Le Bonnois #7 : 2013, semaine 20

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PlaylistAprès une semaine aussi pleine (de jours fériés) que la semaine dernière, nous aurions tôt fait de penser qu’on a fait la recharge des batteries pour cette semaine 20. Sauf quand on tombe malade comme moi, m’enfin bon, je ne vais pas non plus vous spoiler ma vie personnelle, ce serait indécent. C’est pourquoi cette semaine, le Bonnois sera rempli d’énergie positive, donc très rock qui fait du bruit ou qui fait sauter partout.

Cette semaine, tu écouteras

Kings of Leon, Sex on fire : Parce que mon ancienne sonnerie de portable me manque un peu. Parce que ce titre symbolise pour moi toute la puissance du rock’n'roll : de la guitare bien bourrine, des paroles sexuelles et une voix à la limite du saturé qui en rajoute dans l’atmosphère un peu chaude…

Queen, Don’t stop me now : Parce que Freddy Mercury. Parce que je t’en pose des questions ?

The Stereophonics, Dakota : Parce que j’ai redécouvert ce titre avec la #teammorningrock lors de notre petite réunion, et surtout que j’avais oublié que c’était bien, avant, les Stereophonics.

Stevie Wonder, Superstition : Parce que Stevie Wonder. Parce que je n’ai pas envie de te donner d’explications. Parce que je suis aussi une sale fasciste du goût musical.

A-Ha, Take on me : Parce que ça rend trop bien au ukulélé. Mais aussi parce que c’est ultra casse-gueule à chanter, et j’aime quand il y a un minimum de difficulté.

The Beatles, Blackbird : Parce qu’il faut bien une pause tendresse dans cette playlist de dingue. Parce que quand Paulo la chante tout seul devant le Stade de France, tu peux entendre une mouche péter parmi le public. Pour te dire la force du truc.

Granville, Le slow : Parce qu’inspiration des années 1960. Parce que Granville fait parti de ces groupes français sur lesquels il faudra un peu compter ces prochaines années. Je dis ça, je ne dis rien.

Taxi Girl, Plus belle qu’une balle : Parce que ce n’est pas rendre justice à feu Daniel Darc de ne se limiter qu’à sa dernière partie de carrière, ni à Taxi Girl de se limiter à Chercher le garçon. Et parce qu’entendre ça un samedi matin, ça met de bonne humeur pour la suite du week-end.

Eric Clapton, Running on faith : Parce que deuxième pause tendresse. Parce que cette voix, cette orchestration, ce slide, c’est ce qui m’a fait tomber littéralement amoureuse de Dieu en personne.

Django Django, Wor : Un dernier petit morceau bien remuant pour finir ce Bonnois de la part d’Anglais assez portés sur le rockabilly et qui commencent seulement à se faire connaître en France, grâce à Marjorie Hache.

Portez-vous bien jusqu’à la semaine prochaine :)

Ma musique au biberon

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biberon-acdc-abcd-1Je surfais ce week-end prolongé sur Facebook quand un sympathique follower que j’ai rencontré récemment poste sur son wall cette vidéo :

Et là, je me dis : Awwwwww, c’est krô mihiôn, c’est le truc qui a bercé toute mon enfance, Graeme Allwright. Et ce qui est encore plus choupi – mais c’est aussi l’accomplissement d’une belle carrière –, c’est qu’il puisse chanter « Petit garçon » accompagné de ses petits-enfants <3. Bon, la voix de Graeme Allwright commence à fatiguer – 87 ans tout de même ! – et la fillette rame un peu niveau justesse, mais si j’avais été la petite-fille, j’aurais été ultra-fière de chanter avec mon papy sur scène.

J’ai eu à subir une éducation musicale très précoce pour éviter que mon introversion ne se transforme en handicap. Encore aujourd’hui, si je ne fais pas mes dix heures de pratique musicale par semaine, je me sens mal. Entre le travail de solfège et d’écriture, l’analyse des morceaux que j’écoute – oui, parce que j’analyse les morceaux que j’écoute : la mélodie, les cellules rythmiques, les textes… –, les percussions, le piano, le travail vocal, la guitare, le ukulélé, j’ai de quoi m’occuper. Mais si j’aime autant la musique aujourd’hui, c’est surtout parce que j’ai eu des personnes pour m’accompagner dans mon éducation musicale.

Merci Maman

bonne_f_te_MamanUn jour, je regardais Vivement Dimanche avec ma mère, c’était une émission sur Maxime Le Forestier. Maman me lance sur le ton de la confidence : C’était mon chanteur préféré quand j’étais jeune. Ceci explique très probablement ma furie obsessionnelle pour les textes bien écrits (en français) et toute musique à base de guitare sèche, notamment créée dans les années 1960-70 (Simon & Garfunkel, Bob Dylan, Joan Baez, Neil Young, Francis Cabrel, Hugues Auffray…). Mais ce n’est pas le seul héritage musical de ma mère : elle m’a beaucoup apporté en ce qui concerne l’électro et la musique africaine.

Merci pour les chanteurs folk pour enfants (Henri Dès, Mannick & Jo, Jacky Galou, Pierrig Le Dréau, Graeme Allwright, Yves Duteil…)

La particularité de ma mère est d’être non seulement enseignante, mais aussi de chanter certaines leçons de grammaire pour que ses élèves les assimilent. Vous rigolez, mais plus de vingt ans après, je connais encore des anciens élèves qui se souviennent encore que les mots qui se finissent en –al se finissent par –aux au pluriel, sauf bal, carnaval, chacal, festival, récital et régal qui prennent un s au pluriel. De surcroît, elle était aussi directrice de centre aéré pendant 20 ans, et il fallait bien occuper les gosses.

Par conséquent, ma mère est grave calée sur les chansons à apprendre aux enfants. Comme elle est enseignante en école confessionnelle, la plus grande partie de son répertoire pédagogique s’est concentrée sur Raymond Fau et Mannick & Jo. Mais c’est aussi grâce à elle que j’ai découvert Pierrig Le Dréau, un chanteur de ma région d’origine :

Vous rigolez, mais j’ai été grave fière de reprendre avec lui et avec ma guitare Le petit clown.

Merci pour Jean-Michel Jarre et l’électro

Voui, tout à fait, je suis venue à l’électro grâce à Jean-Mimi. Ma mère était tellement fan qu’elle m’avait emmenée dans les champs de présalé quand il s’est produit au Mont-Saint-Michel. Cela se ressentait dans ses spectacles de fin d’année, à base de lumière noire – voire de lampes de poche –, de costumes phosphorescents de dingue et des plus grands tubes de son claviériste préféré. Et puis à force d’organiser des bals au village, ma mère s’est aussi prise de passion pour la musique dansante dans les années 1980 et 1990. C’est aussi à cause de cela que dès l’âge de 10 ans, j’avais envie de sortir en boîte.

Merci Papa

papaÀ force de traîner dans son atelier et d’écouter Vinyle Fraise dans sa R21, j’ai appris à bien connaître les goûts musicaux de son père. C’est lui qui m’a transmis toute ma culture classique, blues et bossa nova, mais aussi rock des années 1960 – il kiffait aussi La dernière séance d’Eddy Mitchell et en possédait toute l’explication aux allusions culturelles. Il passait des heures à écouter des cassettes qui dataient de Mathusalem, mais la cassette de Bad de Michael Jackson en boucle dans son autoradio reste mon premier souvenir musical vivace.

Merci pour Leonard Bernstein et George Gerschwin

Mon père est arrivé au jazz par les compositeurs américains du début du XXe siècle. Fort de la culture classique qu’il s’était lui-même forgée avec nos correspondants allemands, il s’est pris de passion pour Porgy and Bess et pour West Side Story, deux comédies musicales qui intègrent les préceptes du jazz dans la musique philarmonique. Mais ça ne l’a pas empêché, par ailleurs, de se faire des sessions Beethoven et Mozart.

Merci pour Joao Gilberto et Gilberto Gil

Mon amour viscéral de la musique brésilienne me vient de là : mon père écoutait aussi les cassettes que lui a envoyées son pote brésilien lorsque celui-ci est retourné dans son pays. Parfois, c’était ce type qui chantait au bord de la plage avec sa guitare. Parfois, c’était des mixtapes des meilleurs artistes de bossa nova. Je trouvais cela tellement beau que je me suis prise de passion également pour le samba que je pratique aujourd’hui plusieurs heures par semaine.

Merci Parrain et Tonton

9094154-rocker-avec-guitare-electrique-mettre-pied-a-huis-closJe n’aurais jamais été auditrice de Oüi FM si je n’avais pas eu quelqu’un pour faire ma culture rock. En l’occurrence, mon parrain a une collection impressionnante de tout ce qui pouvait se faire de mieux dans le rock des années 1970 – the Who, Pink Floyd, Status Quo, Deep Purple, Dire Straits, Frank Zappa… Il aimait aussi Bob Marley, the Aphrodite’s Child, Cerrone. Bref, mon parrain était super ouvert musicalement quand il était ado. Dans le même registre, j’ai un autre oncle qui m’a formée à tout ce qui était musique sympa des années 1980 – punk, new wave, métal – quand j’étais petite. Bref, si je préfère le rock qui s’écoute à celui qui se danse, c’est grâce à mes tontons <3

Merci Nounou

Une-nounou-denferQuand j’étais petite et que j’habitais dans une maison que j’appelais la Maison bleue – à cause des rideaux –, ma voisine nous accueillait, ma sœur et moi, le temps d’un après-midi. Elle avait un piano dont nous abusions à loisir – bien que cette dame ait commencé à apprendre à ma sœur de 6 ans à l’époque quelques mélodies –, mais surtout une collection hallucinante de vinyles de jazz que son mari écoutait à l’heure de la sieste. Ses artistes de prédilection étaient Dizzie Gillepsie, Count Basie et Louis Armstrong. En termes d’initiation musicale, j’ai connu plus dégueulasse.

Pour conclure, j’aimerais revenir sur une petite conversation que j’ai eue avec mes amis ce week-end. Chacun essayait de mettre en corrélation la musique que leur mère écoutait pendant leur grossesse et leurs goûts musicaux actuels. En ce qui me concerne, avoir été soumise à ces différentes cultures musicales durant mon enfance m’a permis de mieux comprendre et apprécier la musique et ses mécanismes. Merci ma famille de m’avoir aussi bien élevée musicalement J

Le Bonnois #6 : 2013, semaine 19

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PlaylistOuais, on est bien, on glandouille, on fait des semaines de deux jours ouvrés, et résultat, pour faire le Bonnois, ben y’a plus personne. Cette semaine, la petite sélection sentira un peu la fainéantise, le stupre et certains trucs qu’on trouve le temps de faire pendant trois-quatre heures en après-midi plutôt que vite fait avant de se coucher.

Cette semaine, tu écouteras

Isaac Hayes, Moonlight Loving (Menage à 3) : Pour commencer, une chanson de 16 minutes pour faire ce qui est agréable de faire pile poil pendant cette durée (et si possible, pas douche comprise, sinon, c’est un peu la lose). Voire ça prend plus de 16 minutes si on fait vraiment ce qui est décrit dans la chanson et qu’on ne se contente pas de banales frivolités avec Madame, mais qu’on a aussi à cœur d’en faire profiter la voisine.

Pierre Bachelet, Emmanuelle : On reste dans la même veine et dans la même époque que le morceau précédent, sauf qu’en français et avec la voix de Pierre Bachelet, ça le fait un peu moins niveau montée de sève.

Air, Sexy Boy : Moi aussi, un jour, je serai beau comme un dieu. Telle est l’aspiration du duo versaillais qui s’est fait connaître ainsi avant de tomber sur Sofia Coppola période pré-Phoenix.

Steppenwolf, Born to be wild : Grosse marrade hier soir dans un blind-test en mode drinking game. La Siamoise – plus calée que moi en ciné/séries et qui m’a donc bien aidée à gagner une bouteille de champagne – m’a dit simplement : Ah ouais, Easy Rider… Qui c’était l’autre mec dans le film avec Jack Nicholson ? Sachant que les deux héros sont joués par… Peter Fonda et Dennis Hopper. Enfin, là où elle avait raison, c’est qu’effectivement, Nicholson jouait leur avocat, chose dont je ne me rappelait plus hier soir. Pardon, Siamoise.

The Pogues & The Dubliners, Irish Rover : Pour moi, tout ce qui est Pogues et musique irlandaise en général caractérise pour moi les beuveries et autres soirées un peu wild. J’ai trop passé de soirées dans des pubs dans ma jeunesse…

Malicorne, La complainte du coureur des bois : Etant donné que mercredi dernier était le 1er Mai, jour de la fête du Travail, j’avais envie de passer ce petit titre entre deux chansons festives pour participer à ma manière à la célébration de cette journée comme une journée de lutte pour les conditions de travail dans le monde.

EV, Kan bale an ARB : Petite incursion des mecs vénères de Nantes qui reprennent une chanson revendicative de Glenmor, grand chantre de la lutte et des révolutions en Bretagne.

Revolver, The Letter : Parce qu’entre deux séances de picole et une séance d’abdo-fessiers en couple, il faut aussi penser à ce pourquoi ces cinq jours sont faits : pour se reposer…

Miles Kane, Don’t forget who you are : Parce que ce n’est par parce qu’on est fainéants que nos oreilles doivent aussi l’être. Par conséquent, voici un petit morceau tout frais d’un petit artiste anglais qu’il faut updater d’urgence.

The Velvet Underground & Nico, I’ll be your mirror : Enfin, cette dernière chanson est dédiée à ce délicieux moment qu’est le post-orgasmic chill, quand tu fais la tortue avec ton partenaire pour montrer que c’était bien chouette.

Bisous et bonne glandouille

#27 : La Gale/Dissonant Nation/Laurent Lamarca

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2607_musique-dans-le-noir-01-506Pour ce nouvel editorial, j’ai decidé de faire ce que je devais faire depuis bien longtemps : chroniquer quelques albums que la rédaction de Ladies Room m’a laissé le loisir d’écouter. Bon, ces albums sont sortis en début d’année et ont leur petite carrière derrière eux. Je me dis qu’une petite piqûre de rappel pour ces artistes ne fait pas de mal.

Trois premiers albums en langue française et trois styles très différents : le son urbain avec La Gale et son album éponyme, le rock qui tâche avec Dissonant Nation et leur EP La Chanson, et enfin Laurent Lamarca et son album Nouvelle Fraîche. Je me suis donc posée dans mon petit appartement et j’ai écouté. Voici mon verdict.

La Gale :

Père suisse et mère libanaise, cette technicienne et organisatrice de concert compte à son actif plusieurs collaborations, notamment avec des artistes du Moyen-Orient. Elle a également joué dans De l’encre (téléfilm diffusé sur Canal + et réalisé par Hamé et Ekoué de la Rumeur). Son premier album éponyme est sorti en France le 28 janvier 2013.

Mon humble avis

Ca me rappelle un peu Keny Arkana au niveau du phrasé, mais avec une voix bien plus grave. On sent la fille en colère contre tout, mais qu’elle préfère jouer la désillusion plutôt que l’énergie du désespoir (Passe ton chemin, fais ta vie/Quand la justice…). Il faut croire que le déracinement fait partie de ses thèmes de prédilection (Comptez vos morts), ainsi que la déchéance dans l’alcool (Un singe en hiver). Malgré tout, j’y retrouve une qualité d’écriture assez bonne, sans pour autant quitter les préceptes du français urbain. Pour moi, c’est un gage de qualité. Par contre, je suis toujours aussi réservée quant à trame sonore au clavier, même s’il faut reconnaitre qu’il y a quand même une recherche au niveau du groove… Heureusement que l’écriture assez fine et le flow très particulier de la demoiselle compensent l’aspect assez pauvre de la production musicale.

Revue de presse

La tribune de Genève

Les échos du hip-hop

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Dissonant Nation

Originaire d’Aubagne, le trio formé par Lucas, Simon et Loïc s’inspirent pour leur musique des vieilles mécaniques à bruit (The Pixies, Pink Floyd, etc.). Ils ont sorti en novembre 2011 leur premier LP Sauvage et sont depuis régulièrement en concert, notamment le 28 mars dernier à la Flèche d’Or. On m’a donné à chroniquer l’EP qu’ils viennent de produire, La chanson que tu préfères, avec 4 titres dessus : La chanson/Barbie et Ken/We play we are/Ziggy 1973.

Mon humble avis

Des guitares saturées avec des claviers éthérés et des haaaan… C’est ça, on est bien en train d’écouter du rock français fait par des petits mecs à peine sortis de l’école. En termes d’écriture, on retrouve les traditionnels thèmes du bashing des idoles enfantines pour montrer qu’on n’a plus 8 ans (Barbie et Ken), bref, c’est encore très frais (mais dans le mauvais sens du terme, j’écouterai ce qu’ils font dans 10 ans, pour voir). Et j’avoue que le phrasé anglais n’est pas dégueulasse et assez mélodique, ce qui en soi n’est pas plus mal pour un groupe français. Par contre, cette voix et ce phrasé me rappellent trop la voix d’Adrien des BB Brunes pour que je ne sois pas parasitée dans mon jugement. Et soudain, je me dis :

Revue de presse

Sourdoreille

Nouvelle vague

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Laurent Lamarca

Artiste lyonnais aux influences multiples (Noir Désir, mais surtout Radiohead et Portishead), Laurent Lamarca a d’abord collaboré au groupe de dark rock XX Mariani, avant d’écrire pour divers artistes (Camélia Jordana, Ycare, Luce – ouais bon, que des artistes Nouvelle Star, mais faut bien se former, hein !).

Mon humble avis

Dès le premier titre, Nouvelle fraîche, le ton est donné : cette petite intro à la guitare qui part sur des sonorités plus urbaines et électroniques m’a quelque peu fait sursauter. Le reste de l’album navigue entre pop et rock à la française, avec une belle production et un son propre. Au niveau du chant, j’aime cette voix saturée, je reprocherais juste un léger timbre nasillard et un phrasé un peu haché (J’ai laissé derrière moi). L’écriture est tout à fait en adéquation avec le son : entre phases légères (Little Rimbaud) et considérations un peu plus graves et plus posées (La main). Bref, un album aux sonorités éclectiques qui se laisse entendre avec plaisir et qui, chose rare, n’est pas lassant en écoute linéaire.

Revue de presse

Le Fair

France Inter

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Le Bonnois #5 : 2013, semaine 18

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PlaylistRhô tais-toi, je sais qu’on est vendredi ! Mais avec ces ponts en mai, on ne sait plus quel jour on vit, franchement ! On a l’impression de bosser le week-end et de se reposer la semaine… On a l’impression de plusieurs lundis et vendredis dans la semaine. Tout ça bien sûr, c’est de la faute au mariage gay ! Avec le vote solennel de la loi ouvrant le mariage aux personnes du même sexe à l’Assemblée Nationale, les semaines sont devenues contre-nature, han !

Comment voulez-vous que je vous fasse un Bonnois dans de bonnes conditions, alors ? Et puis je ne sais pas, je suis grognon, je n’ai pas été réveillée pareil le matin, ça m’a tout chamboulé. Donc qui dit semaine WTF dit Bonnois WTF, donc le vendredi.

Cette semaine, tu écoutes donc

Renaud, Les aventures de Gérard Lambert T’aurais dû rester chez ta mère comme un bon fils, tel est mon message à tous les jeunes petits cons qui essaient  de faire croire que leurs actions mèneront à une révolution qui contrera le vote de la semaine dernière. Les Hommen par exemple. Ils me font pitié, pas vous ? Ha bon.

Eddy Mitchell, Couleur menthe à l’eau : Déjà parce que c’est le sosie de mon père, ensuite parce que Mr Schmoll a trop la classe à Dallas, enfin parce que Couleur menthe à l’eau est juste une pure chanson. Ouais, c’est ringard. Mais pour moi, Eddy Mitchell est éternel.

AC/DC, You shook me all night long : Parce que c’est la seule chanson, mis à part tout l’album Black Ice, qui ne ressemble tellement pas à du AC/DC basique que ça fait du bien de l’écouter de temps en temps.

Nirvana, All Apologies : Parce que je viens d’acquérir l’accompagnement au ukulélé et que ce serait trop classe si j’arrivais enfin à chanter dessus. Mais gérer l’arpège + voix, c’est bien coton.

Debout, resplendis : Car oui, il paraît que les cantiques sont à la mode dans Paris en ce début de printemps, alors autant vous y habituer, parce qu’à mon avis, ils ne vont pas rester tranquille dans leurs églises de si tôt, les petits veilleurs du Printemps Français.

The Chemical Brothers feat. Crookers, Salmon Dance Wow !

Serge Gainsbourg, Love on the beat : Car y’en a qui, en ce début de mois de mai et avec l’oisiveté ambiante, ont la libido qui explose. Oui, ça fait peur.

Harry Belafonte, Jump on the line : Parce que s’il y a bien une chanson du soleil pour shaker, Senoras, c’est bien la B.O. de Beetlejuice.

Prince, Purple Rain : Car la vérité est que le printemps pour l’instant est bien dégueulasse avec tout ce ciel gris et cette pluie.

Et à la semaine prochaine, pour un printemps qui ne sera peut-être plus contre-nature, han !

Le Bonnois #4 – 2013, semaine 17

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PlaylistJe crois que, en ce qui concerne le rythme de croisière, le jeudi sera le jour du Bonnois. Le temps de bien laisser passer la semaine, de se préparer au week-end, et même de trouver quelques inspirations bien senties. Cette semaine 17 de l’année 2013, je propose quelques petites pépites, certaines en lien avec l’actualité, d’autres toujours plus WTF.

Cette semaine, tu écouteras donc :

The Vaccines, Teenage Icon : Parce que cette chanson est très fraîche et que c’est dommage qu’on l’ait sortie en France en hiver. Parce que cet été, ça aurait fait un bon tube rock.

Palma Violets, Best of friends : Petite pépite anglaise dénichée par Marjorie Hache, je pense que ça va rapidement faire le tour des festivals les plus hype.

Pamelo Moun’ka, L’argent appelle l’argent : Petite sagesse africaine en guise de déformation professionnelle.

Exsonvaldes, Lali : J’ai découvert ce groupe avec ce morceau. Les quatre compères seront le jeudi 16 mai au Nouveau Casino. Et si t’en es pas, t’es un blaireau.

Mecano, Une femme avec une femme : Parce que la loi ouvrant le mariage civil aux personnes du même sexe étant votée, il faut s’habituer maintenant à voir deux messieurs ou deux dames sortir des mairies sous des jetées de riz et avec les larmes plein les yeux. Et comme les jeunes disent pour les haterzDeal with it.

Kelis, Acapella : Son disque électro avec Guetta a fait un four, et, en ce qui me concerne, je trouve ça injustifié. Parce que dame Kelis garde sa force de frappe, même avec des boom-tsss en arrière-plan.

N.E.R.D., Hypnotize U : Gnê Pharell <3

Daft Punk feat. Pharell Williams & Niles Roger, Get lucky : Gnê Pharell² <3<3. Mais surtout, pour leur retour, les Français ont 35 ans de retard au point de déterrer le riffeur de Chic. Malgré tout, ça cogne du tonnerre et ça va te pourrir tout ton été.

Nine Inch Nails, Closer : écouter ça religieusement dans son lit après une soirée de beuverie = traumatisme. Je ne devrais plus écouter la radio après 23h…

Herbert Léonard, Quand tu m’aimes : … désolée. Ma chanson du pétage de câble est devenue un jingle du #MorningRock, et depuis, je me réveille dans la crainte qu’Arnold lance une ponctuation…

A la semaine prochaine !

Le Bonnois #3 : 2013 – Semaine 16

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*Seigneur* ! Il est déjà jeudi et je n’avais toujours pas fait de Bonnois pour la semaine 16 !

Ce week-end, j’ai reçu comme cadeau un ukulélé, et comme il faisait très beau dimanche, je suis allée l’étrenner au parc. J’ai donc réussi ainsi à me fabriquer mon petit répertoire qui ne demande qu’à s’étoffer. Je suis donc inspirée folk et musique bobo pour ce Bonnois, sans oublier les petites pépites WTF.

Cette semaine, tu écouteras

Cesaria Evora, Tortura : Parce qu’on a cru au retour de la chaleur, de la langueur. Donc qui dit météo quasi estivale dit pour moi évocation des vacances sur fond de la Diva aux pieds nus. Et moi qui ne sais toujours pas où partir en vacances cet été…

Foo Fighters, Best of you : De quoi patienter pour l’album qui sortira prochainement. Si vous saviez comme j’ai hâte de retrouver Dave et sa bande !

Thierry Cham, Coup de foudre : Ouais, c’est bon, j’ai fait ma lessive cette semaine ! Ah oui, que je vous explique : pour moi, écouter du Thierry Cham ou tout autre musique guimauve pendant que je suis à la laverie accentue cette sensation de célibat très lourd à porter. Mais je ne peux pas m’empêcher de me mettre ce morceau. Désolant.

Michel Sardou, Afrique Adieu : Il fut une époque où je clashais une copine militante JOC qui abhorrait tout ce que les chanteurs estampillés de droite pouvaient véhiculer comme "horreurs" en postant des chansons de Michel Sardou sur son wall. J’aime d’autant celle-ci qu’à chanter, elle me sert d’exutoire lors de crises de nerfs.

Awolnation, Sail : Cela fait partie de ces sons découverts début 2013 qu’on a un peu vite oublié, je trouve. C’est pour ça que je me permets de faire une petite piqûre de rappel.

The Lumineers, Ho Hey : Car en ce moment, qui dit ukulélé dit pour moi aussi banjo, et accessoirement, j’aime beaucoup cette petite balade que j’ai découvert sur la bonne radio, man, quand d’autres en feront une nouveauté dans 3 mois.

Mumford & Sons, I will wait : Pour moi, l’une des meilleures chansons de ce début 2013. Et je regrette fortement que ce sympathique groupe anglais n’ait pas mieux pris en France. Trop folk ?

The Beatles, While my guitar gently weeps : Parce qu’une bonne playlist comporte toujours un titre des Beatles.

Flickman, The Sound of Bamboo : J’écoutais ça à la fin de mon adolescence, à l’époque où je fantasmais grave sur la Love Parade. Depuis, j’ai grandi, j’ai compris que je ne supportais pas les bains de foule, mais j’aime toujours autant.

Cocoon, Chupee : Officiellement, ma première chanson jouée au ukulélé. Ca se fête.

Et à la semaine prochaine !

Live report : Gojira au Bataclan, 10 avril 2013 – Merci Twitter et Oüi FM

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concert-metal-mosh-pit-Favim.com-158735Pour faire le live report du concert auquel j’ai assisté hier soir, je vais encore une fois me la jouer gonzo et remonter un fil d’Ariane. Il était une fois Giovanna (Blandine, si vous préférez), 24 ans en 2007, blogueuse musique depuis deux ans, qui découvre Oüi FM et DJ Zébra. Elle kiffe et décidera, lorsqu’elle s’installera à Paris, d’en faire sa radio de prédilection avec TSF et Nova. En 2009, sous l’impulsion de quelques Ladies, elle décide de s’inscrire sur Twitter et d’ainsi LT toutes les soirées mondaines et les concerts auxquels elle assiste.

En 2012, à 29 ans, elle découvre enfin qu’avec Twitter, elle pouvait interagir avec des copains de copains de copains – voire de parfaits inconnus, le soir au détour d’un retweet sombre –, et même qu’elle pouvait rencontrer de nouveaux gens. Toujours en 2012, elle s’aperçoit que les animateurs de Oüi peuvent être ultra-comiques sur son désormais réseau social préféré et qu’ils génèrent autour d’eux une petite communauté d’auditeurs qui en apprennent davantage sur les tatouages ou les habitudes de la France entière au petit déjeuner.

Un soir de février 2013, elle écoutait innocemment Bring the Noise dans le tram en revenant de mon lieu de répétition d’orchestre, quand soudain, j’entends une chanson qui envoie bien le bois. Le nom du groupe était Gojira et la pub annonçait qu’il se produirait au Bataclan ces 9 et 10 avril. Ni une ni deux, elle dégaina Twitter en disant qu’elle s’offrirait bien un petit kif avec Gojira. Ce à quoi répondit sa nouvelle copine Nessie : Mais ouais, grave, viens ! Elle prit sa place pour le 10. En discutant en soirée avec ses copains, elle découvrit enfin qu’un pote de la Siamoise, le Flesk, s’y rendait également le 10. Joie, elle ne serait de toute façon pas seule à se faire taper sur la gueule.

Tout ça pour vous dire comment, hier soir, je me suis retrouvée au Bataclan à suivre un concert de métal, alors que la programmation que je peux fournir sur SKOUM et Cute Sounds est plutôt folk, électro et soul. Mais, comme je le twittais à Arnold hier soir qui me demandait comment se faisait-il que je me retrouvais dans un concert d’obédience métal : Tout à fait. Je suis décomplexée du métal comme du jazz grâce à la radio. Dont acte. Finalement, la soirée, je ne l’ai pas passée avec Nessie, à mon grand regret – même si je l’ai aperçue dans la fosse et que j’ai gueulé Neeeeeeesss ! Nessie ! Vanessaaaaaaaaaa ! sans qu’elle ne m’entende. Dans ce report, il y aura donc la participation du Flesk, qui m’a finalement retrouvée par hasard dans un bar avec ses collègues.

Quelles étaient les forces en présence ?

Kruger

krugerPetit groupe suisse présent sur la scène depuis 2001, ils signent depuis 2007 sur le label de Gojira, et donc font régulièrement les premières parties du groupe. Il se trouve qu’il était 19h40 quand nous sommes entrés dans l’enceinte du Bataclan, on a donc loupé le début du set. Malgré tout, je pense que ce n’était pas trop indispensable de s’attarder sur leur performance. En effet, comme dirait ma grand-mère, I’ nous font tout su’l’mêm’air. Leur performance a dû durer environ 40 minutes, je pense qu’il n’en fallait effectivement pas plus. Cependant, c’était une bonne entrée en matière, ça n’a pas trop excité le public à mauvais escient ou au mauvais timing. C’était bien.

Hypno5e

1477-photo_Hypno5eGroupe montpelliérain fondé en 2003, Hypno5e rejoint le collectif Murmurlement, qui organise des concerts sur la région. Les petits gars en sont à leur troisième album, et proposent sur scène un mélange entre références cinématographiques, passages très down tempo et coups de pression très réussis. La soirée a commencé à me plaire avec eux : je les ai trouvés plus exigeants mélodiquement que Kruger, avec de la recherche sur les parties chantées. Et donc, les fameux coups de pression, qui étaient légèrement surprenantes et réjouissantes, m’ont fait quelque peu sur-réagir sur Twitter : Ho, c’te #levretteclaquee ! Je sentais également chez l’ami Flesk que ce genre de petite chose lui foutait un peu les poils. Bref, une grande surprise, un bon kif. Au point que je commençais à avoir un torticolis sur mon siège à force de headbanger, et les stars de la soirée n’avaient même pas commencé leur show.

Gojira

gojiraLes vétérans de Bayonne étaient donc les stars de la soirée. Formé en 1996 sous l’égide de Joseph (guitare/chant) et Mario Duplantier (batterie), le groupe s’appelait d’abord Godzilla. Ils n’ont adopté le nom actuel du groupe qu’en 2001. Ils sont reconnus dans la profession pour leur technicité – il est vrai que que Mario est un batteur de dingue, au vu du solo qu’ils nous a fourni – et pour leurs paroles en lien avec la spiritualité, la nature et l’ésotérisme. J’ai été extrêmement séduite, comme vous pouvez en douter, par l’énergie dégagée sur scène, par cet univers pas si sombre que cela pour du métal, et par le truc de dingue qui se passait dans la fosse – même si, agoraphobie et condition physique défaillante oblige, je m’en suis tenue un peu éloignée. Gojira, un groupe généreux au point de faire jouer ses roadies en rappel et au point, pour Mario, de faire du surf sur la fosse. Sympa.

Que retiendrais-je de cette soirée ?

  • J’avais complètement oublié que j’aimais le métal. Ce n’est pas par faute de croiser la route de métalleux depuis deux ans maintenant, mais je me rappelle que, petite, j’ai été formée à toute la crème du métal des années 1970 et 1980, et que je traînais avec des mecs chelous en 4e/3e et en DEUG. Comment j’avais pu oublier comment ça me faisait vibrer les ovaires pour privilégier des sons plus doux et plus matures ?
  • Ah oui, je me rappelle pourquoi j’avais abandonné le métal. Rock en Seine, 2009, durant le concert d’Offspring : à force de pogoter avec ma sos’, je me suis pris un gnon et j’ai pété mes lunettes. Mais au-delà de ce trauma, j’ai trente ans, j’ai une santé précaire depuis plusieurs mois, et honnêtement : 
  • Le métal, c’est quand même bizarre comme musique. Je serai incapable de vous chanter un seul riff de guitare de ce qui s’est passé dans toute la soirée. Aucune mélodie ne m’est restée à l’oreille. Je ne me souviens même pas de ce qui s’est passé en vérité. Mais par contre, j’ai vibré. J’ai headbangé. J’ai profité de l’instant. C’était intéressant. Comme si une boule d’énergie me traversait de part en part, que plus rien n’existe dans l’instant, et que tu reprends le cours normal après comme si rien ne s’était passé. Qu’est-ce que c’est que cette musique, bordel de bois ?
  •  Et juste pour la dédicace : Flesk, mais the Pelvis quoi !

Ou comment Gojira a quelque peu été le point d’orgue de tout le chamboulement que ma vie sociale parisienne connaît depuis quelques mois. Nouvelles habitudes au réveil, nouvelles habitudes au coucher, nouvelles fréquentations : et si c’était ça, ma crise de la trentaine ?

1979 – 1990 : Some kind of riot

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L’ancienne Première Ministre du Royaume Uni Margaret Thatcher vient de nous quitter, ce lundi 8 avril 2013, à l’âge de 87 ans. Ce que l’Histoire retiendra d’elle est l’image d’une femme intransigeante, appliquant une politique de droite libérale à son extrême au point, certes, d’assainir la situation financière du royaume, mais au prix de grands heurts et, pour certains économistes dressant son bilan, de régressions sur le plan social.

Sur le plan international, outre l’anticommunisme dont elle a fait preuve – ce qui lui a valu le surnom de Dame de Fer –, elle était très en phase avec la politique américaine de Ronald Reagan – avec lequel elle est super-pote IRL – et de George Bush père, en plein contexte de retour d’un climat de guerre froide accrue par les événements en Afghanistan et en Iran. Sinon, elle a aussi pété la gueule aux Argentins en 1982 (cf. la Guerre des Malouines), preuve s’il en est que ce n’est pas parce qu’elle avait un vagin qu’elle s’en laissait compter. Ah oui, elle a aussi regardé d’un œil méprisant des militants indépendantistes irlandais crever la dalle, ce qui est amplement suffisant pour lui construire sa légende noire. Toujours est-il que je ne connais pas beaucoup de personnes qui regretteront son décès, mais je trouve cette initiative un peu dégueulasse tout de même.

En tant qu’ancienne historienne, et notamment du traitement de la politique à travers l’art, j’estime qu’un pays qui arrive à montrer par l’art ses heures sombres de manière spontanée, voire drolatique dans certains cas, sans que cela ne crée outre mesure d’alourdissement de la censure, est un pays qui assume son passé et qui fait son devoir de mémoire de la manière la plus sereine qui soit. Nombre d’artistes issus du Royaume Uni se sont ainsi exprimés en défaveur de la politique d’austérité de la Dame de Fer, durant le mandat pour les musiciens et après le mandat pour les cinéastes. Cela s’explique très bien : les musiciens sont davantage dans l’instantané, car la musique est vectrice de revendications qui accompagnent la colère. Les cinéastes, quant à eux, montrent une période, un quotidien, et leur travail nécessite forcément du recul par rapport aux événements. Enfin, c’est mon regard sur la création artistique concernant des événements politiques et sociétaux.

Je m’attacherai donc à ces deux aspects culturels : la musique et le cinéma. Voyons les années Thatcher et leur critique artistique.

En musique

Je m’appuierai sur cette excellente playlist des Inrocks qui montrent bien toute la violence des propos anti-tchatcheristes, au point pour certains de proférer des menaces de mort. Alors certes, Maggie n’a pas été tendre avec les ouvriers, les communistes et les diverses populations défavorisées qui pullulaient au Royaume-Uni, mais ce n’est pas une raison non plus pour être aussi cons qu’elle sur le sujet. En même temps, j’ai vécu cette période de seconde main – because un peu jeune et née du côté français, où il y avait d’autres problématique sociétales qui touchaient mes parents –, et par conséquent je n’ai pas toute la mesure de ce que la politique tchatcheriste a provoqué comme mouvements de radicalisation de la population. Malgré tout, les artistes que retiendra l’Histoire comme étant les plus marquants pour le Royaume-Uni des années 1980 ont su ainsi fournir une bande-son idéale pour les diverses révoltes, grèves et émeutes qui ont accompagné la décennie. Et comme les artistes anglais ne sont pas connus pour avoir leur langue dans leur poche, cela donne évidemment des propos très aigres. En France, je ne sais pas si une chanson comme le Margaret on the Guillotine de Morrissey aurait pu passer. Je sais que le Miss Maggie de Renaud a limite déclenché une crise diplomatique, mais on est en France, et la France, quand ça dit Merde sincèrement, ça ne passe pas.

Au cinéma

Il y eut de très bons films sur la période, certains satiriques, d’autres plus sérieux, comme sait en faire Ken Loach (enfin, je présume, je n’ai jamais vu un Ken Loach, ho la honte !). À ce titre, je citerai trois films, que je n’ai pas forcément vus, excusez-moi, mais que beaucoup de spectateurs décrivent comme des descriptions saisissantes du Royaume-Uni sous Thatcher.

This is England (Shane Meadows, 2007)

Pitch AlloCiné : 1983. Shaun, 12 ans, habite avec sa mère dans une ville côtière du nord de l’Angleterre. Garçon solitaire, c’est pour lui le début des vacances d’été, lorsqu’il rencontre un groupe de skinheads locaux. Avec eux, Shaun découvre le monde des fêtes, du premier amour et des bottes Dr Martens. Le ton change quand Combo, un skinhead raciste et plus âgé, sort de prison. Alors que sa bande harcèle les communautés étrangères locales, Shaun va subir un rite de passage qui le sortira violemment de l’enfance.

Personnellement, je ne l’ai pas vu, mais c’est le film que j’ai vu le plus cité sur Twitter depuis l’annonce de la mort de la Dame de Fer. Ce film parle de la détérioration des rapports sociaux sur fond de crise, à travers le prisme de la transformation du mouvement skinhead qui, d’un mouvement festif, est devenu un mouvement politiquement radical face à un ras-le-bol de la politique austère en vigueur. Quand on a été comme moi traumatisée par American History X, j’ai intérêt à avoir deux-trois potes pas très loin le jour où je déciderai de le regarder, ne serait-ce que pour refaire le monde après cette claque.

Hunger(Steve McQueen II, 2008)

Pitch AlloCiné : Prison de Maze, Irlande du Nord, 1981. Raymond Lohan est surveillant, affecté au sinistre Quartier H, celui des prisonniers politiques de l’IRA qui ont entamé le "Blanket and No-Wash Protest" pour témoigner leur colère. Le jeune Davey Gillen, qui vient d’être incarcéré, refuse de porter l’uniforme car il ne se considère pas comme un criminel de droit commun. Rejoignant le mouvement du Blanket Protest, il partage une cellule répugnante avec Gerry Campbell, autre détenu politique, qui lui montre comment communiquer avec l’extérieur grâce au leader Bobby Sands. Lorsque la direction de la prison propose aux détenus des vêtements civils, une émeute éclate. La violence fait tache d’huile et plus aucun gardien de prison n’est désormais en sécurité. Raymond Lohan est abattu d’une balle dans la tête. Bobby Sands s’entretient alors avec le père Dominic Moran. Il lui annonce qu’il s’apprête à entamer une nouvelle grève de la faim afin d’obtenir un statut à part pour les prisonniers politiques de l’IRA.

Je n’ai pas vu ce film non plus, mais j’ai beaucoup entendu parler de la grève de la faim des prisonniers politiques en Irlande du Nord en 1981. Pour qui s’intéresse un minimum sur la culture et la considération des nations celtes (Bretagne, Irlande, Ecosse, Galice…), ainsi qu’aux divers mouvements indépendantistes qui touchent ces populations, Bobby Sands et ses congénères sont considérés comme de véritables martyrs devant la cause nationale. Pas seulement parce que l’IRA est reconnue par certains comme défendant leur droit face à l’oppresseur anglais, mais surtout par la réaction – ou l’absence de réaction – de Margaret Thatcher face à cette situation.

Billy Elliot (Stephen Daldry, 2000)

Pitch AlloCiné : Dans un petit village minier du Nord-Est de l’Angleterre, Billy, onze ans, découvre avec stupeur qu’un cours de danse partage désormais les mêmes locaux que son club de boxe. D’abord effaré, il devient peu à peu fasciné par la magie de la gestuelle du ballet, activité pourtant trop peu virile au regard de son père et de son frère Tony, mineurs en grève. Billy abandonne les gants de cuir pour assister discrètement aux leçons de danse professées par Mme Wilkinson. Repérant immédiatement un talent potentiel, elle retrouve une nouvelle énergie devant les espoirs que constitue Billy. Les frustrations larvées explosent au grand jour quand son père et son frère découvrent que Billy a dépensé l’argent consacré au cours de boxe pour des cours de danse. Partagé entre une famille en situation de crise et un professeur de ballet têtu, le jeune garçon embarque alors dans un voyage à la découverte de lui-même.

Seul film de la sélection que j’ai vu – et plusieurs fois, d’ailleurs –, plus que le sujet traité assez politiquement correct, c’est la toile de fond des grèves minières de 1984 qui marque l’ambiance de ce film. Car une des problématiques du film est là : comment fait-on pour assouvir ses rêves quand on n’en a ni les moyens, ni le soutien de sa famille ? Il est évident que, si le sujet est universel, la manière dont il est traité change de tout au tout selon le contexte historique et sociétal. D’où l’importance de la toile de fond des années thatcheriennes dans la compréhension de ce film.

La Dame de Fer n’est plus, mais elle restera pour la postérité comme une « muse » et un fondement de la révolte sur le plan artistique. Il est certain que, politiquement et artistiquement, le Royaume-Uni aura eu après son passage au pouvoir un autre visage.

Le Bonnois #2 : 2013, semaine 15

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PlaylistNouvelle semaine, nouvelle playlist, nouveau Bonnois !

Cette semaine, du très foutraque, du très honteux, du très évocateur, bref, du très varié encore une fois. On va déterrer des morts, on va repousser le repas de la veille, on va sauter dans tous les sens, bref, ce Bonnois est placé sous le signe de la bonne humeur.

Cette semaine, tu écouteras

The Prodigy, Diesel Power : Parce que je me suis remise dans le best-of du groupe et que j’avais oublié à quel point je kiffais ce son, même à l’époque de la sortie de The Fat of the Land (1997), où le morceau a un peu été éclipsé à cause des bombes FirestarterMindfields ou encore Smack my bitch up. Je trouve cela dommage. Mais il faut dire que cet album est l’un des meilleurs albums électro que j’ai écoutés.

Marvin Gaye, Sexual healing : Comme disait une chanson que j’ai interprété récemment : Le printemps est revenu, il est temps de roucouler…

Stuck in the Sound, Brothers : Jolies retrouvailles en 2012 du chanteur José dos Reis avec son frère, membre du groupe I AM UN CHIEN ! Cette chanson et ce clip font partie de mon top ten de 2012, mais curieusement, je n’ai pas eu la curiosité de pousser jusqu’à l’album.

Demis Roussos, Quand je t’aime : A la suite d’un concours de déterrage de cadavres de la chanson française sur Twitter, c’est ce qu’on en a conclu. #Laviolence #Lesbarbus. Pauvre Demis. Va, repose en paix.

The Black Keys, Little Black Submarines : Je m’étais acheté El Camino début 2012. J’en ai été très déçue, car aucun son ne s’en dégageait à part Lonely Boy. Et puis j’ai redécouvert l’album grâce à ma radio préférée, et par conséquent, je me suis mise à apprécier ce 4e single de l’album.

Revolver, Parallel Lives : J’ai été tout de suite séduite par cette rythmique à la Toto, cette mélodie mélancolique, tout comme par l’album Let go au point de voir deux fois le groupe en concert en 2012.

Vampire Weekend, Mansard Roof : La chanson qui me donne envie de courir dans la rue, de faire la fête, de danser le coupé-décalé avec les SDF, bref, un concentré de joie de vivre en barre.

Garfunkel & Oates, F*ck me in the *ss because I love Jesus : S’il suffisait de dire J’aime Jésus pour qu’on tolère la pénétration anale, j’inviterais tous les homosexuels à faire comme le Nigérian chrétien qui a récité la profession de foi musulmane pour se faire épargner lors de la guerre civile. Blague à part, si cette chanson est drôle en soi, elle est surtout révélatrice de l’obsession de l’hymen chez les extrémistes religieux de tout poil. Oui, ça fait peur.

Rodrigo y Gabriela, Tamacun : Comme je le dis souvent, je ne me remets pas de ce Solidays 2010 où j’ai découvert ce duo et où j’ai cru mourir sur place tellement c’était bon. Trois ans après, je me suis ouvert un PEL pour les revoir un jour en live.

Lovin’ Spoonful, Summer in the City : Allez on y croit. Il fait encore froid, mais le soleil est revenu, c’est presque un miracle.

A la semaine prochaine ! D’ici là, n’oubliez pas de me soumettre des sons à ajouter si vous voulez, en commentaires.

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