Le 30 mars sous le signe de la musique

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biberon-acdc-abcd-1Comme vous le savez, depuis 6 ans que je publie continuellement sur Ladies Room, j’ai fêté mes 31 ans hier, dimanche 30 mars 2014. Et comme certains twittos m’ont souhaité mon anniversaire en retard – c’est-à-dire ce matin –, certains n’ont pas oublié de noter le fait que j’étais née le même jour que certains artistes.

Ce papier sera donc dédicacé au Nem moins croustillant et moins digeste qu’un rouleau de printemps de chez Lidl, qui a su à ma place répertorier ces artistes nés à la fin du premier décan du signe du Bélier.

Eric Clapton (69 ans, né le 30 mars 1945)

Il a tellement été considéré comme un dieu vivant très jeune qu’on le croirait plus âgé. Et ben non ! Non seulement il a marqué les années 1960 & 1970 par son rock et les années 1990 par son blues, mais en plus, pépère n’est pas mort, en témoigne son très bon Old Socks sorti l’an dernier et qui renoue avec les racines reggae qu’il a développées dans les années 1970. Rigolez, rigolez, mais au même titre que Johnny Hallyday a contribué à faire connaître le rock américain en France au début des années 1960 – mais tout à fait –, Clapton a grandement contribué à la notoriété de Bob Marley dans la culture occidentale. Sans la reprise d’I shot the sheriff, toute la musique jamaïcaine n’aurait été peut-être qu’un pendant d’exotisme connu seul des curieux, à l’image du blues malien qui vaut davantage qu’Amadou & Mariam.

Puisqu’on est nés le même jour, m’en réclame-je ? À mort. C’est parce que mon crush de lycée faisait ses gammes de guitare en s’inspirant de l’Unplugged le midi à l’aumônerie et que, par la suite, je me suis penchée sur la discothèque du père de ma meilleure amie que je considère Eric Clapton comme un idéal inatteignable. Car non seulement il a une technique au-delà du réel à la guitare – c’est pas Angus Young non plus, mais certains soli méritent quand même la réécoute –, mais il sait également faire passer de vraies émotions fortes par sa voix. Je ne pourrais compter le nombre de chansons qui me filent le frisson, tant la majeure partie de son répertoire où il est à son sommet me file le frisson. J’exclus évidemment les années 1980 oubliables (mis à part son très bon caméo avec Sting sur It’s probably me) et les années 2000 répétitives.

Richard Gotainer (66 ans, né le 30 mars 1948)

S’il est considéré aujourd’hui comme un pan de la culture française des années 1980 qu’il serait préférable d’oublier en société sous peine de honte absolue, cela ne veut pas dire qu’il est mort artistiquement. Aux dernières nouvelles, il se produirait au New Morning avec un orchestre de jazz. Mais celui qui se spécialisa dans les chansons à jeux de mots et à allitérations est en fait davantage connu pour avoir composé à peu près toutes les pubs marquantes des années 1970 et 1980. Qui, en effet, a vécu cette période et ne se souvient pas de On se lève tous pour Danette, Danette… ? ou du Buvez, éliminez de Vittel ?

Puisqu’on est nés le même jour, m’en réclame-je ? Mis à part un sale réflexe pavlovien de petite fille qui scotche pendant les pubs et pendant les émissions Carnaval et Champs-Elysées, j’avoue avoir du mal à considérer Richard Gotainer comme un document d’archive de la France des années 1980. Tant par son style (lunettes double foyer rondes, costards criards) que par les compositions musicales, je comprends tout à fait que la mémoire collective ait totalement occulté cet artiste, même si, au final, je trouve cela injuste au regard de sa popularité à l’époque.

Tracy Chapman (50 ans, née le 30 mars 1964)

Lorsque j’ai vu pour la première fois cette artiste, j’avais 5 ans, et Talking ‘bout a Revolution venait de sortir. J’étais persuadée que c’était un homme, parce que mon cerveau de petite fille avait assimilé que cheveux courts + voix grave + prénom douteux = monsieur. Je vous rassure, j’ai eu le même souci avec Terence Trent d’Arby à la même époque. Heureusement, elle a sorti d’autres albums par la suite, dont le culte Telling Stories (2000) qui fait partie de mes albums préférés en ce qui concerne la période de l’université. Malheureusement, elle semble ne rien avoir sorti depuis 2008, et cela m’attriste beaucoup, tant j’aime ses compositions très posées et son timbre de voix farineux qui sied tant à ses riffs doux.

Puisqu’on est nées le même jour, m’en réclame-je ? Honnêtement, oui. En tant que compositrice, je me suis beaucoup inspirée de ses mélodies pour pouvoir créer au départ. Et, vous me connaissez, tant que ce n’est pas chanté en français et de manière nonchalante, la folk fait partie des styles musicaux qui expriment le mieux mes émotions. S’il te plaît, Tracy, ressors un autre album, je suis sûre que tu en es capable.

Céline Dion (46 ans, née le 30 mars 1968)

Dois-je parler de la Canadienne la plus riche du pays, qui a commencé sa carrière à 13 ans avec ses dents de travers, avant que la chenille devienne papillon de lumière sous les projecteurs grâce à son mari René ? Si je trouve son répertoire anglophone absolument kitschouille et ridicule, je trouve qu’elle s’est pas mal démerdée en collaborant avec Jean-Jacques Goldman, notamment avec D’eux et Une fille et quatre types. Pourquoi ? Parce que mon brave JJ apporte un répertoire sous le signe d’une sobriété qui manque tant à cette showgirl tellement incarnée qu’elle en est parodiée.

Puisqu’on est nées le même jour, m’en réclame-je ? Mis à part le fait que j’ai interprété maintes et maintes fois My heart will go on avec mon crush de lycée à la guitare, notamment pour le spectacle du lycée en 1ère, je ne m’en réclame absolument pas, tant son côté show-off me débecte. Et surtout, comment envier la carrière d’une femme qui, à 45 ans, chante la plupart du temps en playback et ne répond quasiment plus aux questions qu’on lui pose, tant elle a épuisé ses cordes vocales ? Si All by myself te pose problème, et ben tu baisses la tonalité. Ce serait moins époustouflant, mais au moins, tu resterais une chanteuse crédible.

Norah Jones (35 ans, née le 30 mars 1979)

L’une des filles de Ravi Shankar, même si elle-même ne revendique pas cette filiation, s’est fait connaître dès l’âge de 23 ans avec le fabuleux Come away with me. Depuis, sa carrière oscille entre smooth jazz et influences pop et country. On peut retrouver cette ouverture créative au sein de ses diverses collaborations, que ce soit avec des pointures du blues et du jazz (Ray Charles, Tony Bennett), des artistes plus ancrés dans le répertoire américain traditionnel (Bob Dylan, par exemple) ou plus bizarrement avec Billy Joe Armstrong, leader de Green Day, dans un projet qui sortira prochainement (et je vous avoue que j’ai hâte, en fait). Elle tâte également un peu de cinéma, en témoigne son rôle de My Blueberry Nights de Wong Kar-Wai (2007).

Puisqu’on est nées le même jour, m’en réclame-je ? Norah Jones est pour moi l’archétype de l’artiste classe, qui ne se laisse pas emmerder par des carcans artistiques. Par conséquent, il est difficile de la suivre depuis le début de sa carrière – moi la première, je trouve que certaines expérimentations de sa part ne lui vont pas au timbre, mais ce n’est qu’un avis personnel. Force est de constater qu’à force d’être insaisissable et impénétrable, elle en devient une artiste remarquable et recherchée.

Voici donc un de mes conseils pour briller en société quand vous n’avez aucun sujet de conversation : recherchez vous aussi les artistes et chanteurs nés le même jour que vous, renseignez-vous sur leur actualité la plus récente, et lancez le sujet, genre Avez-vous écouté le dernier Eric Clapton ? ou Vous avez vu que Richard Gotainer passe au New Morning ? Punaise, quel virage étonnant de carrière… Si ça prend bien et si vous êtes dans un milieu réactif, vous pouvez tenir une conversation d’au moins 15 minutes, ce qui n’est pas mal en soi. Au pire, vous vous retrouverez parmi des régressifs qui vous chanteront Mais il est où, le Youki ?, ce qui en soi n’est pas gravissime. Marche également pour les acteurs, les auteurs, et même les hommes politiques !

Michel Sardou, populiste et populaire ?

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michel-sardou-20050721-56503Je vous entends déjà d’ici : Putain, ça ne lui va pas la trentaine, elle ne parle plus que de chanteurs français presque morts ! Rhôa ça va, ce n’est pas comme si je vous parlais de Richard Anthony, de Charles Aznavour ou de Michel Delpech. Seulement, il existe quelques chanteurs qui ont été popularisés dans les années 1960 et dont le succès encore actuel ne tient pas seulement d’une certaine nostalgie de baby-boomers. Mais promis, pour Johnny, j’attendrai que ce soit une nécro pour écrire quelque chose.

Donc aujourd’hui, je vais vous parler du chanteur français préféré de mon parrain, à savoir Michel Sardou. Non content de m’avoir fait découvrir The Who, Cerrone, Franck Zappa, Bob Marley, Statu Quo, j’en passe et des meilleures, mon parrain se dandine encore à l’heure actuelle sur de la house, preuve qu’il est toujours vert. Et donc, fut un temps, il était en boucle sur le Bercy 91 de notre ami Mimi. C’est ainsi que j’ai découvert le répertoire d’un des chanteurs les plus populaires de cette fin de XXe siècle français.

Aujourd’hui, ses nouvelles chansons ne font plus recette. Ca tombe bien, il préfère désormais se consacrer au théâtre, comme tout vieux chanteur populaire et respectable (Eddy, je t’aime d’amour). Mais il a tellement marqué les années 1970 et 1980 de ses chansons teintées parfois d’esprit anti-post-soixante-huitard qui l’ont longtemps catalogué comme militant à l’extrême-droite de l’échiquier politique, chose qu’il a toujours refusé d’admettre en tant que citoyen. Pour preuve, voyant le tollé qu’ont suscité certains titres et ce qu’il s’est pris dans les gencives par les média et les intellectuels de l’époque, il préfère désormais ne plus les interpréter.

Penchons-nous maintenant sur la carrière de cet homme très complexe.

Polémique dès ses débuts

Fils et petit-fils d’acteurs et d’humoristes, Michel Sardou naît en 1947 avec la certitude qu’un jour, il sera bien obligé de monter sur scène pour faire honneur à son ascendance. Sauf que, à force de suivre ses parents dans des cabarets, il s’est dit qu’il n’avait pas la vis comica. Son acte fondateur a été de vouloir se barrer au Brésil à 17 ans : manque de pot, son père le rattrape.

Il signe son premier single à 18 ans, en 1965, avec la complicité de Patrice Laffont (vui, Mirmiton et Barjabule). Il s’appelle Le Madras et c’est un four. Il faut attendre 1967 et une censure du Général de Gaulle, qui voit d’un mauvais œil une chanson écrite en réaction à la rupture de la France avec l’OTAN, pour qu’il commence à faire parler de lui avec Les Ricains. Alors oui, c’est un peu oublier les Anglais et certains Soviétiques, hein, et même le rôle de certains réseaux, mais en tout cas, ça fait mouche et ça le catalogue tout de suite.

Par la suite, ses titres auront moins de succès jusqu’à la sortie de J’habite en France, en 1970, où l’on retrouve des tubes comme Les bals populaires, Mourir de plaisir et Le rire du sergent. Même si le terme beauf n’existe pas, c’est de cette manière qu’il se rallie le public de la France profonde, celle qui n’a pas encore connu les bouleversements de la fin des années 1960.

Il passera donc la première partie des années 1970 à chanter soit des chansons d’amour fou (La maladie d’amour), soit à lancer des textes où il dénonce certains faits (Un curé contre le célibat des prêtres, Le surveillant général contre les abus d’autorité de certains professeurs), soit à se faire tancer par les féministes pour ses chansons Les vieux mariés (Tu m’as donné de beaux enfants, tu as le droit de te reposer maintenant) et Les villes de solitude (J’ai envie de violer des femmes, de les forcer à m’admirer). En tout cas, il ne fait rien pour passer inaperçu, quitte à passer pour un sale machiste qui gueule tout le temps. Un Français de base, quoi.

Mais ce n’est rien par rapport à la bronca qui l’attend pour la suite de sa carrière.

L’homme à abattre

On ne sait pas ce qui s’est passé dans sa vie, dans sa tête entre 1975 et 1976 – est-ce peut-être une crise des valeurs suite à la mort de son père en janvier 1975 –, toujours est-il que c’est à cette époque qu’il gagne la réputation de gros fasciste qui le poursuit encore à l’heure actuelle. En cause, certaines chansons. Le temps des colonies, par exemple, est un titre où il semble faire l’apologie du colonialisme, je vous assure qu’elle met mal à l’aise à l’écoute. Je suis pour, selon Sardou lui-même, parle de la loi du Talion qui tente tout père à l’assassinat de son enfant, et qui sort en pleine affaire Patrick Henry. Légitimement, on pourrait penser que Sardou clame viscéralement sa position en faveur de la peine de mort, mais il assure lui-même que sa chanson est mal comprise et qu’il ne voulait pas du tout se positionner sur le sujet. Mouais, disons.

Parmi ses chansons polémiques, il y a encore Le France, saluée par les communistes syndicalistes et par une frange d’extrême-droite pour son patriotisme, J’accuse, une chanson « bisounours » où il gueule sur tous les maux du monde (ce qui lui vaut aussi d’être accusé d’homophobie), et plus bizarrement, La Java à Broadway, à cause de Quand on fait la java le samedi à Broadway, ça swingue comme à Meudon (coucou, Louis-Ferdinand Céline !), et Je vais t’aimer, où on l’accuse de rabaisser le rôle de la femme devant le triomphe de l’homme conquérant en amour. A cette époque, Michel Sardou divise tellement les intellectuels engagés en politique qu’il devient l’objet de véritables débats de société. Certains patrons de radio se mettent à l’insulter, il y a même des comités anti-Sardou qui se créent en 1977 pour interdire ses concerts, quitte à poser des bombes dans les salles, comme à Bruxelles. En 1978, sort même un pamphlet, Faut-il brûler Sardou ? Finalement, on se dit qu’avec son Sale pute, OrelSan ne s’en sort finalement pas trop mal.

Par la suite, même s’il ne renonce pas à parler de faits de société dans ses chansons (Monsieur Ménard, où il parle d’un prof tabassé par un de ses élèves, Le prix d’un homme, dans le contexte des enlèvements d’Aldo Moro et du baron Empain), cela ne l’empêche pas de parler de sujets plus personnels, au même titre qu’auparavant, il a parlé des relations mère-fils avec Une fille aux yeux clairs (1974), ni même de faire des chansons populaires. En témoignent 10 ans plus tôt, qui devint le slow de l’été 1977, En chantant, composée par Toto Cotugno, où il évoque ses souvenirs, Je ne suis pas mort, je dors, en hommage à son ami Claude François qui venait de disparaître, et surtout le surprenant Je vole, dont le public a pensé que c’était la lettre d’un adolescent qui fuguait, alors que, pour Sardou, il s’agissait davantage d’une lettre de suicide.

L’apaisement et le vrai succès

Si vous me demandiez quelle serait la meilleure période créative de Michel Sardou, je vous répondrais indéniablement les années 1980. Parce qu’il semble enfin libéré des casseroles qu’il se traînait dans toutes les années 1970 et qu’on le sent plus pondéré par rapport aux thèmes qu’il aborde (même si Une femme ma fille, en 1984, le ferait taxer de paternalisme dérangeant d’une part, et d’antiféminisme d’autre part).

D’ailleurs, les femmes sont l’un de ses sujets de prédilection en cette décennie. Il commence en 1981 avec le mythique Femmes des années 80, remixé et complété en 2010 sous les beats de Laurent Wolf. Il y a deux grilles de lecture de cette chanson : soit Sardou regrette la place grandissante des femmes dans la vie publique et leur évidente perte de féminité, soit au contraire, il salue le fait qu’elles savent s’adapter aux défis qui les attendent. On retrouve ce même questionnement dans Marie-Jeanne en 1990. Mais sa chanson la plus marquante sur le sujet reste Musulmanes, qui remporte la Victoire de la Chanson en 1987. Il y dénonce les conditions infligées à certaines femmes dans le monde, notamment pour des raisons religieuses.

Une autre thématique est abordée de manière sporadique par Sardou dans ces années 1980, ce sont les voyages et le monde. Il ne cesse d’exprimer son amour pour l’Amérique et ses arts (que ce soit avec Chanteur de jazz ou Happy Birthday), mais aussi l’Afrique avec Afrique, Adieu (MA chanson préférée de Michel Sardou, qui me rappelle un cri cathartique alors qu’il voulait en faire une chanson désabusée sur l’état du continent) et l’Irlande avec Les Lacs du Connémara, qui n’a été supplanté comme chant de supporter que depuis Seven Nation Army et qui tourne encore dans bien des mariages.

Même s’il s’est fait souvent taper dessus pour ses chansons « engagées », Michou persiste et signe avec une chanson comme Vladimir Illitch, où, tout en rendant hommage à l’idéal de Lénine, il fustige ce qu’est devenu le communisme dans les pays de l’Est. Il s’interroge également sur l’éducation en France, que ce soit avec Les deux écoles (suite aux mobilisations qui ont accompagné la loi Savary en 1984, laquelle projetait de limiter, voire d’interdire les écoles libres. Sardou n’a pas souhaité prendre position, préférant prôner une liberté dans le choix éducatif en disant qu’il avait fait les deux écoles et que ça n’avait rien changé) ou Le bac G, en 1992, où il est carrément passé pour un con de base. En effet, Sardou pensait que le G représentait le bac général, et fustigeait donc ces filières selon lui vides de sens. Il n’a appris que plus tard que cela correspondait à la filière technologique Sciences et Techniques de Gestion. Cela lui a valu des remontrances, notamment de Lionel Jospin.

Bilan : Michel Sardou mérite-t-il sa réputation ?

Si on prend isolément certains titres sans l’explication de Michel Sardou lui-même, il est facile en effet de l’accuser de tous les maux. Mais les chansons qu’il a écrites et interprétées dans les années 1980 et 1990 (prenons par exemple Le privilège, en 1990, qui parle d’un garçon qui hésite à faire son coming-out, et qui est une réponse aux accusations d’homophobie qu’il a reçues avec J’accuse et Le rire du sergent) réfutent en partie ces accusations, sauf celles de sexisme, faut pas déconner. Seulement, le contexte des années 1970 valorisait les artistes porteurs d’engagement sociaux forts. En gros, pour être populaire, il était préférable de chanter des chansons très neutres (coucou Stone et Charden) ou de chanter des chansons qui étaient fortement engagées politiquement (Coucou Jean Ferrat et Léo Ferré).

A mon avis, le problème profond de Michel Sardou est surtout d’avoir voulu « dépolitiser » certains sujets polémiques comme l’écologie, la nostalgie colonialiste de certaines personnes, le droit des femmes et ce qu’en pensaient les hommes moyens, l’éducation… Or, étant donné que, lorsqu’on aborde des sujets polémiques, c’est qu’on est censé donner son point de vue, tout le monde a pensé que c’était vraiment ce que pensait Michel Sardou, alors qu’il ne cesse depuis de se défendre d’avoir ces opinions personnelles. Comme il le dit lui-même : « Je ne me rendais pas bien compte non plus de la portée des chansons. Pour moi, ce n’étaient que des chansons. Pas des professions de foi. »

En cela, l’œuvre de Michel Sardou pose une question essentielle sur la création artistique : est-il possible d’émettre un point de vue dans une œuvre d’art sans pour autant que ce soit celui de l’artiste ? C’est un point de vue qui est alors difficile de concevoir sans avoir la lecture de l’artiste lui-même. D’ailleurs, pour sa chanson la plus dérangeante, Le temps des colonies, Michel Sardou a trouvé THE bonne parade : « Le ciel m’est tombé sur la tête. Je croyais camper un de ces personnages de bistrot qui racontent toute leur vie la bataille d’Indochine. J’ai en partie échoué. Certains journalistes ont compris l’opposé : je sublimais les années coloniales ! J’incitais à la haine raciale ! J’aime chanter à la première personne. J’entre ainsi dans un rôle comme le ferait un comédien. L’engagement est joué. La scène n’est pas un lieu où je me confesse. Le malentendu vient toujours de ceux qui n’écoutent pas. »

La logique artistique de Michel Sardou est donc de se faire passer pour les personnages de ses chansons pour faire passer des idées qui ne sont pas forcément les siennes. Cela fait de lui un artiste extrêmement pudique, ce qui est rare, mais surtout un comédien de génie qui incarnerait donc des personnages très marqués à travers ses chansons. En cela, Michel Sardou serait un artiste tout à fait remarquable qui mériterait qu’on le juge à sa juste valeur.

Loin de ce papier de chanter mon amour absolu à Michel Sardou – certains titres me dérangent plus qu’autre chose, plus par leur ringardise que par leur aspect polémique –, mais j’avais envie de faire comprendre les raccourcis que l’on peut faire face à différentes œuvres d’art, notamment en ce qui concerne la musique, même quand l’artiste mis en cause se défend de donner une portée revendicatrice à son œuvre. Bref, Leave Michel alone.

Le Bonnois #13 : Spécial cacedédi

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PlaylistJe me suis dit récemment : Tiens, ça fait longtemps que je n’ai pas fait de playlist pure et dure, et ça me manque un peu de sélectionner des petits Bonnois. Et tiens ! Si en plus, je faisais un jeu avec certains de mes amis FB que je taguerais et qui devineraient quelle chanson leur est destinée… 

Cette fois-ci, tu vas écouter :

Michel Sardou, Afrique AdieuIndice : ca fait longtemps qu’on ne s’est pas fait de pourrissage de mur FB et ça me manque un peu :)

Jeanne Chérhal, Colonel, j’ai 16 ansIndice : ce n’est pas parce que nous avons des divergences artistiques que je trouve que tu as de mauvais goûts. Et accessoirement, je ne te dis jamais assez que tes pompes sont magnifiques et que ton vernis est très bien assorti à ta tenue.

Tegan & Sara feat. the Lonely Island, Everything is AWESOME!!! Indice : Prépare les Légo, les envahisseurs de la planète Duplon arrivent.

Thomas Dutronc, J’aime plus Paris. Indice : Comme tu le dis toi-même, c’est la perspective d’une nouvelle vie.

Cindy Lauper, Girls just wanna have funIndice : Même si notre dernière discussion ne portait pas que sur ça, avouez qu’on a toutes tiré cette conclusion au final :)

Taizé, Ô toi, l’au-delà de toutIndice : Si ça peut te convaincre d’y aller, ça me ferait plaisir.

Bérurier Noir, Salut à toiIndice : Merci pour ce matin, ça m’a fait à la fois plaisir et bizarre de me rappeler de mes années d’étudiante.

Jacques Dutronc, L’opportunisteIndice : Vous ne l’êtes pas, mais vous êtes amenés à en croiser beaucoup en ce moment.

Julien Doré, Paris-SeychellesIndice : Après ma carte postale de Bali l’an dernier, comme je ne t’ai rien dédicacé cette année, c’est mon cadeau.

Max Romeo & the Upsetters, I chase the DevilIndice : Merci de m’avoir fait redécouvrir ce classique qui est devenu mon riddim du Carême.

A bientôt pour de nouvelles aventures !

Some kind of unreal music #37 : Revue du printemps

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Cette année, nous avons un peu de chance : le printemps est en avance de quelques jours. C’est l’occasion de faire Carnaval sous un temps plus clément que ceux faits l’an dernier, mais aussi, comme aujourd’hui, de prendre des verres en terrasse ou de se poser dans un parc (surtout qu’aujourd’hui 9 mars 2014, il faisait 20°C à Paris). Evidemment, la musique va en conséquence. Des nouveautés, de projets qui murissent, bref, le printemps est là pour que les pousses éclosent. Voici donc mon petit choix.

En écoute : Fauve – Vieux frères, part 1

fauve1-590x331Je peux vous le dire, et je pense que vous le savez maintenant, que je dois être la seule personne âgée de plus de 15 ans qui s’intéresse à la musique de ce collectif sans pour autant porter un juger un jugement de valeur, tout ça parce qu’ils ont l’air un peu jeunes et qu’ils abordent des sujets de sales emos. Par conséquent, j’étais plutôt impatiente de la sortie de ce premier LP, pour voir s’ils arrivent à tenir tout un album sans tomber dans la caricature…

Force est de constater que ce n’est pas parce qu’ils ont un succès relatif qu’ils ont décidé un quelconque virage artistique pour plaire à un plus grand nombre. À la rage (Voyous) a été privilégié le  côté un peu blasé speed (Infirmière, Tunnel, Jeunesse Talking Blues), tout en passant par le crescendo dans les sentiments (De ceux). Les thématiques naviguent encore entre le désespoir amoureux, la force du collectif, la rage, la marginalisation… Alors oui, ça peut agacer la plupart des personnes, mais au moins, c’est un album cohérent, et qui, bizarrement, ne s’essouffle pas, contrairement à Blizzard où le collectif finissait par se caricaturer. Le côté négatif, c’est qu’on finit par se lasser devant une légère platitude dans le ton.

L’album qu’on attend : Coldplay – Ghost Stories

chris-martin-20060824-154779Attendu pour le 19 mai 2014, le nouvel album du groupe londonien suscite les convoitises et les interrogations après le choc Mylo Xyloto. Deux extraits sont déjà sortis à une semaine d’intervalle.

First I was o_O

… then I was <3

… et c’est d’ailleurs ce deuxième extrait qui est diffusé actuellement à la radio. Et force est de constater que Magic fait son petit effet…

Bref, suivant Coldplay depuis A Rush of Blood to the Head (2003), et considérant que Coldplay est toujours Coldplay même depuis Viva la Vida (2008), je suis davantage sur les starting blocks que pour Mylo Xyloto après avoir écouté Every Teardrop is a Waterfall. Je regrette cependant, comme beaucoup de fans, que la trame rythmique ne soit plus acoustique (on reste quand même nostalgique d’une grosse batterie lente à la In my place), mais l’aspect éthéré et nostalgique du Coldplay des débuts respire encore, et c’est bien pour ça que je pense que le groupe a survécu à la production de Brian Eno.

En bref

Roger-Gicquel_scalewidth_300Gérard Mortier, ancien directeur de l’Opéra de Paris et du Teatro Real de Madrid, vient de décéder à 70 ans.

Des militants UMP reprennent Famille de Jean-Jacques Goldman en l’honneur de Patrick Balkany, maire de Levallois-Perret candidat à sa propre succession.

Metronomy, après The English Riviera (2011), sort ce lundi Love Letters. J’ai hâte !

La playlist du mois

DEVO – Jocko Homo

Sortir avec le Chevalier laisse des traces indélébiles… SORTEZ-MOI DE LÀ !

U2 – I still haven’t found what I’m looking for

Je suis rentrée mercredi, comme tous les ans, dans ma période d’introspection spirituelle annuelle. Depuis le temps, j’ai compris que ce n’était pas qu’une histoire de privations ou de retrait de la vie sociale, mais surtout pour prendre un temps pour soi et voir où va sa vie. Espérer un jour trouver ce que je recherche, c’est le principal espoir de ma foi.

N.E.R.D., Hypnotize U

Pharrell, arrête tes conneries, retire ton chapeau et ton politiquement correct de façade que tu revêts depuis ton mariage et refais-moi vibrer les ovaires, chéri !

Au mois prochain pour une revue de Pâques !

Un bilan de Nouvelle Star en 2014 (merci Rose H.)

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Logo_Nouvelle_StarMalgré le fait que je me sois faite recaler du pré-casting de la saison 2010 et que je ne me manifeste plus sur les réseaux sociaux, je suis toujours aussi fan de Nouvelle Star, même avec Cyril Hanouna. Je suis toujours éberluée par les remarques d’André Manoukian, mais je regrette vraiment qu’ils aient remplacé Philippe Manœuvre par Olivier Bas, alias le journaliste musical qui ne sert pas à grand-chose. Par contre, ils ont fait un excellent casting concernant Maurane, que je considère comme une interprète pétrie de talent pur comme on en fait rarement dans le monde francophone.

Je me suis donc prise de passion pour cette saison 2014, après une saison 2013 qui s’est avérée au final très prévisible dès lors qu’on était sorti des castings. Je ne dis pas que le casting a été mauvais en 2013, mais il semblerait qu’il ait été fait un pont d’or à Sophie-Tith, qui n’avait alors que 16 ans et une voix grave à faire frémir n’importe quel auditeur. Elle revient en 2014 non seulement en ayant enregistré un album de reprises poussives, mais surtout blonde (KEUWAH ? Où sont tes mèches bleues, bordayl de cul ?) et avec un single qui ne la met pas du tout en valeur en tant qu’interprète. Je vous le dis, sincèrement, j’ai mal pour elle.

Mais surtout, cette saison de la Nouvelle Star a vu un final complètement inattendu, même de la part de la production : la victoire de Mathieu, 20 ans, étudiant en théâtre, face à l’archi-favorite Yseult, 19 ans, étudiante en BTS immobilier. On peut s’étonner encore de l’âge assez jeune des participants, mais l’industrie du disque a ceci de fascinant qu’elle est toujours prompte à prendre des gamins qu’ils estiment talentueux, quitte à ce qu’ils se trahissent artistiquement. En témoigne le succès auprès du public rock de Jake Bugg, qui vient de fêter son 20e anniversaire et qui a sorti deux albums très bien foutus. Espérons que sa carrière dépasse ses 25 ans, c’est tout ce que je lui souhaite.

En guise de statut, j’ai posté suite à la victoire de Mathieu : Yseult est certes une excellente interprète, elle l’a prouvé pendant 10 semaines. Elle était la gagnante désignée, mais il lui manquait une certaine dimension artistique et créative qu’a justement ce vainqueur qui s’est avéré jusqu’au bout être un excellent outsider. Rose H. m’est tombée dessus – bien lui en a pris, parce qu’elle a finalement largement contribué à cet article. Certes, Yseult n’aurait pas volé sa victoire au regard de tout ce qu’elle a fourni comme performance durant le concours, mais le public, large, lui a préféré un type, certes moins impressionnant vocalement, mais au répertoire folk et chanson française populaire qui lui semblait parler davantage (permettez-moi un léger doute).

Et c’est bien là que se pose la question, selon moi : Yseult aurait été la lauréate de la production, du jury, de la presse, de la critique… mais pas forcément d’un public qui aurait éventuellement acheté ses albums, celui donc qui a la décision finale de la Nouvelle Star. Pas assez cliché par rapport à l’Africaine à grand charisme faite pour reprendre du Tina Turner, du Beyoncé et du Nina Simone (dans une hypothèse très classe) ? Trop originale, puisque davantage positionnée chanson française ? Trop évident ? Il est manifeste que, durant tout le concours, la production l’a mise en avant, vantant sa capacité de varier d’un style à un autre – et c’est même peut-être ceci qui a désarçonné le public – et faisant d’elle une interprète flamboyante. Au contraire, jusqu’à la demi-finale, la production a cru bon de faire passer Mathieu pour un clown, un adorable dilettante à la Dutronc père et fils. Il a fallu attendre justement qu’il puisse montrer ce qu’il a dans le bide pour que le public puisse réaliser qu’il pouvait faire le hold-up, chose qu’il a parfaitement effectuée en finale.

A vrai dire, je n’espérais pas malgré tout une victoire de Mathieu. Pourquoi ? Parce que je trouve au final l’interprète moyen sur le plan vocal, mais le compositeur et l’arrangeur à haut potentiel. J’ai surtout peur qu’il ne soit pas prêt à enregistrer un album tout de suite, même s’il se prévaut d’avoir des compositions plutôt folk. Or, on l’a vu, les lauréats de télécrochet ont dans l’obligation d’exister médiatiquement par leur musique dans l’année qui suit (même si leur premier album est une sombre merde – coucou, Cyril Cinélu). Comme me l’a fait souligner Rose H., même quand ils ne sont pas lauréats – surtout, on devrait dire –, beaucoup de candidats de Nouvelle Star restent des musiciens reconnus par la profession, réussissant malgré tout à faire carrière en marge du grand public.

Et c’est bien ceci qui fait que Nouvelle Star n’est pas un télécrochet comme un autre. Comme dans beaucoup de télécrochets, peu de lauréats réussissent à véritablement s’imposer en tant qu’artistes sans faire d’énooooormes fours (quelqu’un peut me dire ce que deviennent RÉELLEMENT Steeve Estatof et Myriam Abel ?) ou prendre un tournant gênant (coucou Amandine Bourgeois et Jonatan Cerrada, vous nous avez bien mis la ‘chouma à divers concours de l’Eurovision). Bref, tout le monde n’a pas réussi à avoir à la fois l’adhésion du public et des professionnels, à l’image de Christophe Willem et surtout Julien Doré. Ce qu’il y a de particulier, donc, avec Nouvelle Star, c’est que les finalistes, au final, s’en sortent parfois mieux que les lauréats.

Que ce soit dans un circuit commercial (à l’image d’Amel Bent) ou plus confidentiel (Lussi, Camelia-Jordana, Ycare, Miss Dominique, Melissa Nkonda), beaucoup de chanteurs qui ont eu une visibilité avec Nouvelle Star arrivent quand même aujourd’hui à vivre de leur art. Mais il arrive aussi que le chemin Nouvelle Star mène au cinéma (Benjamin Siksou, Jules Pélissier)… voire au commentaire sportif, n’est-ce pas, Isabelle Uthurburu, qui a participé en 2007 ? Mais ce que l’on peut remarquer, c’est qu’à part Cindy Sanders (mais elle, c’était juste un phénomène de foire, on est bien d’accord ?), très peu de candidats se sont retrouvés, au final, dans le filon de la téléréalité, contrairement à bien des candidats de la Star Academy.

Nouvelle Star, quand on se démerde bien, est une étiquette dont on se défait très vite si on a un univers assez installé en tant qu’artiste. C’est ce qui fait d’ailleurs la qualité du programme, comparativement à d’autres télécrochets où l’impression d’une certaine forme de formatage artistique est de mise. C’est, à mon avis, ce qui a fait que Popstars s’écroule comme du flan : le casting mettait de côté des artistes qui présentaient un intérêt certain (coucou Chimène Badi), mais gardaient des artistes de moindre envergure qualitative qui semblaient pourtant avoir leur place dans un quelconque projet initial qui, en fait, n’était pas encore super défini au moment des sélections. Cela revient à soutenir des artistes sans charisme et malléables, d’où l’énorme souci de se démarquer d’une étiquette d’émission de téléréalité.

Cette saison 2014 de Nouvelle Star a été d’autant plus passionnante qu’on y a vu des candidats à l’aura manifeste se casser la gueule au fil des prestations (Sirine, Dana, Léopoldine – mais à mon avis, Léo était trop barge pour survivre, tout le monde ne peut pas être Luce) et des candidats plus que moyens au départ prendre de l’envergure au fil du temps (Mehdi, Pauline, Alvaro). La finale entre Mathieu et Yseult résume tout à fait cette tendance. Vous m’aurez demandé qui gagnerait avant la finale, je vous aurais répondu Yseult sans hésiter. Mais sa prestation en finale était objectivement en-deçà de son potentiel. Ne se sentant jamais mise en danger, que ce soit par le jury ou par la production, elle a peut-être finalement baissé son levier d’exigence (parce que c’est une interprète exigeante). Ce faisant, elle a laissé le champ libre à Mathieu pour qu’il s’impose en tant qu’artiste à part entière, même s’il n’a pas autant fait le consensus qu’elle au fil de ses prestations, tant dans le jury que dans le public.

Je pourrais même dire que, si on retrace l’historique de Nouvelle Star, Yseult a été « victime » du même syndrome qui a touché Amel Bent et Camélia-Jordana. A force d’être trop « parfaites », d’avoir des jugements trop dithyrambiques de la part du jury, le public a voulu sanctionner cet excès d’enthousiasme qu’il a estimé à certains moments pas mérité au regard de certaines prestations de ces chanteuses. D’ailleurs, le public a préféré ces années-là des chanteurs bien moins consensuels, pour ne pas dire hors du système dominant de l’industrie du disque, à savoir Steeve Estatoff et Soan (lesquels n’ont jamais eu le succès escompté, contrairement aux « sanctionnées » du public qui mènent très bien leur barque). C’est pour cette raison principale que je n’espérais pas hier soir la victoire finale de Mathieu. D’une part, je ne crois pas qu’il ait le charisme pour s’imposer sur le devant de la scène très longtemps, à l’image du combo Christophe Willem/Julien Doré. D’autre part, j’ai bien peur qu’il ait été fait lauréat par le public pour dire merde au jugement « partial » des professionnels, que ledit public va sûrement suivre au final.

Bref, comme le dit Rose H., Nouvelle Star n’est qu’un jeu et ce serait bien de le considérer comme tel. Malgré tout, même s’il y a eu quelques cafouillages les premières années, ce télécrochet reste passionnant dans la mesure où la production ose effectuer des mises en valeur audacieuses des artistes en vouloir et en devenir. C’est à ce prix que l’on y découvre des artistes qui se positionnent hors des standards actuels de l’industrie française du disque et qui arrivent réellement à faire carrière après leur médiatisation. 

Live Report à 4 mains : Les 29e Victoires de la Musique

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photo-les-victoires-de-la-musique-2014-les-nominations-52d55ae441499Vous entendez cette phrase rythmique à 7 temps qui m’obsède depuis deux semaines ? Ta tala ta taaaa tata taaaaa

C’est parti pour mon marronnier actuel du mois de février, à savoir le Live Report des Victoires de la Musique. Pour cette 29e édition, je suis non seulement aidée de Twitter, mais en plus, Le Chevalier, pour raison de St-Valentin, vient me prêter main forte. Cette année, l’émission est présentée par Virginie Guilhaume (comme l’an dernier) et Bruno Guillon (qui tente de faire son trou sur France TV, sans succès) en backstage.

Direct, après le générique, la soirée commence par LA star annoncée de la soirée : Stromae, qui interprète Ta fête. Un petit bijou avec tous les instruments électroniques qui puissent exister sur terre. Au moins, l’ambiance est assurée au Zénith de Paris, où se déroule la cérémonie.

Christophe Maé se produit. La réaction du Chevalier : Il a appris un nouvel accord ? Apparemment, non, mais il a plagié d’une part We will rock you, et il a découvert le capodastre, ce qui lui permet de découvrir d’autres accords comme le Fa Mineur (mais je vous rassure, c’est toujours la même ligne d’accords). Le Chevalier : On a notre nouvelle Britney Spears. En effet, Monsieur se fend d’une chorégraphie de claquettes du plus bel effet. Donc le titre de la chanson est Ma douleur, ma peine. Réaction du Chevalier : Effectivement, on a eu de la douleur et de la peine à t’écouter. Virginie Guilhaume interviewe Maé : ils ont l’intention d’interviewer tous les artistes comme ça ? Parce que ce n’est pas tout ça, mais on a l’intention de faire autre chose avec le Chevalier…

Vidéoclip

-          Stromae, Formidable
-          Woodkid, I love you
-          Stromae, Papaoutai

Le gagnant : FormidableJ’avoue être surprise, j’avais pronostiqué Papaoutai, plus coloré et visuel. C’est donc le point de départ de cette soirée où on ne peut pas échapper au sosie de Brel après 25 ans aux Marquises. Mais j’avoue que Formidable a été récompensé pour son aspect frappant. A l’époque, sur les réseaux sociaux en mai 2013, le fait de voir Stromae bourré a alerté les esprits. La preuve, avec peu de moyens, il vient d’être récompensé par les professionnels.

C’est maintenant le tour d’HollySiz de se produire avec Come Back to Me. Que dire ? Aucune voix, aucune gestion de la respiration… Bref, presta à chier selon moi. Selon le Chevalier, elle 55 ans et elle se prend pour Debbie Harry. Ah mais tu peux la faire ta choré, cocotte, ça ne fait qu’empirer ton cas, surtout que même là, on dirait une meuf bourrée qui essaie d’exister. Je vous prie de m’excuser pour tant de haine, mais cette presta est la preuve flagrante de ce que je dis depuis le début, à savoir qu’on n’entendra plus parler d’elle dans 6 mois. Mon Dieu, même quand Virginie Guilhaume l’interviewe, elle est énervante. Ouais, je suis comme ça, je suis danseuse au départ. Après ta presta de danse, permets-moi d’en douter.

Vanessa Paradis avec Biolay au piano chante La chanson des vieux cons. Alors, déjà, peut-on parler en préambule de sa coupe de cheveux que je trouve très problématique ? Ca c’est dit. Ensuite, cette presta est jolie, mais ça ne ressemble tellement pas à Vanessa Paradis. Ca doit ressembler à ce qui se passe dans sa tête, mais d’un coup, là comme ça, elle vient de nous plomber l’ambiance. Autrement dit, cocotte, tu nous fais une crise de la quarantaine carabinée, il aurait été préférable de digérer ta rupture avant de nous sortir cet album. Même si, j’avoue, ce n’est pas déplaisant, au final. C’est juste triste. Limite, ça me fait mal au cœur de la voir dans cet état-là.Quand même, on sent la patte Biolay dans cet album. Le Chevalier me souffle : C’est le nouveau Gainsbourg. – Evidemment, chéri, puisqu’il en a le talent. Putain, quand on compte, elle a 27 ans de carrière…

Après ce grand moment de trisititude, voici Julien Doré qui interprète avec Salvatore Adamo Laisse mes mains sur tes hanches. Alors autant Julien fait bien le dandy, autant Adamo, 50 ans de carrière, on le sent passer. Mais rien que pour sa contribution à la musique française des années 1960, il reçoit une Victoire d’honneur. Et mon brave Toto de faire des remerciements à l’ancienne, à savoir à rallonge. C’est pas tout ça, mais l’émission est censée terminer à 0h15… Adamo reprend ensuite MA chanson préférée de son répertoire, C’est ma vie. Et même là, il chante faux et me fait un peu pitié. Je trouve ça dommage, parce que je sais que personne d’autre que lui ne pourra la chanter. Donc ça me fait un petit quelque chose dans mon cœur de l’entendre chanter.

Spectacle Musical/Tournée/Concert

- C2C, Tetra Tour
- – M –, Il(s)
- Christophe Maé, Je Veux du Bonheur

Le gagnant : - M - . Prévisible selon le Chevalier. Moi, j’avais quand même vu un grand challenge de C2C après le triomphe de 2013. Le problème, selon beaucoup, est que C2C a un peu tapé sur le système de tout le monde. Même si Matthieu C. n’est pas présent, on apprécie leur message de remerciement.

Voici Indochine qui interprète College Boy. Tiens, Nicola a troqué sa soutane contre la panoplie de Pete Doherty. Le Chevalier me fait remarquer qu’il chante faux en live. Alors, oui, il a deux-trois notes qui ne passent pas, mais ça gère encore à 55 ans et après 32 ans de carrière. Autre remarque du Chevalier : sur le couplet, on reconnait la métrique du Chant des partisans. Je ne déconne pas, il me l’a prouvé. Nous sommes un vieux groupe, mais nous faisons toujours de la musique de jeunes. Ouais, mais si c’est pour faire de la musique de sales emos, il est quelquefois où tu pourrais t’abstenir.

Album rock

- Phoenix – Bankrupt
- Indochine – Black City Parade
- Détroit – Horizons

Le gagnant : Bankrupt. La proposition qui a fait consensus dans mon groupe de potes, puisque le Chevalier s’est retrouvé Rémi à pronostiquer Black City Parade. Quoi qui en soit, Phoenix ne sait pas s’exprimer, ou alors, je présume qu’ils ont pas mal profité de l’avant-soirée, étant donné leur débit incohérent.

Etienne Daho interprète La peau dure. Et je tiens à présenter mes excuses à Baby Haussmann pour avoir été condescendante. En fait, je dirais même qu’il tient le coup en termes de répertoire, même si la voix est plus hésitante avec les années. Je retourne ma veste devant cette honorable prestation de chanson française.

Artiste Interprète Masculin

- Etienne Daho
- Christophe Maé
- Stromae

Le gagnant : Stromae. Normal, même si le Chevalier est devenu acquis à la cause de Daho. En fait, toute la famille de Paulo est derrière ses créations, en fait… Mais ne parle pas autant, ce n’est que ta deuxième victoire de la soirée. Réaction Twitter de mon pote Fred : #Stromae fait tout : chanson, production, promotion, représentant rayon tapisserie chez #LeroyMerlin.

Voici le tour de Zaz avec Gamine. Intro au kazoo, salopette en lamé… Bref, Zaz fidèle à elle-même : on la prend pour moderne et underground alors qu’elle nous prouve actuellement qu’elle ne vaut pas les pires sons des yéyés. Et puis qu’est-ce que c’est que ces danseuses hors de propos et cette envolée hystérique à la fin ? Donc mademoiselle a fait l’ascension du Mont-Blanc… So What ? Tu vas croire, morue, qu’on va taper dans les mains encore plus fort ? Réaction Twitter de Diane St-Réquier : "J’aime pas le champagne" moi j’aime pas tes gencives connasse. Attention, Virginie Guilhaume prend la parole :

*Ceci est la minute « Les intermittents gueulent »*

Julien Doré revient avec Paris-Seychelles. Le Chevalier croit entendre Get Lucky. Moi j’apprecie la presta qui apporte une caution cool à la soirée qui a tendance à ronfler un peu. Oh mon Dieu, voilà des mini-Julien qui débarquent sur scène avec un décalco sur le bras gauche. Même s’ils chantent faux, c’est trop mignon <3 En fait, il se croit à la fin du concert, il présente tous ses zikos. Malgré tout, un malaise persiste, comme me l’explique Fred : ce qui me gêne le plus c’est qu’il fait l’amour à la caméra, au micro etc… & qu’il fait monter des enfants sur scène après.

Bruno Guillon est en coulisses avec Ibrahim Maalouf. Il nous fait un cours sur la trompette ¼ de ton, une invention de son père pour jouer de la musique arabe, mais pas que. Un moment de fraîcheur dans la soirée.

Album de Chansons

- Etienne Daho – Chansons de l’Innocence Retrouvée
- Julien Doré – Løve
- Stromae – Racine Carrée

Le gagnant : Je vous le donne en mille… Racine Carrée ! Je pense qu’il va finir par ne plus avoir de noms à citer, tellement c’est sa soirée…

C’est au tour de Cats on Trees d’interpréter Sirens Calls. Le Chevalier pense que tout le monde va bitcher sur la ferraille sur les dents de la chanteuse. Perso, je trouve la prestation tranquille, posey, comme disent les jeunes. Ca me fait autant chier qu’à la radio, je trouve ça mollasson. A moins que je n’aime pas la folk en fait. Dites donc, ils sont formés depuis 2008, et – joie ! – ils s’expriment pas trop mal, surtout Yoann. D’ailleurs, c’est lui qui parle le plus.

Voici Albin de la Simone avec Mes épaules. Jolie voix, jolie chanson légère. Mais. Des mecs comme lui, on pourrait en citer des nouveaux tous les ans dans la chanson française. Donc j’aime, oui, c’est une belle découverte, mais au début, j’ai cru que c’était Aldebert qui chantait. C’est gênant. En tout cas, le Chevalier décroche.

Stromae se produit encore avec le combo Formidable/Papaoutai. Et c’est là qu’on s’aperçoit de la force de cette première chanson, à savoir qu’elle demande un gros effort d’investissement et d’interprétation. Et cette prestation est juste… au-delà du réel. Elle surpasse celle des Victoires 2011, qui est pour moi LA meilleure prestation des Victoires ever. Autres expressions pour Papaoutai : là, on sent clairement le malaise primal qui a provoqué l’écriture de cette chanson, ne serait-ce que dans la manière dont sa voix se brise à la chanter. Je vous écris ces derniers en fondant en larmes, tellement Stromae a déballé toutes ses tripes sur cette presta.

Grand Corps Malade s’accompagne d’Asa et d’Ibrahim Maalouf sur Te manquer. Et je confirme ce que j’ai pronostiqué : le slam est suffisamment passé de mode pour éviter que GCM soit le lauréat du prix pour les musiques urbaines. Mais l’association des Victoires est assez arriérée sur le sujet pour l’élire. Donc à voir, mais désolée, cela ne me convainc plus.

DVD Musical

- Shaka Ponk, Geeks on Stage
- Laurent Voulzy, Lys & Love Tour
- Eddy Mitchell, Ma Dernière Séance

Le gagnant : Shaka Ponk. Et mon immeuble résonne d’un Putain ! tonitruant.  Et le chanteur n’a toujours pas pris de douche depuis l’an dernier. Mais surtout, JE NE SUIS PAS D’ACCORD, BORDAYL DE CUL ! Je trouve que c’est bien vite enterrer Mr Eddy, alors qu’excusez-moi, je trouve que le dernier single de Shaka Ponk est en-deçà de ce qu’ils avaient prouvé dans leur premier album. Et putain, j’ai des envies de meurtre envers cette chanteuse, je m’excuse encore une fois, mais c’est viscéral…

Album de Musiques Électroniques

- Gesaffelstein – Aleph
- Kavinsky – Outrun
- Elephanz – Time for a change

Le gagnant : Outteroune. Donc Outrun prononcé par Virginie Guilhaume. On va dire que c’est la fatigue, il est 23h10. Comme je l’avais pronostiqué.

Tiens, voilà La Femme avec Sur la planche. Orchestration cinglée, avec cette montée aux cordes, et cette mise en scène assez cool et cette chorégraphie, juste avant que les membres du groupe prenne les rênes. Surprise : ça donne plutôt pas mal en live alors que le son a tendance à être boosté en studio. En tout cas, cette mise en scène années 1930 me plaît beaucoup, mais la voix de la chanteuse (Clémence ?) est trop poussive. Dommage.

Chanson Originale de l’Année

- Johnny Hallyday – 20 ans
- Stromae – Formidable
- Maître Gims – J’me Tire
- Stromae – Papaoutai

Le gagnant : 20 ansKEUWAH ? PARDON ? C’EST QUOI, CA ? Y’a-t-il tellement de vieux à voter pour les Victoires 2014 ? Au moins, ça fait une Victoire en moins pour Stromae, mais limite, j’aurais été moins surprise de voir Maître Gims récompensé que Johnny Halliday. Le grand WTF de la soirée, même si c’est une chanson signée Miossec.

Album de Musiques du Monde

- Winston McAnuff et Fixi – A New Day
- Ibrahim Maalouf – Illusions
- Mayra Andrade – Lovely Difficult

Le gagnant : Ibrahim Maalouf, en toute logique. Même si le Chevalier ne l’accepte pas, le franco-libanais (donc) signe un très bel album qui mélange son jazz habituel aux sonorités les plus exotiques qui soient. Et là, il nous sort True Sorry, une vraie fusion entre free jazz et soul américaine des années 1980. Je plane à 10.000, tellement cette presta est tellement en dehors de ce qui se fait aux Victoires habituellement. Il est presque 23h30, et on a l’impression qu’on est hors du temps, que cette nuit durera toujours. Bref, je le dis solennellement, le Chevalier me fait un enfant quand il veut sur du Ibrahim Maalouf. Sa réaction à ces mots : J’achète le CD demain.

Prequel de la presta de 1995 avec les Kaïras, bien sympa. Ils redynamisent le Zénith avec Flingue dessus et Bla bla bla – ce qui me fait rappeler que je n’ai pas acheté Paris Sud Minute. La réaction du Chevalier : Je ne connaissais pas. Ca sonne vraiment rap de la fin des années 1990 (en l’occurrence, c’est leur principale influence) et je trouve ça vieillot. C’est vrai que sur Bla bla bla, j’ai des réminiscences de Ménélik et d’Alliance Ethnik, et ça me met sérieusement mal à l’aise.

Album Révélation

- Cats on Trees – Cats on Trees
- HollySiz – My Name Is
- La Femme – Psycho Tropical Berlin

Le gagnant : Psycho Tropical Berlin. DANS VOS FACES ! Je suis tellement contente, ça contre-balance les WTF de la soirée de Shaka Ponk et Johnny Halliday. Le Chevalier et moi étions seuls à maintenir la dragée contre Cats on trees, d’où ma réaction.

Album de Musiques Urbaines

- Grand Corps Malade – Funambule
- 1995 – Paris Sud Minute
- Maître Gims – Subliminal

Le gagnant : Paris Sud Minute. Logique. Maître Gims, selon le Chevalier, paie les propos homophobes de l’époque Sexion d’Assaut, et je remarque que j’ai sous-estimé l’association des Victoires qui ne comprend rien, habituellement, aux musiques urbaines.

Christine & The Queens vient nous interpréter Nuit 17 à 52. Je vous avoue, j’ai personnellement un souci avec cette chanson : elle me plonge dans un spleen innommable, ce qui me gêne pour trouver des qualificatifs positifs. Et maintenant que je la vois de mes propres yeux, je suis terriblement agacée par ces poses et ces manières ridicules, entre le photoshoot improbable et cette chorégraphie mickael-jacksonesque hors de propos sur une chanson down tempo. Désolée, mes copines, mais voilà : il faut choisir entre le chant et le brouillon artistique.

Artiste ou Révélation Scène

- 1995
- Christine & The Queens
- Albin de la Simone
- Woodkid

Le gagnant : Woodkid. Réaction silencieuse du Chevalier et de moi-même, vu qu’il est minuit, mais non moins enthousiaste. Ce prix est amplement mérité, étant donné le choc qu’a représenté son explosion sur les radios début 2013.

Prestation de Lilly Wood and the Prick avec Back to California. Déjà, débarquer avec des couronnes de plumes, c’est ce qui permet de dynamiser le programme quand il est plus de minuit, c’est très bien pensé. De plus, la prestation est très sympa, avec le feat. à la bien de Disiz et les percus afro. Ca fait partie des belles prestations de la soirée, et je regretterais presque de pronostiquer Vanessa Paradis parce que Lilly Wood… EST UN GROUPE.

Artiste Interprète Féminine

- Lilly Wood and the Prick
- Vanessa Paradis
- Zaz

La gagnante : en toute logique, Vanessa Paradis. Parce que virage de la quarantaine, parce que fin définitive du répertoire de Lolita, parce que si Benjamin Biolay n’était pas nommé en son nom propre, il fallait de toute façon qu’il ait sa marque dans ces Victoires. Cela n’empêche pas que ce prix est très bien attribué.

Que dire de cette soirée ? On a laissé la place à de jolies prestations, même si certaines m’ont moins marquées. Comme prévu, Stromae a fait – quasi – carton plein. Je n’avoue dans mes pronostics que deux gros accidents industriels, dont la Victoire de la chanson originale de l’année qui me fait penser que le service public est vraiment trusté par les vieux. Mais, remarquez, j’ai quand même effectué 8 bons pronostics sur 12. Par bonheur, l’association des Victoires a aussi compris que popularité n’est pas forcément gage de qualité artistique, en témoignent l’absence du palmarès de Christophe Maé et de Zaz, bien fait.

J’avoue que je me suis moins ennuyée sur cette édition des Victoires, et cela n’est pas dû qu’à la seule présence du Chevalier. J’ai trouvé la cérémonie très rythmée et enfin tournée à 70 % sur les prestations d’artistes, ce qui est fort appréciable. Rendez-vous l’an prochain. D’ici là, pardon si je vous brusque, mais je vous ai livré mes réactions à chaud. A bon entendeur.

10 chansons… pour se tirer une balle un 14 février en solo

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gaufrettesMaintenant que je suis bien partie pour fêter ma première St-Valentin en couple à base de glamour – auparavant, j’avais quand même réussi à casser mon précédent couple le 27 janvier pour le reprendre le 20 février exprès pour ne pas passer par là –, je pense aux années précédentes où je me plaignais du dégueulis de cœurs et de marketing à base de rose bonbon. Je m’en plains toujours, croyez-moi, la preuve qu’être en couple n’influe pas sur la perception du marketing de l’amour.

Et puis, lundi soir, en rentrant chez moi après une session d’orchestre un peu tendue, j’ai ouvert Spotify et j’ai entendu une pub qui m’a faite hurler de rire : le service proposait une playlist de 10 heures (placement produit pour le concurrent) de musiques sirupeuses à écouter à deux pour cette soirée du 14 février. Un bonheur absolu fait de kitsch et de concepts éculés. Ca m’a donné envie de penser à mes ami(e)s célibataires et de faire une contre-playlist de morceaux à ne pas écouter quand on est seul ce soir-là.

Chris Armstrong & Elizabeth Fraser – This love

Testé et approuvé par votre aimable servante. Il y a quelques années, j’ai pris un verre le soir de la St-Valentin avec quelques potes, dont un couple qui s’engueulait en public. Je suis rentrée chez moi en partie à pied, et en traversant la Seine sur un pont, cette chanson s’est glissée dans mes oreilles. Malaise. J’ai repensé à ce couple, à ma solitude et à celle de mes potes, bref, alors qu’on pensait passer une soirée « joie de vivre entre amis », j’ai fait un sale bad trip rien qu’en écoutant cette chanson. Par conséquent, si vous n’avez pas envie de penser à la morue qui vous a piqué votre ex ou à votre petite sœur enceinte qui vous nargue, je vous déconseille fortement l’écoute de cette chanson.

London Grammar – Wasting my young years

Attention, on passe quand même un cap dans la chanson dépressive. Elle fait le même effet que la chanson précédente, d’autant plus qu’on retrouve le même combo musical du piano omniprésent conjugué à une voix féminine d’un autre monde. Mais, de surcroît, elle ne parle même pas d’amour, ce qui, je pense, est encore plus grave. L’effet de l’écoute est notamment garanti lorsqu’on est âgé de 35 ans ou plus et qu’on se retrouve à appeler sa mère parce qu’on n’a aucune copine qui répond au téléphone. On en vient alors à justement regretter d’avoir gâché ses jeunes années.

Miossec – Tant d’hommes (et quelques femmes au fond de moi)

Je vous dirais bien que tout l’album Baiser est à proscrire en cette douce soirée, mais Tant d’hommes… a ceci de particulier que les paroles sont d’un glauque pas possible. Extrait : J’aimerais bien me baiser moi-même, me dire des cochonneries tout bas. Crois-tu que c’est pareil ou encore mieux qu’avec toi ? Bref, à l’image de ses deux premiers albums, Miossec nous montre une image superfestive de la solitude, de bon goût pour la St-Valentin.

Kyo – Je saigne encore

Le 14 février n’est pas vraiment la soirée pour fouiller vos CD d’il y a 10 ans pour faire remonter votre période emo honteuse – vous savez, l’époque où vous ne portiez que du noir, où vous vous faisiez des fausses dreads pour faire oublier que vous ne vous laviez pas les cheveux et où vous noyiez vos larmes dans le khôl dégoulinant. Non seulement vous trouverez que Kyo était finalement à chier, mais en plus, vous allez saigner encore (des oreilles) puisqu’ils sortent un nouvel album prochainement.

Brandy & Monica – The Boy is mine

Pour peu qu’un jour, vous vous soyez retrouvé à partager votre conquête avec une autre personne, à moins que vous soyez super open sur le polyamour, toussa, cette chanson va réellement vous foutre le seum, et bien. Ces deux jeunes (à l’époque) chanteuses de R’n’B, comme vous, savent très bien que cette conquête et surtout ce combat de volailles ne servent à rien, mais quand on se retrouve dans cette situation, on n’y peut pas grand-chose et on se sent très con a posteriori. Ceci rend la chanson ultra-énervante, bien plus que sa mélodie sirupeuse.

Destiny’s Child – Independant Women

Ouais c’est ça, les femmes sont indépendantes, toussa, mais PUTAIN, QUI VIENT ME FAIRE UN CÂLIN, BORDAYL DE CUL ? Ceci est la réaction d’une personne lambda à bout de nerfs qui écoute exprès ce morceau de Destiny’s Child sous prétexte d’une quelconque application de la méthode Coué. Marche aussi très bien avec Girls (Who Run The World) de Beyoncé seule et Toute seule de Lorie (qui est de surcroît énervante autrement que le soir de la St-Valentin).

Léo Marjane – Seule ce soir

Le répertoire français des années 1920-1940 regorgent de ces petites pépites, de ces chansons qui te mettent une chape de plomb sur la tête alors que tout allait bien dans ta vie. J’aurais pu citer des chansons de Lucienne Delyle, Berthe Sylva – la chanteuse préférée de ma grand-mère paternelle – ou encore Fréhel. Mais cette chanson a la particularité de montrer une certaine passivité face à la situation (Je suis seule ce soir avec mon rêve…) qui donne envie à n’importe qui d’aller, au choix, la forcer à aller prendre un verre au bar ou la pousser par sa fenêtre.

Céline Dion – All by myself

Cette version est privilégiée par rapport à celle d’Eric Carmen, puisque rendue populaire par Le journal de Bridget Jones. Justement, un 14 février en solo, on devrait pourtant penser positif et ne pas s’apitoyer sur son sort comme le fait Bridget dans le film. En plus, Céline elle-même n’est même plus foutue capable de la chanter autrement qu’en playback, preuve s’il en est qu’il faut vraiment arrêter avec cette chanson, n’importe où, n’importe quand, n’importe comment.

Adrienne Pauly – J’veux un mec

En l’occurrence, tout le monde le sait, que vos gonades crient famine. Ce n’est pas non plus une raison pour le crier sur tous les toits. Ce n’est pas pour faire du slut shaming – je suis passée par là, hein –, mais tout ce que vous obtiendrez, c’est un tocard qui voit l’occase de tirer son coup discrètement ou une meuf assez honteuse pour que vous vouliez la virer de votre lit une fois l’affaire réglée. Bof.

Claude-Michel Schönberg – Le premier pas

Je sais, je fais une redite, mais cette chanson est tellement effrayante qu’elle est devenue mon ultime repoussoir. Alors oui, Claude-Michel fait le mec poli qui ne fait pas partie de la #TeamHarcèlementDeRue – c’est tout à son honneur –, mais cette montée psychopathique à la Damien Baiser en dit long sur les réelles intentions du mec et ses dysfonctionnements relationnels. Après écoute de cette chanson, Mesdames et Mesdemoiselles, vous apprécierez n’importe quel Tsss t’es charmante ! Ca te dirait, une glace à la menthe ? EH VAZY REPONDS SALOPE ! (en tout cas, je suis comme ça : j’aime les gens frontaux qui avancent de suite leurs intentions).

Une dernière petite remarque : cette playlist vaut aussi pour les personnes en couple, car on peut être amoureux et ne pas supporter ces chansons. Mais après 30 ans de célibat actif au 14 février, j’avais envie de rendre la pareille à tous les célibataires qui, comme moi, ne supportent pas cette célébration démonstrative de l’amour. Sur ce, je vous laisse avec Orelsan et Gringe, j’ai des Knacki-balls dans le micro-ondes, de la Despé au frais et les Victoires de la musique à live reporter avec Le Chevalier.

#36 : Les Victoires de la musique 2014 en pronostics

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photo-les-victoires-de-la-musique-2014-les-nominations-52d55ae441499Cette année, pour cause de timing pas super avantageux (putain, France 2, qu’est-ce que ces manières de mettre ma cérémonie annuelle le jour de la première St-Valentin que je fêterai en couple !), je ne ferai pas mon sempiternel live report des Victoires de la Musique. Mais cela ne m’empêche pas de faire mon pronostic annuel. J’ai même organisé un concours sur FB pour offrir un repas japonais et le CD de son choix à un pote (sachant que j’ai gagné un concert de l’Orchestre National de France et un haggis par le même biais pour les Victoires de la musique classique ^^).

Cette année, que retiendra-t-on ? Que Stromae est partout, et que, pour certaines catégories, il est nommé plusieurs fois. Ce qui, au regard du rendement qualitatif musique d’origine française/francophone, est foutrement inquiétant pour l’année 2013. Ce n’est pas que je n’aime pas Stromae, bien au contraire, je lui trouve la classe de Jacques Brel. Mais il me semble quand même qu’il n’y a pas eu que Papaoutai comme tube populaire (mis à part Get lucky, bien sûr). Mais rassurez-vous, – M – est quand même nommé dans une catégorie (Spectacle musical/Tournée/Concert), sauf que ce sera très coton pour lui d’avoir un prix face à C2C, les grands gagnants de l’an dernier.

Voici donc mes pronostics et ceux de mes copains…

Artiste interprète masculin

-          Etienne Daho
-          Christophe Maé
-          Stromae

Moi et mes copains pronostiquons massivement Stromae, parce que malgré le fait qu’il commence à faire chier beaucoup de monde avec son omniprésence, il reste quand même le mec qui s’en sort le mieux qualitativement en 2013. Daho revient, mais avec un son qui date des années 1990. C’est gentil, mais tu as juste 20 ans de retard, tu fais pitié. Quant à Christophe Maé, à lui seul, il mérite qu’on fasse une révolution culturelle en France pour laver cet à peu près 25% de la population française qui se traîne ces tels goûts de merde. Oui, j’insulte les fans de Christophe Maé, mais je suis désolée, pour moi, ce n’est pas un artiste à part entière.

Les oubliés : Johnny Hallyday : même si sortir un album à 70 ans et dans son état n’est pas la meilleure des choses qui soit. Emmanuel Moire : quitte à prendre un échappé des comédies musicales qui fait de la soupe… - M - : bah alors ? Tété : parce que je sais que je vais faire plaisir à deux-trois copines comme ça. Julien Doré : Idem.

Artiste interprète féminine

-          Lilly Wood and the Prick (sic !)
-          Vanessa Paradis
-          Zaz

Alors là, ça se bastonne un peu. Une courte majorité (dont moi-même) pronostique Vanessa Paradis tandis que l’autre partie votre pour Lilly Wood… Je ne vote pas pour ce deuxième avatar parce que, selon moi, étant donné que Lilly Wood… est un duo, il n’a pas sa place dans cette catégorie, même si j’avoue que c’est bien meilleur qualitativement que le dernier album de la Paradis. Quant à Zaz, même remarque que pour Christophe Maé : ce n’est pas parce que ça se vend que c’est qualitativement remarquable.

Les oubliées : Rose : à moins que les Victoires lui fassent payer la grande confidentialité de Et puis juin. Zazie : il paraît que son dernier album n’est pas mal, mais je n’ai pas eu la curiosité de l’écouter. Shy’m : ils ont bien osé Tal en 2013. Lara Fabian : PARCE QUE C’EST COMPLIQUÉ DE HURLER UN VERDICT QUAND EN PLUS IL Y A UN TEL BOUCAN AUTOUR DE SOI (et mille excuses de ne pas avoir épargné vos tympans comme elle l’aurait dû, elle, pour éviter de vriller les siens). Joyce Jonathan : on nomme bien la maîtresse du président aux Césars, pourquoi pas sa belle-fille aux Victoires ?

Album révélation

-          Cats on Trees – Cats on Trees
-          HollySiz – My name is
-          La Femme – Psycho Tropical Berlin

Parmi mes copains, c’est la catégorie où ça se bastonne le plus. J’ai une légère préférence personnelle pour La Femme, mais personne n’est d’accord avec moi. Mes potes se divisent sur le sujet entre auditeurs de Oüi FM qui privilégient HollySiz et les autres qui privilégient donc Cats on Trees. Quitte à laisser tomber mon avis personnel, je pronostiquerais davantage le deuxième groupe. En effet, Cécile Cassel (qui se cache derrière HollySiz) me gonfle trop, d’une part, par sa nécessité d’exister en tant que fille et sœur de, et d’autre part, parce quitte à faire de la musique populaire et avoir un espoir de durer, autant ne pas faire du sous-Gossip.

Les oubliés : Fauve – Blizzard. Oui, c’est un EP de 8 titres, mais ça a longtemps été en tête des ventes FNAC. Florent MotheRock in Chair : Si vous ne vous en souvenez pas, il a fait partie de Mozart, l’Opéra Rock. Sophie-Tith – Premières rencontres : Alors oui, ce n’est pas un album de chansons originales, mais j’y crois tellement, à cette gamine.

Artiste ou révélation scène

-          1995
-          Christine & The Queens
-          Albin de la Simone
-          Woodkid

Là encore, il n’y a pas de consensus. Woodkid emporte une légère majorité face à Christine & The Queens. Une copine, connaissant mon goût pour le groupe, m’a demandé pourquoi je ne pronostiquais pas 1995. D’une part, parce que les Victoires, sur ce coup, ont un an de retard, et d’autre part, parce que les membres du groupe sont trop occupés actuellement à porter des projets plus personnels. Par conséquent, je maintiens Woodkid qui m’a quand même foutu une sale claque au début de l’année 2013.

Les oubliés : Fauve : syndrome 1995, à savoir que le groupe sera pris en compte par les Victoires quand le collectif se sera disloqué, pour la cérémonie 2015. Luc Arbogast et Olympe : Ah non ! The Voice, c’est caca !

Album de chansons

-          Etienne Daho – Chansons de l’innocence retrouvée
-          Julien Doré – Love (avec le o barré)
-          Stromae – Racine carrée

Même si la majorité pronostique Stromae – tiens, il n’a pas changé de style musical sur le 2e album, alors que Cheese, pour les Victoires 2011, a obtenu la Victoire pour l’album musiques électroniques –, je pense que les deux fans énamourées au fond de la salle peuvent jouer juste en pronostiquant Julien Doré qui s’en sort très bien. Quant à Etienne Daho, t’as rien trouvé de mieux qu’une femme à poil pour essayer de faire vendre ton album ?

Les oubliés : Alice Dona – Mes petites madeleines : trop old school ? Pas assez mainstream ? Axelle Red – Rouge ardent : Complètement à la ramasse ? Nicoletta – Ici et ailleurs : même remarque qu’Alice Dona. Elodie Frégé – Amuse-bouches : Trop sexuelle ?

Album rock

-          Phoenix – Bankrupt
-          Indochine – Black City Parade
-          Detroit – Horizons

Peu d’inspiration pour le coup, on préfère pronostiquer la sûreté, à savoir Phoenix. En effet, ça commence à se savoir qu’Indochine est aux fraises, et ça, ça me fait vraiment mal au cœur. Quant à Detroit, t’as beau chanter en anglais désormais, on t’a reconnu, Bébert, et vu comment t’es un peu blacklisté dans le métier, ça m’étonnerait grandement qu’on te file le prix sans créer un esclandre.

Les oubliés : Eiffel – Foule monstre : pour moi, c’est l’album rock de 2013. Axel Bauer – Peaux de serpents : trop confidentiel. Déportivo – Domino : Parce que ça, ma gueule, c’est du rock ! En témoigne les coudes et les genoux imprimés dans mon dos lors de leur concert place de la République en juillet 2013.

Album de musiques urbaines

-          Grand Corps Malade – Funambule
-          1995 – Paris sud minute
-          Maître Gims – Subliminal

Je ne m’engage qu’à titre personnel sur ce coup. Si je pronostique le coup de cœur, ce serait évidemment 1995. Mais si je pronostique la raison, j’oserais quand même m’avancer sur Maître Gims qui est plus populaire auprès du public cible. Quant à Grand Corps Malade, le slam est trop passé de mode pour qu’il ait une quelconque chance face à l’ex-Sexion d’Assaut.

Les oubliés : La Fouine – Drôle de parcours : Popstars lui a fait beaucoup de mal, à force de passer pour un con. Tal – À l’infini : Après l’avoir bien ridiculisée en 2013, les Victoires ont compris qu’elle ne tiendrait pas la route. IAM – Arts martiens : La vieillesse est un naufrage. Psy 4 de la Rime – 4e dimension : Alors on nomme Grand Corps Malade pour faire consensuel et on oublie les vrais rappeurs ? Casseurs Flowteurs – Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters : Ne le prends pas mal, Aurélien, mais ton coloc’ a beau être plus beau que toi, non seulement il est lourd, mais tu fais réellement de la merde en sa présence. C’est bien beau de conserver ses potes quand on a du succès, mais clairement, vire-le. T’es bien meilleur tout seul.

Album de musiques du monde

-          Winston McAnuff et Fixi – A new day
-          Ibrahim Maalouf – Illusions
-          Mayra Andrade – Lovely difficult

Le pronostic est sans appel : tous derrière Ibrahim Maalouf. Le talentueux trompettiste, sosie parfait de Mouloud Achour, a suffisamment séduit avec Diagnostic pour traîner derrière lui une réputation d’albums sensuels, colorés et métissés. J’avoue que je ne connais pas trop Mayra Andrade, mais je la vois en bonne outsider dans la mesure où elle a quand même un certain lobby derrière elle.

Les oubliés : Tropical Family : quel intérêt de faire reprendre de la musique française et caribéenne par la nouvelle génération pour faire musique du soleil ? Keen’V – Ange ou démon : C’est une injustice des Victoires de ne pas voir sur son propre territoire un grand représentant du dancehall.

Album de musiques électroniques

-          Gesaffelstein – Aleph
-          Kavinsky – Outrun
-          Elephanz – Time for a change

Je parle en mon nom personnel : je n’ai pas assez suivi la musique électronique en 2013. Je pronostiquerais donc Kavinsky qui, à mon sens, a quand même derrière lui la réputation faite par la bande originale de Drive.

L’oublié : Daft Punk – Random Access Memories. Ce n’est pas parce que le duo versaillais a pété des scores aux Grammy Awards qu’il faut les snober de la sorte !

Chanson originale de l’année

-        Johnny Hallyday – 20 ans
-        Stromae – Formidable
-        Maître Gims – J’me tire
-        Stromae – Papaoutai

Encore un gros consensus derrière Formidable, bien moins agaçante que Papaoutai. En effet, Formidable fait ressortir le talent ultime de Stromae (le texte, l’interprétation) sans accentuer sur ce qu’on lui reproche le plus souvent (le côté électro-boum). Mais si les votes des Victoires étaient effectués comme à la Nouvelle Star, je pense qu’on pourrait oser pronostiquer J’me tire. Quand à 20 ans, le Taulier a-t-il tellement de fric pour essayer de placer au moins une nomination ?

L’oublié : Sébastien Patoche – Et quand il pète, il troue son slip : Je pense que, vu le goût de certaines personnes, si on leur avait donné à voter pour cette chanson-là, elles l’auraient fait. Et ç’aurait été vraiment un sale quart d’heure pour la chanson française, à l’image de la Victoire pour Je veux de Zaz.

Video-clip

-          Stromae – Formidable
-          Woodkid – I love you
-          Stromae – Papaoutai

Je parle en mon nom, et je pronostique Papaoutai. Parce qu’il est visuellement très fort. Je ne dis pas qu’I love you ne l’est pas – surtout de la part d’un graphiste –, mais toutes ces couleurs, ces imprimés wax à la limite du mauvais goût pour un Occidental a largement contribué au succès de la chanson.

L’oublié : Woodkid – Run Boy Run. Bah oui, si vous vouliez absolument nommer Woodkid, vous vous êtes plantés de clip. Comment ne pas fondre devant ce petit enfant qui court de manière chevaleresque face à un château, à la manière d’Excalibur ?

Spectacle musical/tournée/concert

-          C2C, Tetra Tour
-          – M –, Il(s)
-          Christophe Maé, Je veux du bonheur

Toujours en mon nom, malgré tout, je pronostique – M – face à C2C. Premièrement, parce qu’il faut bien un prix pour Matthieu Chédid, il n’en a pas eu l’an dernier. Deuxièmement, parce que C2C a saoulé tellement de monde l’an dernier qu’on ne les entend plus que dans les pubs. Quant à Christophe Maé, taper faussement trois accords sur sa guitare avec une voix éraillée n’est toujours pas gage de talent en ce qui me concerne.

L’oublié : Robin des Bois : Keuhaw ? Comment un spectacle qui a obtenu 25 NRJ Music Awards n’est même pas nommé ? Franchement, les Victoires, vous n’avez d’une part aucun goût, et d’autre part pas le sens des réalités *krrr krrr*

DVD Musical

-          Shaka Ponk, Geeks on stage
-          Laurent Voulzy, Lys & Love Tour
-          Eddy Mitchell, Ma dernière séance

A votre avis, que vais-je pronostiquer ? J’avoue que j’hésite réellement entre les deux, mais quand même, s’il faut voir partir Eddy Mitchell de la scène, autant lui rendre un putain de bel hommage en lui filant ce prix. Laurent, je t’aime beaucoup, mais ta tournée des cathédrales en costume médiéval, bon. Et puis Shaka Ponk, non, quoi.

L’oublié : J’oubliais, le spectacle de – M – n’est pas encore sorti en DVD.

Pour ceux que ça intéresse, faites-donc moi le live report de la cérémonie si vous voulez fêtez votre St-Valentin de célibataire autrement qu’en vous jetant sur la crème glacée et l’alcool, si vous arrivez à survivre aux 7h de direct.

Forever Monsieur Schmoll

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eddyJe trouve personnellement qu’il y a une grande injustice dans le traitement des survivants des années yé-yés : la plupart sont certes morts ou tombés en ringardise, mais on ne parle que de Johnny Halliday. Alors certes, pépère est toujours au taquet à 71 ans (même si alcoolique, cocaïno-dépendant et ressemblant à un steak tartare), mais il est un autre survivant de 71 ans qui, à mon sens, a nettement plus de talent, et je vais vous parler aujourd’hui d’Eddy Mitchell.

Pourquoi ai-je cette passion pour Eddy Mitchell ? Pour une raison purement œdipienne : Eddy Mitchell, c’est le sosie de mon père avec un gros nez et moins de bide. Partant de ce principe, quand j’étais petite, mon père adorait regarder La dernière séance et j’étais persuadée que c’était mon propre papa à la télé. Ensuite, mon père m’a fait connaître ses œuvres et je me suis mis à adorer cet avatar de blues, de country et d’americana à la française dans le sens noble du terme. Non seulement bon chanteur, mais munie d’une connaissance savante de la culture américaine des années 1950-60, découvrons donc Claude Moine – de son nom civil – et ses multiples facettes.

Levons un premier point polémique : pourquoi Monsieur Schmoll ? Quand Claude Moine était jeune, étant donné qu’il était plus grand que ses copains, il les appelait tout small. Avec sa prononciation bien particulière, c’est devenu schmoll. C’est tout con, mais ce surnom a tellement collé au chanteur depuis le début de sa carrière que cela lui a permis de générer un egotrip (en témoigne l’album Sept colts pour Schmoll en 1968).

Porter des chaussettes noires

Le petit Claude, né en 1942 dans le quartier de Belleville à Paris, a eu très tôt deux grandes passions dans sa vie : les westerns américains qu’il allait regarder au cinéma avec son père et le rock’n’roll, passion moins acceptée par ses parents. Peu à peu, il devient pote dans son adolescence avec un certain Jean-Philippe Smet, reçoit une claque musicale avec Bill Haley & the Comets en 1958 et commence lui-même à se produire dans les bals, en parallèle avec des petits boulots (dessinateur, coursier…). Il devient Eddy Mitchell (vraisemblablement la double influence du rockeur Eddie Constantine et de l’acteur Robert Mitchum) lorsqu’il commence à tourner avec son groupe, les Five Rocks, qui deviendront par la suite les Chaussettes Noires.

Pourquoi les Chaussettes Noires ? Parce qu’en 1961, Eddy Barclay, qui a signé le contrat de production du groupe, a également signé un accord promotionnel avec le groupe Stemm (producteur de chaussettes, donc). Le premier vrai groupe de rock français a eu donc à porter ce nom ridicule jusqu’à leur séparation en 1963. Mais cela n’a pas empêché Eddy et ses copains non seulement de rencontrer le succès, mais en plus de participer au premier festival international de rock en février 1961. C’te classe. C’est à cette époque que sortent les plus gros succès du groupe, notamment Le Twist :

(Remarquez au passage comment Eddy est super à l’aise avec son body à 19 ans).

Les années 1962-63 signent un essouflement pour le groupe. En effet, les membres, âgés entre 20 et 21 ans, doivent faire leur service militaire. Mais bien que les dates de permission ne tombent pas toutes en même temps, le groupe continue de faire deux-trois dates avec quelques remplaçants. Malgré tout, dès l’été 1962, Eddy Mitchell enregistre ses premiers titres en solo et délaisse peu à peu dans l’année 1963 ses collègues. La fin des Chaussettes Noires est annoncée en janvier 1964 par non-renouvellement du contrat du groupe avec Barclay, suite au départ d’Eddy Mitchell. Suite à cela, deux autres membres du groupe, Tony d’Arpa et William Benaïm attaquent le chanteur pour rupture de contrat, ce qui donne un procès à rallonge où ils ont été déboutés en 1968.

Carrière solo en dents de scie

Dès 1964, Eddy Mitchell publie deux albums solo : Panorama et Toute la ville en parle… Eddy est formidable. Même s’il est toujours aussi rock, il essaie à la fois de se forger un répertoire plus blues et de se diriger vers un public plus adulte que ses congénères yé-yés. Cela marche très bien : il est classé 4e chanteur de l’année derrière Johnny Halliday, Claude François et Richard Anthony par les lecteurs de Salut les copains et tourne pas mal sur scène avec diverses formations, notamment avec un certain Jacques Dutronc à la guitare. Cette année-là sort également son premier vrai succès en duo, à savoir Toujours un coin qui me rappelle :

Suivent dix ans de bonnes et de moins bonnes années : bien qu’il connaisse certains succès (J’ai oublié de l’oublier en 1966, C’est facile en 1972…), ses multiples errances musicales entre hard rock, blues et variétés ont fini par dérouter ses plus grands fans des débuts. Cela ne l’empêche pas dans cette période de sortir 11 albums tous aussi divers les uns des autres. Il s’est même essayé au funk en reprenant en 1974 le Superstition de Stevie Wonder sur l’album Ketchup électrique.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que… C’est spéciââââl.

Dans le même temps, en 1974, Barclay réédite les albums des Chaussettes Noires et soudoie Eddy Mitchell pour faire une reformation avec les autres membres qui sont, eux, vraiment tombés dans l’oubli. Il décline, préférant animer En attendant que ça passe sur France Inter.

Le salut dans le blues et la country

Découvrant qu’il était un poil plus classe sur le créneau que Dick Rivers, Eddy Mitchell, sous l’impulsion du producteur Jean Fernandez avec lequel il collabore depuis les débuts, enregistre dès 1974 à Nashville des tubes bien sentis avec de la pure ambiance prise sur place. Bingo : les quatre albums enregistrés entre 1974 et 1977 (Rocking in Nashville, Made in USA, Sur la route de Memphis, La dernière séance) sont de vrais cartons.

Non content de surfer sur la country qui lui va si bien, il renoue également avec les origines du rock en francisant des vieux standards, à l’image de A crédit et en stéréo (reprise de Chuck Berry). Bref, après ces années de disette relative et d’errance artistique, Eddy Mitchell se développe sur un créneau où on ne voit pas encore grand-monde d’un point de vue francophone à la fin des années 1970.

Le crooner obtient la reconnaissance durable

Au début des années 1980, Eddy Mitchell décide encore d’évoluer musicalement, tout en continuant parallèlement de s’inspirer des musiques américaines, et de se prendre pour un crooner des temps modernes. Là encore, le succès est au rendez-vous avec l’album Happy Birthday (1980) qui contient notamment MA chanson préférée de l’artiste, à savoir Couleur menthe à l’eau :

Dès lors, sa musique ne cessera de s’attirer la sympathie du public : il obtient notamment des Victoires de la Musique en 1994 pour Rio Grande et en 1997 pour Mr Eddy. Sur scène, il s’entoure désormais de big bands jusqu’en 2011, date de l’arrêt de sa carrière scénique. Petit aparté : je n’ai pas percuté à l’époque que c’était sa dernière tournée. Par conséquent, si j’ai un seul regret musical du haut de mes 31 ans, c’est celui de n’avoir jamais vu Eddy Mitchell sur scène, d’autant que j’ai eu des témoignages de première main qui m’assuraient de la qualité du bonhomme en live.

Acteur et passionné de cinéma

Si les westerns américains ont eu un tel écho en France dans les années 1980, c’est notamment grâce à La dernière séance qu’Eddy Mitchell anima de 1982 à 1998 sur FR3/France 3. Fort de sa connaissance globale de la culture américaine et considérant le western des années 1950 comme sa madeleine de Proust, il présenta une fois par mois des références de l’âge d’or hollywoodien (années 1930-1960 en gros). Les émissions étaient tournées la plupart du temps au Trianon, à Romainville (93). Le générique, tiré du succès de 1977, a donné le nom à l’émission :

Mais surtout, Eddy Mitchell mène en parallèle une carrière d’acteur qui se développe depuis 1980. Il a notamment remporté le César du meilleur second rôle pour son rôle de simplet dans Coup de torchon de Bertrand Tavernier (1981). Depuis, il tourne régulièrement avec ce réalisateur, mais aussi et surtout avec Jean-Pierre Mocky (A mort l’arbitre, 1986) et Etienne Chatillez qui lui offre un rôle inoubliable dans Le bonheur est dans le pré (1995). Depuis peu, il se distingue au théâtre, élargissant ainsi son champ d’action.

Si vous venez me dire après tout cela que le seul monstre sacré du rock français est Johnny Halliday, c’est que vous avez définitivement une faute de goût.

*C’était la minute péremptoire de Storia Giovanna*

10, 20, 30, 40, 50 : la classe 4 en chansons et avec Le Chevalier

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En 2014, mon cher et tendre Chevalier fêtera ses 30 ans. Un jour, je l’entends se plaindre sur un statut : 29 ans, 29 publications… Et zut, je n’aurais pas de trentième publication pour mes 30 ans ! Qu’à cela ne tienne, mon chéri. Ta Giovanna chérie t’accueille et te fait parler de musique (à défaut de parler d’histoire militaire).

Pour cette trentième publication (non officielle), j’ai donc décidé de nous faire parler sur la musique écoutable ou pas 10, 20, 30, 40 voire 50 ans après. Ayant tout les deux des goûts à peu près similaires en termes de chansons, la tâche fut d’autant plus aisée que nous étions tous les deux d’accord sur le choix de l’autre.

Qui est ringard ? Qui est intemporel ?

1964 : 50 ans après

599712-samantha-elizabeth-montgomery-et-637x0-3Chansons écoutables

Giovanna : Simon & Garfunkel, Wednesday Morning 3 A.M.

Outre le fait que cette chanson indique le jour de la semaine et l’heure où je suis née – et que les paroles des deux premiers couplets auraient pu être chantées par ma mère en me regardant bébé, mais pas la suite, genre, ma mère n’est pas une criminelle non plus ! –, je trouve cette chanson folk belle et intemporelle. Elle aurait pu être interprétée par n’importe qui à la suite. Cependant, ce n’est pas dans la temporalité qu’elle s’inscrit, mais dans la qualité exceptionnelle du duo qui faisait alors ses premières armes.

Le Chevalier : The Beatles, Any time at all

Cette chanson ouvre la face B du célèbre album des Beatles A Hard day’s night (oui ! oui ! celui qui symbolise la Beatlemania !). Et on peut dire qu’elle frappe fort. Le titre a la pêche et le climax avec le piano est jubilatoire. Mieux encore, les paroles sont d’un romantisme exemplaire, et quand je joue la chanson à la guitare ou quand je l’écoute, je pense aux yeux bleus de Giovanna. C’est un condensé de tout ce que j’ai envie de dire à Giovanna quand je pense à elle ou, mieux, quand je suis avec elle…

Chansons inécoutables

Giovanna : Alain Barrière, Ma vie


Le crooner breton, représentant la France en 1963 à l’Eurovision avec Elle était si jolie, signe ici une chanson dans toute la splendeur de la caricature d’une chanson française de base : attaque aux violons, ligne de basse pompier, et surtout cette meuf qui a fait tous les chœurs des années 1960 – à force, elle devient presque aussi culte que la voix SNCF. Non seulement elle s’inscrit donc dans la temporalité des années 1960 – et devient par conséquent le comble du ringard cinquante ans après –, mais ce Maaaaaaa viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie lancé sporadiquement tout au long de la chanson, alors que l’auditeur s’en fout royalement, de sa vie, est une torture auditive que Thierry Ardisson avait à la grande époque transformé en jingle.

Le Chevalier : The Beatles, Mr. Moonlight

Bon, ok, c’est une reprise jouée dès le début de leur carrière, mais là, franchement, on voit bien que l’album Beatles for sale, publié cinq mois à peine après A Hard day’s night, a été fait un peu vite. Preuve en est qu’on revient à la formule « 8 chansons, 6 reprises », alors que l’album précédent n’en avait aucune ! Après la splendide ouverture de Lennon, on se croit dans un Copacabana du pauvre, alors que la reprise de Till there was you avait transformé l’essai en 1963… Le solo d’orgue Hammond est d’un mou pas possible. J’ai toujours l’impression d’avoir 40° de fièvre quand je l’écoute. La version live diffusée par la BBC et publiée en 2013 sur On Air est encore plus amusante avec le solo déglingué de George Harrison. Une curiosité beatlesque, on va dire…

*

1974 : 40 ans après

18984160Chansons écoutables

Giovanna : Steve Miller Band, The Joker

Découverte en 1990 grâce à une mythique publicité pour le 501 de Levi’s, j’ai cherché pendant des années l’interprète de cette chanson. Je remercie de surcroît Monsieur Joe, le plus beau gosse de la bande FM, d’être fan de ce genre de blues un peu saturé des années 1970 tel que pouvait le faire un groupe comme Cleerence Clearwater Revival. Même si le son et l’ambiance sont très connotés Amérique hippie (voire post-hippie), le morceau ne tombe pas dans les limbes de la ringardise. Mais il faut dire que, jusqu’au début des années 2000, Levi’s avait le don de faire des pubs à l’esthétique années 1950 avec de la musique marquée 1960-70. La preuve, c’est aussi de cette manière que j’ai découvert Marvin Gaye.

Le Chevalier : Queen, In the lap of the gods… revisited

Quand j’ai découvert à la fin de l’année 1997 le live de Queen à Wembley en vidéo, j’ai été scié par les chœurs de la chanson… En 2003, j’ai enfin acheté l’album Sheer Heart Attack (à mes yeux le meilleur de Queen), et cette chanson, qui clôt l’album, est énormissime avec ses chœurs paroxystiques. On dit que les paroles sont des reproches envers leur manager de l’époque qui, à leurs yeux, les arnaquait un petit peu (ils l’ont dit de façon plus crue sur Death on two legs). On évoque également parfois la chanson comme un brouillon de We are the Champions. C’est vrai qu’In the lap of the gods… revisited fait un peu hymne de stade, l’émotion en plus. Ah oui, dernière chose, quand j’ai écrit un article pour une revue anglaise à propos d’un personnage dont je révisais complètement le destin, j’ai ajouté le nom du bonhomme et ensuite « revisited ». Beau clin d’œil, non ?

Chansons inécoutables

Giovanna : Claude-Michel Schönberg, Le premier pas

Le premier mari d’une certaine Béatrice qui présente le journal a écrit cette chanson avant de la rencontrer. Quand je l’ai faite découvrir au Chevalier, il m’a dit : Arrête ça tout de suite, ça va plomber l’ambiance ! En effet, contrairement à, par exemple, Il voyage en solitaire de Gérard Manset (1975), on a du mal à ressentir le calme et la timidité dans l’interprétation piano-voix. Se rajoute encore un crescendo de cordes dans la chanson, jusqu’au climax Elle me dévoilera son corps, elle me donnera tous les remords de n’avoir pas dit plus tôt le premier mot. Dans cette ambiance-là, on croirait réellement entendre un psychopathe à la Damien Baiser qui se lâche d’un coup avant de recevoir sa piqûre de calmants. Bref, cette chanson m’horrifie au plus haut point.

Le Chevalier : George Harrison, I don’t care anymore

D’emblée, je le dis : George Harrison est mon Beatle préféré. Sauf que là, il s’est vraiment pris les pieds dans le tapis. Miné par des problèmes personnels (sa femme le quitte pour Clapton qui lui avait écrit Layla ; mais bon, Beatle George a aussi eu une aventure avec la femme de Beatle Ringo) et par une extinction de voix, il sort un album (Dark Horse, rebaptisé ironiquement Dark Hoarse) descendu par la critique, notamment pour sa voix déglinguée. George déprime et n’en a plus rien à faire. Le titre de la face B du (très bon) single Ding dong ding dong (un bide à l’époque) en dit long : I don’t care anymore (je n’en ai plus rien à faire). Pire encore, elle débute par un truc du style « bon, les gars, on a une face B à faire ». On espère que c’était de l’humour. Heureusement, George s’est rattrapé par la suite.

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1984 : 30 ans après

185200-avec-tony-micelli-angela-bower-est-une-637x0-5Chansons écoutables

Giovanna : Prince, Purple Rain

J’avoue, oui, la chanson est très largement datée, ne serait-ce que par la manière dont l’introduction à la guitare est faite – une sonorité de guitare typiquement utilisée dans les années 1980. Mais, alors que le film Purple Rain est tombée dans les limbes cinématographiques, ce titre-phare de la bande originale est toujours aussi efficace pour concevoir des enfants, à la manière d’un Only you des Platters. Ouais, ouais, rigolez : vous le trouvez ringard, ce classique des années 1960, mais avouez quand même que, si on ne le met pas à un mariage pour danser un slow, vous faites la gueule. Purple Rain, c’est pareil, sauf que la chanson a facilement vingt ans de moins.

Le Chevalier : Ultravox, Dancing with tears in my eyes

Cette chanson est portée par la voix sublime de Midge Ure, et par une partie splendide de batterie et un solo de guitare qui tue. A l’heure du tout-synthé, Ultravox met des guitares. Que du bonheur, que du plaisir ! L’Angleterre rappelle sa prééminence musicale dans le monde, les guitares commencent à être ressorties (même si The Cure ne les avait jamais totalement rangées, par exemple), avec des groupes comme Killing Joke ou les Smiths. Je précise aussi que 1984 est une année bénie car, outre ma naissance, un groupe avait été fondé à Liverpool et allait produire de façon chaotique l’un de mes disques préférés : The La’s.

Chansons inécoutables

Giovanna : Gilbert Montagné, On va s’aimer

J’ai fait trop de fêtes de villages, trop de mariages et trop de séances de karaoké avec Alain qui nous fait le medley Sardou et Pikachu qui massacre du Céline Dion pour pouvoir supporter à nouveau cette montagne de guimauve. Je crois que c’est la même chose avec tout ce qu’a pu faire Gilbert Montagné dans les années 1980, alors qu’on pensait sa carrière très bien partie dans les années 1970. Bref, On va s’aimer est la chanson qui fait dire : ce qui s’est passé en 1984 devrait rester en 1984 – sauf mes potes et mon Chevalier, ça fait quand même plaisir de fêter les 30 ans de tout le monde !

Le Chevalier : George Michael, Careless Whisper

Ce titre incarne la soupe définitive. Le solo de saxophone nous assassine d’emblée, quasiment dans le sens littéral. On croit avoir des bourdonnements d’oreilles, mais non, c’est la chanson qui est diffusée…  Sentimentalisme gnan-gnan, mélodie guimauve à souhait, je comprends pourquoi (info donnée par Giovanna) elle a inspiré bien des B.O. de films érotiques dans les années 90 aux États-Unis. Quand je vois quelqu’un pleurer sur ce titre, je crois à chaque fois que quelqu’un lui a balancé du poivre Ducros dans les yeux ! Et pas question de me faire danser un slow dessus ! Still loving you est là pour ça (et ça c’est chouette !).

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1994 : 20 ans après

172127-ross-et-rachel-rachel-et-ross-le-637x0-4Chansons écoutables

Giovanna : Bruce Springsteen, Streets of Philadelphia

Encore une fois, je n’ai pas vu Philadelphia, et ce que m’en racontent mes amis ne me donne pas envie de risquer d’user encore une fois mes glandes lacrymales. Par contre, je me rappelle, du haut de mes 11 ans, de ce clip qui prend aux tripes et de cette musique hypnotique portée par l’un des artistes américains les plus exceptionnels. Beaucoup de choses que j’écoutais à l’âge de 11 ans sont aujourd’hui datées, voire carrément ringardes. Je crois bien que c’est l’une des seules chansons de 1994 qui ne s’inscrit justement pas dans une espèce de temporalité, d’où son succès encore 20 ans après.

Le Chevalier : Oasis, Supersonic

http://www.youtube.com/watch?v=p29MG7wn4F8

Oasis, LE groupe des années 90. Cette décennie est une des plus belles musicalement, en oubliant tous les trucs dansants idiots. Les guitares sont là, on appelle ça la Britpop (mot inventé en 1987 par John Robb). On évoque toujours de soi-disant parallèles avec les Beatles, mais en ce début de carrière, c’est du côté des Stone Roses (non ! pas ce groupe naze appelé Guns’n’Roses !) qu’il faut regarder. Ian Brown a toujours aimé Oasis, car les Gallagher ont revendiqué d’emblée la filiation avec les Roses. Supersonic est une chanson surpuissante, qui respire la jeunesse insouciante et arrogante. Bricolée en studio suite à une jam session, elle fait partie de la bande-son de la génération des nineties.

Chansons inécoutables

Giovanna : Whigfield, Saturday Night

J’entends d’ici les cris d’orfraie de certains de mes contacts : Putain, mais Giovanna, rappelle-toi les chorés qu’on faisait dessus, c’était trop cool quand ça passait dans les boums ! OK. T’as envie d’avoir de nouveau 11 ans, des sweats réversibles, des jeans troués, des baskets fluo, pas le droit de boire de l’alcool et des boums limités à 19h, c’est ton problème. Pas le mien, visiblement. Whigfield fait partie justement de ces artistes à cause desquels je ne regretterai jamais justement les années 1990.

Le Chevalier : Axelle Red, Sensualité

Pour être franc, je ne sais trop quoi penser d’Axelle Red. Il y a des chansons pas mal comme Ma Prière ou Je me fâche, mais aussi il y a des daubes absolues comme Parce que c’est toi. Sensualité passe tout le temps à la radio (que les auditeurs de RFM lèvent la main !) et puis je dois avouer qu’un membre de ma famille chantonnait le refrain en montrant son côté gnan-gnan et sa prononciation approximative. En fait, si c’est inécoutable, c’est à cause du refrain passe-partout et puis le passage instrumental du milieu semble proche des musiques de supermarché…

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2004 : 10 ans après

Rudy-et-Ninon_scalewidth_630Chansons écoutables

Giovanna : U2, Vertigo

On peut effectivement reprocher à U2 de faire la même chanson depuis 1987, mais s’ils sont là encore à l’heure actuelle, c’est que la chanson n’est pas mauvaise. C’est pour cette raison que chaque nouvel album du groupe, s’il ne crée pas quelque chose de transcendant chez moi, me réjouit quand même.

Le Chevalier : Franz Ferdinand, Auf Achse

Franz Ferdinand est un groupe qui a fait des trucs pas mal (le dernier album a l’air plutôt cool), mais aussi pas mal de déchets (Do you wanna ?). Du coup, Auf achse paraît presque une erreur de parcours tellement c’est génial !!! Mon coup de cœur ne va pas pour la (belle) version studio, mais pour la version live avec le clavier Roland très eighties qui donne à la chanson une dimension supérieure, à la croisée entre Joy Division et New Order [Pléonasme !]. Une grande chanson de cold wave ! [Et là je prends conscience de mon coup de vieux : ça fait déjà 10 ans que je me dandinais en slip dans ma chambre d’étudiante sur « The Dark of the Matinee »]

Chansons inécoutables

Giovanna : Kyo & Sita, Le chemin

 T-Rio, Mamae eu Quero (Choopeta)

Les années 2000 ont vu la naissance et la mort de deux catastrophes musicales. La naissance des emos qui, contrairement à la musique emo de base, sont juste de sales gothiques qui mélangent des claviers bizarres et des guitares avec l’ampli réglé à 10,5. Pas merci à Paradize d’Indochine qui a démocratisé le phénomène en France, au point de voir ces boutonneux qui ont eu leur petit succès, jusqu’à ce que certains membres fondent le groupe Empyr. Les années 2000 ont également vu la mort des artistes pseudos world qui ont pourri les étés français depuis les années 1990. En témoigne ce dernier avatar, soit des triplées brésiliennes qui reprennent un classique des chansons enfantines et qui ont fait un gros four. Navrant.

Le Chevalier : O-zone, Dragostea din tei

K-Maro Femme like U

Hello… Salout… Je veux une femme like U… Mais pourquoi la langue française est-elle aussi maltraitée ???? Déjà on a un pseudo boysband de Rouma… euh… de Moldavie  qui nous fait un titre immédiatement ringard mais que les dancefloors popularisent tout comme… les Roumains mendiants chantant dans le métro parisien ! Quant à K-Maro, « t’as ce regard dans la face »… et ma main dans ta gueule ?

Avec cette rétrospective de la classe 4, nous voulions montrer ce que la musique populaire de la 2e moitié du XXe et du début du XXIe siècle pouvait avoir de ringard comme d’intemporel. Mais après tout, l’intemporel de l’un est le ringard de l’autre. Et si vous voulez lire le Chevalier, c’est ici.

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