10, 20, 30, 40, 50 : la classe 7 en chansons

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Pour le premier article de 2017 – que je commence le 30 décembre 2016 à 23h02, preuve que j’ai vraiment envie que 2016 s’arrête –, je ne déroge pas à la règle que je me suis imposée depuis 3 ans. Je rejoins ainsi cette veine nostalgique qui a fait dire au DJ qui a animé mon mariage : Nom de Dieu, quel âge a la mariée ?

J’en profite également pour vous souhaiter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Qu’elle soit prospère malgré les difficultés, et que vos vies ne dépendent pas davantage des influences politiques qui vont s’opérer cette année en France. Qu’elle soit aussi musicale que je le voudrais pour moi-même, que vous assumiez ce que vous écoutez, même si c’est le dernier album de Tal. Oui, valorisez Tal au lieu de la prendre pour un plaisir coupable, j’ose espérer que c’est à ce prix qu’elle évoluera dans son processus musical.

Cette classe 7 est d’autant plus importante que j’en ai deux membres dans ma famille. En effet, un de mes cousins va fêter ses 30 ans et ma grand-mère ses 90 ans si Dieu veut. J’aurais pu commencer mon exploration de la classe 7 par 1927 pour lui rendre hommage, mais je n’ai pas la nostalgie assez développée pour ça. Par contre, mon cousin est prévenu, il aura sa playlist de 30 chansons de 1987. Comme d’habitude, on verra dans ces préconisations la patte du Mari, mais je n’aurais jamais dû le consulter pour les années 1967 et 1977. Je sens qu’il va me pourrir pour le choix que je vais faire, mais pour ces deux années, le choix est suffisamment cornélien pour provoquer des scènes de ménage à la maison.

C’est parti mon kiki.

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1967 : 50 ans après

Belle de jour

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Version française : Claude Nougaro, Toulouse

Non seulement parce que j’ai appris à aimer la Ville Rose et à en avoir la nostalgie ces dernières années, mais surtout parce que j’estime que ma jeunesse a été un rendez-vous manqué avec le répertoire de Claude Nougaro. J’aimerais donc lui rendre hommage ainsi en préconisant cette chanson tellement intemporelle et sans âge que je n’aurais jamais cru qu’elle avait déjà 50 ans.

Version internationale : The Jimi Hendrix Experience, Purple Haze

Are You Experienced ? a tellement marqué nos adolescences communes qu’il fait partie des albums que nous retrouvons en double dans notre foyer. Et pourtant, comme pour l’année 1966, le choix fut cornélien quant à la préconisation d’une seule chanson. En effet, entre Magical Mistery Tour et Sergent Pepper… des Beatles, Smile des Beach Boys, Their Satanic Majesties Request des Rolling Stones, l’album éponyme des Doors, My Back Pages par les Byrds…, pour ne citer que les références les plus connues, 1967 nous aura donné de sacrés documents d’archives exploitables 50 ans après pour la variété internationale.

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Version française : Sheila, Le kilt

En 1967, les yéyés sévissaient encore en France et Sheila est encore sous influence musicale de Petula Clarke. Le problème est que, ce qui est charmant en langue anglaise devient vite tartignole en langue française, et le ring-a-ding à la Petula Clarke ne fait pas exception à la règle. Si Sheila nous raconte en plus ses voyages en Ecosse en nous dansant la gigue, on touche le fond.

Version internationale : The Beach Boys, Heroes and Villains

                «Mais qu’est-ce que tu n’aimes pas avec Heroes and Villains ?

  • J’ai l’impression en l’écoutant qu’un pervers me suit dans le noir dans la rue… J’aime pas l’ambiance, elle est malsaine…
  • C’est bien. Tu commences 2016 avec Smile, tu finis l’année avec…
  • Ta gueule !
  • Je ne te fais pas écouter Smiley Smile, parce que ta réaction sur cette chanson me donne de l’appréhension sur la réaction que tu pourrais avoir… »

La preuve que j’ai réussi mon éducation : en 3 ans et demi de relation, le Mari a appris la pitié.

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1977 : 40 ans après

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Version française : Francis Cabrel, Les murs de poussière

Vous connaissez mon amour infini pour Francis Cabrel. Il se trouve que ma chanson préférée du troubadour d’Astaffort n’est même pas une chanson d’amour, mais une chanson à morale qui lui a valu le surnom de grand-mère à moustache par les Guignols. Malgré tout, il a su trouver les mots justes pour parler de ces élans de jeunesse qui nous poussent à parcourir la terre pour voir que ce qu’on cherchait se situait juste à côté. Tellement brillant qu’il a supplanté le Rockollection de Laurent Voulzy (bordel, 40 ans aussi) pour lequel je ressens un amour aussi conséquent, en témoigne ma crise d’hystérie au Zénith en décembre 2015.

Version internationale : David Bowie, Heroes

Avouez : me connaissant, vous auriez attendu que je poste We Are The Champions de Queen. Sauf que j’ai décidé de mettre à l’honneur une chanson que je ne peux plus désormais écouter sans ma larmichette, étant donné le contexte de 2016. Parce que cette chanson symbolise davantage la galvanisation qu’il faut parfois puiser en soi-même pour avancer dans la vie. Parce que cette chanson est parfaite dans sa structure mélodique et orchestrale, et surtout dans son propos. Il n’y a aucune faute de goût dans ces 6 minutes de bonheur.

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Version française : Mireille Mathieu, Mille colombes

Alias la chanson pacifiste qui me donne envie de tout brûler sur mon passage. Vous allez croire que je m’acharne assez durement contre Mireille Mathieu, et vous avez sûrement raison. La chose étant que je ne supporte pas ce succédané d’Edith Piaf aussi raté que François Valéry l’est de Claude François. Qu’elle reste en Russie et qu’on arrête de faire chier la France avec, ce n’est même pas rendre un hommage honorable à Avignon que de l’évoquer.

Version internationale : Ringo Starr, Drowning In The Sea Of Love

Vous prenez le Beatle qui a le moins de charisme des quatre, dans une période où il est à la fois alcoolique et criblé de dettes, et vous obtenez ce machin aussi nanardesque qu’une copie philippine de James Bond. Quand Paulo se contente de chanter son moulin écossais, quand Quiet George se contente de produire les Rutles, quand Johnny se contente de pouponner le petit dernier, mon Ringo ne semble pas suivre la voie de l’apaisement de ses trois copains et va à contre-courant. Pour notre plus grand malheur…

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1987 : 30 ans après

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Version française : Gold, Laissez-nous chanter

J’ai une tendresse particulière pour Gold, bien que ça reste kitschissime et que ça a très mal vieilli. D’une part, ça me rappellera toujours mes journées chez ma tante et mon parrain avec ma cousine jumelle et nos copines, comme une madeleine de Proust. D’autre part, je trouve que Gold souffre d’une cruelle injustice. Je reste persuadée que le groupe toulousain a fait des chansons géniales, mais mal produites et mal orchestrées. A mon sens, si la production avait eu lieu dans une autre décennie que les années 1980, on n’aurait déjà pas eu ces claviers dégoulinants. Je remarque même avec Laissez-nous chanter un net progrès en la matière, parce qu’ils ont osé mettre des guitares électriques plus en avant dans la production, ce qui aurait déjà été pas mal pour un titre tel que Un peu plus près des étoiles.

Version internationale : U2, I Still Haven’t Found What I’m Looking For

Je préconise cette chanson trente ans après pour diverses raisons. Premièrement, elle est issue de The Joshua Tree, que beaucoup de fans considèrent à juste titre comme le meilleur album du groupe irlandais. Deuxièmement, elle est devenue au fur et à mesure de ma vie d’adulte la chanson de mon chemin de foi à la lumière de l’enseignement que m’a donné en 2005 l’évêque de mon diocèse d’origine. Lors d’une consécration d’église à laquelle j’assistais, il est venu vers moi et m’a dit : Tu sais, j’ai 71 ans et je n’ai pas encore trouvé ce que je recherchais. Continue sur ce chemin… Cela me poursuivra toute ma vie.

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Version française : Francis Lalanne, On se retrouvera

Vous savez ce qu’il y a de plus casse-bonbons qu’une chanteuse à voix ? Un mec qui se prend pour une chanteuse à voix. Et Francis Lalanne, qui a basé sa carrière sur sa sensibilité et son accent de cagole, surpasse Hélène Ségara dans le registre de la meuf du Sud à voix « exceptionnelle » qui me fout les nerfs quand elle tire les larmes de la plupart des auditeurs tolérants. Bref, Francis, toi et moi, c’est juste pas possible.

Version internationale : Mötley Crüe, Girls, Girls, Girls

La chanson n’est pas mauvaise en soi, mais avec le clip, elle est symptomatique de ce que je reprocherai en partie à l’imagerie métal des années 1980 : ça joue les grosses queues à la gratte, et ça chouine quand ça loupe son régé chez Alfredo. Laissez chanter vos meufs, les mecs, elles au moins comprennent le métal.

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1997 : 20 ans après

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Jean-Jacques Goldman, Le coureur

Outre des accents cabréliens dans cette chanson, je trouve qu’En passant est le meilleur album de Jean-Jacques Goldman. L’homme est en crise personnelle, mais l’artiste en profite pour un album qui sort du côté moralisateur gnan-gnan qui a fait sa popularité chez les scouts. Un album très personnel, avec des mots et des mélodies simples, comme pour exorciser cette douleur qui le tiraillait. Je ne reconnais pas d’autre album de JJG avec ce tel génie.

Version internationale : Björk, Bachelorette

On peut traiter Björk de folle, de bonne à enfermer, tout ce que vous voulez, mais il fut un temps où elle avait la grâce des fées et l’inspiration des conteurs. Alliée à la science de l’image de Michel Gondry, Bachelorette est à la fois une chanson onirique et une histoire filmée des plus étranges. C’est pour cette raison que je la préconise bien plus que des hits de la brit-pop tels que Bittersweet Symphony de The Verve ou D’You Know What I Mean ? de Oasis.

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Version française : Poetic Lover, Prenons notre temps

Je me suis déjà expliquée dessus à plusieurs reprises. Il y a quelque chose que je ne comprends toujours pas, c’est : pourquoi les mecs se sentent obligés de plagier les Boyz II Men jusqu’à leur prononciation de mots français ? Sérieux, il y a un accent spécifique à Noisy-Le-Sec où, si tu ne prononces pas sucreÿ, tu te prends une balle dans la tête ? C’est quoi le projet ? Prévenez-moi que je n’y passe plus en 143 ! Bref, un grand moment entre la rigolade et la circonspection.

Version internationale : Spice Girls, Stop

Je n’aime vraiment RIEN des Spice Girls. Cette chanson est tellement… affligeante qu’elle ne mérite même pas la nationalité anglaise. Stop, c’est ce que j’ai dit dès l’introduction.

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2007 : 10 ans après

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Version française : Zazie, Je suis un homme

Non seulement parce que Zazie sait écrire des chansons au top, mais surtout parce qu’elle a réussi à émouvoir le chef d’une tribu reculée de Papouasie-Nouvelle Guinée qui a avoué ne rien comprendre aux paroles, mais qu’il avait compris une dimension émouvante dans la chanson. Bref, le meilleur alliage entre la force mélodique et la frappe des mots.

Version internationale : M.I.A, Boyz

J’ai découvert Kala à retardement – en gros, grâce à Ladies Room, soit deux ans après sa sortie –, mais il est vite devenu un de mes albums lorsque j’évoluais sans entraves sur le bitume parisien. Même si j’ai moins suivi ce qu’elle a fait après M /\ Y /\ (2010), M.I.A. fait que je reste nostalgique d’une certaine époque, quand je sautillais dans la rue.

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Version française : Koxie, Garçon

Certes, c’est la première chanson qui nous a sensibilisées au harcèlement de rue, mais 10 ans après, j’ai l’impression que Laure Cohen de son vrai nom a voulu jouer à qui pissait le plus loin. D’où l’aspect agaçant de la chanson que je dénonçais déjà à l’époque. Bref, elle a bien fait d’abandonner le rap game pour se lancer dans la matinale format ado sur Virgin.

Version internationale : Mika, Grace Kelly

Ceux qui disent que le chanteur libano-américain avait le potentiel pour devenir aussi énorme que Freddie Mercury ont raison, vraiment. Sauf que, dès le début de sa carrière, il a gâché son potentiel en faisant par exemple ce genre de sucrerie. D’autre part, je pète un plomb dès que j’écoute Life in Cartoon Motion pour cause d’écoute répétée et intempestive au sein d’une collocation rennaise en mai 2007. J’avais l’impression que les filles qui m’accueillaient n’avaient qu’un seul disque qui tournait toute la journée. Agaçant.

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Bref, bonne année 2017, qu’elle puisse vous apporter la santé (car c’est important, la santé) et la paix. A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

 

 

2016, année culturelle #2 – Objets musicaux

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c-bardPuisque mon année culturelle a été beaucoup plus élaborée que je ne l’aurais pensé – ou alors je me sous-estime en termes de critique culturelle autre que musicale –, le temps est donc venu de parler de l’objet culturel dont je suis le plus friande, la musique. Encore une fois, je n’ai pas eu l’impression que cette année n’a pas été aussi passionnante que je ne l’aurais voulue, mais elle reste un bon indicateur de mon niveau de vie à un moment donné.

Si je résume l’année 2016, je dirai que je me suis de plus en plus assimilée musicalement au Mari. Je lui fais encore des infidélités, mais force est de constater que, au même titre que je lui fais enfin confiance dans notre couple, je me suis enfin laissée happer musicalement par lui – ou peut-être lui par moi, je n’en sais rien et c’est bien ça qui m’amuse. On dit que l’amour dure trois ans, je pense qu’au contraire, l’amour véritable arrive au bout de trois ans si je m’en réfère à ma relation avec le Mari. Nous sommes donc devenus quasi-fusionnels musicalement et je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle.

Le problème est donc que je ne m’intéresse presque plus à la nouvelle garde musicale. Je la trouve insipide par rapport à ce que j’écoute habituellement. Si je me suis intéressée à des albums sortis en 2016, c’est par des personnes bien installées dans le métier – en gros, au-dessus du 2e voire du 3e album. Quelle tristesse que je ne m’émeuve plus de la nouvelle création comme j’avais l’habitude de m’émouvoir dans ma jeunesse. Bref, je suis vieille, j’écoute des trucs de vieux et mon blog ne sert plus à rien.

*Cette jérémiade est sponsorisée par Radio Dépression qui vous offre ce moment de grande souffrance*

Une fois cet état de fait assumé, voici donc un bon résumé de mon année 2016.

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2016, année mortelle

En 2016, il y eut des musiciens morts. A en chier. En date du 27 décembre 2016, date à laquelle j’écris cet article, nous venons d’apprendre la mort de George Michael le 25 et du combo Carrie Fisher/Claude Gensac le jour même (ce sont des actrices, certes, mais cette vague impression que 2016 est le fossoyeur de la pop-culture). C’est un fait : tant en termes d’attentats, de crimes contre l’humanité ou de malices de la vie envers les musiciens qui ont vécu un peu trop passionnément les années 1970 et 1980, 2016 n’a rien pardonné. Si je réagissais comme mon moraliste de Mari, je dirais qu’ils sont morts comme ils ont vécu. Sauf que si la condition humaine était morale, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue, ni la musique d’être composée. Ciao les artistes, et merci d’avoir donné au monde la capacité de voir autre chose que la réalité.

Michel Delpech (26 janvier 1946–2 janvier 2016)

Décédé à l’aube de ses 70 ans, sa mort a commencé la psychose française sur les Michel connus (puisque Michel Galabru lui a emboité le pas quelques jours plus tard). Un grand pan de la culture française des années 1970 vient de partir et cela rend triste. Ca rend triste comme le tonton qu’on aimait bien et qui nous racontait des souvenirs quand on était gosse. C’est exactement l’effet que m’a fait la mort de Michel Delpech.

David Bowie (8 janvier 1947–11 janvier 2016)

Je pense que chaque homme sur cette Terre se rappellera de ce qu’il fera ce 11 janvier 2016 à 8h heure française comme je pense que beaucoup de personnes se rappelleront de ce qu’elles ont fait le 8 décembre 1980 vers 23h heure de New-York. Personnellement, j’écoutais Oüi FM, j’étais fébrile face à la rumeur qui s’amplifiait, et j’ai tellement pleuré lorsque le couperet est tombé que j’en ai raté l’arrêt de bus pour le travail. J’ai ensuite pleuré toute la journée durant. Ca va faire un an, je ne réalise toujours pas ce qui s’est passé. Et je crois que je ne réaliserai jamais.

Prince (7 juin 1958–21 avril 2016)

A l’instar de David Bowie, je refuse de réaliser qu’un des plus grands créateurs américains du dernier quart du XXe siècle ait pu mourir. Je ne sais pas pourquoi. C’est comme si je refusais de grandir, de réaliser que le temps passe et que toute chose est vouée à disparaître. Même pour des décès qui m’ont touchée personnellement, je n’ai pas été autant dans le déni. A croire que je finis par détacher la musique de son créateur pour la croire éternelle, et ça, c’est grave. Ou pas. Je n’en sais rien, tellement la mort de Prince me provoque un mélange de sentiments contradictoires.

Leonard Cohen (21 septembre 1934–7 novembre 2016)

Le monsieur a eu l’élégance de partir comme il vécut : discrètement, sans un bruit. Sa mort ne s’est ébruitée qu’à la faveur des héritiers qui ont préféré attendre la fin de sa cérémonie d’enterrement pour communiquer la nouvelle. Et c’est par un matin brumeux, comme tout 11 novembre, que j’ai vu ma timeline s’épancher sur cette nouvelle perte cruelle. J’aimerais imaginer qu’il est parti dans la paix et dans la joie, après avoir partagé une dernière fois son amour pour son éternelle muse, Marianne Ihlen, qui lui avait montré le chemin quelques semaines plus tôt.

Léo Marjane (26 août 1912–18 décembre 2016)

Je viens d’apprendre la mort récente d’une chanteuse que mes grands-mères ont pu kiffer comme les adolescentes kiffent Tal en 2016. Alors que Berthe Sylva et Lucienne Delyle sont mortes il y a des lustres, Léo Marjane s’est payé le luxe d’être centenaire et de s’être fait une jolie retraite en épousant un baron de Ladoucette. Comme pas mal de stars françaises des années 1930-1940, elle s’est exportée aux Etats-Unis en enregistrant avec les plus grands noms du jazz, mais surtout, elle a été accusée de collaboration avec les Allemands (Mais enfin, mon second mari était résistant, j’étais de bonne foi !). Bref, un sacré destin passé sous silence.

George Michael (26 juin 1963–25 décembre 2016)

Décidément, 2016 aura payé un lourd tribut à l’univers pop dans lequel j’ai grandi. Si le Mari et moi-même restons persuadés que la plus grande chance de sa carrière aurait été de reprendre la place de Freddy Mercury au sein du groupe Queen, en témoigne la version de Somebody to Love qu’il a interprétée pour le concert en l’hommage de Mercury à Wembley. Nous pensons également que la plus grande injustice qu’il ait subie – et qui a selon nous brisé son élan artistique et sa notoriété – a été son outing forcé au milieu des années 1990. Certes, on se demande en regardant le clip de Wake Me Up Before You Go-Go comment le monde a pu pensé sérieusement qu’il était hétéro – peut-être parce qu’Andrew Ridgeley, au look bien moins viril, vit en l’occurrence avec une ancienne Bananarama –, mais George Michael aurait mérité un autre traitement médiatique à partir des années 2000.

*

2016, des retours fracassants (ou pas)

The Stone Roses

Si le retour des Stone Roses perturbe le Mari au plus haut point, tant il provoque des sentiments mélangés dans sa tête, j’ai l’impression que rien n’a changé depuis 1994 lorsque j’écoutais ce genre de son anglais avec ma sœur. Personnellement, je trouve que mon adolescence est hype et ça rassure l’adulescente de presque 34 ans qui refuse de prendre plus de responsabilités liées à l’âge adulte qu’elle n’en a actuellement (boulot stable, appartement dans quartier tranquille, déclaration commune pour les impôts). Le Mari est bouleversé pour plusieurs raisons :

  • Si album il en résulte (et on n’en voit pas l’ombre arriver), il se pourrait que le Messie Lee Mavers sorte de sa tanière et enregistre ce deuxième album tellement attendu, et il craint de ne pas le supporter émotionnellement.
  • Pourquoi Oasis, Blur, Elastica, Radiohead, Supergrass, tout le bordel, si les Stone Roses en viennent à refaire le même son que le deuxième album ou à faire le même son que tous ces groupes qu’ils ont influencés ?

Nada Surf

Curieuse carrière que celle de ce groupe américain. En effet, depuis 1993, les compositions des trublions New-Yorkais francophiles semblent être touchées par la grâce à peu près tous les dix ans. Après Popular (1996) et Always Love (2005), c’est l’album You Know Who You Are avec les singles Cold To See Clear et Out Of The Dark qui semblent être sollicités par le public. Out Of The Dark a également été élue chanson de l’été, lorsqu’il m’a fallu trouver une chanson pour me motiver à finir mon année dans mon ancien établissement.

Louise Attaque

Après les Innocents en 2015, c’est un autre groupe iconique de la France des années 1990 qui revient en 2016. Même si on a l’impression que Gaétan Roussel a vampirisé le groupe qu’on a l’impression que Tarmac et ses projets personnels peuvent se confondre avec ce premier avatar, le chanteur a justement suffisamment évolué dans sa science de l’orchestration et de la mélodie pour ne pas faire de Louise Attaque un gimmick purement nostalgique de nos soirées de jeunesse. Résultat : Gaétan Roussel serait arrivé à faire la même chose tout seul, mais le fait de retrouver les copains de ses débuts et de les faire évoluer dans le même sens que lui donne aux nouvelles compositions un supplément d’âme.

The Rolling Stones

Non content de concevoir son 8e enfant et de l’assumer, Mick Jagger a estimé que lui et ses copains avaient assez la santé pour faire un disque de blues comme dans les temps anciens. Si c’est le cas pour le chanteur facétieux, ce n’est justement plus le cas du reste du groupe qui est en train de mourir sur place, ou du moins de faire le minimum syndical. C’est moche, très moche, d’autant que ce n’est pas la première fois dans l’année 2016 que je me dis que certaines vieilles gloires feraient mieux de raccrocher au lieu de tourner en sous-régime. Même sur les inédits de GRRRRR !!!! en 2013, ils étaient encore percutants.

Red Hot Chili Peppers

En 2016, il est donc admis que le groupe californien en roue libre depuis Stadium Arcadium (2004) fasse du funk, joue sans lead guitar digne de ce nom, se fasse produire par un producteur d’electro et continue de faire carrière comme si de rien n’était. Je crois que cela me choque davantage que l’effondrement de tout un pan de la culture pop des années 1970 et 1980 par le décès de ses acteurs. 2016 nous aura horrifié jusqu’à la lie.

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2016 en 5 albums express

David Bowie, Blackstar

J’ai donc eu la chance de l’écouter avec le mari ante-mortem, soit dès le 8 janvier 2016 au soir. Je n’ai donc pas eu la « chance » de l’écouter avec l’affect avec lequel beaucoup trop de personnes l’ont écouté par la suite. Que dire de mes sensations à la première écoute, à mon sens la plus importante ? Je me suis sentie comme hébétée, comme prise de sensations contradictoires, entre la stupéfaction, l’incompréhension et l’épiphanie. Bref, un dernier album comme on aimerait beaucoup en écouter pour réaliser la valeur de la vie d’une personne.

Eric Clapton, I Still Do

Deuxième vieille légende – Dieu, quoi – dont je me dis qu’il est temps qu’elle raccroche en 2016. Car je ne peux pas me contenter du minimum syndical, tant par la voix que par le jeu de guitare, avec forces orchestration pour essayer tant bien que mal de soutenir le bouzin. Rico, je ne suis pas contente. La prochaine fois, fais du blues, mais essaie au moins de ne pas t’entourer autant si tu es encore un homme et pas un mec bon pour l’hospice, ce que je te soupçonne d’être au final.

The Last Shadow Puppets, Everything You’ve Come To Expect

8 ans après le dernier album du projet, entre la carrière solo de Miles Kanes et Alex Turner qui fait le kéké avec The Arctic Monkeys, le Mari s’est jeté sur le CD comme la vérole sur le bas-clergé. Il est vite devenu son 2e album fétiche de 2016 et je partage ardemment son avis. Nonobstant l’avis de connerie persistante concernant Alex Turner relayée par une journaliste échaudée par des allusions sexuelles, la fusion entre les deux trublions fait plaisir à voir et à entendre.

Jake Bugg, On My One

Drôle d’album que le troisième de ce jeune homme pour lequel le Mari et moi-même portons beaucoup d’affection – peut-être pour son sens du partage avec les journalistes et le public, just kidding. En effet, non content d’instiller les influences déjà présentes dans le premier album éponyme (2012) et dans Shangri-La (2013), il a décidé d’innover un petit peu, d’une part, en s’affranchissant du patronage de Noel Gallagher, et d’autre part, en injectant un peu plus de blues et de sonorités urbaines. Ce troisième album aurait pu ressembler à de la mélasse, mais chaque titre est cohérent et l’ensemble est très équilibré, quoi que peu accessible au commun des mortels. Peut-être parce que le petit se livre sans filtre et que les émotions qu’il envoie peuvent heurter.

La Femme, Mystère

Immense déception que ce deuxième album qui abandonne la dimension gracieuse de Psycho Tropical Berlin (2013) pour s’installer dans des dimensions de poseur, comme tout bon groupe français d’ambition underground qui se retrouve avec du succès. Je me suis ennuyée, j’en ai même pleuré tellement je me suis mordu les doigts d’avoir acheté cette soupe insipide.

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2016 en 10 chansons

Sachant que je suis passée à côté de tous les phénomènes musicaux mainstream de 2016 – Charlie Puth, Maître Gims, Nekfeu, etc. –, ma playlist sera très subjective et ne représentera 2016 que pour un public limité.

Les nouveautés

Ridsa – Là c’est die (2015)

Passer une année scolaire avec cette chanson dans la tête équivaut à une dizaine d’années en hôpital psychiatrique en termes de traumatisme. Alors profiter d’un recoin discret de l’établissement pour hurler Ouais j’m’enjaille, jaille, jaille, là c’est die die die… parce que ça te trotte dans la tête sans discontinuer entre 8 et 17h… J’ai bien fait de quitter cet établissement définitivement.

Jain – Makeba (2015)

Dans un monde parfait où exploser gratuitement la gueule des gens qui nous énervent sans raison valable serait fortement recommandé, cette brave Toulousaine ferait partie de la charrette. Je m’excuse de tant de cruauté la concernant – si ça se trouve, c’est une meuf super chouette et on deviendrait super copines dans un monde parallèle –, mais tant sa tête que sa musique me donnent des envies de meurtre. C’est d’autant plus irritant que cette chanson a été over utilisée comme illustration publicitaire. Irritant, vous dis-je.

Kings Of Leon – Waste A Moment (2016)

Vous connaissez ma propension pour certains sons bien bourrins. C’est pour cette raison que je suis très contente du retour de Kings Of Leon dans un single mélangeant la brutalité californienne, de beaux accents new-wave et beaucoup de sonorités épiques.

The Temperance Movement – White Bear (2016)

Cela ne m’étonne pas. Si tu ne m’avais pas dit le nom du groupe, j’aurais pensé à du Roger Taylor [NDLR batteur de Queen qui a aussi fait une carrière solo intéressante], tels sont les propos du Mari lorsque j’ai annoncé la nationalité du groupe – anglaise, en l’occurrence. Après avoir sorti un premier album éponyme en 2013 qui leur a permis de faire la première partie des Rolling Stones en Europe en 2014, les cinq Londoniens se font connaître en France avec leur deuxième album, White Bear – d’où est tiré l’extrait – et en faisant la première partie des Insus durant la tournée 2016.

Rag’N’Bone Man, Human (2016)

Si je ne devais choisir qu’une seule chanson pour résumer tout ce que j’ai pu ressentir, vivre, espérer, haïr, aimer durant cette simple année 2016, je pense que cette chanson est assez puissante pour concentrer tous ces moments de vie.

Les vieilleries

William Sheller, Les Miroirs dans la boue (1987)

A la faveur de l’intégrale de l’artiste offerte par le Mari pour mon anniversaire suite à un caprice, j’ai pu lui faire revivre un joli souvenir d’éducation musicale. De toute façon, il était écrit que je devais m’intéresser de près en 2016 au répertoire de William Sheller, tant par le nombre de ses chansons diffusées sur Nostalgie que par l’évolution des sentiments que je vis pour le Mari.

Véronique Sanson, Vancouver (1976)

J’ai déclaré en janvier 2016 que cette chanson était LA chanson française de 1976 qui méritait d’être écoutée quarante ans après. Force est de constater que j’ai suivi cette préconisation jusqu’à la lie et à l’interprétation en karaoké.

Gene Clark, No Other (1974)

Brandie comme une menace par le Mari depuis le début de notre couple, l’exégèse Gene Clark me laissait une part d’appréhension quant à sa réalisation. Après coup, je découvre un univers très riche qui ne se cantonnait pas à country-folk qu’on a pu lui connaître avec les Byrds. Le Mari, s’engouffrant dans la brèche, en a également profité pour me faire connaître Roger McGuinn – autre grand artisan des Byrds – dans ses projets solo.

Crosby, Stills, Nash & Young, Carry On/Questions (1970)

Si on a l’habitude de dire de ce supergroupe que David Crosby (ex-Byrds), Graham Nash (ex-Hollies), Stephen Stills et Neil Young (ex-Buffalo Springfields) ont passé davantage de temps à se foutre sur la gueule qu’autre chose, l’album Déjà-Vu (1970) que le Mari s’est procuré en amont de notre mariage est un exemple d’union, d’équilibre et d’harmonie. C’est quand même assez incroyable pour des mecs à l’ego surdimensionné et au foie aussi résistant.

Petru Guelfucci, Corsica (1993)

Entre la célébration de la fin du cycle de la jeunesse éditoriale chez le Mari et le mariage de ma meilleure amie, 2016 aura été une évocation de la Corse à bien des niveaux. A défaut d’y être déjà allée, j’ai donc continué à la fantasmer ou à la vivre par procuration.

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J’en profite pour vous souhaiter les meilleurs vœux pour 2017 qui, je l’espère pour moi, sera placée sous le signe du changement en termes d’écriture. M’enfin, la dernière personne qui a voulu à vouloir incarner une forme de changement en est venue à scléroser une nation, il vaudrait mieux donc que je me taise. Malgré tout, essayez de survivre à 2017 et à bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

2016, année culturelle #1 – Objets culturels

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reading-steam-girl-pttPlus qu’une année musicale ou qu’une rétrospective de ma vie à travers la musique, j’avais envie de retracer mon année 2016 sur le plan culturel. Pas qu’elle ait été très fournie, ni intéressante – je suis de moins en moins culturelle depuis que j’ai abandonné ma carrière dans l’entreprise pour embrasser la carrière de fonctionnaire, un comble –, mais on va dire qu’elle a été rigolote.

Beaucoup moins de musique et de livres, donc, en apparence. Mais l’année 2016 sur le plan culturel a moins été une année de consommation de la culture que l’année des rencontres culturelles. La Siamoise en premier lieu, mais surtout des copains que j’ai découverts ou redécouverts à travers le prisme de la culture. Que ce soit par les séances de karaoké, les diverses exégèses que le Mari m’a offertes les jours de désœuvrement, mes addictions à Karim Debbache ou au Fossoyeur de Films ou les diverses rencontres littéraires que j’ai faites dans l’année, j’ai aimé 2016 dans son aspect culturel.

Je donne un exemple de l’absence de consommation culturelle en 2016 : je n’ai assisté qu’à un seul concert – celui de SAGE au Trianon, le 22 mars avec la Siamoise et le Mari – et j’ai attendu le mois d’octobre pour acheter une carte 5 places au MK2. En ce qui concerne les livres, j’ai préféré relire des anciens bouquins, piquer dans la bibliothèque du Mari ou échanger des bouquins que je lisais au Café Livre. En ce qui concerne les disques, le Mari et moi-même avons préféré compléter des intégrales d’artistes que nous aimions, n’achetant des nouveautés qu’à de rares occasions. C’est ainsi que je me suis retrouvée avec l’intégrale de William Sheller et le Mari avec le coffret des Rolling Stones en mono.

Je m’aperçois que cette rétrospective 2016 risque d’être un peu longue. Par conséquent, elle sera donc divisée en deux articles : l’aspect musical et le reste.

Voyons maintenant tous les aspects de ma vie culturelle hors musique en 2016.

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Monde de l’imprimé

Je n’ai donc pas beaucoup lu de choses intéressantes – entendez par là mainstream – cette année. J’ai donc galéré à chaque fois en café littéraire pour présenter des choses un tantinet intéressantes. Malgré tout, des choses se sont dégagées.

Romans/Essais

  1. Denis Robert, Le Bonheur (Pocket, 2002)

41t1qjp6fnl-_sx319_bo1204203200_Surprenant que ce dialogue entre deux personnes qui ne veulent partager rien d’autre que le bonheur qui réside selon eux dans le plaisir sexuel. Si l’histoire est banale à crever, la manière dont elle a été racontée, ce dialogue persistant entre l’amant et la maîtresse m’a conduite à me prendre, non pas de passion, mais de bienveillance pour cet ouvrage.

  1. Albert Camus, L’exil et le royaume (Gallimard, 1957)

l-exil-et-le-royaume-2320772Albert Camus fait partie, avec Umberto Eco, Bernard Werber et Amélie Nothomb, de mes plaisirs coupables que j’ai du mal à partager, tant la littérature mainstream me fait parfois un peu chier et qu’il me faut des auteurs adaptés à ma bizarrerie. Le point commun des histoires de ce recueil de nouvelles est que les protagonistes sont tellement obstinés dans leur cheminement de pensée qu’ils ne s’aperçoivent pas de la bascule mentale qui les fera changer de vie.

  1. William Blanc, Arthur, un mythe contemporain (Libertalia, 2016)

libertalia-le_roi_arthur-couv_web_rvbCet ouvrage est en cours de lecture. Il présente le souci d’être extrêmement dense en termes d’informations et d’analyse, mais cela le rend extrêmement instructif pour le lecteur. Je suis d’autant plus intéressée par ce sujet que je me suis intéressée dans le cadre de mes études à la littérature et à sa place dans la construction de la société médiévale. Et puis Arthur, quoi, depuis le temps qu’on me gonfle avec le monde arthurien dans la culture bretonne…

BD/Romans graphiques

  1. Roger Leloup, L’écume de l’aube (Casterman, 1985)

couv_102448En bonne fan de Yoko Tsuno, et ayant finalement toutes les aventures en bande dessinée, le Mari a compris qu’il fallait que je passe un stade et m’attaquer aux romans graphiques de Roger Leloup mettant en scène mon héroïne. J’y ai donc retrouvé à la fois tout l’aspect suspense et onirisme des aventures BD, avec un développement entre les images qui m’a quelque peu perturbée. Cela reste malgré tout une belle expérience.

  1. Riad Sattouf, L’Arabe du futur 3 – Une jeunesse au Moyen-Orient 1985 à 1987 (Allary, 2016)

une-jeunesse-au-moyen-orient-1985-1987Nous avons une tradition avec le Mari pour lire chaque tome de L’Arabe du futur : nous nous installons calmement et nous le lisons côte à côte. Cette fois, comme je l’ai acheté aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois, nous avons profité du voyage retour pour le lire. Comme d’habitude, nous nous sommes questionnés. Comme d’habitude, nous nous sommes attendris devant ce témoignage. D’autant plus cette fois que nous avons eu une crise de fou rire lorsque nous avons vu le prénom du deuxième petit frère de Riad – en gros, il s’appelle comme le Mari.

  1. Alan Moore/Brian Bolland, The Killing Joke (DC Comics, 1988 – Casterman, 2009)

047548-jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxxA la faveur d’un prêt généreux de mon beau-frère, j’ai pu réaliser un fantasme de Batmanophile : m’attaquer au « chef d’œuvre » d’Alan Moore durant cette année 2016. Résultat : je suis restée sur ma faim. Pourquoi ? J’attendais un développement scénaristique plus étoffé, et j’ai dû m’y reprendre à deux fois avant de comprendre tous les tenants et les aboutissants de l’histoire. Malgré tout, le dessin est très beau, l’histoire se tient finalement, même si j’aurais aimé une suite ou une cinquantaine de pages en plus.

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Sciences de l’image

Je le dis et je le répète : ma disposition d’esprit ne me permet pas d’apprécier à sa juste valeur l’image. C’est pour cette raison que, la plupart du temps, je préfère le dessin, le son ou l’écrit qui développent davantage l’imaginaire. Malgré tout, je me suis gâtée en termes d’apport culturel du monde de l’image…

Musées/Expositions

  1. Musée des Beaux-Arts, Tours

A la faveur d’une petite escapade printanière, nous nous sommes pris de passion avec le Mari pour le Musée des Beaux-Arts de Tours, dont la muséographie est particulièrement bien organisée. Profitez-en également pour visiter le Château, qui présente également de très belles expositions, comme une rétrospective de Robert Capa lorsque nous y séjournions.

  1. The Velvet Underground : New-York Extravaganza à la Philarmonie de Paris

velvet_800x800Les expositions de la Cité de la Musique, puis de la Philarmonie, c’est toujours un rendez-vous annuel où je ne boude pas mon plaisir. J’avais envie de surcroît de faire découvrir l’univers du Velvet Underground au Mari, que j’avais découvert grâce à mon parrain et dont le Mari ne connaissait que certaines bribes de Lou Reed. L’exposition était donc trèèèès fournie, mais assez problématique quant aux thématiques abordées et leurs répartitions dans l’espace. En gros, il y a eu un très grand développement sur les jeunesses de Lou Reed et de J.J. Cale et leurs influences culturelles, un traitement bizarroïde sur les débuts du groupe et le passage à la Factory et enfin un traitement lapidaire sur la fin du groupe. C’est cela que j’ai trouvé dommage : c’était donc fourni, mais bordélique et partiel – partial ? Malgré tout, ça a rempli son contrat : le Mari s’est intéressé à la fois au Velvet Underground et à Lou Reed (au point de me faire subir Metal Music Machine).

  1. Musée Picasso, Paris

N’étant pas très fan d’art contemporain, j’ai quand même voulu m’attaquer à cet incontournable des musées parisiens, avec le Mari et une autre copine. Ca a été l’occasion d’ouvrir un peu plus mon horizon sur l’artiste et de m’intéresser à ses activités de sculpteur, pour moi bien plus probantes que ses activités picturales.

Cinéma

  1. Whiplash (Damien Chazelle, 2014)

p11-shoji-whiplash-a-20150416A la faveur d’un achat du DVD pendant les soldes et du fait que mon mestre d’orchestre n’a pas arrêté d’imiter le professeur musical sadique durant le début d’année 2015/2016, je me suis laissée séduire par ce conte initiatique qui met en scène un jeune batteur qui souhaite intégrer l’un des plus prestigieux orchestres de jazz de New-York. D’une part, c’est un très beau film sur la complexité des relations qui peuvent advenir entre un disciple et son maître. Mais c’est surtout une quête d’absolu qui peut paraître totalement absurde, mais qui prend toute sa dimension dans la scène de fin du film.

  1. Mademoiselle (Park Chan-wook, 2016)

chhe307w4aauirtAdapté du roman Du bout des doigts de Sarah Waters (2002), ce thriller psycho-érotique m’a plu par son aspect graphique très travaillé – je n’en attendais pas moins d’un film asiatique – et par son humour. Les scènes érotiques entre les deux protagonistes féminines sont donc parfaites, mais l’aspect manipulation mentale de l’histoire est très bien réalisé. Malgré les 2h30 du film, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.

  1. La fille de Brest (Emmanuelle Bercot, 2016)

588230-jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxxEncore une adaptation d’ouvrage, à savoir Mediator 150mg de la pneumologue brestoise Irène Frachon. Emmanuelle Bercot dresse un portrait quelque peu romancé, mais sans concession de cette pneumologue obstiné et têtue au point de tout vouloir briser sur son passage, même la carrière du chercheur qui l’a pourtant soutenu dans sa quête de vérité. Rien n’est épargné : les crises d’ego, les doutes, les échecs… J’ai aimé cette histoire contée comme une épopée moderne sans poncifs trop appuyés. Et puis Sidse Babett Knudsen for the win.

Télévision

  1. X-Files, 10e saison (2016)

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Outre toute mon adolescence qui m’est revenue en pleine face durant 3 semaines avant mon anniversaire, j’ai regardé cette saison avec un mélange de tendresse et un gros WTF en guise de season finale. Si l’aspect extra-terrestre a un petit peu été remplacé par l’aspect conspirationniste – c’est là où on découvre à quel point le monde a changé depuis 2001 –, j’ai eu l’impression de retrouver deux vieux copains dont je n’avais pas de nouvelles depuis la fin de mes études. D’où mon indulgence face à une saison qui ne méritait pas davantage qu’un gros meh en termes de contenus.

  1. Mister Robot, saisons 1 et 2 (2014-2016)

f-societyTout ce qui pouvait compter de geeks dans ma timeline était en effervescence devant cette série lorsqu’elle a été diffusée sur Netflix. J’ai attendu la diffusion sur France 2 cet automne des deux saisons pour m’intéresser à cette série. Elle a été ma sensation télé de 2016, de par des trésors d’écriture et par le charisme de Rami Malek. Malgré tout, bien qu’il soit le premier rôle, il n’a pas occulté les rôles secondaires – dont Christian Slater en très grande forme – qui ne manquaient pas non plus de présence. Nonobstant un post-générique assez mal venu après le season finale de la 2e saison, cette série a apporté un grand coup de frais dans mon univers télévisuel.

  1. Prodiges, 3e saison

Si j’aime beaucoup les télé-crochets et les concours de talents, j’ai tout de même un peu de mal avec les castings d’enfants. Cela me rappelle le drame des enfants stars qui mettent leur talent au service de l’ambition démesurée de leurs parents en grande faille narcissique. Là, j’ai croisé des gosses qui avaient non seulement du talent, mais déjà un putain de charisme. En témoignent le pianiste Sacha, 13 ans, qui interagissait avec l’orchestre tout en interprétant le presto de la Sonate au clair de lune de Beethoven, ou la danseuse Clara, 12 ans, formée au Royal Ballet de Londres et souriante à souhait.

Youtube

  1. Le Fossoyeur de Films

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J’ai suivi les aventures de François Theurel non seulement sur Youtube avec ses diverses émissions, mais aussi sur Dailymotion avec Film Wars, une série de douze épisodes sur des films au développement problématique. Bref, il reste dans le game et c’est l’une des seules raisons qui me poussent à m’intéresser à ce médium si obscur qu’est le cinéma.

  1. Karim Debbache

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Même raison et mêmes choix de plateforme que François Theurel, Karim Debbache et son équipe me séduisent par leur vision alternative du cinéma. Outre des choix de films traités très peu mainstream, Karim Debbache mêle sa passion du cinéma à une réflexion générale sur le rapport sociétal à l’image et à l’histoire racontée. Chaque épisode de Chroma est un vrai délice.

  1. Nota Bene

photoJe me suis passionnée dans un premier temps début 2016 pour cette chaîne de vulgarisation historique, avant d’informer le Mari de son existence. Si la chaîne est tenue par un passionné d’histoire sans pour autant faire de la recherche historique son activité professionnelle, j’ai tenu à assister à la conférence qu’il a faite aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois en marge de la sortie de son livre Les pires batailles de l’Histoire que je me suis fait dédicacer. Le Mari et moi-même sommes ravis que ce genre d’initiative existe, bien qu’elle ne saurait remplacer le travail des véritables historiens (placement corporatisme).

A bientôt pour un bilan musical de 2016.

 

Un automne 2016 – High School Musical

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Je ne sais si c’est la vieillesse, mon rythme de fonctionnaire – quand on dit que les fonctionnaires n’en rament pas une, laissez-moi rire – ou la lassitude de la vie, mais toujours est-il que depuis 11 ans que j’ai décidé d’écrire sur la musique, j’ai l’impression que les mots ne passent plus. Je me limite de plus en plus à l’essentiel, le partage de musique pure sans explication.

La musique me guide désormais à l’arrivée au travail le matin, où je partage sur mes réseaux sociaux #HighSchoolMusical avec mon humeur du moment. C’est ainsi que je me suis formée une cartographie de mon automne et de mes émotions dans l’établissement où je travaille désormais. Certes, je deviens un peu plus « feignasse », mais c’est compliqué de gérer des aspirations créatrices avec 40h/semaine* + 6h d’orchestre.

Même si je suis obligée de me justifier sur des projets qui traînent et mon manque d’articles depuis quelques années, il faut une sacrée énergie pour générer ce qui se passe dans ma tête. Et l’énergie, je ne l’ai pas ou plus en cette période de bonheur conjugal plein mais de questionnement personnel intense. Mais ma chanson du matin m’a mis beaucoup de baume au cœur dans les matins rudes.

Voici donc un petit aperçu de ce qui m’a fait plaisir cet automne dans les oreilles.

La petite découverte en dehors des clous : Trio Mandili, Apareka (2014)

 

J’ai découvert ce groupe de trois copines géorgiennes il y a quelques mois, lorsque leur « tube » Apareka a été remixé par deux métalleux. Je me suis dit à l’époque : Bordel de merde, qui sont ces trois Roumaines trop stylées ? Elles sont donc Géorgiennes – mea maxima culpa – et font actuellement une belle carrière en Europe de l’Est suite au buzz qu’elles ont suscité avec leurs vidéos Youtube. Leur premier album, With Love, est disponible depuis l’an dernier.

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Le petit rappel de mes années d’étudiante n°1 : Mes Souliers sont rouges, Quand plus rien ne va (2000)

Mes camarades normands étaient fous de ce groupe caenno-montréalais qui ont puisé entre 1991 et 2006 dans les répertoires québécois, cadiens, irlandais, cajuns et français pour se constituer un répertoire de concerts fait pour danser et partager. Sur la fin de leur première période d’existence, ils se lancèrent dans la variété. Ils ont repris leur activité en 2011 pour les dix ans d’une salle caennaise. J’ai été séduite par les arrangements vocaux très travaillés, mais aussi par l’énergie que ces messieurs dégagent sur scène.

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Le pétage de câble : Die Woodys, Fichtl’s Lied (1984)

Je ressentirai toujours de la joie et de la tendresse pour les bizarreries d’Outre-Rhin. D’autant plus que cette chanson est devenue notre berceuse weird pour amuser notre nièce nouvellement arrivée. J’avais découvert ces deux grands crétins grâce à Mathieu Sommet et depuis, cela me pourrissait la tête de manière insidieuse. Le projet #HighSchoolMusical m’a permis d’extérioriser et de faire partager ma détresse mentale en soirée. Je vous assure : j’ai fait danser en soirée sur ce son et les gens n’étaient même pas ivres morts.

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Le petit rappel de mes années d’étudiante n°2 : Bérurier Noir, Hélène et le sang (1985)

Comme je l’ai dit et souvent répété, Bérurier Noir fait partie de mon panthéon de mes années d’étudiante rennaise, que ce soit par les grèves contre la loi LMD en 2003, la reformation du groupe aux Transmusicales cette même année ou l’évocation des propres souvenirs étudiants de mon oncle avec Abracadaboum en bande-son. Cet automne 2016, j’ai choisi cette chanson revendicatrice en lien avec les problématiques des violences faites aux femmes. L’histoire racontée rejoint mon discours théoriques sur la question, à savoir Une main sur mon cul, ma main dans ta gueule.

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Le pincement au cœur : La Femme, La femme (2013)

Pourquoi un pincement au cœur ? Parce que j’ai acheté Mystère sur la seule promesse d’avoir des sensations aussi belles qu’avec Psycho Tropical Berlin. Et en fait, non. Je ne sais pas si c’est par l’attitude de poseur des membres du groupe ou vraiment parce que leur son ne me surprend plus, mais encore un achat de disque que j’ai regretté. Alors je préfère me souvenir de Psycho Tropical Berlin et du superbe coup de frais qu’il avait donné dans ma discographie.

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Mon tube du karaoké : Genesis, Land of Confusion (1986)

A la faveur de la construction d’une playlist alternative à celle que j’ai construite pour les 30 ans d’une copine, j’ai retrouvé ce son qui m’a bercée petite. Je me suis également rappelée du super clip faite avec les marionnettes de Spitting Image (les Guignols anglais). Cela me rappelle un débat sur l’essence de Genesis : à une personne qui se demandait si le Genesis de Phil Collins était encore du Genenis (le snobisme, le prog-rock, toussa), j’ai posé la question pour savoir si le Genesis de Peter Gabriel était déjà du Genesis.

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Ma pulse : N.E.R.D, She Wants To Move (2004)

A la faveur d’une redécouverte personnelle du répertoire groove de ces dix dernières années – A base de Nicki Minaj et d’Iggy Azalea –, je me suis rappelée à quel point j’avais kiffé N.E.R.D et surtout Pharrell Williams lorsque je les ai vus au Zénith en 2010. En effet, lorsqu’il se produisait avec Shae Haley et Chad Hugo, il n’avait pas l’attitude de poseur qu’on lui connaît actuellement et qui m’énerve. A l’époque, il puait le sexe au lieu de casser les c*uilles, et ça me manque tellement.

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Le tube de l’automne : Rag’n’Bone Man, Human (2016)

Encore un Anglais qui me porte dans les entrailles, story of my life. Rappeur depuis l’âge de 15 ans, il s’est expérimenté dans diverses formations de drum’n’bass avant de faire ses preuves en solo dès 2011. Après 2 EP essentiellement sortis en Grande-Bretagne, son premier album Human est annoncé en février 2017. J’ai adoré ce son organique à souhait et cette voix entre les graves plus travaillés et aigus les plus spontanés, comme un cri.

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Le commentaire d’actualité : Green Day, American Idiot (2004)

En même temps, vu comment se sont passées les primaires de la droite et du centre, j’aurais mieux faire de m’abstenir de commenter ainsi l’élection à la tête des Etats-Unis d’un type qui n’aime pas les pauvres, les Noirs, les femmes et les Mexicains.

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L’ultime retour vers le passé : E-Type, Set The World On Fire (1994)

J’aurais beau faire toutes les psychanalyses du monde et vouloir me détacher de mon moi d’entre 10 et 17 ans, j’aurais beau me brouiller avec ma sœur, jamais je n’en aurai fini avec ce que nous avons vécu musicalement dans notre adolescence. Ca m’a nourrie, ça m’a construite et ça continuera longtemps à me faire avancer. En ce qui concerne E-Type, comme pour toute chose – et il y en a eu, des choses – pour laquelle ma sœur s’est enthousiasmée, j’ai écouté ça en boucle pendant des mois et je semblais ne jamais en être repue. L’adolescence, quoi.

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A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

Le chant de l’adieu

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Quand la vie en donne le loisir, il peut être possible de s’interroger sur la trace que l’on laissera sur la terre après notre passage. De quoi va-t-on se souvenir lorsqu’on se souviendra de nous ? Qu’est-ce qu’on a transmis à nos semblables ? Ce questionnement en arrive à devenir obsessionnel pour certains humains, notamment les artistes, pour qui la postérité après la mort devient gage de culte.

En ce 3 novembre 2016, lendemain du jour des Morts dans la liturgie catholique, j’ai voulu m’intéresser à ce que j’appelle des testaments musicaux. Certains artistes, conscients de la finalité de leur séjour sur la terre, ont ainsi décidé de laisser un dernier message à leurs contemporains qui les pleureront ou les descendants qui les découvriront. Quelquefois, cela tourne en eau de boudin, mais il est certaines fois où l’artiste ouvre son âme pour partager avec le monde entier plus que des pépettes avec sa filiation. Voici quelques exemples que je vais développer ici.

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Wolfgang Amadeus Mozart, Requiem – KV626 (1791)

Le brave compositeur autrichien étant mort durant sa composition, sa veuve fit appeler plusieurs de ses élèves pour honorer la commande et voir un peu de pognon entrer dans le giron (parce que bon, c’était clairement pas la fête du slip financière chez les Mozart). Si on sait 225 ans après le trépas qu’il n’y avait de la main du maître que des versions partielles du début de la messe – les chœurs, le plus souvent –, et qu’il composait en parallèle La Flûte enchantée et La Clémence de Titus, force est de constater que c’est le Requiem qui marque pour l’opinion le point final d’une carrière au spectre très large. Si bien que la découverte du Requiem en lui-même a été accompagnée de légendes autour de sa composition et de la mort de Mozart. Outre le bordel qu’ont été sa finalisation, sa présentation publique et son édition au début du XIXe siècle, sur fond de procès et d’arrangements à l’amiable, sa composition chaotique n’a cessé d’alimenter les racontars les plus dingues – de la même veine que ceux qu’on raconte sur Elvis à l’heure actuelle. Bref, en guise d’adieu, Mozart, secondé majoritairement par son élève Sussmayr, a frappé de la plus belle des manières.

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Michel Berger, Le Paradis blanc (1990)

Michel Berger fait partie de ces cas particuliers (comme Daniel Balavoine) où leur dernier succès de leur vivant a a posteriori valeur de testament, alors qu’ils ne pensaient même pas mourir forcément au moment de l’enregistrement de cette chanson. Dans le cas de Michel Berger, Le Paradis blanc est d’autant plus empreinte de paranormal, de surnaturel, d’avertissement connu des seuls initiés que son premier album éponyme où il chante, son deuxième album studio, se fait aussi appeler Cœur brisé (1973). Je sais bien que c’est en rapport avec sa rupture avec Véronique Samson, mais de là à voir un signe de la manière dont il allait mourir (en l’occurrence, d’une crise cardiaque en 1992, quelques mois après avoir sorti un album en duo avec France Gall)…

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Queen, The Show Must Go On (1991)

Dernière chanson diffusée du vivant de Freddy Mercury, elle est également la dernière piste d’Innuendo (1990) et conçue pour être le dernier cri d’amour du chanteur à son public. Sortie en single le 14 octobre 1991, soit quelques semaines avant le décès du chanteur, le groupe a décidé de mettre en face B… le premier single du groupe, soit Keep Yourself Alive (1973). Ironique jusqu’à la fin ou exhortation pour les fans à la bienveillance envers soi-même, la boucle du groupe était ainsi bouclée. Parmi les nombreuses anecdotes qui entourent cette chanson, vient celle de son enregistrement. Elle peut paraître comme légendaire avec le recul, mais elle témoigne de toute la dimension épique de la chanson. Lorsque Brian May, voyant Freddie Mercury si faible, pense qu’il ne va pas pouvoir enregistrer le morceau, Mercury prend un shot de vodka, annonce I’ll fucking do it, darling et l’enregistre d’une traite. Que voulez-vous que je vous dise…

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Nirvana, All Apologies (1993)

Mieux qu’une vulgaire lettre de suicide, Kurt Cobain a décidé de mettre fin à sa vie phonographique en présentant ses excuses en chanson. C’est ainsi que se conclut In Utero (1993) – si on ne compte pas le hidden track évidemment, vos gueules, les rageux –, mais aussi le mythique MTV Unplugged enregistré la même année. On peut voir cette chanson comme une manière de se dédouaner du fait qu’il ne puisse pas supporter la pression que procure la célébrité, mais plus globalement, il s’excuse presque de vivre, d’exister, de compter aux yeux des gens. Que de souffrance sublimée par la simplicité et la violence de l’arrangement studio. En effet, la version unplugged que je privilégie aujourd’hui en termes d’écoute est dépouillée de toute la rage pour livrer la substance dramatique du propos.

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Johnny Cash, Hurt (2002)

Même si ce n’est pas la dernière chanson qu’il ait enregistrée, ni même écrite – puisque l’originale de Nine Inch Nails date de 1994 et n’a pas du tout la même signification que lui donnera le Man in Black 8 ans plus tard –, Johnny Cash a décidé de se l’approprier pour raconter son déclin et sa décrépitude physique. On a l’impression en écoutant cette version d’entendre un mourant livrer ses dernières volontés, et quand le mourant est une légende comme Johnny Cash, on se dit que la vie lui a donné la chance inouïe de ne pas avoir eu une destinée tragique à l’instar de beaucoup de ses confrères et de lui avoir laissé assez de temps pour deviser sur le temps qui passe. Bref, Hurt m’émeut parce que je me sens comme le veilleur du mourant qui a compris la vérité du cœur de la personne qu’il accompagne.

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Alain Bashung, Il voyage en solitaire (2009)

Encore un artiste qui a choisi de dire adieu autrement qu’avec ses propres mots, puisqu’Alain Bashung a choisi ceux de son ami Gérard Manset. Comme je l’ai déjà dit précédemment, j’adore la version de Manset, qui était pleine d’une simplicité et d’une dimension onirique. Bashung a choisi d’interpréter ainsi la divagation du mourant, dans cet entre-deux flottant où il n’appartient déjà plus à la terre et pas encore au ciel. Cet entre-deux où l’artiste se trouvait peut-être lorsqu’il enregistra cette chanson, lorsqu’il reçut les derniers honneurs quelques temps avant son décès, lorsqu’il décida d’aller au-delà de sa souffrance et de faire ce magnifique bilan de sa vie qu’est Bleu Pétrole.

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David Bowie, Lazarus (2016)

Sortir un album des plus remarquables et décéder 3 jours après, une démarche inverse de la résurrection du Christ. Mais David Bowie, en bon artiste caméléon, a su mettre en scène jusqu’à sa propre mort et je trouve ça absolument incroyable. Tel un Molière qui décida d’interpréter Le Malade Imaginaire au point de mourir en coulisses suite à une représentation, David Bowie avait décidé que l’agonie n’allait pas arrêter sa quête d’expression de sa personnalité. Ne jamais se contredire, même face à la mort, telle est la gageure de l’artiste, et plus globalement de l’humain.

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Mourir est le lot de chacun, mais savoir mourir avec panache est tout un art. Et en ce lendemain du jour des Morts, il me semblait important de rappeler ces artistes qui ont su assez anticiper leur départ pour nous livrer les plus beaux messages.

Johnny Cash, Man in black

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70377395Je vous avoue, je suis gagnée par des sentiments contradictoires quant à la nomination de Bob Dylan comme lauréat pour le prix Nobel de littérature 2016. D’une part, je suis ravie qu’on puisse reconnaître la dimension poétique d’une chanson, et en termes de qualité d’écriture poétique, Robert Zimmermann se pose là. Mais d’autre part, si on en vient à nommer un parolier au prix Nobel de littérature – face à des mastodontes éditoriaux tels que Philip Roth et Haruki Murakami –, ça me fait comme un poing dans le fondement quand je pense à la situation éditoriale mondiale.

Tout cela pour dire que si Bob Dylan, selon l’académie des Nobel, a été récompensé pour son apport à l’histoire des Etats-Unis du XXe siècle, il en est un autre dans ce cas qui aurait pu mériter avant son décès les mêmes honneurs : Johnny Cash, l’homme en noir qui a traversé la deuxième moitié du siècle une guitare à sa main. L’enfant d’immigrés écossais commença sa carrière comme ouvrier de champs de coton à 5 ans durant la grande Dépression, fit son service militaire en Allemagne au début des années 1950, eut de gros problèmes d’addictions dans les années 1960 et les années 1980 avant de trouver l’équilibre sur la deuxième partie de sa vie avec son âme sœur et parolière June Carter.

Johnny Cash, c’était une voix de stentor unique qui l’a poursuivie tout sa vie. En dépit des problèmes de drogue, en dépit de la vieillesse, sa voix – contrairement à celle de Bob Dylan que les excès et la vieillesse ont salement ravagée au point d’être inaudible – a gagné en maturité comme pour chanter tous les âges de la vie d’homme. Cette voix si forte, il s’en est servie pour chanter son Amérique profonde, ses problèmes personnels, son amour pour les femmes de sa vie, mais surtout le sort des Amérindiens et des prisonniers. C’est ainsi que l’on retrouve tout au long de sa carrière pas mal d’enregistrements de ses concerts auprès des prisonniers comme les mythiques At Folsom Prison (1968) et At San Quentin (1969). Il est allé jusqu’en Suède où il s’est adressé aux prisonniers dans leur langue.

Si les années 1980 furent moins bénéfiques sur le plan discographique, il revint en force en 1992 avec la série American Recordings en collaboration avec le producteur Rick Rufin, soit une série de six albums d’inédits mêlés à des reprises des succès contemporains américains dont la sortie s’échelonnera entre 1992 et 2010, soit sept ans après sa mort. Sa neuropathie marqua un cran d’arrêt à sa carrière en 1996, mais il continua à chanter jusqu’à deux mois avant sa mort, en septembre 2003, suivant de peu sa compagne de toujours.

On ne peut pas parler de Johnny Cash sans parler de June Carter. Parolière, collaboratrice, elle fut celle qui lui a permis de reprendre le contrôle de sa vie à la fin des années 1960. S’ils ont commencé à collaborer en 1957, alors qu’elle faisait partie avec ses sœurs de la Carter Family qui assurait les chœurs du chanteur, bien que leur relation prit de suite une tournure amoureuse, ils étaient tous deux mariés et à la tête d’une famille chacun de son côté. Durant dix ans, donc, ils ont nourri une relation ambigüe qui leur a permis une féconde collaboration. En 1968, chacun étant libéré de ses engagements, ils se sont mariés et eurent un enfant en 1970. Ils semblent avoir paisiblement vécu leur couple jusqu’à leur mort.

Contrairement à la plupart des membres de l’establishment de la musique country à Nashville, Johnny Cash n’a jamais caché ses sympathies démocrates, étant ami avec Jimmy Carter et refusant à Richard Nixon de chanter des chansons raillant les opposants à la guerre du Vietnam lors de son investiture. Tout cela en étant très marqué par une foi sans faille, alimentée par son background familial et son sevrage. C’est ainsi qu’il a financé dans les années 1970 des films chrétiens et qu’il participe aux manifestations du pasteur Billy Graham.

Parallèlement à sa carrière de chanteur, sa gueule de loubard et d’amérindien (alors qu’il est d’origine purement écossaise) en a fait un des chouchous des productions cinématographiques et surtout télévisées. C’est ainsi que, dans les années 1970, il présenta différentes émissions sur les chaines ABC et CBS, invitant des amis, des paroliers country prometteurs, mais aussi des grosses pointures comme Neil Young, Derek and the Dominoes et Bob Dylan. Il se produit également dans des séries comme La petite maison dans la prairie, Colombo, Nord et Sud, Dr Quinn, femme médecin et les Simpson.

Voici donc un petit digest des plus grands tubes du bonhomme.

1 – Hey Porter (1955)

Son premier titre a été enregistré à 23 ans, lorsqu’il travaille comme vendeur pour payer ses études de speaker. Il enregistre ce titre suite à un refus de la maison de disques Sun, lorsqu’il a proposé du gospel avec son groupe. Lorsqu’il est revenu avec ses propres compositions, Sun a été plus enclin à le laisser enregistrer.

2 – Folsom Prison Blues (1956)

Son deuxième single devient immédiatement un vrai carton, se plaçant à la 5e place des meilleures ventes aux Etats-Unis. Cette chanson lui a été inspirée par la vision, lors de son service militaire en 1951, du film Inside The Walls of Folsom Prison. Il a raconté avoir pris son stylo et imaginé « la plus mauvaise raison qu’une personne pourrait avoir pour en tuer une autre. »

3 – I Walk The Line (1956)

Premier single à se hisser à la première place des ventes, cette chanson marque également la rupture entre Johnny Cash et sa première maison de disques, qui préfère se concentrer sur la carrière de Jerry Lee Lewis, qui semblait plus prometteur. C’est également avec ce single qu’il décide d’enregistrer son premier album, allant à rebours de l’industrie du disque qui privilégiait les formats deux titres.

5 – Bonanza (1962)

Cette série western qui dura de 1959 à 1973 eut plusieurs interprétations de son thème composé par Jay Livingston et Ray Evans. En accord avec les compositeurs, Johnny Cash décida de réécrire les paroles pour en faire sa propre interprétation, bien moins punchy que l’originale, mais toujours dans le ton de la série.

6 – Ring of Fire (1963)

Chanson qui marque la qualité de sa collaboration avec June Carter, elle est également le plus grand tube de l’artiste, au point d’être devenu presque emblématique de sa carrière. Malgré le ton enjoué donné par les cuivres mariachis, cette chanson parle frontalement de ses problèmes d’addiction qui le touchent alors.

7 – If I Wash A Carpenter (feat. June Carter-Cash, 1970)

J’ai découvert cette chanson de Tim Hardin par la version de notre Johnny national. Pour mémoire :

Mais la particularité de la version de Johnny Cash est qu’elle est la seule enregistrée en duo, en l’occurrence avec son épouse. Cela donne un nouveau relief à la chanson, où l’on n’écoute pas que le questionnement de l’homme face à la force de son amour, mais également la réponse de sa bien-aimée qui le réconforte. Et je trouve ça joli.

8 – City of New Orleans (1973)

Johnny Cash a popularisé avec son épouse cette chanson composée en 1971 par Steeve Goodman qui devint très vite un standard de la musique country et americana. Si je bugge sur cette chanson, c’est que la version française enregistrée la même me poursuivra tout ma vie…

9 – Joy To The World (1980)

Comme n’importe quelle star américaine bon teint, et en accord avec ses fortes convictions religieuses, Johnny Cash s’est essayé par sept fois – dont trois à titre posthume – à l’exercice des disques de chants de Noël durant sa carrière. Certains, comme ici, ont été enregistrés avec des orchestrations très « classiques », d’autre, comme Johnny Cash Country Christmas (1991), rajoutent dans le côté country jusqu’à en devenir d’autant plus kitsch.

10 – Hurt (2002)

Cette reprise de Nine Inch Nails (1994) sonne comme le plus beau des chants du cygne pour le chanteur qui se sait condamné par la maladie et pour son épouse qui se tient à ses côtés, bienveillante mais affaiblie. Même si ce n’est pas lui qui l’a écrit, je trouve que cette interprétation a la même dimension émotionnelle que le dernier morceau du dernier album de Bashung…

Bref, Johnny Cash a su sublimer la country et en faire ressortir à la fois ses racines les plus malsaines et ses atours les plus nobles. C’est grâce à ce genre d’artistes que la musique populaire américaine réussit à ne jamais être caricaturale. Puisse son héritage encore porter de nombreux fruits.

Une rentrée 2016

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La rentrée des classes est déjà bien entamée du point de vue de mon boulot blandinien – qui contient la définition même de rentrée des classes, mais d’un point de vue gestionnaire. Il est donc temps de faire un petit bilan de cet été et de ce début de septembre qui a enfin cessé d’être caniculaire, pour mon plus grand bonheur.

Mon été a été ponctué par pas mal de musique, et ça m’a fait beaucoup de bien. J’ai pris le temps de me détendre, de rencontrer, d’écouter, bref, d’être moi-même. En effet, entre un été 2013 ponctuée par de grosses interrogations, un été 2014 marquée par le deuil et un été 2015 trop speed pour en profiter, je n’étais plus habituée à profiter de cette coupure sous le soleil chaud. Même en 2015, j’ai eu ma période de fête… en octobre, lors de mon voyage de noces. 2016 a également marqué mon retour à la plage, ce qui n’est pas rien quand on sait mon obsession pour l’eau.

Qu’ai-je donc écouté cet été et cette rentrée 2016 ?

The Limiñanas, El Beach

25 ans après son décès, force est de constater que Serge Gainsbourg n’est pas enterré pour tout le monde. Je dirais même que c’est un croisement habile du poète à la tête de chou avec une personnalité comme celle de Daniel Darc période Taxi Girl. Bref, un son on ne peut plus français dans ce que mon brave pays sait faire de plus chic et de plus exportable dans les pays anglo-saxons. En effet, la notoriété de ce groupe perpignanais s’est forgée outre-Atlantique avant de devenir cet été enfin prophète en son pays.

Nada Surf, Out of the Dark

Je suis tombée en pâmoison pour ce son pour deux raisons précises. La première, le Mari la décrit très bien : Ce son serait sorti il y a 20 ans, ça ne m’aurait pas choqué. Nada Surf semble sur ce point ne jamais être sorti des années 1990 qui furent si bénéfique au groupe, au point de lorgner du côté du jingle jangle si cher à R.E.M. La seconde est que le contenu de la chanson m’a aidée à relativiser l’angoisse que provoquait le changement professionnel qui se profilait à la fin de l’été. J’ai récité cette chanson comme un mantra pour ne pas devenir folle.

Sunset Sons, Remember

Une des chansons qui a tourné en rotation lourde sur ma radio préféré. Si bien que lorsque j’ai rendu visite au mois d’août aux studios et que je me suis extasiée sur cette chanson au contenu si cathartique et lapidaire, les personnes qui m’accompagnaient m’ont balancé : Bordel, ça fait combien de temps que tu n’écoutes plus la radio ? Bah déjà, je ne capte pas cette radio dans mes lieux de villégiature, par conséquent, je ne subis la rotation lourde que de Nostalgie. Et croyez-moi, entre Sunset Sons et Joe Dassin…

The Strumbellas, Spirits

L’autre chanson en rotation lourde, mais beaucoup plus agressive à mes oreilles, vient d’une bande de sales hipsters du Canada. Je ne sais pas ce qui se passe dans la tête des programmateurs et autres marketeux de la musique quand ils veulent faire passer de la musique folk au public français. Genre, les folkeux sont tellement censés ressembler à ce point à la faune du XIXe arrondissement ? Je me considère comme une vraie folkeuse, et pourtant, je n’ai rien à voir avec ces gens… Donc arrêtez de marketer des groupes comme The Strumbellas, vraiment, la musique folk ne mérite pas ça.

Red Hot Chili Peppers, Dark Necessities

Je fais partie des vieux cons qui ont connu le groupe californien avec Blood Sex Sugar Magic (1992) qui est arrivé en même temps en France que One Hot Minute (1995). Je considère qu’ils ont commencé à me gonfler au début de la période Frusciante – donc avec Californication (1999). Et que vois-je en 2016 ? Qu’ils sont tellement vieux qu’ils ont besoin d’ajouter des claviers pour se donner une contenance – ce qui ne serait jamais arrivé du temps de Dave Navarro, et de manière beaucoup plus discrète du temps de John Frusciante (si je crois que je ne vous ai pas grillés sur Stadium Arcadium). Sincèrement, les mecs, vous avez assez de pognon pour passer le reste de votre vie à faire du surf. Cordialement, bisous.

Nathaniel Rateliff & The Night Sweats, I Need Never Get Old

Je m’étais déjà fortement enthousiasmée l’année dernière sur la puissance de la musique du type, qui est une très bonne réinterprétation contemporaine de l’esprit de Creedence Clearwater Revival, à savoir un son entre le blues surburné et la soul blanche. Le voilà de retour avec un nouveau single qui, une fois de plus, échoue à me décevoir. Si je dois deux gros coups de cœur dernièrement en termes de musique afro-américaine grâce à Oüi, ce serait Nathaniel Rateliff et Charles Bradley. Il faut vraiment que je me démerde pour que l’album soit le nouvel achat du foyer.

The Stone Roses, All For One

La grosse barre de rire du Mari depuis la découverte du titre au mois de mai. Je pense que son ressenti est éloquent : En 1994, on disait qu’Oasis pompait les Stone Roses. En 2016, c’est l’inverse. Je me dis : « Tout ça pour ça. » Limite, je n’ai presque pas envie d’une reformation des Smiths ou d’un nouvel album de Lee Mavers. Comme quoi, un groupe, c’est comme une histoire d’amour : une fois que c’est séparé, la reformation a comme un goût de merde.

Richard Ashcroft, Hold On

Richard Ashcroft est comme un amour de lycée : il n’a pas inventé l’eau chaude en termes de musique, mais il lui reste assez de charisme pour encore tendre l’oreille dès qu’il daigne se manifester. Son Hold On est certes un peu moins élégant et plus poussif que ce que j’ai l’habitude d’écouter de lui, mais surpasse encore beaucoup de groupes en quête de notoriété pure – Coldplay et Muse, pour ne citer qu’eux.

Royal Republic, Baby

Parfois, je demande juste au rock d’être ultra-bourrin et de ne pas me laisser le temps de réfléchir à ma réaction lorsque je suis exposée à ses sonorités. Ce titre de Royal Republic, découvert au détour d’une soirée posay à la maison, correspond exactement à cette expectative. Il n’y a aucune revendication, les paroles sont débiles à souhait, la mélodie n’est pas élaborée, mais c’est ce qui me fait vibrer.

Two Door Cinema Club, Are We Ready? (Wreck)

Dernier tube de l’été en puissance que je vais présenter ici, le retour d’un groupe qui m’a valu un bon syndrome de Stockholm à une certaine époque de ma vie. Maintenant que cet épisode est passé, j’ai vécu leur retour comme un léger amusement. Si le titre est effectivement pop et sucré à souhait, il est justement trop léger pour que m’enthousiasme complètement. Comme tout bon tube de l’été, donc, j’apprécie sur le moment, mais je vais sûrement oublier le titre une fois l’hiver venu.

Voici mon petit bilan pour la rentrée 2016. A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

We miss you so, Farrokh

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Ce lundi 5 septembre 2016, Farrokh Bolsara, alias Freddie Mercury, aurait eu 70 ans. Pour moi, il représente l’un des plus grands génies créatifs de ce XXe siècle. Je placerais même Queen dans la mon panthéon de la pop culture au-dessus de tout, au-dessus de Michael Jackson, d’Eric Clapton, de n’importe quel obsession du moment ou de toute une vie. Si je devais resituer ce que je ressens pour Queen dans le monde réel de la vérité véritable, c’est ce que je ressentirais pour ma mère : de l’amour inconditionnel mâtinée de respect ultime.

Dire que je suis fan de Queen est un euphémisme. Comme à mon accoutumée, je peux être péremptoire quand on dit du mal de ce que j’idolâtre.

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Certes, ça peut paraître assez violent comme ça, mais je vous assure qu’il ne faut pas critiquer Queen lorsque je suis dans les parages. Pour moi, ce groupe et notamment son leader est plus qu’un groupe : c’est une véritable ode à la fantaisie, sous toutes ses formes. Et bien que Brian May la joue guitar hero dans la plus grande tradition des années 1970, bien que le très pudique John Deacon ait mis toute l’âme du funk dans sa basse, bien que Roger Taylor ait puisé dans toutes les techniques rythmiques pour soutenir tout le bordel, la sommes d’eux trois n’a jamais fait pâlir ce monstre de charisme et d’exubérance qu’était Freddie Mercury.

Car à l’instar de David Bowie, Freddie Mercury était. Une voix sublime, en tout premier lieu, qui pouvait tout chanter, du heavy metal au chant lyrique. C’est pour exploiter ce répertoire vocal aussi riche qu’il a fallu que Queen se réinvente dans tous les styles. Ca passe comme ça casse, mais au moins, tout le monde aime au moins une chanson de Queen. Le Mari est très friand du répertoire 1970 et d’Innuendo, par exemple. Moi je trouve qu’il n’y a rien à jeter, même les trucs les plus kitsch.

Mais surtout, Freddie Mercury était une idole et a vécu comme tel. Constamment paré de mille feux, il était lumière au milieu de la nuit et espoir au milieu des questionnements sociétaux les plus lourds. Les idoles, on les brûle comme on les vénère, et il a pris le risque de ne plus exister en tant que Farrokh Bulsara pour offrir sa majesté au monde. Je suis peut-être excessive, mais que pouvait-il faire d’autre avec autant de charisme ?

Je sais que cela m’est difficile, mais rendons hommage à Freddy Mercury à travers ses albums avec Queen. Je précise « ses albums avec Queen » parce que j’ai du mal avec ses productions solo que je trouve certes sympa, mais pas à la hauteur de ce qu’il a pu parfois faire au sein du groupe. Prenons par exemple une chanson telle que Love Kills, produite en premier lieu par Giorgio Moroder en 1984 :

Ce que l’on voit : une chanson très datée dans la production – on est bien dans les années 1980, on retrouve bien le maître du beat aux manettes – et qui a servi pour la colorisation du Metropolis de Fritz Lang (1927). Résultat : un Razzie pour la pire BO (c’est largement mérité). C’est d’autant plus injuste que reproduite par Brian May et Roger Taylor 30 ans plus tard, la chanson est beaucoup plus écoutable on va dire.

Le Mari propose de faire le même comparatif avec Living On My Own avec l’originale de 1984 (qui est pourrie) et celle que nous avons tous connue et qui date de 1993 (qui est dantesque et qui a rythmé toutes les boums de l’époque). Là, on ne peut pas accuser Moroder, c’est carrément les années 1980 qu’il faut vouer aux gémonies.

Allez, c’est parti !

1 – In the Laps of the Gods (Sheer Heart Attack, 1974)

L’une des chansons préférées du Mari, grand fan du Queen des tous débuts – ses albums préférés sont Queen II (1974), Sheer Heart Attack… et Innuendo (1991). On retrouve déjà sa propension au lyrisme dans une période très orientée rock et métal.

2 – Bohemian Rhapsody (A Night At The Opera, 1975)

Si je devais expliquer la quintessence de Queen en une seule chanson, ce serait avec celle-ci. En six minutes, Freddie Mercury fait mieux qu’un entretien d’embauche au top : il résume toute la carrière du groupe. Du rock qui lorgne vers le métal, de la pop très vaporeuse, de l’opéra. Bref, 6 minutes de pure perfection que ni Panic At The Disco, ni the Braids – qui en ont fait une pathétique version R’n’B dans les années 1990 (https://www.youtube.com/watch?v=d9DJkopkDOg) – et encore moins Kanye West à Glastonbury n’arrive ne serait-ce qu’à effleurer.

3 – Somebody To Love (A Day at the Races, 1976)

J’avoue tout de go : c’est ma chanson préférée du groupe, même si je me suis expliquée avec le Mari sur le sujet car il a beaucoup de mal avec cette chanson. Ma passion pour la chanson vient du fait que j’ai connu le répertoire de Queen avec la diffusion du concert organisé à Wembley en 1992, quelques mois après le décès de Freddie Mercury. C’est alors George Michael qui l’interprète et – truc de fou – il l’interprète avec encore plus de conviction que la version originale. Une rumeur le disait nouveau leader de Queen et je pense que ça a été une immense occasion ratée au regard de son interprétation de Somebody To Love.

4 – We Are The Champions (News Of The World, 1977)

La chanson-valise qui me fait chialer, que ce soit de bonheur ou de désespoir, à chaque échéance sportive d’importance ou à chaque accomplissement de ma vie. Mais News Of The World, outre le fait qu’il soit considéré comme le dernier album de l’ère « classique » de Queen, contient un autre titre calibré pour les stades bondés qu’est We Will Rock You.

5 – Don’t Stop Me Now (Jazz, 1978)

Attention, c’est la dernière fois qu’on voit Freddie Mercury sans son emblématique moustache avant Innuendo (1991). Mais surtout, Jazz est un album bourré ras-la-gueule de titres emblématiques du groupe tels que Fat Bottomed Girls, Mustapha, Bicycle Race ou encore Don’t Stop Me Now qui a été reprise récemment par Micky Green qui aurait mieux fait de fermer sa bouche au lieu de nous pondre une version aussi molle pour un site de fringues. Oui, on ne reprend pas Queen impunément.

6 – Another One Bites The Dust (The Game, 1980)

Attention, on entre dans les années 1980, donc changement radical de style. Cela se traduit donc par le fameux look moustache et marcel chez Mercury, mais aussi par un éloignement de la tonalité métal des débuts pour adopter des sonorités plus dansantes, que ce soit la pop ou le funk ici exploité. C’est au très discret John Deacon, bassiste du groupe, qu’on doit le riff emblématique et la composition du morceau. Preuve que personne n’était à jeter dans le groupe.

7 – Flash’s Theme (Flash Gordon, 1980)

Le groupe a profité de son identité très épique pour composer des musiques de films. Si le public a préféré Highlander (Russell Mulcahy, 1986) tant pour la B.O. que pour le film, Flash Gordon (Mike Hodges, 1980) n’a carrément été porté que par l’efficacité de ce Flash ! Aaaaaaaaaaaaah ! Saviour of the universe ! Si le film est un navet sans précédent, voir un nanar malgré tout navrant, le thème, quant à lui est resté dans les consciences.

8 – Under Pressure (Hot Space, 1982)

Le Mari conspue ce choix de chanson : Ouais, ce n’est pas représentatif de l’album, ça a rajouté son dernier moment ! Certes, mais en l’occurrence, à l’instar d’Another One Bites The Dust, cette chanson est mythique grâce à sa ligne de basse. David Bowie en attribue la paternité à John Deacon, qui renvoie l’ascenseur. Quoi qu’il en soit, ce duo de monstres sacrés a tellement marqué son époque qu’il a été samplé (Ice Ice Baby !)

9 – Radio Gaga (The Works, 1984)

Même si le single I Want To Break Free a dominé l’album, cette chanson composée par le batteur Roger Taylor inspiré par son fils de 3 ans tient la dragée haute. Le fait d’un clip inspiré par Metropolis qui a nécessité des centaines de figurants et qui montre un groupe au sommet de sa gloire.

10 – Who Wants To Live Forever (A Kind Of Magic, 1986)

Queen, échaudé par l’expérience de Flash Gordon – du caviar aux cochons – a décidé de ne pas faire qu’une bande originale unique pour Highlander. C’est pour cette raison que le groupe a décidé de prendre les morceaux les plus tubesques du film et de les mêler à d’autres morceaux. Résultat : Highlander est un succès relatif qui n’est pas dû qu’à l’art de Queen est c’est tant mieux. Who Wants To Live Forever me touche d’autant plus que Freddie Mercury, sachant peut-être déjà à l’époque qu’il est atteint du mal qui le tuera et sachant la dimension qu’il a prise auprès du public, semble poser un questionnement sur son statut d’icône.

11 – The Miracle (The Miracle, 1989)

Outre le clip très mignon – joué par 4 enfants dont l’acteur britannique Ross McCall dans le rôle de Mercury –, cette chanson résonne en moi comme l’une des chansons que je dédie quand quelqu’un est au fond du trou. Parce que je pense que vivre est en soi un miracle, et c’est sûrement ce que se disait Freddie Mercury de plus en plus malade. A l’époque déjà, il portait la barbe pour éviter de faire voir à quel point il avait maigri. C’est pour cette raison qu’il ne faisait plus de concerts ou d’apparitions en public.

12 – The Show Must Go On (Innuendo, 1991)

Comme toute légende a son chant du cygne, il fallait un titre au niveau de The Show Must Go On pour dire adieu de la manière la plus flamboyante qui soit. Et, à l’instar d’Il voyage en solitaire du Bleu Pétrole d’Alain Bashung et le All Apologies de l’In Utero de Nirvana, le dernier morceau du dernier album du vivant de Freddie Mercury ne laisse aucun doute sur le message qu’il veut laisser à ses fans. Même dans la mort, il veut laisser l’image d’un excentrique et d’un flamboyant que la blancheur cadavérique n’affadit pas.

Si depuis 25 ans, les albums de Queen sont régulièrement augmentés, réédités, repris en dépit du bon sens, Freddie Mercury ne souffre d’aucun ternissement de son étoile. Peut-être qu’à l’instar de beaucoup de légendes, peu importe qui il était, ce qu’il a fait de sa vie et de son cul, il restera à jamais une icône qui a su dépasser sa condition humaine. Il nous manque tellement, comme il manque ce genre d’icône à ma génération.

Inspiration Day #2 : Chronique uchronique #3

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Comme c’est l’été et que l’été, pour moi, c’est ambiance morbide – ne me demandez pas pourquoi – et sagas épisodiques, j’ai décidé de revenir avec ma chronique uchronique pour la troisième année consécutive. Car il y a encore pas mal de destins brisés dont j’ai envie d’imaginer une vie meilleure.

Cette année, il y aura notamment deux personnages mythiques qui m’ont été demandés par la même personne, mais aussi du Tagada Tsoin Tsoin et de la midinette au sort peu enviable – je ne parle pas d’Anna Nicole Smith, on parle bien de musique, ici. Allez, c’est parti.

Jim Morrison (8 décembre 1943 – 3 juillet 1971)

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La chose sur laquelle le Mari et moi-même sommes d’accord, c’est que le brave James Douglas M. aurait fini vieil alcoolique qui serait mort vers l’âge de 55 ans. Le Mari appuie sur le fait qu’il aurait quitté les Doors et tenté de réellement percé dans l’édition de ses poésies. Bref, il serait devenu le nouvel Allan Ginsberg, le positionnement anachronique en plus. Quitte à parler d’écrivain poivrot, j’aurais davantage pensé à Ernest Hemingway. Réponse du Mari : Au moins, Hemingway avait des couilles. De là à dire que Morrison, devant l’évidence de son absence de succès littéraire, aurait préféré vivre reclus avec la veuve Cliquot, il n’y a qu’un pas.

Joe Dassin (5 novembre 1938 – 20 août 1980)

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Le Mari pense qu’il serait devenu un chanteur ringard dans la mouvance de Salvatore Adamo – qui, pour le coup, se fait bien réhabiliter par la nouvelle scène française (Benabar, notamment). Je pensais la même chose, mais du standing de Richard Anthony, plus flamboyant que faussement mélancolique. Mais il est clair que, s’il avait écouté son médecin qui lui avait dit de se reposer au lieu de faire la tournée qui s’avérera être celle de trop, Joe Dassin aurait compris qu’il commençait à devenir ringard et se serait rangé des bagnoles pour revenir avec la tournée Âge tendre et tête de bois. Ou alors, mis en confiance par le succès de Big Bisou, il se serait fait des couilles en or en composant La Queue Leu Leu. Je viens d’avoir des images très sales dans ma tête.

Bob Marley (6 février 1945 – 11 mai 1981)

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On va dire que le brave Bobby a joué au con en ne prenant pas en compte le fait qu’une simple amputation de son orteil aurait pu freiner le cancer généralisé qui lui fut fatal. Quoi qu’il en soit, s’il n’avait pas été atteint par le crabe, Robert Nesta Marley aurait été assassiné pour son engagement politique, comme il a failli l’être en 1976. Il y a de fortes chances que Bobby aurait peu à peu abandonné la musique pour s’inscrire dans une carrière politique ancrée à gauche. Je l’aurais bien vu organiser des trucs de fou pour les retours d’Usain Bolt au pays, en bon premier ministre paternaliste qu’il serait devenu.

Minnie Riperton (8 novembre 1947 – 12 juillet 1979)

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Ayant commencé sa carrière à 15 ans dans une girls band, Minnie Riperton n’a pas eu le temps de développer son talent au-delà du single Lovin’You (1975). C’est à partir de ce moment qu’on lui a diagnostiqué le cancer qui lui sera fatal – bordel, c’est thématique crabe aujourd’hui. Bien qu’elle n’ait clairement pas eu l’aura d’une Donna Summer ou d’une Diana Ross pour s’imposer dans le registre du disco, elle aurait mis sa carrière entre parenthèses dans les années 1980, pour revenir dans les années 1990 à la faveur de reprises de ses tubes par les divas du new jack et du r’n’b. Bref, pas une diva de la soul, mais une chanteuse à la voix suffisamment inspirante pour poursuivre son petit bonhomme de chemin.

Sirima Wiratunga (14 février 1964 – 7 décembre 1989)

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Le nom ne vous dit rien comme ça, mais cette artiste britannique née d’un père sri-lankais et d’une mère française est celle qui a interprété Là-bas avec Jean-Jacques Goldman et qui, à la sortie de son unique album, se fait tuer par son mec, musicien jaloux de son succès. Si le monde était bien fait, elle se serait cassée avec son fils en sûreté en Angleterre pour y faire une carrière folk pas mirobolante, mais honorable. Un petit peu comme Michael Jones, autre artiste avec lequel le brave Jean-Jacques a collaboré.

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Inspiration Day #1 : 4 artistes que j’ai envie de réhabiliter

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Ce dimanche 21 août 2016, j’écoute le podcast Encore plus de Bruit, dans lequel collabore le couple mythique que le Mari et moi, on admire et qu’on appellera ici Bouli et Belette. Et l’un des collaborateurs de l’épisode, habitant Long Island, a décidé, dans une émission où le métal a largement droit de cité, de réhabiliter Billy Joel. Et je trouvais que c’était bien couillu, tant le brave monsieur se paie une sale réputation de ringardise en Europe alors qu’il est largement prophète dans son pays.

A force d’écouter Radio Nostalgie, des artistes que je considérais comme dépassés ont repris un peu plus de standing à mes yeux. En effet, quand je vois à quel point la musique est autotunée à l’heure actuelle, et vu comment le Mari m’a lavée le cerveau avec ses rétrospectives sur Gene Clark, j’ai bien l’impression que ma grand-mère écoute du son plus frais que moi. Malgré tout, certains artistes dont j’avais pris l’habitude d’en rire sous cape me donnent envie de redécouvrir leur discographie, tant leur talent m’avait à un moment échappé.

Voici donc les 4 artistes que la vieillesse me fait voir sous un nouveau jour.

Billy Joel

A force de le considérer cet artiste à l’univers pourtant très étendu comme du sous-Elton John, on avait oublié qu’en fait, il envoyait sérieusement du pâté, tant par ses multiples influences musicales que ses différents choix de carrière. C’est pour cette raison, qu’à l’instar d’un Johnny Halliday ricain, il pète encore la classe dans son pays. Le contributeur du podcast cité en intro a, quant à lui, écouté le premier album de Billy Joel, Cold Spring Harbor (1971), qui, d’une part, lui a donné l’impression de s’acclimater plus facilement à son exil états-unien en s’accoquinant avec le son typique du lieu, et, d’autre part, lui a donné envie de se plonger lui-même dans la discographie. C’est tout à son honneur. Voici l’extrait qu’il a présenté à l’émission, si cela peut vous convaincre du bien fondé de cette réhabilitation.

Johnny Hallyday

A l’écoute des extraits de son dernier album, De l’amour (2015), je me dis que, comme tout interprète bourrin, Johnny souffre d’une grande injustice. En effet, s’il n’a pas le bon parolier et le bon compositeur qui le comprennent dans toute sa complexité – enfin surtout le compositeur –, il se retrouve à chanter de la merde sans que personne ne s’en émeuve. Petite mise en situation.

Voici Johnny chantant du Pascal Obispo :

Perso, je trouve qu’il y a une couille dans le potage. Je me dis qu’Obispo a estimé que la chanson était trop bancale pour qu’il l’interprète lui-même – car oui, quand on assume un truc, il faut l’assumer jusqu’au bout. Cela me laisse un sentiment de gêne, car je n’ai pas l’impression que la chanson était faite pour Johnny.

Voici Johnny chantant du Jacques Revaux (un mec qui a notamment collaboré avec Sardou, Aznavour, etc.) :

On observera que les paroles sont de Pierre Billon. Oui, le même qui a chanté ça :

Bref, pour ma chanson préférée de Johnny, il a su s’entourer de mecs très talentueux, mais pas assez pour qu’ils assurent eux-mêmes le devant de la scène. Car Johnny est comme ça : si les mecs au départ n’ont pas compris qui était le Taulier, ils font passer leur discours artistique avant le sien et ça devient du grand n’importe quoi.

François Feldman

Je l’ai vu en concert récemment dans le cadre d’un festival où j’étais bénévole, et ça envoyait bien du fat. Celui qui fut une des nombreuses victimes de la mutation de l’industrie musicale au début des années 1990 ne mérite pas le procès d’intention qu’il a eu après le Téléthon.

Oui, c’était une sacrée boulette, mais cela ne suffit pas à expliquer la traversée du désert qu’il a connue après. En effet, en conflit avec sa maison de disques, il s’est gentiment fait signifier qu’il n’était plus aussi productif qu’il ne le fut et que, bon, ce serait bien qu’il pense à se reconvertir. Je vous le donne en mille, le producteur était… Pascal Nègre.

Giorgio Moroder

Je ne sais pas si je peux parler de réhabilitation pour Giorgio Moroder, je parlerai donc de prise d’importance dans l’industrie musicale. Car non content d’être DJ et d’être un David Guetta classe, il a quand même fait des trucs sacrément fatounes dans les années 1970 – en produisant les Sparks et Donna Summer – et les années 1980 – en signant des BO bien badass (Scarface, Flashdance, L’histoire sans fin, Top Gun). Il a aussi collaboré, que ce soit pour la production, la composition ou le remix, avec France Gall, Mireille Mathieu, David Bowie, Freddie Mercury, Eurythmics, Coldplay, Elton John, Graham Nash, Lady Gaga… Mais le problème est qu’il peut faire dans le bon comme dans le mauvais.

Pour conclure, je dirais qu’il ne faut jamais fermer la porte à un style musical, car on finit toujours par y revenir un jour ou l’autre. Et vous, quels artistes avez-vous redécouverts ?