tes bras en soirée.  Les plus marquantes moustaches du groupes sont celles du motard (bacchantes dignes de José Bové et tout de cuir vêtu, ahem) et de l’ouvrier en bâtiment (tout en torse nu et petit foulard assorti). Traumatisant.

Et vous, mesurez-vous la virilité des chanteurs que vous admirez à leur pilosité ? Ou préférez-vous, à l’instar des adolescentes, des chanteurs imberbes à la Justin Bieber ?

Chronique uchronique

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lapins-crane-belle-montre-bigJe vais vous faire un aveu : j’ai de plus en plus peur d’écrire, tant certains événements récents et tragiques m’enlèvent toute inspiration quand il faut parler de ce qui me tient le plus à cœur : la musique. En effet, mon père, celui qui m’a initiée à mes références musicales les plus classes (classique, jazz, blues, rock français, musique brésilienne…), s’en est allé vers d’autres cieux il y a maintenant trois mois. Certes, notre relation était ce qu’elle était, mais à l’instar de mes yeux clairs et de mes cheveux noirs, je ne peux désormais renier le fait qu’il m’ait transmis cette passion dévorante que Le Chevalier entretient désormais à coup d’exégèse.

Désolée donc de plombler l’ambiance, d’autant plus que j’ai encore le cœur endeuillé. Alors, comme toute personne en deuil et en colère, je me suis mise à réfléchir. De fil en aiguille, ma réflexion s’est transformée en fantaisie uchronique qui mettrait en scène des artistes dont j’aimais l’œuvre, mais qui sont partis trop tôt pour exprimer leur talent.

Jimi Hendrix (27 novembre 1942 – 18 septembre 1970)

jimi-hendrix-8150Au regard de certains titres que m’a faits découvrir Le Chevalier, et au vu de son obsession à vouloir rencontrer Eric Clapton lors du séjour en Angleterre qui vit sa fin, il est fort à parier qu’à partir de 1975, après une bonne remise en question de la trentaine de rigueur, le brave Jimi aurait voulu se racheter une conduite et se serait tourné vers la musique des hommes qui souffrent, à savoir le blues. Il aurait dès lors damé le pion à Clapton et serait devenu un B.B. King en puissance. Après une longue traversée du désert dans les années 1980, il serait revenu dans les années 1990 dans un unplugged d’anthologie qui en auraient inspiré bien d’autres. Il aurait ainsi continué sa route en devenant le bluesman le plus mythique de la route 66. Oui, si Jimi n’avait pas eu des cachetons à disposition, personne n’entendrait parler de Dieu aujourd’hui (et croyez-moi, ça me coûte de le dire).

Elvis Presley (8 janvier 1935 – 16 août 1977)

tumblr_mcnzk9T2b01qj5vtno1_500Gag du Chevalier : Il aurait été l’égérie de Burger King ! En vérité, comme beaucoup de personnes qui ont fait de mauvais choix de vie, le King n’aurait de toutes façons pas fait long feu, ou du moins, aurait arrêté la musique après la tournée qu’il aurait dû accomplir à partir du 17 août 1977. En effet, l’état de santé d’Elvis se dégradait depuis plusieurs années, du fait du rythme effréné des tournées associé à une mauvaise hygiène alimentaire. Si son cœur avait malgré tout tenu le coup, il serait devenu une icône à la Marlon Brando, un objet de culte vivant pour ses fans, mais vivant cloîtré chez lui à force de ne plus supporter de sortir défiguré en public.

John Lennon (9 octobre 1940 – 8 décembre 1980)

imagesBeaucoup de témoignages s’accordent à dire que mon Beatle préféré aurait été une véritable épave sans l’aide de Yoko Ono sur la fin de sa vie. Mais, suite au demi-échec qu’aurait été Double Fantasy, il se serait séparé d’elle définitivement et se serait rapproché de Julian qui porterait aujourd’hui (et légitimement selon moi) le flambeau artistique de son père, suite à son probable décès vers 1987. Un peu comme a fait George Harrison avec son fils Dhani. Je reste intimement persuadé qu’à l’instar d’Elvis, Lennon n’aurait pas vécu très longtemps, tant ses névroses le détruisaient petit à petit. J’ai l’intime espoir que, dans une dernière lueur, il serait revenu à des sons plus destructurés et plus rugueux, s’inspirant ainsi de son environnement new-yorkais à l’instar de Lou Reed et de Sonic Youth.

Freddie Mercury (5 septembre 1946 – 24 novembre 1991)

Freddie-Mercury-HQ-freddie-mercury-31872932-883-1199Dans un monde parfait où 35 millions de personnes n’auraient pas été touchées par la même maladie qui fut fatale au leader de Queen, il serait devenu le frère ennemi d’Elton John. Ou alors le mec à cause duquel on n’aurait jamais plus entendu parler de ce dernier. Ou même Barbara Cartland, Chantal Goya, Line Renaud, Jacqueline Maillan, bref, une « vieille dame » dont l’aura aurait servi à de nombreux jeunes gays en quête d’acceptation. Il aurait évidemment continué à chanter avec ses copains, mais le son serait devenu lisse et aseptisé, si on prend comme mètre-étalon l’album Made in Heaven et si on ne le situait pas dans un contexte de testament.

Kurt Cobain (20 février 1967 – 5 avril 1994)

photo-of-kurt-cobain-and-nirvana-1Je reste persuadée avec le temps que Kurt Cobain, lorsqu’il enregistra le mythique unplugged avec Nirvana complété de Pat Smear en novembre 1993, voulait établir un tournant dans sa carrière et se replonger, à l’instar de Johnny Cash, dans les sons roots américains que sont le hillbilly et le bluegrass. Bref, lassé d’exprimer sa rage et, surtout, des excès que ce mode d’expression engendrait, il se serait un petit peu « enterré » quelques années, le temps de se refaire une santé mentale. Il serait revenu avec un putain d’album folk, révolutionnaire mais apaisé en 1998 ; il aurait reconquis ses fans qui auraient vieilli entre temps. Bref, il aurait été un subtil mélange de Bob Dylan et de Patti Smith (c’est la reprise de Smells Like Teen Spirit d’icelle qui m’a mis la puce à l’oreille). Et je l’aurais adoré à 47 ans comme à 26.

Même si je ne suis pas tendre avec certains artistes que j’ai appréciés dans ces fantaisies uchroniques, cela m’aide à relativiser l’immense gâchis qu’est celui de ne jamais pu s’accomplir artistiquement jusqu’au bout. Cela ne m’empêche pas de les considérer comme des artistes à part entière et de les remercier pour l’influence que leur œuvre a sur moi.

Song’s Story’a #8 : Thunderstruck

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angusMon Dieu, je te délaisse, écriture. Mais la vie me joue des tours qui épuisent quelque peu mon inspiration. Donc, en musique, comme en écriture et en beaucoup d’autres choses hédonistes, je m’accorde un repos qui, parfois, je l’avoue, me frustre. Mais force est de constater que je dois retrouver le goût des choses.

Dans cette diète de l’inspiration, j’ai remarqué sur le mur de certains contacts FB deux vidéos assez différentes entre elles, mais qui ont un point commun : l’interprétation virtuose de ma chanson préférée de AC/DC, à savoir Thunderstruck (The Razor’s Edge, 1990) :

I was caught
In the middle of a railroad track (Thunder)
I looked round
And I knew there was no turning back (Thunder)
My mind raced
And I thought what could I do (Thunder)
And I knew
There was no help, no help from you (Thunder)

Sound of the drums
Beatin’ in my heart
The thunder of guns
Tore me apart
You’ve been – thunderstruck

Went down the highway
Broke the limit, we hit the town
Went through to Texas, yeah Texas
And we had some fun
We met some girls
Some dancers who gave a good time
Broke all the rules, played all the fools
Yeah, yeah, they, they, they blew our minds

I was shakin’ at the knees
Could I come again please?
Yeah the ladies were too kind
You’ve been – thunderstruck, thunderstruck
Yeah yeah yeah, thunderstruck

Oh, thunderstruck, yeah

Now we’re shaking at the knees
Could I come again please?

Thunderstruck, thunderstruck
Yeah yeah yeah, thunderstruck
Thunderstruck, yeah, yeah, yeah

Said yeah, it’s alright
We’re doing fine
Yeah, it’s alright
We’re doing fine
(So fine)

Thunderstruck, yeah, yeah, yeah,
Tunderstruck, thunderstruck, thunderstruck
Whoa baby, baby, thunderstruck
You’ve been thunderstruck, thunderstruck
Thunderstruck, thunderstruck
You’ve been thunderstruck

Angus Young dit avoir trouvé l’inspiration du morceau lors de la traversée d’un orage à bord d’un avion : l’électricité statique lui faisait lever les cheveux, et il a trouvé ça marrant. Au final, cela donne la raison pour laquelle le brave Angus mérite sa place dans le panthéon du rock’n’roll, bien plus que pour un vulgaire riff rythmé sur trois accords…

J’aime beaucoup Highway to hell, attention, là n’est pas la question. C’est juste que ça m’emmerde de réduire AC/DC à ça, alors que c’est quand même une sublime alliance de blues et de metal. Bon, il est vrai que, depuis Ballbreaker (2001), les albums du groupe ont tendance à se répéter. Mais, à un moment, quand on veut tenir 40 ans de carrière, il est rare de se renouveler d’une ligne directrice à base de gimmicks aussi puissants qu’une section rythmique ou que des riffs accrocheurs.

Pour moi, justement, c’est cette cellule de 32 doubles croches bouclées sur l’ensemble du morceau qui fait qu’Angus Young fait partie des génies de la musique contemporaine. Bien sûr, ce n’est pas son seul fait d’armes (dans le genre, sur Ballbreaker, il y a aussi le puissant The Furor). La force du morceau réside aussi dans le nappage à la fois minimaliste et puissant de la guitare de Malcolm Young et dans la ligne de basse de Cliff Williams. Le tout fait un morceau de blues extrêmement speed avec ce qu’il faut de guitar heroism pour confisquer la discographie de ton grand-père.

La boucle précédemment citée a permis une chose : elle prouve d’une part que les guitar heroes et les rockers de tout poil peuvent parfois s’inspirer d’une culture classique :

A partir de 1.14 : avoue que tu vois la référence toi aussi… En même temps, ce n’est pas la première fois que ce brave Jean-Sébastien s’immisce dans la culture rock.

D’autre part, cette virtuosité à la guitare est devenue un mètre-étalon pour la maîtrise d’un instrument, en témoignent les différentes vidéos qui fleurissent sur Youtube. Il n’est désormais plus rare de voir des interprétations de Thunderstruck avec des instruments aussi improbables que la flute :

… l’accordéon (il a neuf ans, il faut le préciser) :

… ou bien la cornemuse (avec un lance-flammes intégré) :

Mais, dans mes recherches effrénées sur Youtube pour trouver la meilleure version, j’ai trouvé trois petites pépites de reprises instrumentales barrées :

Le glockenspiel (by la geisha de Manchuria)

Outre le glockenspiel, cette petite reprise offre également une shirley à partir de l’ouverture d’une canette, une section rythmique faite à base de casseroles et du backmash bien dosé. Bref, un petit bijou de créativité.

Le piano (by cruzo57)

C’est justement cette reprise qui m’a fait penser à la référence à la Toccata & fugues en D mineur de Bach. Je dirais même que, du fait de l’évidence de l’adaptabilité du morceau au piano, l’exercice peut s’avérer casse-gueule, du fait de la tentation de réduire le débit. Ce youtubeur a, de surcroît, le bon goût de rendre hommage dans ses arrangements aux tonalités blues du morceau.

Le violoncelle

Les deux violoncellistes croates Luka Sulic et Stjepan Hauser, regroupés sous le duo 2Cellos, en plus d’être craquants, sont spécialistes de reprises de tubes rock avec juste leur instrument de prédilection. Si pour certains titres, c’est un peu poussif, pour leur reprise de Thunderstruck, cela frise le génie pur.

Un morceau tel que Thunderstruck me conforte dans la vision que le rock’n’roll et tous ses avatars sont devenus désormais un canon classique de la musique. Il n’y a qu’à voir ces divers instruments réinterpréter ce riff assassin pour s’en convaincre.

Go go go ! Allez Allez Allez !

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coupe-du-mondeDepuis le jeudi 12 juin 2014, personne ne peut l’ignorer, c’est la coupe du monde de football au Brésil. Si personnellement, j’adorais ce sport dans ma jeunesse (au point de piquer de vraies crises de nerfs pour des matches), le comportement de l’équipe de France en 2010 m’en a complètement dégoûtée. De plus, la FIFA a maintenant tendance, afin de répartir l’épreuve sur toute la planète, à choisir des pays organisateurs où règnent et/ou un marasme économique et/ou pas la paix sociale et/ou un climat pas franchement démocratique.

Cette année, la coupe du monde se passe au Brésil. Bien. Cela me ferait super plaisir si je ne me souciais pas des réalités économiques et sociales du pays (à force de croiser des Brésiliens à tout bout de champ). Ce qui m’écœure d’autant plus, c’est la manière dont et le gouvernement brésilien et la FIFA ont essayé à tout prix de minimiser toute révolte populaire inhérente à l’organisation de ce Mondial. En effet, c’est la première fois que l’on voit une population se soulever – à raison – contre la tenue d’événements dont elle sait pertinemment qu’il n’y aura aucune retombée économique sur elle, tout en générant des difficultés financières pour le pays. Cette prise de conscience, qui vient en même temps que la mise en lumière de conditions de travail dignes de l’esclavage pour construire les stades qataris. Mais vous savez, les désirs populaires n’ont pas beaucoup évolué depuis l’empire romain : Panem et circences.

Maintenant que je vous ai bien plombé l’ambiance, passons aux choses sérieuses. De tous temps, il y a eu des hymnes de supporters et des chansons dédiées aux matches de foot. Ce sont soit des reprises de tubes :

soit des chansons écrites exprès :

La Coupe du Monde n’échappe pas à cette tradition. Mieux : en plus de générer de la manne financière grâce aux encarts publicitaires, elle est aussi portée par des hymnes plus ou moins officiels. Faisons un petit point des chansons qui font vibrer autant les cœurs que le porte-monnaie.

Les hymnes nationaux

petit10Même si la sono du stade de Porto Alegre était un peu chaffouine ce dimanche 15 juin au point de zapper les hymnes nationaux durant France-Honduras, il n’y a pas de rencontres entre équipes nationales sans entonner les hymnes (à croire qu’ils ne servent qu’à ça, à l’heure actuelle). Même si beaucoup de personnes militent pour leur suppression dans les stades, il n’y a rien de tel pour galvaniser les foules. Voici ma petite sélection :

Russie

On a beau ne pas aimer la Russie pour des tas de raisons (Poutine, le KGB, le goulag, les Pussy Riot), il faut avouer que c’est le plus bel hymne du monde (voui, même au-dessus de La Marseillaise, c’est pour vous dire).

Italie

Dans le genre d’hymne national qui envoie du pâté dans un stade de football, l’hymne italien se pose là. Même si c’est Michele Novaro qui l’a composé en 1848, c’est le genre de composition que n’aurait pas renié Verdi. Bref, un truc qui doit être chanté par un chœur de 120.000 personnes minimum pour en mesurer sa profondeur.

Allemagne

Même si aujourd’hui, les deux premiers couplets ne sont pas chantés, parce que Deutschland, Deutschland über alles rappelait trop un passé pas super glop, j’en connais en partie les paroles et je frissonne à chaque fois, parce que, même au football, l’Allemagne est mon Heimat.

Angleterre

Aujourd’hui, l’hymne anglais m’apporte davantage de frissons au rugby, tant le pays qui a fixé les règles du football moderne ne mérite pas l’aura qu’on lui confère désormais balle au pied. Oui, même David Beckham, il a beau être sublime en slip, ça n’empêche que ça reste un narvalo balle au pied en dehors du ManU des années 1996…

Brésil

Mettons quand même à l’honneur le pays organisateur de cette Coupe du Monde 2014 qui ne lui redonne même pas de joie [sic]. Personnellement, j’aurais davantage opté pour le Festa para um rei negro, qui aurait quand même plus de gueule et serait plus représentatif musicalement du Brésil.

Les hymnes officiels de la FIFA (ou pas)

tumblr_m9ibi9wU8D1rbgeluo10_r2_400Pour promouvoir la Coupe du Monde, la FIFA, depuis 1966, aime trouver un hymne fédérateur, qui serait l’image de l’organisation au même titre que la mascotte. Force est de constater que certains de ces hymnes sont devenus des tubes. Il se peut même que certaines chansons « non officielles » viennent se greffer à ces hymnes.

Ricky Martin, La copa de la vida (1998)

Hymne officiel de chez officiel de la FIFA pour le Mondial organisé et remporté par la France pour le marché international. On a de tout : du latino, des trompettes, du cri de supporter au refrain… Bref, le truc qui te scotche la tête pendant quelques années, mais qui, curieusement, s’est avéré trop kitsch pour perdurer dans les stades de foot.

Axelle Red & Youssou N’Dour, La cour des grands (1998)

Cette chanson s’est imposée comme étant la chanson cooptée par l’organisation du Mondial français (merci Michel P.). Axelle Red et Youssou N’Dour, avec leur forte aura « protection de l’enfance/valorisation des différences/bouh le racisme c’est nul » dans leurs textes respectifs, ne pouvaient que faire une chanson remplie de rêveries et de bons sentiments.

Dario G, Carnaval de Paris (1998)

C’est finalement cette chanson qui s’est imposée dans le cœur des supporters, de Geoffroy Guichard au Vélodrome en passant par le Stade de France. Il faut dire que ce brave DJ ne s’est pas foulé : il a carrément repris un des hymnes de supporters les plus chantés au monde et qui a justement été remplacé par Seven Nation Army.

Pascal Obispo, Live for Love United (2002)

Comme on est doué en France pour composer des chansons larmoyantes pleines de bons sentiments (cf. 1998), Rascal Obistro, en bon amateur chevronné, a demandé à 50 joueurs de s’engager contre le SIDA avant la Coupe du Monde. C’est devenu un des hymnes officieux et ridicules de cette coupe du monde à l’ambiance un peu weird (et je ne dis pas ça parce que la France s’est faite jarreter au premier tour).

Shakira, Waka Waka (2010)

La FIFA, voulant retrouver le « succès » de 1998, demande à LA Latina en vue de pondre une choré en moins de deux pour faire bouger au-delà de l’Afrique du Sud. Bingo : on le passe encore au Macumba Night quatre ans après. De surcroît, Shakira a profité de l’occasion pour rencontrer le mec qui l’a engrossée. Jackpot !

Jennifer Lopez & Pitbull, We Are One (Ole Ola) (2014)

Encore des Latinos, encore du Olé Ola dans le refrain, une pincée de batucada pour faire genre… Et donc ça marche moyen. Pourquoi ? Parce que Pitbull, il va bien 5 minutes, et Jennifer Lopez est bien tapée à 44 ans, mais justement, elle a 44 ans et elle fait juste pitié.

Shakira & Carlinhos Brown, La La La (Brazil 2014) (2014)

C’est aussi la raison de l’échec de l’hymne officiel de la FIFA : Shakira revient, elle est super vénère, elle s’accompagne de la caution locale classe (parce que dès que tu veux faire un minimum brésilien, t’invites Carlinhos Brown, il fait toujours l’affaire) et surtout il y a la caution humanitaire derrière (fondation Danone pour le développement alimentaire). Bah Bravo, même si le Chevalier rebondit en trouvant la chanson casse-c*uilles.

Et en France ?

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A priori, l’équipe drivée par Didier Deschamps ne s’est pas choisi d’hymne pour se fédérer durant ce Mondial brésilien, et on n’en a pas composé un exprès. Ce n’est pas plus mal, au vu des précédents :

Hermès House Band, I will survive (1998)

D’abord destinée au Stade Français de Max Guazzini, cette chanson a été intégrée dans l’équipe de France 1998 par Emmanuel Petit. Révélé peu avant la finale décisive, le La la la la la évocateur est devenu par la suite LE chant de supporters de l’équipe de France pendant au moins 10 ans, avec le Et 1 ! Et 2 ! Et 3-0 !

Johnny Hallyday, Tous Ensemble (2002)

Le taulier national qui aime bien les joueurs de l’équipe de France – et surtout Zazie – a décidé de se fendre d’une déclaration d’amour aux champions du monde et d’Europe  en titre. Si ça se trouve, c’est peut-être pour ça qu’on a précédé l’Espagne sur le plan de l’archi-favori qui rentre la queue entre les jambes dès le premier tour…

La Plage, Coup de boule (2006)

Ce ne fut pas l’hymne de l’équipe de France à proprement parler, mais la conséquence du retour de bâton de cette blague sortie après l’Euro 2000 : Quel est le peuple qui rebouche le plus vite les bouteilles de champagne ? Les Italiens. Alors oui, Zizou a terminé sa carrière internationale de manière un peu sale – Le Chevalier me soutient que le brave et timide Zinedine ne voulait pas que Doménech reparte avec la coupe du monde, alors qu’elle était à portée de main. Mais force est de constater que, davantage que la glorification des champions, la France a plus de talent pour se foutre de la gueule des losers.

Mickey 3D, #Cpasgrave (2014)

Mickael Furnon a décidé de chanter son… bon ben son sentiment sur les Bleus de 2014. Comme d’habitude, c’est trainant, cynique et un poil déprimant. De toute façon, même pour chanter son amour pour Jonny Rep, ce mec est au bord du suicide. Heureusement que les minots ont pris le contrepied en plantant 8 buts en 2 matches. Pourvu que ça dure.

Comme la musique est indissociable du football, il faut bien que des chansons s’illustrent dans les gradins ou dans les vestiaires. On peut aussi citer Ta fête de Stromae, pour la Belgique ou On va la foutre au fond de Sébastien Patoche. Mais rien ne vaudra jamais un bon chant de supporter composé à la dérobée…


Vinyle, mix mono/stereo, live : quelle écoute vous convient mieux ?

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Depuis que je vis avec le Chevalier, mon rapport à la musique a véritablement changé : en effet, je me fais carrément des sessions d’écoute de disques entiers des années 1960 à 1990 – essentiellement de la brit-pop, du punk et de la nu-sound. Mais mon cher et tendre, en grand malade, peut avoir plusieurs versions d’un même album.  Vous rigolez, vous rigolez, mais effectivement, quand on fait de l’écoute comparative, outre le fait qu’on découvre plusieurs morceaux en un (Tiens, je ne m’étais pas aperçu de cette petite boucle de batterie dans ce que j’avais l’habitude d’écouter…), on découvre de nouvelles sensations d’écoute : le son paraît plus léger, ou plus lourd, plus enveloppant ou plus évanescent…

Autre chose que le Chevalier me refait découvrir : la comparaison entre les vinyles pressés d’époque et les vinyles nouvellement mixés ou remasterisés. J’ai fait un comparatif avec le vinyle de La Fiancée, que j’avais reçu en 2010 () et Boys don’t cry de The Cure qui date de 1980. Une chose m’a frappée : en fait, maintenant que mon oreille est habituée par 25 ans de numérisation et de son lissé, je trouve que le pressage vinyle anté- numérisation est absolument crade. Quand j’étais petite, cela ne me gênait absolument pas, dans la mesure où le son n’était restitué que comme ça (même si mon parrain, en bon hipster de l’époque, a ramené une platine CD Sony dès 1983 du Japon, sauf qu’il n’avait que très peu de son qui allait avec). J’ai commencé avec les CD avec ma sœur vers 1991. Et depuis, je ne réécoutais quasiment plus de vinyle. Par conséquent, en réécoutant Boys don’t cry ce matin, j’ai eu l’impression à la fois de retrouver une Madeleine de Proust (parce que, malgré tout, le pressage vinyle anté-CD a un son qui ne s’oublie pas) et un véritable cauchemar auditif (idem).

Toute cette exégèse autour de chansons m’a donné l’idée de faire un petit test de l’été pour savoir quelle écoute vous convient. Mais avant, lisez ce précis comparatif :

Vinyle

Playlist*Attention, quand je parle de vinyle, je parle du pressage anté-CD. La remasterisation et le pressage vinyle d’albums auparavant édités en première pression en CD n’a aucun intérêt, dans la mesure où c’est un son numérique et non analogique qui est restitué. Vous voilà prévenus, bande de hipsters.*

Impression générale : Le son a l’air étouffé par des *krrr krrr*. Ceci est dû justement au support vinyle qui, parfois, n’était pas d’excellente qualité, dans la mesure où lorsque le support était recyclé, on pressait tout dans la pâte vinyle y compris les ronds centraux. Par conséquent, le support, comme le son, n’était plus « pur ». Et puis qui voudrait encore mixer en analogique en 2014 ?

Avantages : le son est super vintage et ça peut rappeler des souvenirs aux plus âgés de mes lecteurs.

Inconvénients : le son est sale et ne restitue pas certains détails que la restitution numérique met en valeur. Autre inconvénient de taille : on a l’impression que ses baffles implosent de l’intérieur.

Mix mono

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Jusqu’à la fin des années 1960 et la généralisation des mixages analogiques en stéréo de qualité – et ce grâce au mouvement psychédélique qui a permis le développement des mixes stéréo qui permettaient alors de jouer sur la diffusion du son, permettant une autre qualité d’écoute –, les mixes mono étaient la norme, y compris pour la radio. Il n’y avait qu’un seul canal d’enregistrement pour toutes les parties d’une chanson (d’où mono) et on n’avait pas encore conscience que l’on pouvait restituer le son de manière diffuse. Fun fact du Chevalier : Pet Sounds (1967) des Beach Boys a été mixé en mono (alors que la norme américaine était en stéréo) parce que Brian Wilson, qui a perdu l’audition d’une oreille, s’est occupé du mix de l’album.

Impression d’ensemble : on a l’impression soit de se prendre le son en pleine face (du fait d’un aspect monolithique), soit d’avoir un son tout plat, sans relief.

Avantage : quand une enceinte pète, au moins, tu as toutes les parties de la chanson.

Inconvénient : si la chanson n’a pas de relief au départ, t’as l’impression de te faire chier. Si au contraire c’est une chanson remplie de nuances, tu te prends tout dans la gueule et ça peut perturber (en tout cas, perso, un comparatif sur Tomorrow Never Knows m’a permis de comprendre tout ce que le mix mono peut avoir de perturbant quand on ne met pas le relief en valeur).

Mix stéréo

bv000040C’est le mix le plus commun aujourd’hui, parce que le dolby surround, n’est pas encore la norme en termes de mix musical, ni même la quadriphonie – comme le fait si bien remarquer le Chevalier, nous n’avons pas quatre oreilles. Au lieu de faire un bloc avec tous les éléments, ils sont répartis sur plusieurs canaux (en général, deux), afin de donner de la profondeur à l’écoute. Même maintenant, ça ne te viendrait même pas à l’idée de mettre ta chaîne en mono, sachant que tu vas perdre certains éléments de la chanson, en témoigne ta rage quand un de tes écouteurs d’iPhone pète.

Impression générale : Le son est diffus. Par conséquent, lorsque le mix stéréo est « foiré » (c’est-à-dire comme on mixait au début de la stéréo, à savoir un canal pour les voix et un autre pour les instruments), l’impression de profondeur est biaisée. La musique psychédélique de la fin des années 1960 a eu ceci de bon que la répartition du son sur les différents canaux s’est fait de manière plus efficiente, afin de retranscrire véritablement la volonté de profondeur des plus grandes œuvres des années hippie. Le Chevalier rajoute : Hendrix en mono n’aurait pas de sens.

Avantage : pour peu qu’on ne souffre pas de problèmes auditifs, la restitution stéréo est proche de l’audition réelle.

Inconvénient : quand on est habitué à analyser ce qui passe par la tête, et que le mix est assez bien fait pour que tu ne saches pas si le son vient dans l’oreille gauche ou de la droite, ça peut vite te taper sur le système.

Live

recherche-chanteuse-eviter-les-piages-300x228C’est la restitution réelle de la musique (sauf quand tu assistes à un mix, et ça, à part si t’es là pour danser, c’est un peu ballot). Tu t’attends quand même à ce que, même si les amplis sont mal réglés, à kiffer ta race. Sauf si pour toi, l’importance n’est pas le musicien, mais la musique elle-même.

Avantage : en théorie, pas d’autotune ni d’ajout un peu zarbi, le mec est obligé de balancer tout ce qu’il a dans le ventre pour épater le public.

Inconvénient : on sait de suite ce que la musique vaut sans filtre.

Et maintenant, quelle version sonore à accorder à votre vernis tangerine cet été ?

1 – Une enceinte vient de rendre l’âme

A – Je me disais que le son était moins suédé, d’un coup.
B – Ah bon ?
C – Je pensais que c’était un instrumental.
D – J’espère que la pluie ne va pas compromettre le show de ce soir.

2 – La photo affichée dans votre salon :

A – La photo de mariage de vos grands-parents.
B – Votre 1ère photo de classe avec vos frères et sœurs.
C – Vos dernières vacances à Bali (dans un cadre numérique).
D – Votre dernière sortie en boîte.

3 – Un pote sort sa guitare en soirée. Comment réagissez-vous ?

A – Hey, tu peux jouer « Jeux interdits » ?
B – Hey, tu peux jouer « La poupée qui fait non » ?
C – Hey, tu peux jouer « Wonderwall » ?
D – Hey, tu peux jouer « The Call of Ktulu » ?

4 – La meilleure invention musicale :

A – Le 78-tours
B – Le transistor
C – Le mixage numérique
D – L’ampli

5 – Il y a trop d’infrabasses dans cette salle :

A – Vous repartez en pleurant et en saignant des oreilles.
B – Putain, quelle profondeur !
C – Juste aïe.
D – Ils ne sont pas foutus capables d’embaucher de bons techos…

*

Majorité de réponses A : l’écoute de vinyles d’époque n’a aucun secret pour vous.

Vous n’avez jamais jeté votre platine ni votre mange-disques Fisher Price en 1994 et, sans être DJ, vous avez toujours cru au retour en force du support de votre enfance. Si vous êtes né après 1990, vous êtes un sale hipster de merde.

Majorité de réponses B : Vous kiffez le mix mono.

Pour vous, seul le coffret mono des Beatles est la vraie restitution du son studio. Et vous ricanez quand votre petite sœur jette son casque lorsqu’un des écouteurs pète. En gros, vous êtes à la fois tyrannique et sadique. Ou vous avez perdu une oreille. Dans ce cas, je vous plains.

Majorité de réponses C : Vous êtes profondément attiré par le mix stéréo.

Et vous avez raison, parce que vous ne supporteriez pas à peu près 99 % de la production phonographique en 2014 dans le cas contraire. Certes, aimer le mix stéréo d’un album ne fait pas de vous un original, mais au moins, vous avez pris conscience d’un fait scientifique : l’être humain a deux oreilles.

Majorité de réponses D : Le meilleur support, c’est le musicien lui-même !

Pour vous, l’écoute de la musique est aussi une expérience visuelle (T tro bo Justiiiiiiiiiiiin) et vous ne croyez plus au support audio pur. C’est un choix qui, de plus, enlève le côté un peu solitaire de la platine pour permettre la rencontre.

10 chansons… pour mon emménagement

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maison légoYoupi, j’ai maintenant mon propre logement (certes, avec Le Chevalier, mais tout de même), avec des remboursements, des impôts locaux, des réunions de syndic et tout le toutim.  Tous les soirs, j’ai le droit à ma redécouverte des classiques, dont Monsieur est friand. J’ai même le droit de jouer avec ses instruments de musique, quel bonheur <3.

Mais même si c’est la première fois que je m’installe à la fois en couple et dans un logement qui m’appartient en partie, je trouve toujours aussi excitante et angoissante la perspective de changer de lieu où je suis censée me sentir en sécurité encore mieux que chez ma mère. Et pour une personne de ma trempe, changer ses habitudes, c’est quasi changer de vie. A ma décharge, il est vrai qu’à chaque fois que j’ai eu à changer de lieu de vie, c’était pour un changement radical de vie (études, stage, CDI, vie de couple)…

Et, comme d’habitude, quand je vis quelque chose, il y a la musique qui va avec :

Bénabar, Y’ a une fille qui habite chez moi

C’est EXACTEMENT le sentiment que je ressens depuis un mois. Putain, c’est quoi ces marcels ? Et puis tous ces livres, quoi… Même si vivre avec une autre personne qu’un membre de ma famille peut s’avérer être une source d’angoisse, finalement, avoir emménagé avec un homme peut avoir des avantages : il descend les poubelles, sort ses gros bras quand il faut et repasse même ses chemises ! De plus, il n’est pas chiant quand on choisit les meubles, et ça, quand on connait mon niveau d’exigence, cela tient de la gageure.

Madness, Our House

Même si nous n’en sommes pas encore à maroufler dans l’appart’ – quoiqu’en ce moment, je pense qu’on aura à faire des travaux plus vite que prévu –, il nous tarde de crier à nos proches que notre maison est au milieu de la rue

Jean-Pierre Ferland, Je reviens chez nous

Alors oui, on se lance dans le très ringard d’entrée de jeu, avec le tube d’un cousin de la belle province qui s’est fait connaître de ce côté de l’Atlantique avec cette chanson spécifiquement. Comme j’expliquais récemment, pendant 14 ans (mis à part une période de 3 ans où j’ai vécu avec ma sœur), je n’ai pas eu quelqu’un à m’attendre le soir quand je revenais de la fac, de soirée ou du travail. Et de me dire Je reviens chez nous, ça me fait vraiment chaud au cœur.

Eric Clapton, Back Home

Déjà, parce que Dieu qui chante, même si c’est La b*te à Dudule, ça reste chouette. Et puis une chanson qui parle d’un roadie qui en a marre, c’est toujours touchant. Ca nous rassure sur le fait que, même si c’est à 60 piges (l’âge de Clapton quand il chante cette chanson), trouver son point d’équilibre est toujours un objectif à atteindre et un espoir à nourrir quand on s’installe dans un nouvel endroit.

Ladysmith Black Mambazo, Homeless

Même si ce groupe de chant vocal a cappella sud-africain a été fondé en 1960, il s’est notamment fait connaître grâce à Paul Simon et à leur collaboration sur l’album d’icelui Graceland (1985). D’ailleurs, c’est ce même Paul Simon qui a écrit les paroles de cette chanson qui illustre à la fois une triste réalité dans beaucoup de pays, mais assez égoïstement ma plus grande crainte concernant ma vie personnelle.

Maxime Le Forestier, San Francisco

Je le dis et le redis : si je respecte un songwriter français plus que Gainsbourg ou Biolay, c’est bien ce brave Maxime. De plus, cette chanson, avec l’évocation d’une maison bleue où il ferait bon vivre dans la quiétude, me fait me rappeler de MA maison bleue (une maison en pierre en plein milieu d’un bourg où il y avait des rideaux bleus), où certes j’ai été mordue par un chien, où certes certains rêves traumatisants pour des enfants peuvent s’avérer des anecdotes cocasses, mais où j’ai vécu mes premiers souvenirs vivaces.

Nino Ferrer, La maison près de la fontaine

Cette chanson, reprise il y a quelques années par Thomas Fersen, parle du thème de la nostalgie et de la désillusion qui en découle. Quand on est amené à changer de lieu de vie, on se figure que les anciens lieux de vie resteront toujours figés à jamais. Et c’est parfois avec le cœur serré que l’on voit à quel point le quartier a changé.

Herman Düne, My Home is Nowhere Without You

J’ai cru que je ne le dirais jamais un jour, mais j’aurais pu emménager dans une yourte en plein milieu de la Mongolie avec Le Chevalier, cela m’aurait fait le même effet que de vivre avec lui dans cet appartement. Quitte à emménager dans l’endroit de France qui fait le plus peur à ma mère…

The Kinks, House in the Country

A l’extrême, si j’avais eu à posséder une maison, j’aurais préféré retourner dans la campagne chère à mon cœur. Mais étant donné que mon travail est essentiellement urbain et que, comme dirait ma grand-mère, j’irai pas m’installer au milieu des quatre routes, ma house in the country attendra encore quelques années.

Bénabar, Quatre murs et un toit

On peut dire ce qu’il veut de Bénabar et de son agaçante propension à savoir chanter le quotidien des gens, n’empêche que je ne trouve pas mieux pour conclure cet article sur ma nouvelle condition de propriétaire et ce qu’elle implique comme bouleversements dans ma vie.

Pour l’instant, c’est encore le boxon dans l’appartement mais la musique y résonne déjà. Preuve que je suis réellement chez moi…

28 chansons… pour l’Union Européenne

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Ce dimanche 25 mai, outre faire la bise à toutes les mamans et, en ce qui me concerne, faire mon devoir de maman par procuration, nous sommes appelés à voter pour élire nos représentants au Parlement européen. A quoi cela sert-il ? Comme nos députés en France, ils permettent d’élire ceux qui vont voter ce qui va légiférer au niveau de l’Union Européenne. Ce parlement va contenir des représentants de 28 pays, qui sont intégrés au fur et à mesure dans l’UE depuis 1957.

Aujourd’hui, en guise de devoir citoyen, je vais vous présenter ces pays de l’Union Européenne en musique, afin de vous inciter – ou pas – à vous intéresser à cette putain d’élection tellement inintéressante qu’en France, à quelques jours de l’élection, le Front National, ouvertement anti-européen,  est crédité de 25% des intentions de vote. Dur. A moi donc de vous convaincre en chanson que l’Europe, c’est cool.

Allemagne

Date d’entrée : 1957

Langue : allemand

Lauréats du concours Eurovision : Nicole (1982), Lena Meyer-Landrut (2010)

La chanson : Nina Hagen, Ich bin ein Berliner (1988)

J’aurais pu citer Rammstein, MON groupe allemand préféré, Scorpions, Blank & Jones, Dr Motte, Kraftwerk ou même Anton aus Tirol. Sauf que Nina Hagen fait partie de ces « personnages » des années 1980 qui m’ont marquée durant toute mon enfance. Et pour moi, cela symbolise parfaitement l’Allemagne : un peu effrayant aux premiers abords, mais très sympa et super fun quand on l’a apprivoisé.

Autriche

Date d’entrée : 1995

Langue : allemand

Lauréats du concours Eurovision : Udo Jürgens (1966), Conchita Wurst (2014)

La chanson : Hochtirol, Konis Hupen

En termes de génies autrichiens qui s’exportent, Mozart et Arnold Schwarzenegger n’ont qu’à bien se tenir. Plus de muscles que dans Conan le Barbare, plus de dramaturgie que dans l’air de la Reine de la nuit, Konis Hupen est un tube en puissance. J’aime habituellement à me moquer de mon pays de cœur à cause de sa très populaire musique bavaroise, mais que dire de son pendant tyrolien…

Belgique

Date d’entrée : 1957

Langues : français, néerlandais, allemand

Lauréat du concours Eurovision : Sandra Kim (1986)

La chanson : Arno, Putain, Putain (1997)

Capable du génie (Stromae, Jacques Brel, Dick Annegarn) comme du grave (Lara Fabian, Plastic Bertrand, Benny B, Frédéric François) en musique, la Belgique a aussi donné Arno. L’équivalent d’un OVNI tant musical que vocal, personne ne sait réellement ce qu’il prend, mais en tout cas, quand on l’interviewe, ça a l’air très efficace.

Bulgarie

Date d’entrée : 2007

Langue : bulgare

Lauréat du concours Eurovision : Néant

La chanson : Preslava, Kaji Zdravei (2014)

Star du style « chalga » (pop-folk bulgare mêlée à des influences turco-arabes, merci l’Empire Ottoman), Preslava a déjà 15 ans de carrière derrière elle. Mais la Bulgarie se distingue très bien aussi au concours de l’Eurovision, notamment avec Elitsa Todorova et Stoyan Yankulov (2007 et 2013).

Chypre

Date d’entrée : 2004

Langues : grec, turc

Lauréat du concours Eurovision : Néant

La chanson : Anna Vissi, Eleni (1995)

Certes, j’ai pris le parti de représenter la partie hellénophone de l’île, mais il se trouve que, avec trois participations au concours Eurovision (pour la Grèce en 1980 et 2006, pour Chypre en 1982), Anna Vissi est l’artiste pop chypriote qui s’exporte le mieux. Autant donc la mettre à l’honneur.

Croatie

Date d’entrée : 2013

Langue : croate

Lauréat du concours Eurovision : Riva (1989, à l’époque de la Yougoslavie)

La chanson : Azra, Balkan (1979)

Très populaire en ex-Yougoslavie durant la fin des années 1970 et les années 1980, ce groupe de rock originaire de Zagreb a été représentant de la novi vai (new wave croate). Personnellement, ça me rappelle beaucoup ce que pouvait faire des groupes « alter » français tels que la Mano Negra ou les Garçons Bouchers. Preuve qu’il n’est pas bon, quelquefois, de se moquer de la musique balkanique.

Danemark

Date d’entrée : 1973

Langue : danois

Lauréats au concours Eurovision : Grethe & Jørgen Ingmann (1963), Olsen Brothers (2000),
Emmelie de Forest (2013)

La chanson : Enur feat. Nastasja, Calabria 2007 (2007)

Et oui, MA chanson de libération est danoise, curieusement ! Sauf que, pauvre d’elle, la chanteuse de dancehall Nastasja Saad ne profitera pas du succès du single, puisqu’elle décéda dans un accident de voiture en juin 2007, au moment où sa carrière décolla réellement après quasiment 20 ans de métier.

Espagne 

Date d’entrée : 1986

Langue : espagnol

Lauréats du concours Eurovision : Massiel (1968), Salomé (1969)

La chanson : Ska-P, El Vals del Obrero (1996)

Je n’ai pas voulu céder à la facilité de Jeannette, ni de Mecano, et encore moins de n’importe quelle pétasse ayant posé le pied le pied à Ibiza dans les années 1990. Le Chevalier me suggérait Los Bravos (cette obsession des années 1960 ^^). Mais j’ai choisi un groupe espagnol qui a réellement marqué mon adolescence, à savoir un groupe de ska un peu sportif que j’ai réussi à voir en 2005, lors de leur dernière tournée.

Estonie

Date d’entrée : 2004

Langue : estonien

Lauréat du concours Eurovision : Tanel Padar, Dave Benton & 2XL (2001)

La chanson : Vanilla Ninja, Club Kung-Fu (2003)

Des blondes, de l’Avril Lavigne un peu bouilli, c’est bon, on tient un combo. Mais depuis 2003, cette triplette estonienne s’exporte en Allemagne et dans l’Europe de l’Est au point de représenter la Suisse au concours Eurovision de 2005. Elles ont également leur petite notoriété en Amérique du Sud et en Asie, notamment au Japon où le label Pony Canyon fait régulièrement des compilations de leurs albums.

Finlande

Date d’entrée : 1995

Langues : finnois, suédois

Lauréat du concours Eurovision : Lordi (2006)

La chanson : The Rasmus, In the shadows (2003)

J’aurais pu vous balancer du métal symphonique, voire du métal musette, étant donné que la Finlande reste LE pays de métalleux de base (coucou Nightwish !). Sauf que j’aime le métal, mais pas forcément les trucs trop weird ou larmoyants. C’est pour ça que je vous soumets l’un des gros tubes du début d’année 2004, tellement oh oh oh oh ! qu’il en est devenu le générique d’On n’est pas couché.

France

Date d’entrée : 1957

Langues : français (mais aussi basque, breton, corse, alsacien, occitan, picard…)

Lauréats du concours Eurovision : André Claveau (1958), Jacqueline Boyer (1960), Isabelle
Aubret (1962), Frida Boccara (1969), Marie Myriam (1977)

La chanson : Michel Farinet, L’euro, notre monnaie (2000)

Car il fallait bien parler un peu d’Europe dans cette revue, il revient donc à un représentant de notre pays de chanter la gloire de la monnaie unique.

Grèce

Date d’entrée : 1981

Langue : grec moderne

Lauréat du concours Eurovision : Helena Paparízou (2005)

La chanson : Vangelis, Chariots of Fire (1981)

La musique qui te donne envie de courir au ralenti sur la plage pour faire un effet trop stylé a été composée par non seulement le Jean-Michel Jarre grec, mais aussi le comparse de Demis Roussos dans le groupe Aphrodite’s Child. Preuve qu’il a su indiquer bien mieux que sa compatriote Nana Mouskouri l’exportation de la musique grecque dans le dernier quart du XXe siècle.

Hongrie

Date d’entrée : 2004

Langue : hongrois

Lauréat au concours Eurovision : néant (voire ne veut plus participer)

La chanson : Elsö Emelet, Nézelödunk (1984)

Cette référence m’a été suggérée de façon plutôt mignonne par le Chevalier, car ce groupe fait partie de ses madeleines de Proust fabriquées lors de son séjour dans le pays maternel. Bon, j’ai retrouvé la nappe de clavier de Photographic de Depeche Mode dans l’intro, mais ce n’est pas grave, c’est le moment mignoncité de la revue.

Irlande

Date d’entrée : 1973

Langues : gaélique, anglais

Lauréats au concours Eurovision : Dana (1970), Johnny Logan (1980, 1987), Linda Martin (1992),
Niamh Kavanagh (1993), Paul Harrington & Charlie McGettigan (1994),
Eimear Quinn (1996). Mine de rien, l’Irlande détient le record de victoires au concours avec 7 lauréats…

La chanson : The Dubliners & The Pogues, Irish Rover (1987)

On retrouve ici ce qui fait la saveur d’un certain répertoire commun aux nations celtes, à savoir la chanson de marin. J’aime également tout ce qui est mélodies évaporées sur fond de harpe et ballades mélancoliques au uileann pipe. Bref, le répertoire breton, mais transposé de l’autre côté de la mer.

Italie

Date d’entrée : 1957

Langue : italien

Lauréats au concours Eurovision : Gigliola Cinquetti (1964), Toto Cotugno (1990)

La chanson : Adriano Celentano, Svalutation (1976)

Même si j’ai appris le peu d’italien que je parle grâce à Umberto Tozzi et Eros Ramazzotti, même si j’ai été biberonnée à l’italo dès que j’ai été en âge de marcher, même si Renato Carosone, Paolo Conte et Dean Martin me font fendre le cœur en deux, mon artiste italien préféré reste le brave Adriano des Pouilles. Pourquoi ? Parce qu’à l’instar de Johnny Hallyday ou d’Henri Salvador en France, il a su importer en Italie le rock et le blues dès la fin des années 1950. Et clairement, ça change un peu de la guimauve dont la variété italienne a pris l’habitude de nous semer.

Lettonie

Date d’entrée : 2004

Langue : Letton

Lauréat au concours Eurovision : Marie N (2002)

La chanson : Brainstorm, My Star (2000)

Ce groupe qui tourne depuis 1989 se nomme Prāta Vētra en letton. Sa carrière acquiert un coup de boost en 2000 avec le titre My Star, grâce auquel le groupe accède à la troisième place du concours Eurovision. Outre la Lettonie, la popularité du groupe s’étend à la Finlande, à l’Ukraine et à la Russie.

Lituanie

Date d’entrée : 2004

Langue : lituanien

Lauréat au concours Eurovision : néant

La chanson : Bix, Akli Kariai (1991)

Ayant sorti 7 albums de 1991 à 1997, c’est le plus vieux groupe de rock actif en Lituanie. Formé alors que le rock était encore une chose interdite en URSS, ses tournées en Europe et aux Etats-Unis ont notamment contribué à sa notoriété.

Luxembourg

Date d’entrée : 1957

Langues : luxembourgeois, français, allemand

Lauréats au concours Eurovision : Jean-Claude Pascal (1961), France Gall (1965), Vicky
Leandros (1972), Anne-Marie David (1973), Corinne Hermès (1983)

La chanson : Ons Heemecht (1864)

Désolée, je n’ai pas trouvé plus fun et plus représentatif que l’hymne national luxembourgeois. Preuve s’il en est que je me demande réellement quelle est l’utilité de ce pays.

Malte

Date d’entrée : 2004

Langues : maltais, anglais

Lauréat au concours Eurovision : Néant.

La chanson : Fabrizio Faniello, I’m in love (The Whistle Song) (2004)

Chanteur depuis ses 16 ans, après avoir fait une formation de footballeur à Turin, il a participé deux fois au concours Eurovision. En 2006 – année où Lordi a explosé tout le monde –, il a eu un score digne d’un candidat français avec un seul point donné par l’Albanie. Dur.

Pays-Bas

Date d’entrée : 1957

Langue : néerlandais

Lauréats au concours Eurovision : Corry Brocken (1957), Teddy Scholten (1959), Lenny Kuhr
(1969), Teach-In (1975)

La chanson : 2 Unlimited, No Limit (1993)

Et oui : dans les rangs de l’EuroDance des années 1990, les DJ et producteurs néerlandais étaient en bonne place. Encore aujourd’hui, quand j’écoute No Limit, j’ai l’impression d’avoir 10 ans et de revenir aux émotions de mes premières boums.

Pologne

Date d’entrée : 2004

Langue : Polonais

Lauréat au concours Eurovision : Néant

La chanson : Donatan & Cleo, My Słowianie (2014)

Chanson représentant la Pologne au concours Eurovision cette année, My Słowianie souhaite jouer avec les clichés des poupées slaves. Mouais. A d’autres. Ou alors je ne comprends pas assez le polonais.

Portugal

Date d’entrée : 1986

Langue : portugais

Lauréat du concours Eurovision : Néant

La chanson : Linda de Suza, Tiroli-Tirola (1980)

Davantage connue désormais pour son autobiographie La valise en carton (1984) que pour son répertoire musical, celle qui fut spoliée par son premier producteur a connu l’essentiel de son succès au début des années 1980. Aujourd’hui retraitée de la chanson, je me demande ce qu’aurait été sa carrière si elle avait davantage insisté sur son hommage à Amalia Rodrigues que sur le fait d’être la Portugaise de service dans les média.

République tchèque

Date d’entrée : 2004

Langue : tchèque

Lauréat au concours Eurovision : Néant

La chanson : Bedrich Smenata, Ma Vlast / Vtlava (1874)

Plus connu sous le nom de La Moldau et plus familier à nos oreilles contemporaines susurré par la voix de Marc Lavoine, ce joli morceau, inclus dans le cycle Ma patrie (Ma Vlast en tchèque), évoque simplement la rivière qui traverse Prague, Vltava ou la Moldau, affluent de l’Elbe. Il faut savoir enfin que cet air a inspiré l’hymne national d’Israël.

Roumanie

Date d’entrée : 2007

Langue : roumain

Lauréat au concours Eurovision : Néant

La chanson : Alexandra Stan, Mr Saxobeat (2011)

A l’image d’Edward Maya et d’Inna, la Roumanie est le nouvel eldorado de l’EuroDance produite à rallonge pour peu de frais. Mais au moins, les Roumains ont maintenant le mérite de contrôler toute la production, contrairement aux années 1990 et 2000 où la production venait davantage d’Allemagne, d’Italie ou des Pays-Bas, mais toujours avec des chanteuses des pays de l’Est. Preuve encore une fois que la production d’EuroDance traîne toujours des sales casseroles : on n’entend plus la pauvre Alexandra Stan depuis 2013 et sa possible agression par son manager, qui fait passer ça pour un accident de voiture.

Royaume-Uni

Date d’entrée : 1973 (il paraît)

Langue : anglais

Lauréats au concours Eurovision : Sandie Shaw (1967), Lulu (1969), Brotherhood of Man
(1976), Bucks Fizz (1981), Katrina and the Waves (1997)

La chanson : Two Door Cinema Club, Sun (2012)

Et oui, une chanson nord-irlandaise, parce qu’une chanson anglaise aurait été f*cking obvious *Et là, le Chevalier me regarde avec de la haine*.

Slovaquie

Date d’entrée : 2004

Langue : slovaque

Lauréat au concours Eurovision : Néant

La chanson : Bratisla Boys, Schlink (2006)

Sérieux, ça fait 26 pays dont j’essaie de trouver un morceau écoutable, si j’ai pas droit de déconner un minimum, m*rde !

Slovénie

Date d’entrée : 2004

Langue : slovène

Lauréat au concours Eurovision : même remarque que la Croatie.

La chanson : Laibach, Life is Life (1987)

Mine de rien, la Slovénie héberge l’un des groupes d’indus les plus vieux et les plus connus (notamment à cause de controverses diverses liées à une identité naviguant de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, merci la Mano Negra). Leur répertoire, outre des borborygmes incompréhensibles sur fond de gros son, contient de jolies reprises comme ce cover inspiré du tube d’Opus. Mais ceci n’est pas le seul lien avec la culture allemande : la plupart de leurs tubes originaux sont effectivement chantés dans cette langue, et le nom du groupe même est la traduction teutonne de Ljubljana, capitale de la Slovénie.

Suède

Date d’entrée : 1995

Langue : suédois

Lauréats au concours Eurovision : ABBA (1974), Herreys (1984), Carola (1991), Charlotte Nilsson
(1999), Loreen (2012)

La chanson : Lykke Li, I Follow Rivers (2011)

J’ai eu l’heurt de découvrir cette demoiselle sur le tard, et avec cette chanson. Pour moi, elle est bien plus caractéristique de ce que j’ai pu voir comme paysage et de ce que j’ai pu ressentir comme ambiance en Suède qu’ABBA ou les Cardigans.

Et n’oubliez pas : même blanc, allez voter le 25 mai.

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