Discographie sélective : 1968, année révolutionnaire

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Bienvenue en 1968, dans un monde qui se bat contre la guerre du Viêt Nam et contre une morale qu’il estime trop datée. C’est dans cette perspective que, 50 ans après, elle devient synonyme d’époque rêvée pour l’expression des idéaux, expression certes entachée par les assassinats de Martin Luther King et de Robert Kennedy. Mais j’aimerais soumettre une petite réflexion en guise d’introduction.

Cette appellation d’année révolutionnaire quand on parle de 1968 ne serait-ce qu’en France est presque devenue un poncif avec le temps. Mais la préparation des commémorations des événements du mois de mai occultent selon moi deux choses. 1. La plupart du temps, quand on parle de Mai 1968, on parle des mouvements étudiants, mais beaucoup moins des mouvements ouvriers qui en sont la cause. C’est pour moi un tort, car la condition ouvrière, comme tout le reste de la société, était en pleine mutation et devait faire face à certaines interrogations dont on s’aperçut avec l’arrivée du choc pétrolier et du chômage de masse difficile à endiguer depuis 45 ans qu’elles étaient légitimes. 2. 1968 est également synonyme de libération sexuelle et morale. Or ce n’est qu’une étape d’un cheminement sociétal perpétré depuis la Seconde Guerre Mondiale en France, et dont le chemin est encore long. Il y avait déjà eu des avancées comme le droit de vote pour les femmes (1944), l’absence d’autorisation du mari pour ouvrir un compte en banque (1965) et la pilule (1967), mais nous n’étions pas encore passé à la suppression de la notion de chef de famille (1970) ni même au droit à l’avortement (1975). Pour ces deux faits de loi, il n’est même pas possible de les imputer à Mai 1968, mais à un mouvement plus global.

Bref, trêve de considérations sociétales, passons aux choses sérieuses.

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1 – Jacques Dutronc – Il est cinq heures/Comment elles dorment (non précisé)

Deuxième album du chanteur après Et moi, et moi, et moi, premier album couronné de succès en 1966, il collabore encore une fois avec le parolier Jacques Lanzmann, mais aussi avec Anne Segalen. Deux gros tubes sortent de cet album : Il est cinq heures, Paris s’éveille où le flûtiste classique Roger Bourdin assure les soli, et Fais pas ci, fais pas ça qui connaîtra la postérité en illustrant une publicité pour Petit Bateau et pour avoir inspiré la série du même nom. Cette même année, Jacques Dutronc a sorti un deuxième album qui connut lui aussi une grande notoriété, L’Opportuniste.

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2 – Aphrodite’s Child – End Of The World (non précisé)

Suite à diverses expériences dans divers groupes de rock en Grèce, Demis Roussos, Vangelis et Lucas Sideras fondent le groupe Aphrodite’s Child en 1967. Voulant s’installer à Londres pour avoir plus de succès à l’international, ils restent bloqués par la douane à Paris à cause des événements de mai 1968. C’est dans ce contexte qu’ils enregistrent leur premier album, End Of The World, dans lequel se retrouve le tubissime Rain And Tears qui reprend le motif du canon de Pachelbel.

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3 – Simon & Garfunkel et Dave Grusin – The Graduate (janvier)

Bande originale du film Le Lauréat (Mike Nichols, 1967), elle est constituée de vieux titres de Simon & Garfunkel (The Sound Of Silence, Scarborough Fair…), mais aussi d’inédits comme Mrs Robinson. Cette bande originale permit également de mettre en lumière le pianiste et compositeur de jazz Dave Grusin, qui par la suite composa de nombreuses musiques de films, principalement pour Sidney Pollack.

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4 – The Zombies – Odessey and Oracle (avril)

Lorsqu’Odessey and Oracle sort en avril 1968, le groupe anglais, fondé en 1963, n’existe déjà plus. En effet, suite au succès mondial de She’s Not There (1964), la pérennisation du succès ne s’est pas faite. C’est donc dans l’objectif de se séparer que le groupe enregistre leur premier véritable album en 1967. Boudé par le public au début, c’est le succès américain de Time of The Season aux Etats-Unis qui mènera l’album à la postérité, si bien que certains media se sont mis à le qualifier de Pet Sounds anglais a posteriori. Suite à cela, le groupe se reforma brièvement en 1991, puis de manière plus durable en 2004.

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5 – Serge Gainsbourg – Initials B.B. (juin)

Ce huitième album de l’homme à la tête de chou est le récit de sa relation passionnée, mais éphémère, avec Brigitte Bardot. Elle chante d’ailleurs sur une partie des titres qui sont devenus des tubes – Bonnie and Clyde et Comic Strip. La chanson-titre, résumant cette histoire, a été inspirée par le premier mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde d’Anton Dvorak pour le refrain et par Le Corbeau d’Edgar Allan Poe pour les couplets.

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6 – The Doors – Waiting For The Sun (juillet)

Fort des succès de ses deux premiers albums, The Doors (1966) et Strange Days (1967), mais devant faire face à un Morrison de plus en plus instable en concert et sous emprise de l’alcool et de la drogue, le groupe débute les sessions d’enregistrement au printemps sous tension. En effet, Morrison renâcle à la tâche, ou arrive bourré avec des inconnus dans le studio. L’album devait s’appeler dans un premier temps The Celebration of the Lizard, du nom d’une chanson-fleuve qui devait occuper une piste entière de l’album, dont il ne subsiste que la partie centrale dans Not To Touch The Earth. Pour la première fois, le guitariste Robby Krieger écrit des textes pour l’album, devant la panne d’inspiration de Jim Morrison. Par contre, l’album ne contient pas la chanson Waiting For The Sun, ajoutée sur l’album Morrison Hotel (1970), mais les titres Hello, I Love You et Spanish Caravan.

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7 – Jacques Brel – J’arrive (septembre)

Ce dixième album du poète belge vient au moment où il fait  ses adieux à la scène pour se consacrer à sa carrière cinématographique. Sans titre au départ, il est identifié par le premier titre de l’album. On retrouve sur cet album cet immense tube qu’est Vesoul, enregistré avec l’accordéoniste virtuose Marcel Azzola. Cette chanson a été inspiré par un séjour dans cette ville en 1960, où, après avoir passé la soirée avec le patron, il lui a promis d’écrire une chanson dessus. Sauf que, ayant fait ses adieux à la scène en 1967, Jacques Brel ne l’a jamais interprétée en concert.

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8 – The Beatles – The Beatles (novembre)

Suite à Sgt. Pepper… et à leur retraite en Inde, une énorme session de travail du groupe est enregistrée sur la propriété de George Harrison, à Esher. Cette session de travail pose les bases de ce neuvième album éponyme, passé à la postérité sous le nom d’album blanc. Il est le premier album où l’on voit la personnalité de chaque membre du groupe : le talent mélodique de Paul McCartney (Martha My Dear, Honey Pie, Mother Nature’s Son, Helter Skelter), l’introspection et la sensibilité de John Lennon (Dear Prudence, I’m So Tired, Revolution 1, Julia), George Harrison qui s’impose comme auteur/compositeur à part entière (While My Guitar Gently Weeps, Piggies, Savoy Truffle) et même Ringo enregistre une composition, Don’t Pass Me By. C’est l’époque également des premières vraies engueulades dans le groupe (Ringo veut quitter le groupe, les trois autres ne supportent pas Yoko Ono dans les studios, beaucoup de chansons sont enregistrées chacun dans son coin…). Bref, le résultat est, comme le groupe à cette époque, très distendu, mais encore très beau. En gros, heureusement que les mecs avaient du talent.

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9 – The Rolling Stones – Beggars Banquet (décembre)

Alors que le groupe s’est séparé de leur producteur historique Andrew Loog Oldham, il décide dès lors d’adopter un son beaucoup plus rock et plus blues que les atermoiements psychédéliques tels qu’on a pu les croiser dans un album tel que Their Satanic Majesties’ Request (1967). Dans ce sens, Mick Jagger et ses copains développent un son à contre-courant de ce qui s’effectuait à la même époque et gagne une réputation de provocateurs qui les poursuivra dans les années 1970. En effet,  des chansons telles que Sympathy For The Devil ou Street Fighting Man n’adoptent pas la philosophie naturaliste et pacifiste qui était dans l’air du temps.

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10 – Stevie Wonder – For Once In My Life (décembre)

Enfant star repéré dès l’âge de 11 ans, il enregistre ce dixième album personnel à seulement 18 ans, alors qu’il est encore sous la coupe de la Motown. Et comme tout le monde sait, la Motown, surtout à la fin des années 1960, c’est un peu l’usine. C’est ainsi qu’entre deux chansons de son cru (Sho-Be-Doo-Be-Doo-Da-Day, Do I Love Her), il y reprend Sunny de Bobby Herbs et donc For Once In My Life, chanson composée en 1965 par Ron Miller et Orlando Murden, chantée auparavant par les Four Tops et Tony Bennett, mais dont il a augmenté le tempo et en a fait un tube pop-soul irrésistible.

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A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

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10, 20, 30, 40, 50 : la classe 8 en musique

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Nous voici le 1er janvier 2018, je me permets donc de vous souhaiter une heureuse année. Qu’elle soit remplie de musique et que les joies apaisent les moments de doute. Pour ma part, je m’espère autant de claques musicales en 2018 qu’en 2017, qui fut assez riche en moments de partage, même si cela ne s’est pas senti sur ce blog.

Qui dit nouvelle année dit marronnier, à savoir mes petites préconisations de titres qui couvrent la période de désormais quinze ans avant ma naissance jusqu’à mes 25 ans. L’exercice m’amuse toujours, d’autant plus qu’elle me permet d’affiner mes goûts musicaux en choisissant tel morceau à préconiser et pas un autre. Parfois – comme pour l’année 1968 –, faire une préconisation est un crève-cœur, tant les titres de qualité ont pullulé.

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1968 : 50 ans après

1968

Chansons écoutables

Version française : Michel Polnareff – Le Bal des Laze

La preuve que je soumets cette préconisation sans pression aucune *lulz* : le Mari s’est quand même offert pour Noël l’intégrale « Couscous » (en référence au sosie de Polnareff joué par Jean-Paul Rouve dans le Podium de Yann Moix). Cela nous a permis de découvrir le titre débarrassé des scories d’une mauvaise remasterisation, et par conséquent de découvrir des scories dans la partition (notamment l’orgue qui s’emballe au milieu du troisième couplet). Nous sommes des dingues.

Version internationale : The Rolling Stones – Street Fighting Man

J’avoue : je suis allée au plus évident pour cette préconisation, tant ça a été la galère pour trouver un titre qui se départage pour toute l’année. Car 1968 représente une année de bordel généralisé dans le monde, entre les manifestations d’étudiants et d’ouvriers en France, les manifestations pour les droits civiques aux Etats-Unis et les manifestations en faveur de la fin de la guerre au Vietnam un peu partout dans le monde. J’ai justement choisi cette chanson, car Mick Jagger dénonce finalement la mollesse de la jeunesse britannique face à ces différents mouvements.

Chansons inécoutables

Version française : Sylvie Vartan – La Maritza

Si cette chanson parle de quelque chose de très personnel qu’est le déracinement et qu’elle s’inscrit dans une vraie dimension lyrique qu’avait adoptée la chanson française en 1968, ce n’est pas sur ce sujet que je l’attaque. Pour la dimension kitschouille cinquante ans après, je pourrais même faire le même reproche à Michel Polnareff. Mais là où Le bal de Laze raconte une histoire épique, La Maritza me met mal à l’aise.

Version internationale : Pink Floyd – Jugband Blues

Dès le deuxième album, le Floyd version Syd Barrett nous emmène au pays merveilleux du LSD et des sons qui mettent même le Mari en PLS. En témoigne ce titre, premier morceau enregistré en octobre 1967, qui navigue entre comptine composée pour les Teletubbies et trip halluciné à la Revolution 9 sorti la même année. Bref, si Mick Jagger déplore la mollesse de la jeunesse anglaise, il y a de fortes chances en écoutant d’autres chansons composées à cette époque que cette mollesse soit imputable à l’ergot de seigle.

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1978 : 40 ans après

1978Chansons écoutables

Version française : Eddy Mitchell – Il ne rentre pas ce soir

Outre le fait que Monsieur Schmoll chante ce qui est une situation de plus en plus banale quarante ans après, cette chanson est la preuve que le chanteur de Belleville a trouvé la bonne combine pour ne plus faire de four comme dans le début des années 1970, à savoir d’enregistrer ses albums à Nashville avec les producteurs ad hoc.

Version internationale : The Who – Who Are You

Ce titre est tiré du dernier album enregistré avant le décès de Keith Moon en septembre 1978. Il fait suite aux projets solo de différents membres du groupe, mais aussi aux problèmes d’alcool chez Pete Townshend, John Entwhistle et Keith Moon. Le titre connut une deuxième carrière avec l’utilisation comme générique des Experts Las Vegas.

Chansons inécoutables

Version française : Michèle Torr – Emmène-moi danser ce soir

Vous le savez, j’ai un problème avec tout ce qui est chanson française pleine de guimauve et de bons sentiments. Michèle Torr n’est pas en reste et, j’aurais été son mari, je l’aurais emmenée en boîte échangiste pour la calmer un petit moment.

Version internationale : The Wings – With A Little Luck

Macca pas inspiré et sans George Martin, qui veut essayer de surfer sur la vague disco-funk = il est gentil hein, mais à petite dose.

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1988 : 30 ans après

1988Chansons écoutables

Version française : Gérard Blanc – Une autre histoire

Malgré le côté trèèès kitschouille de l’orchestration, qu’il faut davantage imputer aux modes de production standards des années 1980 qu’à la chansons elle-même, Gérard Blanc des Martin Circus nous livre là une des rares chansons françaises de l’année 1988 qu’on peut écouter sans honte avec trente ans de recul.

Version internationale : Tracy Chapman – Talking ‘Bout A Revolution

Je me vois du haut de mes 5 ans, à regarder la chanson à la télévision et à me demander si c’est un monsieur ou une madame qui chante. J’ai eu le même sentiment avec Terence Trent d’Arby qui a explosé la même année avec Wishing Well. Il n’empêche que trente ans après, de la même manière qu’Alanis Morrissette, Tracy Chapman a beaucoup influencé mon parcours de musicienne et d’auditrice.

Chansons inécoutables

Version française : Felix Gray – La Gitane

J’ai longtemps hésité avec Un roman d’amitié d’Elsa & Glenn Medeiros et Est-ce que tu viens pour les vacances de David & Jonathan. J’ai privilégié en vérité l’aspect honteux de La Gitane, quand je rigole et écoute avec beaucoup de second degré les deux autres titres cités avec le recul. D’autant plus que la fin des années 1980 est propice au développement de l’imagerie des Gitans en France, entre les Gipsy Kings, les Négresses Vertes et le Amor de Mis Amores  de Paco. Au point que Félix Boutboul, dit Gray, fasse en sorte qu’on le confonde avec un guitariste issu des Saintes-Maries de la Mer.

Version internationale : The Beach Boys – Kokomo

  • Mais quelle merde ! Je ne comprends pas comment Love and Mercy de Brian Wilson a à peine atteint la quarantième place alors que cette daube est arrivée n°1 !
  • Il faudra peut-être que tu penses à regarder Cocktail…Un film des années 1980 avec Tom Cruise dedans…
  • Ouais bah si le film est comme la chanson…

SPOILER : oui.

1998 : 20 ans après

1998Chansons écoutables

Version française : Alain Bashung – La nuit je mens

On peut dire que Fantaisie militaire est le sommet artistique de l’artiste qui nous a quittés en mars 2009. Tout dans cette chanson respire la grâce et l’intemporalité, que ce soit le phrasé si caractéristique du Bashung vieillissant ou l’orchestration au cordeau. Il existe dans la réédition de l’album une version acoustique bien plus émouvante, mais je la garde pour moi, afin de vous inviter à vous procurer au plus vite cette réédition.

Version internationale : Madonna – Frozen

Je reproche souvent au public de figer dans leurs désirs et de cantonner certains artistes à certains moments de leur carrière, mais c’est exactement ce que je vais faire ici. Madonna, après l’expérience de la maternité, arrive dans le plus grand des calmes dans les affres de la quarantaine. Tout ce bouleversement donne ce sublime album qu’est Ray Of Light, qui est un chef-d’œuvre de minimalisme et d’introspection où on retrouve une Madonna dépouillée de ses travers de Material Girl et techniquement à son meilleur.

Chansons inécoutables

Version française : Manau – La tribu de Dana

Je me revois à l’époque, en plein revival celtique, et pleine de circonspection malgré tout face à ces descendants de Villetaneuse. Vingt ans après, ayant moi-même migré dans le neuf-cube, j’ai peur que mes propres enfants en viennent à faire ce genre de choses. Que ce soit avec Manau ou Nolwenn Leroy, migrer en Île-de-France et se revendiquer de la Bretagne ne donne pas les meilleures perspectives musicales.

Version internationale : Aerosmith – I Don’t Want To Miss A Thing

Point guimauve à son paroxysme. C’est là où je me dis qu’Armaggedon a mal vieilli – et pourtant, j’ai couru le voir avec mes copines en salles avec comme argument marketing Ben Affleck, on ne se refait pas – et surtout qu’Aerosmith, avec ce genre de merde, a réussi à faire occulter auprès du public une carrière bien plus subtile qu’il n’y parait. Il faut dire que ce titre était dans la continuité d’une carrière dans les années 1990 parsemée de titres rock FM aux antipodes du métal qui avait fait leur gloire.

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2008 : 10 ans après

2008Chansons écoutables

Version française : Julien Doré – Les limites

Après la Nouvelle Star remportée en 2007 et sa reprise Moi… Lolita, Julien Doré sort en 2008 son premier album qui se situe sur la lancée des propositions artistiques farfelues qu’il a proposées lors du programme. C’est un franc succès, et c’est ainsi qu’il est le seul avec Christophe Willem à avoir acquis une telle notoriété suite à la Nouvelle Star.

Version internationale : Coldplay – Strawberry Swing

J’avais déjà dit à l’époque que Viva La Vida était mon album préféré des années 2000. Je persiste et je signe, et ça me fait d’autant plus mal au cul de voir l’état de leur carrière depuis dix ans, quand je vois le sommet artistique qu’a représenté cet album. Autant Mylo Xyloto (2011), je l’ai laissé de côté vite fait, autant Viva La Vida, je le réécoute encore avec un immense bonheur.

Chansons inécoutables

Version française : Grégoire – Toi + Moi

Plusieurs raisons font que cette chanson me file de l’urticaire. Premièrement, un chanteur qui porte le même prénom que mon chéri de l’époque et qui fait une chanson énervante que TOUT LE MONDE chante en face de lui et/ou de moi, ça laisse des séquelles. Deuxièmement, Internet n’oublie rien et une version chantée par moi bourrée est facilement trouvable sur Youtube. Bref, cette chanson ne m’a apportée que des emmerdes.

Version internationale : Beyoncé – Single Ladies

Je sais que je vais me faire taillader la gueule par à peu près 80% de mon entourage féminin, mais cette chanson me fait le même effet que la chanson précédente. Je veux bien qu’à l’époque, la plupart de mes copines qui dansent encore dessus étaient célibataires, mais à un moment, le second degré a bon dos.  Même I Don’t Need A Man de Pussycat Dolls voire Wannabe des Spice Girls restent encore aujourd’hui des revendications de Wooohoooo Girls moins honteuses. C’est dire à quel point je pense qu’il faut sérieusement arrêter les conneries.

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A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

 

2017, année régressive

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2017 aura été une année à double tranchant. En effet, sur le plan professionnel et personnel, j’ai réellement ressenti le passage à l’âge adulte, que ce soit avec l’abandon des rêves de jeunesse pour le Mari qu’avec le passage à l’échelon supérieur pour moi. Dans les deux cas, cela reste un bouleversement, entre le deuil de ses rêves les plus fous et le fait de pouvoir accéder à des compétences que l’on pensait inaccessibles.

Pour compenser cette année 2017 bourrée d’évolutions, j’ai tranché avec une année musicalement très régressive. En effet, si j’ai fêté mon 34e anniversaire sous le signe de mes 2 fois 17 ans, j’ai eu successivement entre 10 et 20 ans au gré de mes playlists. Que ce soit pour aller au concert de mon groupe préféré ever depuis 22 ans, la réhabilitation de la musique que j’écoutais à 14 ans ou le fait que j’écoute de nouveau de la musique faite par des jeunes, mon adolescence ne m’aura jamais autant fait de piqûre de rappel.

Voyons donc comment j’ai fêté la musique en 2017.

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2017 en albums

J’ai eu l’impression d’avoir écouté plus d’albums sortis dans l’année, même si entre la découverte du répertoire de Nick Drake, des Rolling Stones entre 1965 et 1969, des rééditions de Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band et d’OK Computer OKNOTOK et des intégrales Sheller et Polnareff qui se poursuivent, j’ai eu l’impression de davantage m’imposer dans la discothèque musicale et ça m’a fait beaucoup plaisir. J’ai donc sélectionné 5 albums pour mon année 2017

Foo Fighters – Concrete and Gold

Outre ce moment magique qu’était le concert à l’Accor Hotel Arena ce 3 juillet, le Mari a eu la bonne idée de m’acheter l’album qui allait avec. J’y ai retrouvé un son plus proche de l’énergie et l’ambition des premiers albums qu’étaient Foo Fighters (1995) et The Colour And The Shape (1997) et beaucoup moins sombre que le précédent album du groupe, Sonic Higways (2014). Bref, même s’il n’est pas créatif dans sa structure, cet album a le mérite de montrer un groupe qui vieillit moins mal qu’AC/DC ou que les Rolling Stones, et ce n’est pas plus mal.

Noel Gallagher’s High Flying Bird – Who Built The Moon ?

Alors que la majorité des media, prompts à jouer sur la rivalité sur les Tic et Tac de la brit-pop, se sont mis à encenser l’ennuyeux As You Were du petit Liam G., le grand frère a décidé de prendre le contre-pied de ce qu’on attendait de lui et de fêter dignement ses 50 ans en remixant toute l’année 1967 dans un album qui sonne pourtant très actuel. C’est osé, ça brusque les pisse-froids qui croient encore à la reformation d’Oasis, et c’est par conséquent parfait. Et puis merde, arrêtez : la reformation d’Oasis, c’est comme moi me remettant avec mon premier mec, personne n’aurait retenu la leçon.

Queens Of The Stone Age – Villains

Grâce à la dimension pop et dynamique de la production de Mark Ronson, le groupe de Josh Homme a quitté l’univers un peu loud de … Like Clockwork (2013) pour aborder le rockabilly et des sonorités plus blues. Bref, un album qui n’est pas bourrin et frontal, mais plutôt dansant.

Depeche Mode – Spirit

J’en ai déjà fait la critique ici étant donné qu’on m’avait offert l’album lors de mon anniversaire. Je reste sur la même impression d’un Depeche Mode toujours aussi sombre musicalement, mais rafraîchissant dans leur approche créative, étant donné la baisse de tension entre le diptyque Gahan-Gore.

Jake Bugg – Hearts That Strain

Là aussi, j’en ai fait un critique précédemment, et je persiste et signe quant à la qualité de cet album injustement cassé par la critique pour cause d’évolution trop violente vers le blues et une pop qu’elle estime impropre de Jake Bugg. Personnellement, je vois là des sonorités certes sous influence Nashville et Dan Auerbach, mais en aucun cas, je trouve Hearts That Strain impropre de Jake Bugg. Je dirais même plus que l’album est bien plus équilibré qu’un album aussi foutraque et fourre-tout dans sa construction qu’On My One.

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Les petits nouveaux de 2017

Bizarrement, le fait de bosser dans un établissement secondaire m’a fait écouter de la musique de jeunes, voire du hip-hop. Voici trois petites pépites qui m’ont fait sautiller en 2017.

Eddy de Pretto

Je n’avais pas vu arriver cette baffe dans la gueule de la part de ce jeune homme de Créteil. Je ne me rappelle plus quand un artiste m’a mise KO à ce point en seulement deux titres. Je ne l’ai découvert qu’au mois d’octobre, mais depuis, ma vie n’est plus tout à fait la même, tant je suis subjuguée par ce mélange de violence et de douceur.

Thérapie TAXI

Le petit Raphaël Zaoui a fait du chemin depuis le Morning Rock de Oüi FM. Avec ses deux acolytes, il a fondé en 2015 le groupe Thérapie TAXI qui cartonne cet automne 2017 avec Hit Sale, en attendant le premier album en février 2018.

Roméo Elvis

Cela fait deux-trois ans que le rappeur belge, fils du chanteur Marka, fait parler de ses sons, entre hip-hop traditionnel et chanson francophone. Je l’ai découvert dans le même délire que Thérapie TAXI, mais aussi parce que sa sœur Angèle commence également à faire parler d’elle dans la même veine.

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So long 2017

Si 2017 a été moins meurtrier que 2016 pour la pop culture, quelques chanteurs et musiciens ont quitté le plancher des scènes pour aller rejoindre les étoiles.

Loalwa Braz Vieira (1953-2017)

La chanteuse de Kaoma, dont la carrière a été circoncise au Brésil par la suite, elle a été retrouvée carbonisée dans sa voiture le 19 janvier 2017, suite au cambriolage de son domicile. Elle avait 63 ans.

Chuck Berry (1926-2017)

A 90 ans, après un ultime album sorti en octobre 2016 à l’occasion de son 90e anniversaire, après une vie entre délits et concerts dantesques, le pionnier du rock s’est éteint près de Saint-Louis, Missouri, là où il a toujours vécu. Reconnu comme étant un poète du rock, ayant la forte tendance à s’auto-plagier, il restera un de mes meilleurs souvenirs de concerts, lorsqu’en juillet 2006, je l’ai vu dans un festival avec Jean-Louis Aubert, Trust, Jerry Lee Lewis et Little Richard. Il est arrivé sur scène après un concert poussif de Little Richard, et du haut de ses 80 ans, il s’est avancé en criant It’s my turn, youhouuuuu ! devant une foule en délire. Et il a envoyé du steak comme jamais.

Robert Miles (1969-2017)

DJ suisse d’origine italienne, Roberto Corcina, dit Robert Miles, se fait connaître au monde avec le tube Children en 1995. Il a enchaîné les mixes en soirée et les enregistrements de manière plus sporadique dans les années 2000 et 2010 jusqu’à son décès des suites d’un cancer.

Chris Cornell (1964-2017)

Chanteur des groupes Soundgarden dans les années 1980-90 et Audioslave dans les années 2000, il menait à partir de 2007 une carrière solo, jusqu’à son suicide à la suite d’un concert le 19 mai. Dévasté par la nouvelle, son ami Chester Bennington, chanteur du groupe Linkin Park et dépressif chronique, se suicide à son tour le 20 juillet, à l’âge de 42 ans.

Charles Bradley (1948-2017)

Cuisinier originaire du Bronx, il eut la révélation en voyant James Brown en 1962 à l’Apollo Theater d’Atlanta avec sa sœur. Il a alors 14 ans. Mais ce n’est qu’à l’orée des années 2000, alors qu’il est licencié de son boulot de cuisinier, qu’il se lance réellement dans la musique sur le label Daptone qui joue sur la nostalgie funk et soul des années 1970. Mais ce n’est qu’à partir de 2011 que sa carrière se mène à l’international. Il décède à 69 ans le 23 septembre, des suites d’un cancer.

Tom Petty (1950-2017)

Fondateur des Heartbreakers en 1976 et membre des Traveling Wilburys entre 1988 et 1991, Tom Petty fut une grande influence du rock américain au point de collaborer avec Johnny Cash dans ses dernières années.

Fats Domino (1928-2017)

Fils d’immigrés créoles employés dans les plantations de Louisiane, Antoine Domino fut surnommé Fats en raison de son surpoids. Il commence sa carrière à 14 ans en écumant les boîtes de la Nouvelle-Orléans, mais sa carrière commence réellement à 20 ans. Considéré comme un pionnier du rock et du rythm’n’blues, il fut élevé au rang de culte de son vivant et a notamment enregistré un disque en soutien aux victimes de l’ouragan Katrina en 2005.

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Une chanson par mois

Janvier : Rolling Stones – You Can’t Always Get What You Want (1969)

Février : Justice – Randy (2016)

Mars : Blank and Jones – DJ Culture (2000)

Avril : Ed Sheeran – Shape Of You (2017)

Mai : Portugal. The Man – Feel It Still (2017)

Juin : Radiohead – I Promise (1997/2017)

Juillet : Luis Fonsi feat. Daddy Yankee – Despacito (2017)

Août : L’Artiste feat. Awa Imani – Chocolat (2017)

Septembre : Laurent Voulzy – Belem (2017)

Octobre : Son Little – Blue Magic (2017)

Novembre : Âme – Rej (2006)

Décembre : Dead Can Dance – Children Of The Sun (2012)

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Joyeuse année 2018 à vous et à bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

Discographie sélective : 2007, année à creuser

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Nous voici à la fin de mon exploration des albums sortis en classe 7. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle représente une année globalement pourrie – peut-être me suis-je moins bien renseignée sur l’actualité musicale du fait d’une année de chômage et donc pas le pognon pour acheter la matière première – ou si c’est parce que Mika et Amy Winehouse ont clairement dominé le marché musical, tout ceci pour dire qu’il m’a été plus difficile que pour les années de 1967 à 1997 de faire une sélection qui tienne la route.

Je ne parlerai donc pas de ce traumatisme qu’est Life In Cartoon Motion de Mika, étant donné que même dix ans après, je n’oublierai jamais la surdose que j’en ai subie dans une colocation de fortune – exactement comme Californication des Red Hot Chili Peppers. Il y a beaucoup d’albums que j’ai réévalués avec le temps, mais le premier opus du chanteur britannique d’origine libano-américaine n’en fera jamais partie. Je ne parlerai pas non plus de Back To Black d’Amy Winehouse parce que l’album date de 2006. Bref, pour 2007, Wikipedia n’aura jamais autant été mon ami, et encore.

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Fatal Picards – Pamplemousse Mécanique (février)

Quatrième album du groupe après Picardia Indepedenza (2005), il intègre lors de sa réédition la chanson L’amour à la française, présentée au concours Eurovision 2007 pour laquelle le groupe finira 22e sur 24 participants. Dans la lancée des albums précédents, la parodie est de mise, entre le foutage de gueule de Bernard Lavilliers (Bernard Lavilliers), des gothiques (Cure toujours), des métalleux (Comandante), d’Amélie Poulain (Je vis chez Amélie) et des joueurs de djembé (Djembé man). Certaines chansons se lancent également dans la satire sociale (La sécurité de l’emploi, Mon père était tellement de gauche, Au mariage de Kévin et de ma sœur).

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Arcade Fire – Neon Bible (mars)

Deuxième album du groupe montréalais après Funeral (2004), il a été enregistré dans le deuxième semestre 2006 dans une ancienne église reconvertie en studio d’enregistrement que le groupe a acheté et fait rénover. Beaucoup plus expérimental et moins flamboyant que l’album précédent, il a utilisé des instruments peu conventionnels dans la musique populaire tels que l’orgue, la harpe, la mandoline ou la vielle à roue. Dans les paroles écrites par Win Butler, on y retrouve des thématiques telles que le contrôle des gens par la télévision, la peur, la désillusion ou même l’imagerie autour de l’océan qui symbolise une perte de contrôle.

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John Butler Trio – Grand National (mars)

Troisième album du groupe australien, il sort après Sunrise Over Sea (2004), album qui les a fait connaître dans le monde entier avec le single Zebra. Il y avait donc une grande attente qui fut comblée avec le single Better Than. C’est avec cet album que le trio entama sa première tournée mondiale, avec cinq dates aux Etats-Unis et en France (intégrant les programmations du Printemps de Bourges et de la Fête de l’Humanité).

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Leslie Feist – The Reminder (avril)

Troisième album solo de l’artiste canadienne, il fut enregistré entre le studio de la Frette, en banlieue parisienne, et le Canada. Il contient de nombreux tubes tels que 1 2 3 4 – qui fut utilisée pour les campagnes Apple en 2008 –, My Moon My Man et I Feel It All. Couronné de succès à la cérémonie des Junos en 2008 et vendu à plus d’1.2 millions d’exemplaires, cet album a une résonnance personnelle très marquée – album de mon premier amour, donc blacklisté dès lors que celui-ci s’est terminé.

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Rihanna – Good Girl Gone Bad (juin)

Après le deuxième album de la Barbadienne, A Girl Like Me (2006), où elle est critiquée pour sa ressemblance stylistique et musicale avec Beyoncé, épouse de son producteur Jay-Z, elle décide du haut de ses vingt ans de blinder l’écriture de ses paroles, d’adopter un look steampunk et une production plus musclée pour son troisième album, toujours produit par Jay-Z. Cela eu un effet phénoménal : l’album connut six singles  à succès (Umbrella, Don’t Stop The Music, Disturbia, Shut Up And Drive, Hate That I Love You, Rehab) et s’est vendu à sept millions d’exemplaires dans le monde.

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M.I.A. – Kala (août)

Deuxième album de l’artiste britannique d’origine sri-lankaise, il tire son nom du prénom de sa mère, après avoir dédié son premier album Arular (2005) à son père. Les sonorités tournent beaucoup autour des percussions, qu’elles soient jamaïcaines, africaines ou tamoules. Selon ses dires, cet album contient  des formes, des couleurs, l’Afrique, la rue, le pouvoir, la prostitution, le nouveau monde et brave. Que ce soit pour parler des migrants dans une cale (Hussel) ou de ses propres problèmes avec les divers services d’immigration (Paper Planes), elle a instillé dans cet album beaucoup de souvenirs sonores de son enfance (tambours tamouls, films bollywoodiens)…

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Vanessa Paradis – Divinidylle (août)

Après une pause de sept après Bliss (2000), Vanessa Paradis revient avec un cinquième album écrit et composé à plusieurs mains – dont elle-même –, mais où la patte de Matthieu Chédid est très visible. Bénéficiant d’un large succès en France, l’album connut une sortie internationale, notamment en Belgique, en Suisse, en Angleterre – une première depuis 15 ans –, en Russie et en Chine. La pochette, d’inspiration Gustav Klimt, est signée J. D. qui n’est autre que le compagnon de l’époque de la chanteuse, Johnny Depp. L’album s’est vendu à plus de 600.000 exemplaires.

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Radiohead – In Rainbows (octobre)

Alors que le groupe n’est plus sous contrat avec EMI au moment de la sortie de ce septième album et ne souhaite plus travailler avec les majors, l’album est proposé tout d’abord en téléchargement à prix libre dès le 10 octobre 2007 – ce qui était inédit à l’époque. Au bout de deux jours, l’album fut téléchargé 1.2 millions de fois avec en moyenne un achat d’un pound. Devant le succès de la démarche, l’album physique sortit le 31 décembre 2007. Il vient après Hail To The Thief (2003), après lequel le groupe se sépara pour que chacun de ses membres se consacre à ses projets personnels. Au moment du retour en studio en 2005, Nigel Godrich, producteur de longue date, fut écarté du projet, et les sessions d’enregistrement se sont éternisées. Au final, Radiohead obtient pour In Rainbows son troisième Grammy Award pour un album rock alternatif, après OK Computer et Kid A.

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Yael Naïm – Yael Naïm (octobre)

Après un début de carrière dans des comédies musicales d’Elie Chouraqui (Les Dix Commandements), l’artiste franco-israélienne entame une carrière fructueuse avec David Donatien. Ce n’est qu’à partir du deuxième album éponyme qu’elle connaît un succès phénoménal avec les singles New Soul et Too Long. L’album finit son exploitation en mai 2009 avec 800.000 exemplaires vendus et une Victoire du meilleur album de musiques du monde en 2008.

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Alicia Keys – As I Am (novembre)

Après deux albums couronnés de succès, Songs in A Minor (2001) et The Diary of Alicia Keys (2003), ainsi qu’un début de carrière au cinéma en 2006, elle revient avec un troisième opus qui se classa directement n°1 au Billboard avec 742.000 exemplaires vendus en une semaine et rafle une pluie de prix dans la catégorie R&B des Grammy Awards en 2008. Au final, As I Am se vendra moins que les deux albums précédents, mais totalise 6 millions d’exemplaires vendus.

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A bientôt pour le bilan de l’année 2017.

Discographie sélective : 1997, année tendre

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La notion de discographie sélective n’aura jamais été aussi bien appliquée qu’en 1997, tant l’année de mes 14 ans aura été pléthorique en termes de musique. C’est le temps de mes boums de lycée, d’une discographie familiale qui se développe à toute vitesse entre les apports de ma sœur et les miens. 1997 restera le synonyme du début de l’apprentissage de la liberté et de ses conséquences.

Il y aura donc moins de contenu français, mais plus de brit-pop, parce que c’est réellement cette musique qui a marqué mon adolescence. J’ai grandi avec et ça m’a nourrie pour parler de musique.

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1 – Daft Punk – Homework (janvier)

Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homen-Cristo ont eu le nez fin quand, en 1993, lors d’une rave à EuroDisney, ils ont distribué au DJ Stuart McMillan une cassette d’un de leurs mixes. Cette même cassette est publiée par un label en 1994, et vu le petit succès de Da Funk en 1995 chez le même label, Virgin Records les signe l’année d’après. C’est dans ce cadre qu’est enregistré Homework, enregistré dans le studio des deux DJ à Paris. Sorti le 20 janvier 1997, il s’en est vendu deux millions d’exemplaires à travers le monde.

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2 – Christophe Miossec – Baiser (avril)

Deuxième album de l’artiste brestois après Boire (1995), il est enregistré au studio Cocoon de Rennes. Encore une fois, Miossec signe les paroles et son guitariste Guillaume Jouan signe les musiques. Fatigué par la tournée qui a suivi le relatif succès de l’album Boire, le chanteur est fatigué quand il enregistre cet album, qualifié par lui-même d’auto-parodie. Malgré tout, le fait qu’il s’entoure de davantage de musiciens que sur l’album précédent (dont un batteur) lui permet d’étoffer son son.

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3 – Louise Attaque – Louise Attaque (avril)

Premier album du groupe constitué sous cette forme depuis 1994 à Paris, enregistré après deux ans de tournées couronnées de succès, l’album se vend à 2.8 millions d’exemples, ce qui représente la plus grosse vente d’un album rock français, et ce même s’ils ont été boudés par les radios dans un premier temps. S’en est suivi une tournée démentielle en 1998 qui a donné lieu à un documentaire. Fut un temps où j’ai tellement écouté l’album en soirée que je pouvais réciter la tracklist sans problème.

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4 – Radiohead – OK Computer (mai)

Troisième album du groupe, venant avec le succès de The Bends (1995), la décision fut prise de l’auto-produire. Malgré tout, le producteur Nigel Goodrich, qui avait participé à The Bends, vint les épauler. Le groupe décida d’enregistrer dans des lieux isolés de la ville, afin d’éviter des dissensions au sein du groupe [SPOILER : il y en a eu quand même]. Les enregistrements se déroulèrent entre juin 1996 et mars 1997, avec une conclusion avec l’enregistrement des cordes à Abbey Road. Certains titres ont été testés dès mi-1996 en première partie d’Alanis Morrissette, comme Paranoid Android qui connut des versions bien plus longues que la version actuelle qui dure quand même 6:23. Fort d’un énorme succès, l’album est préservé à la bibliothèque du Congrès à Washington du fait d’un apport à la culture mondiale. La version amendée OKNOTOK publiée pour son 20e anniversaire montre que l’album aurait pu devenir un double album grandiose.

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5 – Foo Fighters – The Colour And The Shape (mai)

Deuxième album de Dave Grohl après l’album éponyme (1995), mais premier album sous la forme d’un groupe (parce que Dave Grohl jouait tout tout seul dans Foo Fighters), The Colour (sic) And the Shape s’appelle ainsi en référence aux origines anglaises du producteur Gil Norton (car il se serait appelé The Color And The Shape sinon). Les enregistrements ont commencé après la tournée de 1996, et se sont soldés par les départs du groupe du batteur William Goldsmith (remplacé par le batteur actuel Taylor Hawkins), vexé que Dave Grohl ait remplacé toutes ses parties de batterie, et du guitariste Pat Smear qui se sentait usé par la tournée. L’album souffre encore parmi les critiques de comparaisons peu flatteuses avec l’œuvre de Nirvana, mais reçut une bonne réception auprès du public.

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6 – The Prodigy – The Fat Of The Land (juin)

Album très controversé s’il en est, ce troisième album vient après le succès rencontré Music For the Jilted Generation (1994) qui fit sortir le son rave anglais de ses retranchements. Deux éléments ont fait la renommée de cet album :

– La polémique autour de Smack My Bitch Up, morceau au contenu misogyne, mais qui, pour les membres du groupe, voulait se rapprocher d’une parodie du gansta rap.

– Le fait que des morceaux tels que Firestarter ou Mindfields ont servi à plusieurs bandes originales de films, notamment Matrix (1999).

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7 – Oasis – Be Here Now (août)

Troisième album du groupe après les cartons Definitely Maybe (1994) et (What’s The Story) Morning Glory? (1995), c’est avec beaucoup d’effervescence que cet album est attendu. Au fait de leur gloire, les frères Gallagher sont invités au 10. Downing Street et passent leurs vacances chez Mick Jagger sur l’île Moustique. L’enregistrement s’est passé de la plus mauvaise des manières, entre la quantité de drogue ingurgité et le conflit ouvert entre Liam et Noel. Malgré tout, l’album fut la vente la plus rapide d’Angleterre avec 420.000 albums vendus le jour de sa sortie et 1 million au bout de deux semaines. Malgré les 8 millions d’albums vendus, Be Here Now voit son image dépréciée au fil du temps du fait de chansons beaucoup trop longues et d’un son trop lourd.

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8 – Jean-Jacques Goldman – En passant (août)

Premier album solo depuis Traces (1989), après une collaboration fructueuse avec Caroles Fredericks et Michael Jones, En passant est un album très intimiste et reste mon préféré de Jean-Jacques Goldman. Il renoue avec la folk et le blues pour parler de choses très intimistes comme son divorce ou son rapport au temps qui passe. Bref, vingt ans après, cela reste pour moi une conclusion bien plus cohérente à la carrière de Jean-Jacques Goldman que Chansons pour les pieds (2002).

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9 – Björk – Homogenic (septembre)

Quatrième album de l’artiste islandaise, qui mit du temps à être enregistré après la tournée de Post en 1996 qui la laissa exsangue, il est marqué par la volonté de Björk de se rapprocher de ce qu’elle pense être une forme d’identité islandaise. S’apercevant qu’il n’y a pas de culture classique islandaise en tant que telle, elle décida de la chanter. Echappant à un attentat à Londres en 1996, elle décide de s’installer en Espagne pour enregistrer partiellement l’album. Revenant auprès de sa famille en Islande pour les fêtes, l’inspiration lui vint et l’autre partie de son album fut enregistré en même temps que son emménagement à Malaga entre février et mai 1997. Les thèmes évoqués y sont la dualité des choses, la mutation entre l’enfant et la femme… L’accueil du public est dithyrambique, au point que beaucoup des concerts de la tournée furent sold out en des temps records.

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The Verve – Urban Hymns (septembre)

Après deux albums boudés par le public – A Storm In Heaven (1993) et A Northern Soul (1995) –, le groupe mené par Richard Ashcroft est en train de se séparer pour cause d’abus de drogues et de dissensions internes. Début 1996, pourtant, Richard Ashcroft reforme le groupe sans le guitariste Nick McCabe, qui rejoindra les enregistrements de l’album plus tardivement. Il a suffi du single Bittersweet Symphony – qui contient au départ une boucle de l’arrangement de The Last Time des Rolling Stones par le Andrew Oldham Orchestra et qui, au final, a entraîné une accusation de plagiat et le crédit Ashcroft/Jagger/Richards sur la chanson – pour que l’album fasse partie de la littérature de la brit-pop des années 1990.

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A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

 

Discographie sélective : 1987, année épique

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Après une année 1967 très créative et une année 1977 très tranchée, l’année 1987 est, comme toute la musique des années 1980, bipolaire entre les sons électroniques et les guitares lyriques qui compensent un déficit de popularité en face. A y réfléchir en effet, jamais le métal dans son ensemble n’a été aussi lyrique et bourrin que durant cette période, en témoigne la discothèque pléthorique d’un de mes oncles sur le sujet.

1987, donc. Un cru assez qualitatif pour la variété française, qui voit le retour en force de Claude Nougaro après des années d’errance discographique. Sur le plan international, c’est le temps des albums références pour les artistes qui maintiendront une popularité sans pareille jusqu’à notre époque.

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Claude Nougaro – Nougayork (non précisé)

Viré de sa maison de disques pour cause de mauvaises ventes, Claude Nougaro s’envole vers New-York avec comme point de chute le logis de la veuve de Charles Mingus. C’est ainsi qu’il écrit avec l’aide du compositeur et claviériste de jazz Philippe Saisse Nougayork, enregistré avec ne serait-ce que Nile Rodgers – de toutes façons, quand tu es français et que tu veux un retour funky, tu appelles Nile Rogers. Ca marche avec Sheila, ça marche avec les Daft Punk… Mais aussi avec Nougaro qui revient en force dans les charts et obtient une Victoire de la Musique du meilleur album en 1988.

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William Sheller – Univers (janvier)

Après l’échec de Simplement (1983) qui connut pourtant des succès en single (Les Filles de l’aurore et Maman est folle) et une incursion dans la musique de chambre, son deuxième répertoire, il revient dans l’univers de la variété avec un album très sensible, contenant notamment Les miroirs dans la boue, Guernesey écrit par Bernard Lavilliers et L’empire de Toholl, fresque romanesque qui clôt l’album. Contrairement à Simplement, l’album connut un succès conséquent et devint disque d’or.

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U2 – The Joshua Tree (mars)

Cinquième album, nommé ainsi en référence à l’Arbre de Josué, un baobab qui pousse dans la vallée de la Mort en Californie, il est dédié à un technicien historique de U2 qui est malheureusement décédé dans un accident de moto en juin 1986. Il doit sa popularité aux trois singles exploités qui ouvrent l’album, à savoir Where The Streets Has No Name, I Still Haven’t Found What I’m Looking For et With Or Without You. Beaucoup de critiques s’accordent à dire que cet album est plus américain que les quatre albums studios précédents, bien qu’il ait été enregistré en Irlande. Il fait l’objet d’une telle popularité qu’il a fait l’objet d’une tournée titanesque en 1987-88 et que sa réédition en 2017 fait également l’objet d’une autre tournée de même envergure.

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Bérurier Noir – Abracadaboum (juin)

Suite à la sortie de l’Empereur Tomato-Ketchup (1986), qui devint un cri de ralliement durant les manifestations contre la loi Devaquer et tourna en boucle dans les radios de jeunes, le groupe jouissait d’une notoriété qui n’était pas à son goût. Certains de ses membres se sont alors mis en grève pendant 6 mois, avant de quitter le groupe. C’est dans ce contexte que sort Abracadaboum, un album qui contient dans sa version première une dizaine de titres, auxquels on a accolé dans les versions ultérieurs les contenus des EP L’Empereur Tomato-Ketchup, Viêtnam Laos Cambodge et Ils veulent nous tuer. Si l’album est plus « festif » que Concerto Pour Détraqués (1985), il n’en est pas moins enragé dans son propos.

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Guns’N’Roses – Appetite For Destruction (juillet)

Premier album du groupe, s’il atteint aujourd’hui les 30 millions d’exemplaires vendus, le début d’exploitation fut compliqué. En effet, du fait du premier choix de pochette – une œuvre de Robert Williams qui représentait un monstre qui butait un robot qui venait de violer une fille sur le trottoir – et de la non-publicité sur MTV de Welcome To The Jungle pour cause de clip trop violent ont freiné les ventes dans un premier temps. Ce n’est qu’après l’intervention du producteur, David Geffen, auprès de MTV que le groupe gagna en popularité. Durant l’enregistrement du disque, Slash, en bon perfectionniste, restait la nuit avec les ingénieurs du son pour retravailler ses parties de guitare.

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Michael Jackson – Bad (août)

Ce troisième album de Michael Jackson sans ses frères, à l’image de Thriller (1983), un album bourré de superlatifs (45 millions d’exemplaires vendus selon les sources; cinq singles tirés de l’album classés n°1…) où il fut une époque où je pouvais tracer la tracklist par cœur, tant je l’ai écouté dans la voiture (elle est restée pas moins de 4 ans dans l’autoradio). Si le clip de la chanson-titre a été réalisé par Martin Scorsese, l’album a eu d’autres exploitations cinématographiques, notamment Captain EO (1988), réalisé par Francis Ford Coppola, devenu une attraction des parcs Disney, mais aussi Moonwalker (1988), qui reste mon premier souvenir de cinéma.

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Depeche Mode – Music For The Masses (septembre)

Sixième album du groupe, il a été enregistré au studio Guillaume Tell à Suresnes et a été le premier album du groupe à avoir à la fois une sortie vinyle et CD. Avec cet album, le groupe rompt avec les sonorités qui le caractérisent depuis le début de carrière en 1981, avec un son moins pop wave et plus rock industriel. C’est enfin l’occasion pour Depeche Mode de toucher un autre public que le public européen.

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Indochine – 7000 danses (octobre)

Après le triomphe de 3 (1985), le groupe a préféré se donner du temps pour composer de nouvelles chansons qui furent enregistrées à partir de février 1987 au studio Miraval (avant que le château devienne la propriété des Brangelina) puis sur l’île de Montserrat. La presse s’impatientant, le single Les Tzars sortit en juin et reçut un accueil décevant. Malgré un accueil critique à sa sortie, l’album atteint la 5e place du Top 30 en mars 1988 et fut vendu à 350.000 exemplaires.

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INXS – Kick (octobre)

Sixième album du groupe australien, il est celui qui connaîtra le plus de succès à travers, puisqu’il se retrouve disque de diamant dans plusieurs pays, grâce notamment aux singles Devil Inside et Need You Tonight. Il connaît également plusieurs amendements selon les pays (comme l’édition japonaise de 1989) et de diverses rééditions, notamment pour le 25e anniversaire de sa sortie en 2012.

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Jean-Jacques Goldman – Entre gris clair et gris foncé (novembre)

Cinquième album solo de l’artiste, il se présente sous la forme d’un double album de vingt titres, dont onze ont déjà été enregistrés au préalable. Entre blues et sonorités de son temps, il contient des standards de la chanson française tels que Elle a fait un bébé toute seule, Puisque tu pars, Il changeait la vie, C’est ta chance ou le duo Là-bas avec Sirima Wiratunga. L’album connaîtra une édition japonaise de 13 titres, dont cinq de l’album précédent Non homologué (1985).

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A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

Discographie sélective : 1977, entre colère et poésie

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Suite à ma discographie sélective de 1967, je me suis dit que c’était une bonne idée de faire une discographie sélective pour les autres classes 7. Le problème est que j’ai eu cette idée 20 jours avant le 1er janvier 2018 et que je dois déjà faire mon bilan de 2017. Tant pis, je tente le coup.

Nous allons donc poursuivre avec l’année 1977, année assez dichotomique s’il en est, tant l’écart entre la variété française et internationale est en décalage. En effet, si à l’international, le disco, le funk et le punk font la loi, en France, la folk bucolique et une forme de pop tiennent encore la dragée haute. Justement, contrairement à 1967, le rapport musique française/musique internationale sera plus équilibrée dans ce digest.

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1 – Francis Cabrel – Les murs de poussière (non précisé)

Premier album du troubadour d’Astaffort, produit à la suite du repérage de l’artiste par la maison de disques CBS lors d’un festival à Toulouse, il passa inaperçu au moment de sa sortie, malgré les tubesques Petite Marie et Les murs de poussière. Cela ne l’empêcha pas non plus à l’album de faire son petit bonhomme de chemin, puisqu’il s’est vendu à plus de 300.000 exemplaires à l’heure actuelle.

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2 – The Clash – The Clash (avril)

Si ce premier album paraît violent à sa sortie – au point d’être interdit aux Etats-Unis à cause du titre I’m So Bored with the USA –, il est pourtant symptomatique du gain de popularité de la scène punk sur le territoire britannique, alors qu’il se développe en sous-main depuis au moins deux ans, à l’image de ce qui se fait dans le genre à New-York. Une version « expurgée » – sans I’m So Bored with the USA, mais avec une reprise d’I Fought The Law de Sonny Curtis – sera proposée au marché américain en juillet 1979, avant la sortie du mythique London Calling.

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3 – Bob Marley and the Wailers – Exodus (juin)

Après la tentative d’assassinat dont il a été victime en date du 3 décembre 1976, Bob Marley décida de s’exiler pendant un an à Londres. C’est dans ce contexte que fut enregistré non seulement cet album, mais aussi Kaya qui sortira l’année suivante. Moins reggae et plus rock que les albums enregistrés en Jamaïque Natty Dread (1974) et Rastaman Vibration (1976), il fait une carrière honorable dans les charts américains, sans pour autant atteindre les ventes de Rastaman Vibration. Ce n’est qu’après la mort de Marley que l’album a été redécouvert et qu’il est devenu aujourd’hui l’album le plus vendu de l’artiste, au point de devenir l’album le plus important du XXe siècle selon le Time en 1998.

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4 – Iggy Pop – Lust For Life (septembre)

A l’instar de son ami David Bowie, qui vient de remixer Raw Power des Stooges tant bien que mal, et tous deux en proie à la toxicomanie, ils décident de quitter Los Angeles pour Berlin. Pour tous les deux, cela représente une période extrêmement créative de leur carrière, car chacun sortira de cette expérience avec une trilogie d’albums enregistrés et/ou sortis en 1977. En ce qui concerne Iggy Pop, il s’agit de The Idiot (enregistré au château d’Hérouville), Lust For Life plus apaisé et qui connut donc un meilleur succès, et TV Eye Live (1978), déclamé 3e volet de la trilogie par la maison de disque RCA.

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5 – Renaud – Laisse béton/Place de ma mob (octobre)

Après Amoureux de Paname (1975), où il impose un discours politiquement marqué avec des titres tels que Société, tu ne m’auras pas, Camarade bourgeois ou Hexagone, Renaud décide d’être un peu plus soft sur les sujets politiques, mais préfère dépeindre une banlieue qui déborde sur le XIVe arrondissement (Le Blues de la porte d’Orléans) et sa société. C’est avec ce genre de chansons que ce fils d’éditeur/traducteur s’est construit une très belle réputation de zonard.

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6 – David Bowie – « Heroes » (octobre)

Dans le même contexte que The Idiot et Lust For Life pour Iggy Pop, David Bowie enregistra dans sa fuite qui le mena à Berlin Low, « Heroes » et Lodger. En collaboration avec Brian Eno, il écrit alors l’un de ses plus grands albums, qui contient également des chansons en langue allemande, faisant référence au Berlin-Ouest d’alors.

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7 – The Sex Pistols – Never Mind The Bollocks, Here’s The Sex Pistols (octobre)

1977 aura été l’année de l’explosion du punk au niveau mondial, notamment grâce à l’unique album d’un boys band monté de toutes pièces par ce génial et peu scrupuleux homme d’affaires qu’était Malcolm McLaren. Et, à l’image du bordel qu’était le groupe, tant la construction de l’album que sa production et sa négociation à l’international ont été chaotiques. Malgré tout, Never Mind The Bollocks… reste un album cohérent – peut-être parce que Steve Jones et Glen Matlock ont tenu la basse à la place de Sid Vicious sur la plupart des titres – et même extrêmement équilibré, chose que l’on ne peut pas dire d’un album des Ramones, par exemple. Rien que pour cette particularité, Never Mind The Bollocks… mérite d’être écouté dans son ensemble.

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8 – Jacques Brel – Les Marquises (novembre)

C’est le treizième et dernier album de l’artiste, après neuf ans sans chansons inédites, une carrière dans le cinéma, une reconnaissance aux Etats-Unis au début des années 1970 avec la traduction de certaines chansons, et enfin un tour du monde en voilier entamé en 1974 après l’annonce de son cancer du poumon. Il présente Jacques Brel nourri de ses pérégrinations sur son voilier (avec notamment la collaboration de Caetano Veloso), mais aussi de ses réflexions autour de la vanité du monde, étant déjà à un stade avancé de sa maladie – il enregistre avec un demi-poumon en moins et le deuxième irradié, ne se limitant qu’à une prise par chanson et deux chansons par session d’enregistrement.

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9 – Téléphone – Téléphone/Anna (novembre)

Enregistré en dix-sept jours a l’Eden Studio de Londres, ce premier disque consacre le succès grandissant du groupe composé en date du 12 novembre 1976 et qui, depuis un an, enflamme le métro et les premières parties diverses. Ayant obtenu en 1977 un contrat de trois albums avec Pathé-Marconi, le premier album se vend à 30.000 exemplaires en quelques mois, ce qui est un bon score pour un groupe débutant. Encore très inspirés par les pionniers du rock et les Rolling Stones, c’est le premier groupe de rock français qui arrive à un tel niveau de notoriété à une époque où il n’était pas en odeur de sainteté.

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10 – Alain Souchon – Jamais content (décembre)

Troisième album d’Alain Souchon, après J’ai dix ans (1974) et Bidon (1976), il répond au premier succès de son alter ego compositeur Laurent Voulzy, qui cartonne la même année avec Rockollection. Il contient des tubes aussi emblématiques que la chanson-titre, mais aussi Y’a d’la rumba dans l’air, Allo maman bobo et 18 ans que j’t’ai à l’œil.

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A bientôt pour l’année 1987.

Nécrologie alternative

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HallydayJe m’étais promis que j’aurais attendu la mort de Johnny Hallyday pour se pencher sur sa carrière et son apport à la musique. C’est chose faite : il vient de nous quitter ce mercredi 6 décembre 2017 à l’âge de 74 ans. Unanimement reconnu comme étant un pilier de la chanson française, malgré ses nombreux détracteurs qui ne manquent pas de déjà persifler sur les réseaux sociaux, il n’est pas tant moqué sur ses chansons (qui sont ce qu’elles sont), mais pour l’image qui a été faite autour de lui. L’idolâtrie dont ses fans hardcore font preuve et sa bêtise monumentale maintes fois démontrée ont quelque peu terni l’image d’un interprète hors-pair mais qui n’était pas reconnu pour sa créativité.

En effet, lorsqu’il avait d’excellents auteurs/compositeurs à son service, son talent faisait mouche. Faisons une étude comparative de deux de ses tubes issus de deux de ses  derniers albums :

  • 20 ans, écrit par Christophe Miossec et composé par David James Ford, issu de L’Attente (2012)

  • Mon cœur qui bat, toujours écrit par Christophe Miossec, mais composé par Maxim Nucci/Yodelice, issu de De l’amour (2015)

Force est de constater que, lorsqu’on plaçait Johnny sur un registre mielleux, il était moins puissant que lorsqu’on respectait sa doxa entre rock traditionnel et americana, sur icelui registre où je préfère de loin son grand ami Eddy Mitchell.

La carrière de Johnny Hallyday se découpe en tranches :

  • Il a passé ses années 1960 à reprendre comme tous ses petits copains du rock anglo-saxon.

  • Il a montré ses travers dans les années 1970, à savoir, s’il n’était pas entouré par des gens compétents (comme ici Lucien Thébaut et Jean Renard), ça pouvait être du grand n’importe quoi.

  • Il a eu un gros retour de flammes dans les années 1980, notamment grâce à Jean-Jacques Goldman et surtout à Michel Berger. C’est cette période qui a davantage fixée l’imagerie qui l’entoure dans ces dernières années (coupe mulet, loup qui hurle, délire autour des Indiens d’Amérique, etc.)

  • Déifié par ces années 1980, ce fut soudain un honneur ultime de composer pour lui. C’est ainsi qu’on lui fit chanter du grand n’importe quoi (merci Pascal Obispo).

Bref, durant les 57 ans qu’ont duré sa carrière, Johnny Hallyday a été la seule véritable star américaine, capable de remplir des stades 15 soirs de suite, divorçant pour un oui ou un non, vivant les excès dus à son rang. On va en chier par les oreilles pire qu’à la mort de Mickael Jackson ou de François Mitterrand, mais en même temps, ce n’est pas tous les jours qu’un artiste francophone arrive à un tel niveau de notoriété.

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Pour compléter cette nécrologie, je vais suivre le conseil que mon cher Mad Dog m’a filé sur Twitter :

 

Alors j’ai demandé à mes contacts quels sont les chanteurs francophones morts qui auraient dû avoir la carrière et recevoir les honneurs de Johnny Hallyday. Voici donc les nécrologies de quatre hommes dont on aurait dû légitimement reconnaître le talent et faire des obsèques nationales.

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Bernard Minet

Batteur de Charles Aznavour et de Richard Clayderman, premier prix du Conservatoire nationale en batterie en 1974, idole de tous les enfants entre 1987 et 1997, amuseur public avec les Musclés, mais aussi gros pasticheur de Jean-Michel Jarre et Vangelis aux œuvres desquels il consacra pas moins de 73 compilations chacun, Bernard Wantier de son vrai patronyme était un artiste au talent multiple. La fin du Club Dorothée consacra la fin de sa vie médiatique, bien que les multiples conventions de geeks qui pullulent depuis cinq consacrent une large place à son souvenir.

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Bernard Ménez

Acteur talentueux s’étant illustré à la Comédie Française et dans des films mémorables comme dans La nuit américaine de François Truffaut. Dracula Père et Fils avec Christopher Lee, il se lança dans la chanson en 1984 avec un succès inégalé jusqu’à présent, provoquant même une émeute lors de son passage à Saint-Pol de Léon. Grisé par ses scores électoraux, cet homme de sensibilité centre-gauche aimait la vie et le Beaujolais nouveau.

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Hervé Vilard

Tel Johnny, Hervé Vilard est né dans la rue et s’est forgé ainsi sa mythologie. Enfant de la DDASS, il mène sa vie à 15 ans à Pigalle avant de se faire connaître dans ses jeunes années avec Capri, c’est fini. Dans les années 1970 et 1980, il se fit davantage connaître pour adapter en français l’œuvre de Toto Cotugno. Homme de convictions, il fut le premier artiste ouvertement homosexuel, après sa déclaration en 1967. Et pour ceux qui ne croient pas en sa mort, une petite fille ne peut pas avoir tort…

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Corbier

Trublion de la télévision française et chansonnier à peine vulgaire durant les années 1980 et 1990, Alain Roux de son vrai patronyme vit sa carrière propulser dans les années 1960 par le double coup de pouce de Georges Brassens, puis de Jean-Pierre Elkabbach qui le fit rentrer à France Inter en 1971. Mais c’est seulement en 1970, après sa rencontre avec Jean-Louis Foulquier, qu’il se consacra à une activité de chansonnier dans les théâtres parisiens jusqu’en 1987. Jacqueline Joubert le repère en 1982 et l’intègre dans la bande de Dorothée qui présentait à l’époque Récré A2. Là aussi, la fin du Club Dorothée marqua le glas médiatique de cet artiste qui, à l’instar de Bernard Minet, hante encore les esprits des trentenaires nostalgiques.

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Si tout le monde a quelque chose en lui de Tennessee, tous les artistes, flamboyants ou anonymes, ont quelque chose en eux de Johnny.

Un automne 2017

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Je vous propose un petit aperçu musical de cet automne 2017 qui me voit changer de fonctions, et par conséquent, de paie (même si ce n’est pas encore trèèèès probant pour l’instant). Un automne 2017 qui, comme l’automne 2015, voit le métier rentrer dans le corps de manière pas du tout figurative (avec moult malaises et maux divers liés au stress). Un automne 2017 où on se « débarrasse » des vieilleries qu’on doit écouter à la maison, à force de ne pas sortir avec ce froid. Un automne 2017 marqué aussi par le #HighSchoolMusical, puisque je suis encore mutée en lycée.

Dans cette sélection, comme à mon accoutumée désormais, il y aura surtout de la vieillerie, puisque je commence à rider et à avoir des cheveux blancs de plus en plus visibles. Mais vous commencez à avoir l’habitude.

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La musique d’ambiance ad hoc : Trent Reznor & Atticus Ross – Halloween (2017)

Les trublions de Nine Inch Nails ont décidé pour fêter Samain/la fête des saints et des morts de revisiter le mythique thème composé par John Carpenter pour son propre film en 1978. Et ils ont fait un morceau encore plus cohérent que l’original. Si John Carpenter a joué avec l’économie des effets qui lui étaient offerts à l’époque, Reznor et Ross ont un peu forcé le trait sur les effets sonores horrifiques et ça marche du tonnerre, tant la reprise installe la bonne ambiance qui prend aux tripes.

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Le petit coup de soleil : Cesaria Evora – Sangue de Beirona (1997)

Issu de l’album Cabo Verde, son sixième album studio, ce petit morceau ne paie pas de mine, mais suffit pour mettre du baume au cœur. Il me rappelle le voyage de noces dans un pays au même langage, mais un petit peu plus au nord. Et clairement, quand je vois les photos de mes potes sur les réseaux sociaux, je pleure.

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La nouveauté fondante : Eddy de Pretto – Kid (2017)

Alors que l’affaire Weinstein commence à bouleverser les relations hommes-femmes – dans le bon sens, je l’espère – et que je me retrouve dans un établissement composé à plus de 90% d’élèves de sexe masculin, qu’on puisse interroger de la sorte les tenants et les aboutissants de l’injonction à la virilité me fait très plaisir. D’autant plus que je suis réellement fan de la voix et de l’écriture de ce jeune homme que personne n’avait vu venir. Bref, une très belle découverte de 2017.

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La kitscherie sans nom : Dennis Walker – Like An Eagle (1979)

Vu comment Michel Vedette m’a fait vriller la tête avec sa reprise française du morceau, je me suis dit qu’il fallait que je me penche sur la question. Et je n’ai pas été déçue du résultat, tant ce morceau correspond point par point à tous les clichés de la musique produite au kilomètre. Tu prends un acteur porno, tu le fais rencontrer des producteurs peu scrupuleux, et tu obtiens un combo gagnant pour ton dancefloor et tes demandes de drama.

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La petite archive mignonne : Queen – Tavaszi szél vizet araszt (1986)

Le 27 juillet 1986, Queen finit sa tournée Magic à Budapest et personne ne se doute que ce sera le dernier concert du groupe. Pour clore la tournée sur un moment chouchou, Freddie Mercury s’inscrit sur la main des paroles en hongrois, celle d’une chanson traditionnelle pour enfants, afin de l’interpréter avec le public. Même si le concert était en deçà de ce qui s’était passé à Wembley ne serait-ce qu’un mois plus tôt – la fatigue aidant –, il existe des moyens plus honteux de finir sa carrière live.

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La redécouverte des années 1980 : Buzy – Body Physical (1986)

Marie-Claire Girod, dite Buzy, a commencé sa carrière par la pratique des claquettes qui lui a ouvert un rôle dans le Rocky Horror Picture Show (1975) à seulement 18 ans. Etienne Roda-Gil la repère et lui fait enregistrer divers titres à succès au début des années 1980 (Dyslexique, Adrian, Adrénaline). Body Physical sort après un album écrit avec Serge Gainsbourg en 1985. La mort de son producteur historique à la fin des années 1980 a marqué la fin de son succès, mais certainement pas celle de sa carrière qui continue encore de nos jours.

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La collaboration de rêve : Hans Zimmer & Radiohead – (Ocean) Bloom (2017)

On dirait que 2017 a décidé de nettoyer mon karma de ce que j’ai pu dire de dégueulasse sur Radiohead depuis 20 ans. En s’associant avec l’un des compositeurs les plus badass de Hollywood, le groupe n’a pas fait dans le très recherché, mais dans l’onirique et l’apaisé (que certains qualifieraient d’à deux balles, mais qu’ils composent une symphonie et on en reparle). Bref, Radiohead n’a pas fini de m’étonner et ça me fait plaisir.

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La nécrologie : Tom Petty – A Face In The Crowd (1989)

Tom Petty nous a quittés ce lundi 2 octobre 2017, à l’aube de ses 67 ans. J’ai pu découvrir son répertoire à travers diverses exégèses du Mari, qui était un grand fan et qui était par conséquent très attristé, mais aussi à travers les Travelling Wilburys (supergroupe qu’il avait formé avec George Harrison, Roy Orbison, Bob Dylan et Jeff Lyne et dont il ne reste désormais que deux survivants, dont l’un est censé être mort il y a 15 ans). Il était une bonne manière de découvrir un répertoire folk américain en dehors des cadres, à l’instar de Bob Dylan et des Byrds.

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Le moment guimauve : Foreigner – I Want To Know What Love Is (1984)

C’est ma chanson de l’amour au Mari pour cette saison. Elle est cucul. J’ai honte, hein. Mais en quatre ans d’amour, c’est dur de se renouveler en chansons dark et punk pour exprimer mon amour au Mari. Et encore, ça aurait pu être pire : j’aurais pu choisir la version de Tina Arena.

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La victoire par KO (enfin on espère) : Noel Gallagher’s High Flying Birds – Holy Mountain (2017)

Tandis que son frère Liam truste les charts anglais avec son premier album solo As You Were depuis le mois de septembre 2017 – et pour l’avoir écouté dans un magasin, je n’ai qu’un seul mot qui me vient en tête, tant c’est vraiment une resucée d’Oasis : BOOORING –, Noel aborde la contre-attaque en étant surprenant. Si l’album sort le 24 novembre, le premier single, outre le fait qu’il ait provoqué l’incompréhension en live en incluant la prestation d’une demoiselle qui fait une session percussive aux ciseaux, a réussi à dérouter le Mari. En effet, la très grande inspiration prise à la période surf des Beach Boys, alors que Noel en a dit pis que pendre, amène un évident questionnement. Personnellement, j’aime beaucoup, et j’aime surtout qu’il ait voulu faire autre chose que ce qu’on attendait de lui.

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A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

Michel : tragédie musicale ou expression du second degré ?

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Gabriel_MicDans les sociétés occidentales, Michel (sous toutes ses formes) est l’un des prénoms et l’un des patronymes les plus répandus. Ce n’est donc pas sans raison qu’une bonne partie des chanteurs populaires à partir de la seconde moitié du XXe siècle s’appellent Michel (Delpech/Sardou/Polnareff) / Michael (Jackson/Jones/Schenker/etc.) ou …. Michel/Michael. Certains y verraient un lien de cause à effet (les Michel ont plus de chance d’avoir du succès) alors que ce n’est qu’un pur hasard de probabilité (avec le nombre de Michel qu’il y a, t’en a forcément qui sortent du lot).

Depuis qu’Internet a posé ses pattes sur la culture mondiale il y a maintenant un peu plus de vingt, beaucoup d’artistes anonymes voient en ce médium une visibilité extraordinaire que le show business des années précédentes ne permettait pas. Plus besoin de passer à la radio ou à la télé, voire même de vendre des millions de disques pour acquérir une notoriété flambante. Pour le meilleur, comme pour le pire.

C’est ainsi que l’on voit des artistes s’appelant ou se faisant appeler Michel… faire les beaux jours des comptes Youtube et des pages de l’Internet français les plus obscurs. Etant donné que Michel est un prénom de moins en moins donné depuis les années 1980 en France – trop de Michel tua le Michel ? –, ces artistes, encore persuadés que s’appeler Michel leur donnera autant de gloire et d’argent que pour Sardou ou Polnareff, se sont lancés bille en tête.

Il faut se le dire : les Michel qui pullulent en 2017 sur les Internets français ne sont pas de toute première fraîcheur. Leur style musical et graphique prouve en effet que leur horloge spatio-temporelle a dû s’arrêter vers 1978. C’est pour cette raison que je m’interroge sur la part de second degré dans cette démarche : ont-il décidé d’être ringards naturellement ou ont-ils remarqué que, puisque la mode tourne tous les vingt ans, il était préférable de ressortir les vieux dossiers pour avoir la hype ? Petite dissertation en trois cas pratiques.

Michel Forever

Pédigrée : né en 1961 et acteur dès l’âge de 12 ans, Michel Forever est aujourd’hui imitateur officiel de Claude François, cabaretier, comique et ne s’est pas couché depuis 2004 (pour cause de maladie invalidante : s’il se couche, il tombe dans le coma).

Style : entre Claude François pour les habits de lumière et les chorégraphies, et Sim pour l’aspect graphique et l’humour.

1er ou 2nd degré : Je mise personnellement sur un bon 1er degré des familles. Avec de la musique qui s’est arrêté aux années 1970 et les fréquentations qui fleurent bon les années 1980 (Patrick Sébastien, Daniel Herzog, paie ta modernité), Michel Forever est persuadé que son art est, comme son nom, éternel. Et ça, c’est beau.

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Michel Farinet

Pédigrée: né en 1938, il a décidé, pour sa retraite, non pas de cotiser à l’ARCCO, mais de publier ses chansons sur Internet. C’est ainsi que débuta une carrière prolifique dès 1996. L’Histoire le retiendra comme le possible destinataire du Casse-toi, pauv’con lancé par Nicolas Sarkozy lors du salon de l’Agriculture en 2008.

Style : musicalement mollasson comme une résident de maison de retraite sans Viagra, la surprise vient de paroles très engagées en faveur de l’Europe (L’Euro notre monnaie) ou de l’exotisme (Zouk comme tu aimes).

1er ou 2nd degré : là encore, un bon 1er degré, comme  beaucoup d’artistes qui le sont devenus sur le tard (Remember Normand Lamour).

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Michel Vedette

Pédigrée : Homme sans âge, Michel Vedette est présenté comme chorégraphe (il a lancé l’Automatic Body Dancing Club entre 2005 et 2009 au Baron), compositeur et dessinateur. Depuis 2011, il se lance dans la musique et c’est spécial.

Style : Comme Michel Forever, Michel Vedette s’est beaucoup intéressé au disco, mais dans une dimension plus internationale et « actuelle ». Si Comme un aigle est une reprise du Like An Eagle de Dennis Parker (1979), Le Cruiser fait davantage penser au Gangnam Style. Donc à moins que ce titre était déjà ringard en 2012 (et je le pense sincèrement)…

1er ou 2nd degré : Le choix d’un pseudonyme français (enfin j’espère que c’est un pseudonyme) dans ce cadre est la preuve irréfutable du total manque de sérieux de la démarche.

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Si vous cherchez encore un prénom S.W.A.G.G. pour votre enfant, n’hésitez plus : Michel est le prénom qui lui garantira le plus de succès dans la chanson.