Critique des albums de l’anniversaire

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Pour mon 34e anniversaire, il y a de cela un mois et demi, il m’a été offert parmi mes cadeaux 4 albums, dont un que j’ai réclamé vivement auprès du Mari. Je les ai donc tous écoutés, certains avec plus ou moins de plaisir. Voici donc le temps de la critique.

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Radio Elvis, Les conquêtes (2016)

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Description : Pierre Guénard, auteur chanteur, slameur par le passé, Clin Russeil, batteur et clavier, rencontré au lycée, et Manu Ralambo, guitariste embarqué plus tard, se sont soudés il y a trois ans autour de leur projet Radio Elvis. Après deux EP, ils sortent leur premier album Les Conquêtes, réalisé par Antoine Gaillet (Arman Méliès, Julien Doré).

Une bonne centaine de concerts à leur actif, repérés par le FAIR et le printemps de Bourges en 2015. Ils ont composé ensemble, arrangé sur scène, et peaufiné leurs chansons en studio, et ils voient avec émotion ce premier opus arriver dans les bacs.

Des sons de guitare puissants et variés qui sont venus à Manu naturellement au gré des mots écrits par Pierre. Une logique pour affirmer une envie frénétique de partir ailleurs. Des guitares pleines de force, de mélodies et d’aspérités.
Les tempos ne sont jamais les mêmes. Colin, à la batterie et aux claviers, propose une multitude de contraste comme les lumières changeantes de leurs pays imaginaires. Cet album tient en éveil. Nul repos possible au cours du voyage, mais l’envie perpétuelle de l’écouter sans arrêt. Toutes les chansons sont essentielles.
Les conquêtes sont des aventures qui entrainent sur les chemins de l’errance, les sens en alerte, au gré du vent, du sable, du soleil. Métaphores amoureuses, aventureuses, exploration de soi ou quête spirituelle, chacun y trouvera sa propre conquête.

Mon humble avis : J’étais ravie de leur Victoire de la Musique comme album révélation, car La traversée et Les moissons m’avaient enchantée à la radio et, pour les avoir vus place de la République en 2015, j’avais compris leur potentiel en live. J’avais donc fait des pieds et des mains pour obtenir cet album auprès du Mari. Que dire ? L’ensemble est très pertinent – trop, au point de ne pas voir de rupture de ton qui aurait permis à l’auditeur de se faire surprendre ? –, jusqu’à Au large le Brésil/Le continent, véritable conte chanté de 14 minutes qui emmène l’auditeur vers une perturbation des sens, à l’image de ce qu’on pourrait trouver dans un album de prog. Malgré tout, chaque chanson reste une vraie invitation au voyage, à l’onirisme, mené par des paroles que Bashung auraient pu chanter et une production certes minimaliste, mais très efficace.

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Aimee Mann, Mental Illness (2017)

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Description : Aimee Mann dévoile son 9ème album « Mental Illness », un voyage entre songe & mémoire.

Mon humble avis : J’avoue ne pas connaître le répertoire de cette chanteuse avant qu’on m’en offre le dernier album, et ça me plaît. J’ai donc découvert un album très paisible, entre la ballade rock, le folk, la country et l’americana. Je me suis même surprise à me dire que j’aurais pu écrire certaines chansons. Ce n’est pas un album qui m’a donné des émotions fortes, où je me suis dit Putain, mais c’est génial, mais dont l’écoute linéaire ne m’a semblé en aucun cas désagréable.

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Israel Kamakawiwo’ole, Alone In Iz World (2001)

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Description : IZ, l’ histoire magique ! « Over the rainbow », interprété par Judy Garland et extrait du film musical « Le magicien d’Oz » en 1939 fut repris par un des plus grands artistes Hawaïen Israel Kamamawiwo’ole, aka IZ sur sont 2ème album. Considéré comme son meilleur, les albums de IZ, décédé en 1997 étant très difficile à trouver pour les non-initiés, il à fallu attendre la sortie du Film « Rencontre avec Joe Black » et la commercialisation de sa B.O qui comportait la version album de IZ de ce titre, pour que sa diffusion devienne massive et internationale.

Mon humble avis : Mon ami me l’a offert en me disant Bah, tiens, toi qui joues du ukulélé… Oui, mais merde. On me gonfle déjà assez avec IZ, si bien que j’ai délaissé mon ukulélé pour la mandoline du Mari. Malgré tout, si on enlève Over The Rainbow et n’importe quel titre formaté pour le public continental américain, les chansons où il se fait son solo au ukulélé m’ont plutôt touchée. En effet, j’ai retrouvé le répertoire pacifique organique que j’avais expérimenté lorsque ma famille revenait de Tahiti avec une bande son ad hoc et ma cousine avec son ukulélé tout déglingué. Et clairement, ça m’a fait plaisir, au point de danser le tamure sur deux-trois chansons. Je sais que ça fait très cliché, mais quand on me promet de la musique hawaïenne, je veux entendre de la musique hawaïenne organique. Et c’est ce que j’ai écouté avec Alone In Iz World dans ses meilleurs moments.

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Depeche Mode, Spirit (2017)

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Description : Quatorzième chapitre de la foisonnante discographie de Depeche Mode, Spirit s’est fait attendre quatre longues années, quasiment jour pour jour, depuis la parution de Delta Machine (2013), positivement accueilli par la critique et les fans. Pourtant, le doute s’est insinué chez ces derniers en raison d’un premier simple plutôt décevant, « Where’s the Revolution », dévoilé en amont de la sortie officielle. Il faut dire que les précédents singles étaient généralement et jusque-là des plus convaincants, qu’il s’agisse de « Heaven » en 2013 ou, pour remonter encore plus loin, du puissant« Wrong » en 2009, voire du bien-nommé « Precious » en 2005.
Fort heureusement, les craintes soulevées par « Where’s the Revolution » finissent par s’estomper et offrent même à ce dernier une nouvelle perception dans le contexte de l’album, tant la production rugueuse de James Ford (réputé notamment pour son travail avec Foals et Arctic Monkeys) sied à cette douzaine de nouvelles compositions. L’univers de Depeche Mode est d’abord peint en noir (foncé), sur le glaçant « Going Backwards », qui dépeint un monde sur le déclin et dans lequel l’électronique et l’organique se complètent sans sourciller.

La finesse mélodique et le chant habité de Dave Gahan se font jour sur des compositions telles que « Poison Heart », l’excellent « Poorman » ou le sublime « The Worst Crime ». Mais le leader du trio britannique sait surprendre au point que l’auditeur se demande si c’est bien lui qui est à l’œuvre sur l’impeccable et direct « Scum » ou le distant « You Move ». Il est difficile pour le groupe, qui ne semble pas en avoir envie, de réchauffer l’atmosphère, ce qu’il tente toutefois de faire par petites touches, comme sur le lumineux « So Much Love ».
La voix de Martin Gore retentit à son tour l’espace de deux chansons à qualité variable : si « Eternal » peine à convaincre, le fataliste et sombre « Fail », avec sa batterie martiale, est l’un des morceaux les plus réussis de l’album. Sans forcément parvenir à se renouveler, ce que le groupe ne cherchait de toute façon probablement pas à faire, Depeche Mode accouche d’un album réussi, souvent flamboyant et rarement ennuyeux, pour lequel les fans ne manqueront pas de s’enthousiasmer.

Mon humble avis : J’avoue que j’ai eu beaucoup de mal à suivre Depeche Mode après Playing The Angel (2004) qui m’a plu à l’époque, mais que je trouve beaucoup trop sombre avec le recul. C’est pour cette raison que j’avais rompu avec le groupe avec Wrong (2009) et Delta Machine (2013). Là, j’ai trouvé Where’s The Revolution tubesque dès que je l’ai entendu en février. J’en avais discuté avec le copain qui m’a offert l’album et il m’a fait la surprise. Clairement, ce n’est toujours pas la fête du slip en termes d’ambiance, mais là où on sentait de la colère ou du désabusement dans les précédents opéra, cela a été transformé dans leur vieillesse par de la mélancolie, plus audible pour l’auditeur qui n’est pas un fan hardcore. Bref, c’est un album que j’écoute désormais volontiers, d’autant plus que les mecs ont eu l’air de s’être amusés à le faire (j’ai même vu Andrew Fletcher rigoler en interview, c’est vous dire).

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A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

Que sont devenues nos idoles des années 1990 ?

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La semaine dernière, deux copines se sont éclatées aux concerts de deux groupes phare des années 1990 qui avaient un peu disparu de la circulation pour revenir en force ces derniers mois. En effet, se tenaient ce jeudi 4 mai 2017 les concerts de K’s Choice au Trianon et des Cranberries à l’Olympia. L’une d’elles – la Siamoise en l’occurrence – m’a demandé ce qu’étaient devenus ces artistes que l’on a adorés dans les années 1990. OK, je m’y attèle.

D’autant plus que lorsque l’on me parle de la musique que j’écoutais lors de mon adolescence, j’ai un peu les yeux qui pétillent. J’ai écouté beaucoup de merde, j’avoue, mais j’ai surtout écouté ce qui a fait la femme que je suis. Cependant, je vais observer quelques règles :

  • Je ne vais ni parler des boys/girls bands, ni des artistes électro, parce que ce serait soit trop long, soit trop glauque, soit les deux.
  • Je vais parler des artistes connus, mais pas trop. Genre Destiny’s Child ou Oasis, c’est dead.
  • Je ne vais pas non plus m’intéresser aux one hit wonders, je sens que ça va être beaucoup trop long, mais si vous insistez, je le ferai.

Vous êtes prêts ? C’est parti !

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Alliance Ethnik

Carrière : 1990-1999

Grande période : 1995-1996

Après des débuts dans une salle de Creil en juin 1990, K-Mel et ses acolytes écument les MJC de banlieue parisienne jusqu’à faire la première partie d’IAM à l’Elysée Montmartre en 1992. C’est en 1995 que sort l’album Simple et Funky c’est un carton avec 300.000 albums vendus. En 1999, ils tentent de revenir avec Fat Comeback qui ne rencontre pas le succès espéré. C’est alors qu’ils se séparent. Après divers projets solos et collaborations prestigieuses (Cheb Mami, Nate Dogg…), K-Mel reprend ses études et se lance dans le commerce international.

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The Corrs

Carrière : 1990-2006 et depuis 2015

Grande période : 1995-2002

J’aime beaucoup la musique irlandaise, mais cette fratrie me provoquait déjà de l’urticaire déjà à l’époque. D’abord très orientés pop traditionnelle lors de leur premier album en 1995, ils s’orientent vers la pop FM pour séduire le marché américain avec leur album In Blue en 2000. Une séparation s’annonce en 2006 pour laisser à Andrea et Sharon, deux des sœurs, de développer des projets solo. Un album, puis une tournée, les réunit en 2015.

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The Fugees

Carrière : 1993-1997 puis 2004-2007

Grande période : 1995-1997

Le trio, composé des cousins haïtiens Wyclef Jean et Pras Michel et de la Jamaïcaine Lauryn Hill s’est formé à la fin des années 1980. Après s’être produits sous le nom de The Rap Translators, ils changent de nom en 1993 et deviennent the Fugees. Ils commencent à se faire une notorieté dans l’underground avec l’album Blaunted on Reality (1994). Mais c’est avec The Score (1996) qu’ils accèdent à la notoriété internationale. S’ils se séparent en 1997, ils réapparaissent ensemble entre 2004 et 2007, suite à un documentaire de David La Chapelle. Si des sons sortent sur Internet durant cette période, les fans sont déçus du rendu. Les 3 artistes se sont dès lors distingués de diverses manières : Pras Michel poursuit une carrière solo prolixe entre albums, compositions de musiques de films, productions et piges d’acteurs. Lauryn Hill a explosé avec The Miseducation of Lauryn Hill (1998), puis, entre ses grossesses, ses concerts aléatoires et ses séjours en prison, n’a pas donné suite à cette belle percée. Wyclef Jean, enfin, persiste dans sa carrière musicale en menant en parallèle une carrière politique et humanitaire en Haïti, mais se fait rattraper par des affaires de magouille.

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Garbage

Carrière : depuis 1994

Grand période : 1996-2002

Rencontre entre l’Ecossaise Shirley Manson et des musiciens américains en quête de nouvelles sonorités en 1994, cette collaboration ne devait être qu’éphémère. Mais face au succès de Vow (1994), ils enregistrent un album qui se vendra à 6 millions d’exemplaires. Trois autres albums et une bande originale de James Bond plus tard, ils décident de faire une pause en 2005, suite à l’enregistrement de Bleed Like Me où des tensions sont apparues. Le retour est annoncé en 2012 avec un cinquième album, Not Your Kind of People, suivi d’une 6e en 2016.

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Matmatah

Carrière : 1995-2008 et depuis 2016

Grande période : 1997-2000

Fondé en 1995 à Brest autour de Tristan Nihouarn, Cédric Floc’h, Jean-François Paillard et Eric Diglaire, le groupe se fait  connaître en 1996 quand il assure la première partie de FFF au Penfeld (Brest). Ils enregistrent leur premier single, Lambé An Dro/Les Moutons en 1997, et leur premier album autoproduit et réalisé par Framboisier des Musclés, La Ouache, en 1998. C’est un succès qui se vend à 800.000 exemplaires. Par la suite, ils sonnent moins bretonnants et plus percutants dans les albums suivants qui continuent, malgré un succès moindre, à être diffusés. Une séparation en 2008 laisse le temps à Tristan Nihouarn de développer des projets personnels et de faire la première partie de Thiéfaine. En 2016, le groupe annonce sa reformation avec Plates coutures en septembre et un Olympia en mars 2017.

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Alanis Morissette

Carrière : depuis 1987

Grande période : 1995-2000

Si elle a explosé à l’international avec Jagged Little Pill (1995), son troisième album vendu à 33 millions d’exemplaires, et qu’elle n’a poursuivi ce niveau de  notoriété qu’avec deux albums suivants, Supposed Former Infatuation Junkie (1998) et Under Rug Swept (2002), sa carrière ne s’est pourtant jamais essoufflée, entre albums, musiques de films et rôles d’actrices divers, et ce malgré la naissance de ses enfants en 2010 et 2016.

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Nirvana

Carrière : 1987-1994

Grande période : 1991-1994

Si le groupe s’est terminé pour la raison que l’on sait – qu’aurait été Kurt Cobain à 50 ans ? –, les autres membres du groupe ont eu des fortunes diverses. Dave Grohl est devenu l’un des rockers les plus influents de ces vingt dernières années, en étant le fondateur des Foo Fighters, mais aussi batteur chez les Queens of the Stone Age et Them Crooked Vultures. Krist Novoselic se lance dans des groupes un peu plus confidentiels, mais aussi en politique, comme candidat démocrate au congrès en 2004 et comme militant anti-viols en Bosnie-Herzégovine. Quant à Pat Smear, roadie de luxe du groupe, sa carrière a commencé avant les autres avec The Germs entre 1976 et 1980 (où le chanteur est également mort subitement) et comme roadie de Nina Hagen. Par la suite, il est devenu membre intermittent des Foo Fighters.

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Pulp

Carrière : 1978-2002 et depuis 2011

Grande période : 1994-1996

Fondé lorsque son leader Jarvis Cocker n’avait que quinze ans, ce groupe a connu plusieurs reformations. D’abord assimilé au mouvement new wave, il ne commence véritablement à percer qu’au début des années 1990 quand des labels indépendants s’intéressent à leur son devenu brit-pop sous l’influence des La’s et des Stone Roses. Mais la véritable consécration vient avec les albums His’ N’ Hers (1994) et Different Classes (1995) d’où sont tirés les singles à succès Disco 2000 et Common People. Le groupe se distingue alors des autres groupes à succès en Angleterre par leur côté à la fois festif et cynique. Suite à de diverses dissensions, le groupe se sépare en 2001 après l’enregistrement d’un 6e album qui faillit jamais ne voir le jour. Jarvis Cocker en profite (c’est récurrent dans cet article) pour développer des projets personnels. Une reformation a lieu en 2011, mais à part un single en 2013 et quelques concerts, on ne voit rien venir.

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Rage Against The Machine

Carrière : 1990-2000 et 2007-2001

Grande époque : 1992-1997

A la fois grands apôtres du style fusion (entre rap et métal) et grands militants anticapitalistes, le groupe californien mené par Zack de la Rocha (voix) et Tom Morello (guitare) est rangé au titre de culte depuis leur premier album éponyme (1992). Même si les albums suivants Evil Empire (1996) et The Battle Of Los Angeles (2000) connaissent un succès certes moindres, mais toujours soutenu, ils sont à chaque fois accompagnés de dissensions au sein du groupe. Le groupe se reforme cependant entre 2007 et 2011, avec toujours autant de succès lors de ses concerts, mais sans pour autant assurer la production d’un album en studio. Si Zack de la Rocha est davantage porté par des projets solo, les autres membres du groupe se sont orientés vers les projets Audioslave (2000-2007, avec Chris O’Donnell de Soundgarden) et Prophets of Rage (depuis 2016, avec Chuck D de Public Enemy et B-Real de Cypress Hill, en réaction à la campagne présidentielle de Donald Trump).

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The Verve

Carrière : 1989-1996, 1997-1999, 2007-2009

Grande période : 1997

Le chanteur Richard Ashcroft avait en commun avec ses copains Simon Jones (bassiste), Nick McCabe (lead guitar) et Peter Salisbury (batterie) un amour pour le rock psychédélique, ce qui n’était pas courant à la fin des années 1980. Après deux albums très chaotiques en termes de production et d’écriture, bien que critiqués positivement (ce qui valut la première séparation de 1996), Urban Hymns (1997) vint frapper un grand coup dans le rock anglais en remettant à l’honneur une qualité mélodique mêlée à un vrai sens de l’écriture. Nick Mc Cabe ayant annulé sa participation à la tournée américaine de 1998, le groupe se sépara une seconde fois l’année suivante. La dernière reformation entre 2007 et 2009 vit l’apparition d’un nouvel album, Forth (2008). Richard Ashcroft reste très respecté dans ses projets solo pour sa qualité mélodique, tandis que les autres membres du groupe semblent générer des projets plus confidentiels.

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Moralité : quand on a fait de la bonne musique dans les années 1990, ça ne s’oublie jamais.

On n’est pas sérieux quand on a (deux fois) 17 ans

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On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
– Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
– On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin –
A des parfums de vigne et des parfums de bière…

– Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche…

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête…
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête…

Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
– Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l’ombre du faux col effrayant de son père…

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…
– Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…

Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
Vous êtes amoureux. – Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
– Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire !…

– Ce soir-là…, – vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade…
– On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.

Arthur Rimbaud, Roman

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Merci à tous les contributeurs qui ont encore plongé dans ce projet un peu foufou. En effet, pour fêter mon 34e anniversaire, soit mes 2*17 ans, j’avais posé sur les réseaux sociaux la question suivante : Quelle est la chanson sortie l’année de tes 17 ans, que tu écoutais à 17 ans et qui te rappelle tes 17 ans ? Si pour le #33ChansonsThon, j’avais eu des difficultés à recueillir 33 chansons, cette année, grâce à l’appui de l’équipe du Radio Réveil de Oüi FM, je me suis retrouvée avec bien plus que 34 contributions. Je les remercie tout spécialement, d’autant que l’une des contributions vient de l’un des animateurs, devinez laquelle.

Puisque j’ai posé la question, autant y répondre moi-même. A 17 ans, j’ai passé le bac, j’ai eu le meilleur été de ma vie, et bon Dieu, j’ai écouté des trucs pas terribles. Genre ça :

(Nan mais t’es trop duuuure, elle est super cette chanson ! Pas quand tu l’écoutes 5 fois par jour et que ça te poursuit jusque dans tes rêves les plus maudits…)

ou bien ça :

(Tout l’intérêt de se rappeler de ce qu’on écoutait à 17 ans, c’est que généralement, t’as envie de répondre des trucs classe, mais en fait, tu te rappelles que tu écoutais des trucs bas du front)

Mais heureusement, il y avait aussi ça :

et ça :

Parmi vos contributions, je dégage quelques tendances :

– J’ai touché une corde sensibles chez les natifs des années 1960. Les quinquagénaires sont trop choupis quand ils se rappellent de leur adolescence.

– Les natifs des années 1970 m’ont particulièrement touchée, dans la mesure où je peux tracer avec leurs contributions toute la bande-son de mon enfance et de mon début d’adolescence.

– Les natifs de 1981 avaient peur, voire honte de répondre. Je ne vois vraiment pas pourquoi.

– J’ai BEAUCOUP de contributions de natifs de 1984 (et encore, je n’ai pas intégré le Mari). Cela est dû au fait que j’ai BEAUCOUP de personnes nées en 1984 dans mon entourage (cousines, meilleures amies, etc.)

– Les personnes nées fin des années 1980 et début des années 1990 m’ont donné des contributions en dehors des clous du mainstream. Peut-être parce que leurs 17 ans ont correspondu avec l’explosion du streaming. En tout cas, c’est plutôt cool.

Voyons maintenant comment ça se passe dans les faits.

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Années 1960

1965 (17 ans en 1982)

Option J’écoute ce qu’écoute mes grands frères et sœurs, voire mes oncles et tantes : Pierre Bachelet – Les corons

Option Je ferme la porte de ma chambre en claquant et j’écoute la musique très fort : The Scorpions – Can’t Live Without You

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1966 (17 ans en 1983)

Un big up particulier les potos. Vous êtes au top avec vos 3*17 ans.

Option Nous deux, c’est forever : The Police – Every Breath You Take

Option Bouge ton boule sur le floor : David Bowie – Let’s Dance

Option Tu ne me comprends pas, mamaaaan : Genesis – Mama

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1967 (17 ans en 1984)

Option Je viens de me faire larguer pour la première fois : Matt Bianco – More Than I Can Bear

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Années 1970

1970 (17 ans en 1987)

Option Je m’ouvre au monde et à ses problèmes : Johnny Clegg & Savuka – Asimbonanga

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1972 (17 ans en 1989)

 Option Je suis un papillon : Philippe Lafontaine – Cœur de loup

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1974 (17 ans en 1991)

Option Philippe de terminale B, il est trop beaaaaaaau : Bryan Adams – Everything I Do (I Do It For You)

Option J’emmerde la société : R.E.M – Losing My Religion

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1976 (17 ans en 1993)

Option Mystère et onirisme : Iggy Pop – In The Death Car

Option Bouh, le monde est injuste : Bruce Springsteen – Streets of Philadelphia

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1977 (17 ans en 1994)

Option Musique violente pour sentiment d’incompréhension : Therapy? – Nowhere

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1979 (17 ans en 1996)

Option je suis rock mais je sais me montrer fleur bleue : The Smashing Pumpkins – Tonight Tonight

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Années 1980

1981 (17 ans en 1998)

Nous y voilà, niark niark niark.

Option Je suis seule dans ma chambre à rêvasser : K’s Choice – Believe

Option Bataille de polochons avec ma meilleure amie : The Offspring – Pretty Fly (For A White Guy)

Option Midinette sensible : Meja – All ’bout The Money

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1983 (17 ans en 2000)

Un autre big up à mes conscrits.

Option Je regarde la pluie tomber par la fenêtre : Coldplay – Yellow

Option Mes hormones parlent à ma place : Amr Diab – Tamally Maak

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1984 (17 ans en 2001)

Je vous préviens, ça va être long…

Option Je me réfère à des modèles trop classe : Alicia Keys – Fallin’

Option Pop électrique : The Strokes – Last Night

Option Je serai sourd avant 30 ans : System Of A Down – Toxicity

Option Je sais être old school : Tri Yann – Dansons la listériole

Option J’aime les envolées lyriques : Muse – New Born

Option Réveil de la conscience féministe : Destiny’s Child – Survivor

Option Mes hormones parlent pour moi : Kylie Minogue – Can’t Get Out of My Head

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1986 (17 ans en 2003)

Option Je m’habille en noir parce que ma vie est nulle : Marilyn Manson – mOBSCENE

Option Mainstream ma non troppo : The Strokes – 12:51

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1987 (17 ans en 2004)

Option Petit pervers : Damien Saez – Marie ou Marilyn

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1989 (17 ans en 2006)

Option Rhââ trop bon, du hard rock à l’Eurovision : Lordi – Hard Rock Hallelujah

Option Les debuts des mèmes Internet : Kamini – Marly-Gomont

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Années 1990

1990 (17 ans en 2007)

Option Je crois encore au prince charmant : Mika – Happy Ending

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1993 (17 ans en 2010)

Option Mystérieuse et évanescente : Laura Marling – Blackberry Stone

Option Je choque ma grand-mère : Mohombi – Bumpy Ride

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Encore merci à vous tous, ça m’a fait beaucoup rire de réveiller vos émois adolescents. Quant à moi, même à 2 fois 17 ans, je ne serai jamais sérieuse.

10 morceaux … du plat pays

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Même si je n’ai aucune attache viscérale avec le plat pays qu’était celui de la plupart de mes ancêtres paternels, force est de constater que j’éprouve une joie renouvelée quand je retourne à Dinant, Bruxelles ou Namur – sans parler de petites excursions dans la poche ardennaise entre Givet et Sedan, berceau grand-paternel. Sans pour autant avoir acquis la culture belge dans mon mode de vie et de pensée, je souligne fréquemment l’apport de la Wallonie et du Brabant dans le répertoire de la chanson francophone.

Aujourd’hui, donc, nous allons parler de musique belge, mais essentiellement de musique belge francophone, parce que c’est le référentiel avec lequel j’envisage la Belgique (déso pas déso). On va surtout parler de tubes ou de trucs extrêmement connus en France, parce que je n’ai surtout pas de curiosité pour aller de l’autre côté plus longtemps qu’une semaine, soit pas assez pour m’imprégner un minimum de la culture du pays.

Par conséquent, ce papier sera rempli de lieux communs sur la Belgique et je m’en excuse à l’avance. Mais j’aime réellement ce pays, de la bière trappiste aux cuberdons, de la forêt aux vastes étendues, des autoroutes à ornières aux citadelles sur la Meuse (car oui, le Mari fait du tourisme de citadelles). Et ses artistes francophones ne sont pas en reste.

Je vous emmène avec moi le long de la N2 pour voir ce qui se chante de l’autre côté de l’Escaut.

1 – César Franck – Prélude, Fugue et Variation en si mineur, op. 18

Dans la lignée des grands musiciens romantiques du nord et de l’Est de l’Europe en ce XIXe siècle, le Liégeois César Franck (naturalisé français en 1870) a occupé pas mal des études de piano et d’orgue de mes copines moins fainéantes que moi à l’exercice de cet instrument. Preuve que ce qu’on appelait encore le Royaume-Uni des Pays-Bas à l’époque savait se mettre à la page.

2 – Jacques Brel – La chanson de Jacky

Tu ne peux pas envisager la musique populaire belge sans parler de Jacky, parce que c’est le patron, point barre. S’il a choisi la Polynésie française pour mourir, il a passé l’intégrité de sa carrière à revendiquer avec ses mots une Belgique que beaucoup de Français ont jusqu’à fantasmé.

3 – Arno – Putain Putain

Arnold Hintjens a longtemps privilégié la langue anglaise avec son groupe TC Matic, avant de se mettre à chanter en français avec cet accent inimitable – même quand tu veux imiter l’accent flamand, tu n’arrives jamais à ce résultat. On le prend pour un sale alcoolique incompréhensible et c’est dommage, parce que certains de ses textes valent la peine d’être écoutés à leur juste valeur.

4 – Sœur Sourire – Dominique

Sœur Luc-Gabriel du couvent des dominicaines de Waterloo, de son vrai nom Jeanne-Paule Deckers, accepta lorsqu’elle enregistra ce titre en 1963 que ses droits d’auteur aillent au couvent, étant donné qu’elle avait fait vœu de pauvreté. SAUF QU’étant donné qu’elle a eu du succès jusqu’aux States, elle s’est dit que, bon, c’était bien gentil, mais le monde avait quand même l’air plus cool de l’autre côté du cloître. Sorti de religion, elle voulut prendre une carrière sous le nom de Luc Dominique et ce fut un gros four.

5 – Frédéric François – Mon cœur te dit je t’aime

Entre Salvatore Adamo, Franco Gabelli (aka Frank Michael) et Francesco Barracoli (aka ledit Frédéric), la Belgique a su booster la carrière de ses chanteurs de charme issus de l’immigration italienne. Si aujourd’hui, ils ne font mouiller que la gaine de ta grand-mère, ils arrivent quand même à déclencher des émeutes dignes des concerts de feu One Direction dans les salles polyvalentes outre-Escaut.

6 – Vaya Con Dios – Just a Friend of Mine

Groupe d’inspiration jazz hispanique formé autour de la Bruxelloise Dani Klein, il a explosé en France et en Belgique avec ce titre. Il connut plusieurs remaniements entre 1986 et 1996, puis entre 2004 et 2014, date à laquelle Dani Klein décida de prendre sa retraite après une série de concerts, notamment à Beyrouth.

7 – Wim Mertens – Struggle For Pleasure

Cette référence est un petit peu ma quête du Graal, dans la mesure où il s’est passé plus de 25 ans entre la première diffusion de la pub SNCF et le moment où j’ai dégainé mon smarphone en mode reconnaissance vocale avec le sentiment d’avoir vu la face de Dieu. S’il s’est d’abord penché sur les sciences politiques, Wim Mertens s’est ensuite extasié sur Philip Glass, au point d’en faire des BO de films. Et c’est donc avec cet habillage sonore pour la SNCF qu’il s’est fait connaître du grand public en 1982.

8 – Benny B. – Vous êtes fou !

Et d’où qu’il vient, Benny B. ? De Molenbeek, qui mérite définitivement son surnom de Saint-Denis belge. Blague mise à part, j’ai beaucoup de respect pour Benny B grâce auquel j’ai pu m’ouvrir au hip hop. Un peu comme mes camarades de fac qui sont devenus antiquistes grâce à Ulysse 31. Bien qu’il ait été pendant un bon moment salarié de l’aéroport de Bruxelles, il revient à la faveur de la tournée Dance Machine.

9 – K’s Choice – Not An Addict

Les Belges les plus inspirés et inspirants des années 1990 et réunis autour du duo Sarah et Gert Bettens ont connu aussi une carrière en pointillés, d’abord de 1993 à 2003, puis depuis 2009. Ils avait séduits un large public grâce à ce titre sorti en 1995 et qui était très dans l’air du temps, tant dans la mélodie que dans la thématique abordée.

10 – Yves Deruyter – The Rebel

La Belgique s’est pas mal défendue en termes de musique électronique. Que ce soit Stromae, très récemment, ou bien dû à sa proximité avec l’Allemagne et les Pays-Bas, il fut une époque où des connaissances m’ont conté des boîtes belges assez démentes. De cette époque, je me souviens essentiellement d’Yves Deruyter, DJ d’Anvers qui a bien rythmé mes soirées étudiantes avec The Rebel.

J’aurais pu parler d’autres artistes, telles que certaines chanteuses dites à voix, mais j’ai préféré montrer un spectre un peu plus étendu de la musique belge. En espérant avoir éveillé votre curiosité…

 

1967, année de tous les possibles : discographie sélective

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Au début de l’année 2017, le Mari a déclaré : Allez, on va faire une exégèse de tous les albums de notre discothèque sortis en 1967. Et Dieu sait qu’il y en a pléthore dans icelle discothèque, si bien que je pense que nous n’aurons pas le temps de tout écouter. Pour vous dire, il doit y avoir la même proportion de disques de 1967 dans notre discothèque conjugale que de personnes nées en 1984 dans mon entourage proche. Malgré tout, je vais essayer de vous faire un petite sélection de disques que j’ai écoutés ou que j’ai envie d’écouter avec le millésime de 1967.

Ce qui est encore désolant, c’est qu’il n’y aura encore une fois pas beaucoup de place pour la musique française. Pas que je puisse trouver des albums français de qualité enregistrés cette année-là, mais force est de constater qu’il faut trier le bon grain de l’ivraie. Et comme mon univers des années 1960 est très marqué par la pop anglaise et le rock américain, avec quelques infidélités au jazz et à l’afro-samba, je risque de ne pas être aussi aventureuse que je ne le souhaiterais dans cette sélection de dix albums.

1 – The Doors, The Doors (janvier)

Le premier album du groupe mené par Jim Morrison, enregistré durant le mois de septembre 1966, frappe fort. Les claviers psychédéliques de Ray Manzarek, les thématiques abordées (le voyage, les errances psychologiques…) ont très vite élevé l’album au rang de culte. Même si les sonorités sont très ancrées dans leur époque, ce disque a tellement imprégné ma vie que je n’arrive même pas à croire que le temps a passé depuis que cet album existe. Il existe ainsi des œuvres au parfum d’éternité qui se sont pourtant inscrits dans une certaine temporalité. Les mystères de la création.

2 – The Byrds, Younger Than Yesterday (février)

Premier album après le départ du co-compositeur du groupe Gene Clark, si les reprises de Bob Dylan y font toujours légion (My Back Pages), David Crosby prend de plus en plus de place dans l’écriture des chansons originales aux côtés du compositeur principal Roger McGuinn. Moins psychédélique que l’album précédent Fifth Dimension (1965), plus empreint du country-rock inscrit dans l’ADN du groupe, il ne parvient pourtant pas à faire remonter la côte du groupe auprès du public.

3 – The Velvet Underground & Nico, The Velvet Underground & Nico (mars)

Album que j’ai beaucoup écouté l’an dernier suite à son achat par le Mari lors de l’exposition New York Extravaganza à la Philharmonie. Je l’avais découvert à l’époque où mon oncle numérisait ses vinyles et où j’ai récupéré les fichiers numériques. Le groupe fondé autour de Lou Reed et de JJ Cale a eu une gestation assez lente, mais à la faveur d’un « mécénat » d’Andy Warhol, ce premier album a vu le jour. Et quel album détonnant par rapport à l’esprit de l’époque, mais quelle belle préfiguration du punk new-yorkais qui s’est développé par la suite. Bref, un classique qui peut parfois mettre mal à l’aise les oreilles non-averties.

4 – The Jimi Hendrix Experience, Are You Experienced? (mai)

Autre album qui a marqué mon adolescence et celle du Mari, si bien qu’il se retrouve en deux exemplaires dans notre discothèque. Et encore un premier album qui frappe très juste, entre blues psychédélique et vraie guitare virtuose. Pour autant, les oreilles non-averties auraient tendance à y voir du pur guitar heroism bourrin et ce ne serait pas rendre justice à toute l’âme blues contenue tant dans le jeu de Hendrix que dans l’orchestration choisie.

5 – The Beatles, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (juin)

J’ai personnellement un énorme problème avec cet album : alors que la doxa Beatles admet que c’est le plus grand album, le plus fou et le plus avant-gardiste du groupe, je trouve d’une part qu’il n’est pas au niveau d’Abbey Road et de Revolver (bien plus abouti techniquement, bien qu’étant enregistré avant), et d’autre part qu’il est justement trop ou pas assez fou pour que j’en comprenne l’essence ou la structure. Il y a juste cette anomalie qu’est A Day In The Life, ma deuxième chanson préférée des Beatles, que j’aurais davantage vu conclure Revolver en termes de cohérence.

6 – The Bee Gees, Bee Gees 1’st (juillet)

Suite à la claque que j’ai prise un jour en écoutant Holiday à la radio, je me suis dit que je ne connaissais pas assez cette partie de carrière des frères qui méritent davantage que la caricature de disco dans laquelle la postérité les a enfermés. Je me dis qu’un jour, j’achèterai ce troisième album du groupe pour en comprendre l’essence dans leur jeunesse.

7 – Claude Nougaro, Petit taureau (novembre)

Un album qui contient Toulouse, s’il est cohérent, ne peut que contenir de vrais moments de grâce. Encore un album que je me tâcherai de découvrir prochainement pour me pardonner de n’avoir compris la portée de Nougaro que post-mortem.

1 – The Rolling Stones, Their Satanic Majesties Request (décembre)

Album adoré du Mari qui me l’a fait découvrir dans le cadre de l’exégèse des albums mono des Stones, c’est pourtant un album mal aimé du public, du fait d’une structure encore une fois psychédique et d’une supposée similitude avec Sgt. Pepper, dans le cadre d’une rivalité médiatique avec les Beatles. De rivalité et de similitude, il n’en est en fait pas grand chose : en effet, Johnny et Macca ont assuré les chœurs sur certains titres et ils apparaissent de dos sur la pochette. D’autre part, les deux albums ont été enregistré dans le même temps et si Their Satanic Majesties Request  est sorti postérieurement, c’est à cause de la peine de prison qu’encouraient Mick Jagger et Keith Richards pour détention de stupéfiants.

9 – Bob Dylan, John Wesley Harding (décembre)

Si cet album est surtout connu pour être celui qui contient la version originale de All Along The Watchtower, il est surtout un album de transition philosophique pour Robert Zimmermann, suite à son accident de moto survenu en 1966. Si à la maison, nous avons essentiellement ses albums, voire certains exemplaires en double, jusqu’à cet accident, nous avons quelque peu décroché à partir de Blonde On Blonde. Nous procurer John Wesley Harding serait une bonne résolution pour avoir une vision un peu plus complète de sa carrière.

10 – Leonard Cohen, Songs of Leonard Cohen (décembre)

Encore un artiste que je connais de nom, dont je visualise la signature musicale, mais dont je n’ai pas exploité la carrière plus qu’il ne le faudrait. Si je devais un jour me concentrer dessus, je commencerais par ce premier album, qu’il a écrit alors qu’il avait déjà bien entamé sa carrière de poète. J’ai un bon a priori sur cette album, qui contient quand même les perles Suzanne et So long, Marianne, et j’ai clairement envie d’en savoir davantage.

A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

 

Un hiver 2017

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Frosted_Berries_1_(5237543619)Plus qu’une lecture de la presse musicale à laquelle je m’étais habituée dans ma jeunesse, je vais faire un petit journal de ce que la musique me provoque dans ma vie, voire de ce que ma vie provoque dans la musique que j’écoute. Les deux premiers mois de 2017 m’ont apporté son petit lot de maladies chroniques, mais aussi beaucoup de paix par rapport à mon vécu et au vécu de mes proches. Et puis la mi-février, c’est le moment où je me mets en méditation par rapport à toute l’année qui vient de passer.

Il y a deux choses qui suscitent ce basculement vers la réflexion et la médiation. Premièrement, je vais entrer dans le désert – assez tard, cette année, le 1er mars –, et cela m’oblige à prendre une pause dans la course qui est devenue ma vie. Deuxièmement, l’approche de mon anniversaire m’oblige à solder beaucoup de comptes concernant ma vie. Cette année, je vais avoir deux fois 17 ans et ça me fait beaucoup rire. En effet, je ne cesse de me revoir à 17 ans, à un âge où j’ai eu à gérer BEAUCOUP de choses : la fin des études secondaires, le fait de devoir travailler et étudier loin de ma famille, ce qui implique que je me prenne en charge un minimum… Bref, je vois le chemin parcouru et, loin de m’angoisser, ça me met en joie, bien au contraire.

Voici donc ma petite sélection musicale de janvier et février 2017.

New sound

Je n’ai évidemment pas eu le temps de m’intéresser à ce qui semblait être de la nouveauté en 2017. Par conséquent, je vais parler de mes petites friandises de fin 2016 qui continuent à se répertorier en 2017.

Metallica – Am I Savage?

Il se trouve qu’en bons fans de ce genre de bourrinade dans la famille, j’avais donné l’alerte sur Hardwired… To Self-Destruct à ma sœur (qui m’a initiée avec le Black Album en rotation lourde dans son baladeur en 1992) et mon tonton (qui en possède l’intégrale). Il se trouve que, pour Noël, non seulement j’ai offert l’album à ma sœur, mais le Mari a trouvé que c’était une bonne idée de m’offrir l’édition 3 CD. Que dire de l’album ? Je n’avais plus écouté d’album du groupe depuis St. Anger (2002) et j’avais beaucoup d’appréhension. A l’écoute, j’ai trouvé pas mal de motifs héroïques tels que le groupe pouvait en fournir dans les années 1980 et ça m’a fait très plaisir. Le groupe a également gagné en subtilité (oui, je sais que vous vous marrez, dans le fond). Bref, l’écoute de Hardwired… a été très agréable et j’ai eu l’impression de ne pas en avoir eu assez (alors que l’écoute de St. Anger était pénible à partir du quatrième titre).

Justice – Randy

Quand je me suis mise à l’écouter fin 2016 sur Oüi, je me suis dit : Putain, il est ultra-funky, le nouveau Tame Impala. En effet, le côté évanescent de la partie vocale interprétée par Morgan Phalen, chanteur du groupe new-yorkais Diamond Nights, m’a rappelé le style de Kevin Parker, qui est lui-même frontman du groupe australien que j’avais identifié à tort. Quand j’ai compris que c’était le nouveau titre des personnes qui ont fait un truc aussi agaçant que ça :

j’ai été obligée de revoir mon jugement à la hausse et j’ai apprécié ce coup de frais sur mon présupposé musical.

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Team Cupidon

Pour cette 4e saint Valentin accompagnée, même si, à l’instar d’Orelsan et Gringe, j’aime pas trop les 14 février, je n’ai pas eu de journée de couple neuneu, mais une vraie journée d’amour avec le Mari, avec visite culturelle dans un endroit très cool et glorification à la FNAC Montparnasse. Encore une fois, paie ton romantisme, comme dirait ma cousine, mais comme de toute façon, nous n’avons jamais été conformistes, je ne vois pas pourquoi j’attendrai le bouquet de roses et le resto chic. Malgré tout, pour l’année prochaine, si vous, lecteurs, êtes en chien d’ambiance musicale, voici deux petits caviars inspiration 2017 pour vos soirées à deux.

La soirée sirupeuse et clichée : Sade – The Sweetest Taboo

En termes d’ambiance musicale pour une soirée sirupeuse et clichée, Sade est un excellent promis entre Lionel Richie (version low cost) et Isaac Hayes (version super classe). Bref, ce n’est pas encore assez sexe pour pouvoir vous accompagner dans votre interprétation de la bête à deux dos, mais juste assez pour en amener l’éventualité entre la poire et le fromage. Quitte à, si vous êtes seuls dans la pièce, vous chauffer tranquillement dessus en guise de préliminaires.

La soirée bestiale et musclée : Nine Inch Nails – Closer

Déjà, quand un gars te susurre I want to fuck you like an animal, I want to feel you from the inside, si ce n’est pas assez explicite sur ses intentions, c’est que tu ne comprends rien à la vie. De surcroît, il faut imaginer Trent Reznor en 1994, soit au plus haut de sa sexyness, en témoigne la prestation très wet and messy du Woodstock 1994. Je pense qu’après ça, la notion de moiteur sexuelle mérite d’être redéfinie.

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Thé dansant

La dernière fois que je suis allée dans le village où habite ma mère, je suis tombée sur une soirée St-Valentin du plus bel effet. Si, du haut de nos 33 et 34 ans, le Mari et moi-même avons peiné à faire descendre la moyenne d’âge, c’est que nous avons atterri dans une soirée ambiancée par la fine fleur des orchestres musette locaux. Et le floor n’a pas désempli, entre paso doble, tango, kuduro (oui papa, ta grand-mère danse le kuduro, ne nie pas) et autres danses qui font la joie des thés dansants. Voici un petit digest des hits qui ont résonné toute la soirée.

Louis Corchia – Valse chinoise

Rien de tel que ce tube de 1947 pour que les couples jouent aux auto-tamponneuses sur le floor. Quand tu tombes sur un cavalier qui sait diriger et indiquer une direction pour éviter de se faire tamponner, c’est très bien, tu as l’impression d’être bourrée sans boire. Y’a pas à chier, ils savaient draguer dans l’ancien temps.

Julio Iglesias – Une nuit de carnaval (Paloma Blanca)

Car il faut la caution moderne et/ou exotique pour faire monter la température. Et quoi de mieux que de reprendre le tube d’un roi de la séduction tel que Julio Iglesias pour faire les dames se trémousser sur de la samba et faire glisser de manière friponne quelques bretelles de robes. Car oui, ce n’est pas parce que l’adolescence est la période que vivent tes petits-enfants que tu ne séduis pas, bien au contraire.

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Nochmal 17 Jahre Alt

En attendant de fêter mes 2 fois 17 ans, comme je l’ai dit dans l’introduction, je me souviens de mes propres 17 ans musicaux, ce qui correspond à l’année 2000. Force est de constater que de bosser un mois en Allemagne m’a retourné le cerveau, puisque la seule chose que je me rappelle de mes 17 ans, c’est de la dance allemande. Je pense que c’est un bon résumé de ce qui s’est passé dans ma vie, donc je vais assumer.

Blank & Jones – DJ Culture

Quand je retournais du boulot, quand je me préparais pour aller en soirée, durant mon séjour outre-Rhin, je regardais VIVA pour m’ambiancer. Et ce morceau de dance était en rotation lourde pendant tout le mois d’août. Bizarrement, j’en ai eu moins marre que Californication de Red Hot Chilli Peppers qui était en rotation lourde non seulement sur VIVA, mais aussi à la radio, dans les bars, chez mes copines… L’horreur.

Flickman – The Sound Of Bamboo

Car il y avait l’Allemagne réelle, celle que j’ai vécue en France (avec les échanges de jeunes) et en Allemagne (avec un stage dans la fonction publique) durant l’été 2000. Et il y avait l’Allemagne fantasmée, celle des compiles de la Love Parade, celle que j’étudiais au lycée, celle avec laquelle j’ai eu 14 en LV2 au bac et je me suis retrouvée à étudier du Kafka dans le texte une fois inscrite à l’université. Et donc ce titre, inclus dans la compilation One World One Love Parade, qui m’a bien fait vriller le cerveau.

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Miscellanées

Pour conclure ce petit digest, rien de tel que des petites redécouvertes au hasard des rencontres et des curiosités. Je vous en propose cinq qui ont quelque peu réchauffé mon hiver.

Originais do Samba – Saudosa Maloca

A la faveur d’une répétition sans mestre mais avec des danseuses, celle qui a permis ce trait d’union entre notre répertoire nous propose de faire notre échauffement des pas de samba sur ce petit son sans prétention. A l’origine de cette chansonnette, un groupe qui s’est formé dans les années 1960 pour faire répéter les écoles de danse de Rio de Janeiro et qui continue son œuvre plus de cinquante ans après sa création.

Emilie Simon – Désert

J’avoue une relation d’amour-haine avec Emilie Simon. En effet, elle a tendance à m’agacer lorsqu’elle se profile avec des bidouillages sonores et je la porte aux nues lorsqu’elle envisage des démarches musicales bien plus organiques, comme avec cette version unplugged du tube qui l’a fait connaître au grand public.

Crosby, Stills, Nash & Young – 4 + 20

A la faveur d’une nouvelle écoute de Déjà Vu à laquelle je me suis encore pâmée d’aise, le Mari souligne l’écoute de cette composition simpliste mais très efficace de Stephen Stills avec cette judicieuse remarque : Ca ne m’étonne pas qu’avec ce genre de chanson, il ait pu choper Véronique Sanson. Tu choperais n’importe qui, en fait.

Unkle – Blackout

Alors que le Mari avait déterré de sa discographie la bande originale du film Goal ! – soit un bon résumé de la brit pop de la fin des années 1990 et du début des années 2000, je suis tombée en arrêt devant cette musique hypnotique. Quand le Mari m’avoua que c’était l’œuvre du collectif anglais ayant déjà signé quelques BO remarquables telles que celle de La Plage, je me suis demandée déjà ce que ça foutait dans un univers finalement très pop, puis je me suis laissée emporter.

The Rolling Stones – You Can’t Always Get What You Want

J’ai offert au Mari le coffret des albums mono des Stones pour Noël. Et sur le dernier album du coffret, Let It Bleed (1969), nous avons chacun trouvé notre chanson-vœu pour 2017. Pour lui, ce fut la première chanson de l’album, Gimme Shelter (il estime avoir besoin de plus de protection pour répondre aux défis que la vie lui donne). Personnellement, je vous présente ici ma chanson-totem, à savoir la dernière chanson de l’album. En effet, je ressens parfois une pointe de désabusement quand aux défis que je me lance, mais je sais désormais que la vie ne me déçoit jamais, même si je n’atteins pas mes objectifs.

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A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

 

Revue cinématographique et musicale #8 : Damien Chazelle, le jazz comme une obsession

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rs-248320-emma-stone-ryan-goseling-la-la-land-sing-dance-trailerIl y a une semaine, avec le Mari, nous sommes allés voir La La Land, le 3e long métrage de Damien Chazelle. S’il divise dans mon entourage, entre ceux qui le trouvent incohérent ou mensonger face à l’histoire d’amour annoncé, ceux qui le trouvent mièvre à cause de son enrobage de comédie musicale, ceux qui le trouvent trop long dans sa première partie et ceux qui comme moi le trouvent jouissif de bout en bout, ce film fait parler.

En vérité, ce long-métrage a une grande logique : celle de jouer avec les codifications artistiques les plus séduisantes des comédies musicales (les contes de fées, le Hollywood Golden Age, les films de Jacques Demy, etc.) pour mieux les démonter par la suite. Non, une histoire d’amour qui correspond à tous les signaux de la relation amoureuse n’est pas vouée à être successfull. Oui, on peut faire une chanson mièvre sur un mouvement de cynisme. Non, l’amour n’est pas forcément voué à réaliser tous les rêves. Oui, certains rêves ne sont l’affaire que de la personne qui les rêve et l’autre ne doit pas peser de tout son poids dans la réalisation de ce rêve.

Ce film interroge le spectateur à son rapport aux jolies histoires que l’on lui raconte enfant. Que se passe-t-il quand la vie ne se passe pas comme dans les contes de fées ? Parmi les détracteurs de La La Land, je pense que beaucoup de spectateurs lui reprochent de casser la dimension rêvée des relations. Je trouve au contraire qu’une histoire dont la dimension du rêve occulte les malentendus sur lesquels elle peut se fonder est vouée à l’échec. En gros, à Hollywood, il est encore difficile de montrer les dessous peu glorieux d’une relation qui avait tout pour être montrée en exemple.

Force est de constater que ça fait le deuxième film que je regarde de Damien Chazelle, et le deuxième film avec lequel je reste sur le cul. En effet, j’étais moyen convaincue au départ pour regarder Whiplash, mais vu comment il a rendu mon mestre obsessionnel, j’en ai acheté le DVD et ne l’ai jamais regretté. Et à la fin de La La Land, j’ai tremblé sous le poids de l’émotion de ce qui se passait. Je suis devenue fana du cinéma de Chazelle pour deux raisons. La première est que, contrairement à Stanley Kubrick ou Sofia Coppola qui ont tendance à « merder » leur final, Damien Chazelle sait finir ses films. J’en veux pour preuve la scène finale de Whiplash qui restera à jamais gravée dans ma mémoire.

b15bb7b17bfcbe004db2ab3bc25bac78Miles Miles Miles ❤ ❤ ❤

La deuxième est que je partage avec Damien Chazelle son obsession pour le jazz. Andrew est prêt à littéralement mourir pour s’imposer dans l’un des bands de jazz les plus prestigieux de New-York, quitte à entrer dans une relation d’amour/haine avec le chef d’orchestre. Sebastian est prêt dans un premier temps à ne jamais se compromettre pour ouvrir sa boîte de jazz où il jouera les meilleurs classiques qui soient, bien qu’il doive au final en passer par la compromission pour se donner les moyens financiers de l’ouvrir.

Ce que je reprocherais à cette vision du jazz apportée par Damien Chazelle, c’est justement ce qui fait tout le sel et tout le charme de ses films : une vision du jazz très figée entre les années 1930 et les années 1960, sans volonté de compromission avec d’autres styles musicaux, tels qu’on peut le rencontrer dans les époques postérieures. Tant Andrew que Sebastian en paraissent anachroniques, bien qu’ancrés dans la temporalité technologique du début du XXIe siècle, du fait de leur obsession envers cette forme classique du jazz. Cela en fait des personnages bancals, inadaptés, certes élégants sur un plan stylistique, mais totalement étrangers au milieu dans lequel ils sont censés évoluer, ce qui crée une rupture relationnelle avec leurs proches.

A titre personnel, c’est avec cette typologie du jazz que le paternel et la nounou m’ont éduquée et je les en remercie. J’ai également bien vécu la temporalité des années 1990, quand beaucoup de projets de musiques urbaines intégraient dans leurs samples les différentes typologies du jazz – entre le classic, le doo-wop, le funk et le free. Arrivée à l’âge adulte, j’ai été initiée aux différentes fusions avec les musiques latines, africaines et moyen-orientales, ainsi qu’aux interprétations françaises. Bref, je pense que bloquer le jazz dans sa forme première est au mieux un leurre, au pire, une forme de snobisme fort déplacé.

Certes, j’ai longtemps mal vécu le fait d’aimer le jazz, car je me sentais très isolée dans cette passion – d’où l’accusation patentée de snobisme envers les personnages masculins de Chazelle. Heureusement que je me suis mise à rencontrer des personnes qui, d’une part, aimaient aussi différentes formes de jazz, et d’autre part, si elles n’aimaient pas le jazz en soi, savaient en mesurer l’indéniable apport dans les musiques qu’elles aimaient. Mais encore aujourd’hui, ma mère est persuadée que c’est mon mari le plus passionné de jazz dans le couple *soupir*.

Si Damien Chazelle aime raconter l’anachronisme que provoque l’obsession pour les premières formes de jazz, bien lui en prend, personnellement, j’aime bien. Mais j’ai peur qu’il soit gagné par l’effet Douglas Kennedy : raconter toujours la même histoire, avec la même typologie de personnages, mais juste avec un cadre ajustable. Pour l’instant, tant Whiplash que La La Land m’ont séduite, mais j’ai justement peur que ses obsessions stylistiques en viennent à me lasser. Pour l’instant, ses films me stimulent dans l’idée d’écouter TSF et stimulent le Mari dans l’idée de reprendre la basse et d’y développer sa technique.

Le jazz dans sa forme première est l’une des splendeurs musicales du XXe siècle, et Damien Chazelle l’a bien compris. Qu’il en parsème ses films, pourquoi pas. Mais qu’il fasse bien attention à ne pas se laisser enfermer dans une forme d’anachronisme qui finira par lasser.

 

What’s going on Storia’s ears #14 : Ma vie chez moi et chez les autres

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Cet article a été écrit pour la journée spéciale « Ca déménage » du 9 février 2017 chez Ladies Room.

Durant les 34 ans de vie que j’ai vécus sur cette terre, je ne me suis sentie chez moi que pendant 17 ans dans ma vie, lorsque j’ai vécu dans la maison possédée par mes parents, puis lorsque j’ai acheté mon appartement avec celui qui allait devenir le Mari, il y a 3 ans. L’autre moitié de ma vie, je l’ai vécue soit dans des logements de fonction, soit dans des foyers/résidences universitaires, soit en colocation, soit dans des endroits tout petits. Bref, pas de quoi se sentir chez moi.

Et donc fatalement, durant les 17 autres années, j’ai dû déménager une dizaine de fois. Et ce fut à chaque fois une vraie expédition, d’autant plus après mon baccalauréat quand je me suis installée dans toute la Bretagne pour mes études et à Paris pour commencer ma vie professionnelle. 10 lieux, 10 ambiances. Pourquoi ne pas faire une playlist pour cette première journée spéciale de Ladies Room reliftée ?

1983 : Chantal Goya – Voulez-vous danser, grand-mère ?

A peine née, je m’installe dans le logement de fonction qu’occupait ma famille dans la maison de retraite dont mon père était le directeur, en attendant que la maison familiale – un bâtiment de pierres et de terre battue – soit refaite avec le confort disponible en cette fin de XXe siècle. Pendant quelques mois, je partage donc mon quotidien avec quelque 65 pensionnaires de 65 ans ou plus, ce qui fait beaucoup de mamies à gérer d’un coup d’un seul (alors que je pense que mes deux mamies me suffisaient amplement).

Circa 1984 : Maxime Le Forestier – San Francisco

Comme je grandis et que c’est pas cool de tenir à 4 ans dans un deux pièces – genre on est en Bretagne, pas à Paris, merde ! – et que la maison familiale n’est toujours pas habitable, la mairie du village met à disposition de mon père une maison à 50 mètres de la maison de retraite. Pourquoi San Francisco ? Parce que même des années après le départ de cette maison, elle a gardé ses rideaux bleus, d’où La maison bleue dans mon imaginaire d’enfant.

Circa 1987 : Jean-Pierre Ferland – Je reviens chez nous

La maison familiale est enfin habitable et nous nous y installons enfin. Alors que je dormais dans la même chambre que ma sœur jusque là, j’ai enfin ma chambre. Et même si la maison a paru d’abord froide et inhospitalière – voire hantée des esprits des anciens habitants –, elle reste encore aujourd’hui la maison où vit ma mère, où elle m’a élevée et où je me suis construite. C’est parce que cette maison existe encore que je suis encore fan du mouvement pendulaire mensuel, malgré le fait que je me sois bien installée en tant que femme mariée.

2000 : Tri Yann – Je m’en vas

Premier départ de la maison, pour faire mes études à 80 km de là. Je me retrouve avec ma sœur dans une résidence universitaire du CROUS. Pour moi, ça reste une grande aventure, même si je suis sous le regard de ma sœur qui habite à l’étage au-dessus. Je reste deux ans dans cette résidence, même si je reprends l’appartement de ma sœur lors de son départ pour poursuivre une activité professionnelle. Ce fut deux années assez bizarres – la ville était glauque, la fac toute petite et puis 2002, quoi – et j’ai été assez contente d’en partir.

2002 : Benabar – Y’a une fille qu’habite chez moi

Je pars donc dans une autre ville pour d’autres études et c’est le début de 3 ans de collocation pure avec ma sœur. Notre lieu de colocation était assez bizarre : c’était dans la dépendance d’une maison bourgeoise, et, curieusement, chacune des sœurs avait un étage qui lui était dévolu. J’avais ma chambre au rez-de-chaussée avec la kitchenette dans l’entrée, ma sœur avait sa chambre à l’étage avec la salle de bains sur son palier (comme si ça correspondait à notre caractère que le destin nous avait dévolu).

2005 : Freddie Mercury – Living on my own

Comme ma sœur a fini ses études, et moi pas encore, il me faut trouver un nouveau logement. Comme une dame de mon village possède un studio proche de la ville de mes études, ça facilite la recherche. J’avais déjà 22 ans, mais c’est la vraie première fois où je me retrouvais vraiment seule dans un endroit, où je décidais seule de mes faits et gestes dans un appartement. Ca m’a fait drôle. S’en est suivi une année de chômage où je suis retournée chez ma mère et où j’ai squatté régulièrement chez des copains.

2007 : Robin Foster – Loop

Là, pour ma nouvelle année d’études, j’habite à 250 kms  de chez ma mère, dans un autre studio au premier étage d’un petit immeuble squatté au rez-de-chaussée par un alcoolique notoire qui emmerde tous les habitants. J’en profite pour rester en week-end sur mon lieu de villégiature, d’autant que si la ville est bétonnée, les alentours sont des plus beaux. Ces six mois restent les plus durs, entre des relations exacerbées avec certaines personnes (en bon ou en mauvais), remise en question du nouveau choix de carrière que j’opérais, etc.

2008 : Maurice Chevalier – Paris sera toujours Paris

Début de ma vie professionnelle et nouveau logement collectif, dans un foyer de jeunes travailleuses, où ma cousine loge déjà. Le week-end, je fais le mouvement pendulaire chez mon cher et tendre de l’époque, à 60 kms de là. Même s’il est compliqué avec la vie que je mène de respecter l’heure limite d’1h pour rentrer au foyer, ce fut une période assez chouette pour découvrir la capitale, tout en restant à côté de la gare pour rentrer en Bretagne le plus vite possible.

2010 : Charles Trénet – Ménilmontant

Lorsque j’ai été sûre de signer mon CDI et après avoir failli vivre à 2h30 de mon travail d’alors par amour, il fallut que je change d’endroit pour vivre. Mon choix s’est porté sur l’est de la Capitale, parce que je ne pouvais pas me permettre financièrement d’habiter un autre quartier. Ce fut le début de 4 ans qui ont déterminé la femme que je suis devenue, dans un coquet 17m² tranquille. Dès la fin 2013, un autre mouvement pendulaire s’opéra, puisque le futur Mari vint squatter les week-ends et quelques soirs de la semaine dans cet appartement qui devint du coup un peu exigu.

2014 : Crosby, Stills, Nash & Young – Our House

Il était temps que je devienne moi-même propriétaire et ça a été le premier acte fort que j’ai accompli avec le Mari. Notre choix s’est porté sur un appartement dont on s’aperçut par la suite qu’il n’était qu’à 400 m de chez mes beaux-parents (rhô ça va, on l’a visité un mois de janvier, de nuit, et quand on est allé sur le balcon, on n’a pas réalisé que cet immeuble au loin était celui où le Mari habitait déjà ^^). Bref, en attendant d’acheter une maison pour notre future famille, nous évoluons depuis 3 ans dans ce nid qui reste douillet.

Bref, le chemin fut long avant que je me sente de nouveau chez moi. Mais désormais, tant quand que je serai avec le Mari, je l’espère le plus longtemps possible, n’importe où sera ma maison désormais…

 

 

10, 20, 30, 40, 50 : la classe 7 en chansons

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Pour le premier article de 2017 – que je commence le 30 décembre 2016 à 23h02, preuve que j’ai vraiment envie que 2016 s’arrête –, je ne déroge pas à la règle que je me suis imposée depuis 3 ans. Je rejoins ainsi cette veine nostalgique qui a fait dire au DJ qui a animé mon mariage : Nom de Dieu, quel âge a la mariée ?

J’en profite également pour vous souhaiter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Qu’elle soit prospère malgré les difficultés, et que vos vies ne dépendent pas davantage des influences politiques qui vont s’opérer cette année en France. Qu’elle soit aussi musicale que je le voudrais pour moi-même, que vous assumiez ce que vous écoutez, même si c’est le dernier album de Tal. Oui, valorisez Tal au lieu de la prendre pour un plaisir coupable, j’ose espérer que c’est à ce prix qu’elle évoluera dans son processus musical.

Cette classe 7 est d’autant plus importante que j’en ai deux membres dans ma famille. En effet, un de mes cousins va fêter ses 30 ans et ma grand-mère ses 90 ans si Dieu veut. J’aurais pu commencer mon exploration de la classe 7 par 1927 pour lui rendre hommage, mais je n’ai pas la nostalgie assez développée pour ça. Par contre, mon cousin est prévenu, il aura sa playlist de 30 chansons de 1987. Comme d’habitude, on verra dans ces préconisations la patte du Mari, mais je n’aurais jamais dû le consulter pour les années 1967 et 1977. Je sens qu’il va me pourrir pour le choix que je vais faire, mais pour ces deux années, le choix est suffisamment cornélien pour provoquer des scènes de ménage à la maison.

C’est parti mon kiki.

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1967 : 50 ans après

Belle de jour

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Version française : Claude Nougaro, Toulouse

Non seulement parce que j’ai appris à aimer la Ville Rose et à en avoir la nostalgie ces dernières années, mais surtout parce que j’estime que ma jeunesse a été un rendez-vous manqué avec le répertoire de Claude Nougaro. J’aimerais donc lui rendre hommage ainsi en préconisant cette chanson tellement intemporelle et sans âge que je n’aurais jamais cru qu’elle avait déjà 50 ans.

Version internationale : The Jimi Hendrix Experience, Purple Haze

Are You Experienced ? a tellement marqué nos adolescences communes qu’il fait partie des albums que nous retrouvons en double dans notre foyer. Et pourtant, comme pour l’année 1966, le choix fut cornélien quant à la préconisation d’une seule chanson. En effet, entre Magical Mistery Tour et Sergent Pepper… des Beatles, Smile des Beach Boys, Their Satanic Majesties Request des Rolling Stones, l’album éponyme des Doors, My Back Pages par les Byrds…, pour ne citer que les références les plus connues, 1967 nous aura donné de sacrés documents d’archives exploitables 50 ans après pour la variété internationale.

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Version française : Sheila, Le kilt

En 1967, les yéyés sévissaient encore en France et Sheila est encore sous influence musicale de Petula Clarke. Le problème est que, ce qui est charmant en langue anglaise devient vite tartignole en langue française, et le ring-a-ding à la Petula Clarke ne fait pas exception à la règle. Si Sheila nous raconte en plus ses voyages en Ecosse en nous dansant la gigue, on touche le fond.

Version internationale : The Beach Boys, Heroes and Villains

                «Mais qu’est-ce que tu n’aimes pas avec Heroes and Villains ?

  • J’ai l’impression en l’écoutant qu’un pervers me suit dans le noir dans la rue… J’aime pas l’ambiance, elle est malsaine…
  • C’est bien. Tu commences 2016 avec Smile, tu finis l’année avec…
  • Ta gueule !
  • Je ne te fais pas écouter Smiley Smile, parce que ta réaction sur cette chanson me donne de l’appréhension sur la réaction que tu pourrais avoir… »

La preuve que j’ai réussi mon éducation : en 3 ans et demi de relation, le Mari a appris la pitié.

*

1977 : 40 ans après

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Version française : Francis Cabrel, Les murs de poussière

Vous connaissez mon amour infini pour Francis Cabrel. Il se trouve que ma chanson préférée du troubadour d’Astaffort n’est même pas une chanson d’amour, mais une chanson à morale qui lui a valu le surnom de grand-mère à moustache par les Guignols. Malgré tout, il a su trouver les mots justes pour parler de ces élans de jeunesse qui nous poussent à parcourir la terre pour voir que ce qu’on cherchait se situait juste à côté. Tellement brillant qu’il a supplanté le Rockollection de Laurent Voulzy (bordel, 40 ans aussi) pour lequel je ressens un amour aussi conséquent, en témoigne ma crise d’hystérie au Zénith en décembre 2015.

Version internationale : David Bowie, Heroes

Avouez : me connaissant, vous auriez attendu que je poste We Are The Champions de Queen. Sauf que j’ai décidé de mettre à l’honneur une chanson que je ne peux plus désormais écouter sans ma larmichette, étant donné le contexte de 2016. Parce que cette chanson symbolise davantage la galvanisation qu’il faut parfois puiser en soi-même pour avancer dans la vie. Parce que cette chanson est parfaite dans sa structure mélodique et orchestrale, et surtout dans son propos. Il n’y a aucune faute de goût dans ces 6 minutes de bonheur.

Chansons inécoutables

Version française : Mireille Mathieu, Mille colombes

Alias la chanson pacifiste qui me donne envie de tout brûler sur mon passage. Vous allez croire que je m’acharne assez durement contre Mireille Mathieu, et vous avez sûrement raison. La chose étant que je ne supporte pas ce succédané d’Edith Piaf aussi raté que François Valéry l’est de Claude François. Qu’elle reste en Russie et qu’on arrête de faire chier la France avec, ce n’est même pas rendre un hommage honorable à Avignon que de l’évoquer.

Version internationale : Ringo Starr, Drowning In The Sea Of Love

Vous prenez le Beatle qui a le moins de charisme des quatre, dans une période où il est à la fois alcoolique et criblé de dettes, et vous obtenez ce machin aussi nanardesque qu’une copie philippine de James Bond. Quand Paulo se contente de chanter son moulin écossais, quand Quiet George se contente de produire les Rutles, quand Johnny se contente de pouponner le petit dernier, mon Ringo ne semble pas suivre la voie de l’apaisement de ses trois copains et va à contre-courant. Pour notre plus grand malheur…

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1987 : 30 ans après

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Version française : Gold, Laissez-nous chanter

J’ai une tendresse particulière pour Gold, bien que ça reste kitschissime et que ça a très mal vieilli. D’une part, ça me rappellera toujours mes journées chez ma tante et mon parrain avec ma cousine jumelle et nos copines, comme une madeleine de Proust. D’autre part, je trouve que Gold souffre d’une cruelle injustice. Je reste persuadée que le groupe toulousain a fait des chansons géniales, mais mal produites et mal orchestrées. A mon sens, si la production avait eu lieu dans une autre décennie que les années 1980, on n’aurait déjà pas eu ces claviers dégoulinants. Je remarque même avec Laissez-nous chanter un net progrès en la matière, parce qu’ils ont osé mettre des guitares électriques plus en avant dans la production, ce qui aurait déjà été pas mal pour un titre tel que Un peu plus près des étoiles.

Version internationale : U2, I Still Haven’t Found What I’m Looking For

Je préconise cette chanson trente ans après pour diverses raisons. Premièrement, elle est issue de The Joshua Tree, que beaucoup de fans considèrent à juste titre comme le meilleur album du groupe irlandais. Deuxièmement, elle est devenue au fur et à mesure de ma vie d’adulte la chanson de mon chemin de foi à la lumière de l’enseignement que m’a donné en 2005 l’évêque de mon diocèse d’origine. Lors d’une consécration d’église à laquelle j’assistais, il est venu vers moi et m’a dit : Tu sais, j’ai 71 ans et je n’ai pas encore trouvé ce que je recherchais. Continue sur ce chemin… Cela me poursuivra toute ma vie.

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Version française : Francis Lalanne, On se retrouvera

Vous savez ce qu’il y a de plus casse-bonbons qu’une chanteuse à voix ? Un mec qui se prend pour une chanteuse à voix. Et Francis Lalanne, qui a basé sa carrière sur sa sensibilité et son accent de cagole, surpasse Hélène Ségara dans le registre de la meuf du Sud à voix « exceptionnelle » qui me fout les nerfs quand elle tire les larmes de la plupart des auditeurs tolérants. Bref, Francis, toi et moi, c’est juste pas possible.

Version internationale : Mötley Crüe, Girls, Girls, Girls

La chanson n’est pas mauvaise en soi, mais avec le clip, elle est symptomatique de ce que je reprocherai en partie à l’imagerie métal des années 1980 : ça joue les grosses queues à la gratte, et ça chouine quand ça loupe son régé chez Alfredo. Laissez chanter vos meufs, les mecs, elles au moins comprennent le métal.

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1997 : 20 ans après

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Jean-Jacques Goldman, Le coureur

Outre des accents cabréliens dans cette chanson, je trouve qu’En passant est le meilleur album de Jean-Jacques Goldman. L’homme est en crise personnelle, mais l’artiste en profite pour un album qui sort du côté moralisateur gnan-gnan qui a fait sa popularité chez les scouts. Un album très personnel, avec des mots et des mélodies simples, comme pour exorciser cette douleur qui le tiraillait. Je ne reconnais pas d’autre album de JJG avec ce tel génie.

Version internationale : Björk, Bachelorette

On peut traiter Björk de folle, de bonne à enfermer, tout ce que vous voulez, mais il fut un temps où elle avait la grâce des fées et l’inspiration des conteurs. Alliée à la science de l’image de Michel Gondry, Bachelorette est à la fois une chanson onirique et une histoire filmée des plus étranges. C’est pour cette raison que je la préconise bien plus que des hits de la brit-pop tels que Bittersweet Symphony de The Verve ou D’You Know What I Mean ? de Oasis.

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Version française : Poetic Lover, Prenons notre temps

Je me suis déjà expliquée dessus à plusieurs reprises. Il y a quelque chose que je ne comprends toujours pas, c’est : pourquoi les mecs se sentent obligés de plagier les Boyz II Men jusqu’à leur prononciation de mots français ? Sérieux, il y a un accent spécifique à Noisy-Le-Sec où, si tu ne prononces pas sucreÿ, tu te prends une balle dans la tête ? C’est quoi le projet ? Prévenez-moi que je n’y passe plus en 143 ! Bref, un grand moment entre la rigolade et la circonspection.

Version internationale : Spice Girls, Stop

Je n’aime vraiment RIEN des Spice Girls. Cette chanson est tellement… affligeante qu’elle ne mérite même pas la nationalité anglaise. Stop, c’est ce que j’ai dit dès l’introduction.

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2007 : 10 ans après

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Version française : Zazie, Je suis un homme

Non seulement parce que Zazie sait écrire des chansons au top, mais surtout parce qu’elle a réussi à émouvoir le chef d’une tribu reculée de Papouasie-Nouvelle Guinée qui a avoué ne rien comprendre aux paroles, mais qu’il avait compris une dimension émouvante dans la chanson. Bref, le meilleur alliage entre la force mélodique et la frappe des mots.

Version internationale : M.I.A, Boyz

J’ai découvert Kala à retardement – en gros, grâce à Ladies Room, soit deux ans après sa sortie –, mais il est vite devenu un de mes albums lorsque j’évoluais sans entraves sur le bitume parisien. Même si j’ai moins suivi ce qu’elle a fait après M /\ Y /\ (2010), M.I.A. fait que je reste nostalgique d’une certaine époque, quand je sautillais dans la rue.

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Version française : Koxie, Garçon

Certes, c’est la première chanson qui nous a sensibilisées au harcèlement de rue, mais 10 ans après, j’ai l’impression que Laure Cohen de son vrai nom a voulu jouer à qui pissait le plus loin. D’où l’aspect agaçant de la chanson que je dénonçais déjà à l’époque. Bref, elle a bien fait d’abandonner le rap game pour se lancer dans la matinale format ado sur Virgin.

Version internationale : Mika, Grace Kelly

Ceux qui disent que le chanteur libano-américain avait le potentiel pour devenir aussi énorme que Freddie Mercury ont raison, vraiment. Sauf que, dès le début de sa carrière, il a gâché son potentiel en faisant par exemple ce genre de sucrerie. D’autre part, je pète un plomb dès que j’écoute Life in Cartoon Motion pour cause d’écoute répétée et intempestive au sein d’une collocation rennaise en mai 2007. J’avais l’impression que les filles qui m’accueillaient n’avaient qu’un seul disque qui tournait toute la journée. Agaçant.

*

Bref, bonne année 2017, qu’elle puisse vous apporter la santé (car c’est important, la santé) et la paix. A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

 

 

2016, année culturelle #2 – Objets musicaux

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c-bardPuisque mon année culturelle a été beaucoup plus élaborée que je ne l’aurais pensé – ou alors je me sous-estime en termes de critique culturelle autre que musicale –, le temps est donc venu de parler de l’objet culturel dont je suis le plus friande, la musique. Encore une fois, je n’ai pas eu l’impression que cette année n’a pas été aussi passionnante que je ne l’aurais voulue, mais elle reste un bon indicateur de mon niveau de vie à un moment donné.

Si je résume l’année 2016, je dirai que je me suis de plus en plus assimilée musicalement au Mari. Je lui fais encore des infidélités, mais force est de constater que, au même titre que je lui fais enfin confiance dans notre couple, je me suis enfin laissée happer musicalement par lui – ou peut-être lui par moi, je n’en sais rien et c’est bien ça qui m’amuse. On dit que l’amour dure trois ans, je pense qu’au contraire, l’amour véritable arrive au bout de trois ans si je m’en réfère à ma relation avec le Mari. Nous sommes donc devenus quasi-fusionnels musicalement et je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle.

Le problème est donc que je ne m’intéresse presque plus à la nouvelle garde musicale. Je la trouve insipide par rapport à ce que j’écoute habituellement. Si je me suis intéressée à des albums sortis en 2016, c’est par des personnes bien installées dans le métier – en gros, au-dessus du 2e voire du 3e album. Quelle tristesse que je ne m’émeuve plus de la nouvelle création comme j’avais l’habitude de m’émouvoir dans ma jeunesse. Bref, je suis vieille, j’écoute des trucs de vieux et mon blog ne sert plus à rien.

*Cette jérémiade est sponsorisée par Radio Dépression qui vous offre ce moment de grande souffrance*

Une fois cet état de fait assumé, voici donc un bon résumé de mon année 2016.

*

2016, année mortelle

En 2016, il y eut des musiciens morts. A en chier. En date du 27 décembre 2016, date à laquelle j’écris cet article, nous venons d’apprendre la mort de George Michael le 25 et du combo Carrie Fisher/Claude Gensac le jour même (ce sont des actrices, certes, mais cette vague impression que 2016 est le fossoyeur de la pop-culture). C’est un fait : tant en termes d’attentats, de crimes contre l’humanité ou de malices de la vie envers les musiciens qui ont vécu un peu trop passionnément les années 1970 et 1980, 2016 n’a rien pardonné. Si je réagissais comme mon moraliste de Mari, je dirais qu’ils sont morts comme ils ont vécu. Sauf que si la condition humaine était morale, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue, ni la musique d’être composée. Ciao les artistes, et merci d’avoir donné au monde la capacité de voir autre chose que la réalité.

Michel Delpech (26 janvier 1946–2 janvier 2016)

Décédé à l’aube de ses 70 ans, sa mort a commencé la psychose française sur les Michel connus (puisque Michel Galabru lui a emboité le pas quelques jours plus tard). Un grand pan de la culture française des années 1970 vient de partir et cela rend triste. Ca rend triste comme le tonton qu’on aimait bien et qui nous racontait des souvenirs quand on était gosse. C’est exactement l’effet que m’a fait la mort de Michel Delpech.

David Bowie (8 janvier 1947–11 janvier 2016)

Je pense que chaque homme sur cette Terre se rappellera de ce qu’il fera ce 11 janvier 2016 à 8h heure française comme je pense que beaucoup de personnes se rappelleront de ce qu’elles ont fait le 8 décembre 1980 vers 23h heure de New-York. Personnellement, j’écoutais Oüi FM, j’étais fébrile face à la rumeur qui s’amplifiait, et j’ai tellement pleuré lorsque le couperet est tombé que j’en ai raté l’arrêt de bus pour le travail. J’ai ensuite pleuré toute la journée durant. Ca va faire un an, je ne réalise toujours pas ce qui s’est passé. Et je crois que je ne réaliserai jamais.

Prince (7 juin 1958–21 avril 2016)

A l’instar de David Bowie, je refuse de réaliser qu’un des plus grands créateurs américains du dernier quart du XXe siècle ait pu mourir. Je ne sais pas pourquoi. C’est comme si je refusais de grandir, de réaliser que le temps passe et que toute chose est vouée à disparaître. Même pour des décès qui m’ont touchée personnellement, je n’ai pas été autant dans le déni. A croire que je finis par détacher la musique de son créateur pour la croire éternelle, et ça, c’est grave. Ou pas. Je n’en sais rien, tellement la mort de Prince me provoque un mélange de sentiments contradictoires.

Leonard Cohen (21 septembre 1934–7 novembre 2016)

Le monsieur a eu l’élégance de partir comme il vécut : discrètement, sans un bruit. Sa mort ne s’est ébruitée qu’à la faveur des héritiers qui ont préféré attendre la fin de sa cérémonie d’enterrement pour communiquer la nouvelle. Et c’est par un matin brumeux, comme tout 11 novembre, que j’ai vu ma timeline s’épancher sur cette nouvelle perte cruelle. J’aimerais imaginer qu’il est parti dans la paix et dans la joie, après avoir partagé une dernière fois son amour pour son éternelle muse, Marianne Ihlen, qui lui avait montré le chemin quelques semaines plus tôt.

Léo Marjane (26 août 1912–18 décembre 2016)

Je viens d’apprendre la mort récente d’une chanteuse que mes grands-mères ont pu kiffer comme les adolescentes kiffent Tal en 2016. Alors que Berthe Sylva et Lucienne Delyle sont mortes il y a des lustres, Léo Marjane s’est payé le luxe d’être centenaire et de s’être fait une jolie retraite en épousant un baron de Ladoucette. Comme pas mal de stars françaises des années 1930-1940, elle s’est exportée aux Etats-Unis en enregistrant avec les plus grands noms du jazz, mais surtout, elle a été accusée de collaboration avec les Allemands (Mais enfin, mon second mari était résistant, j’étais de bonne foi !). Bref, un sacré destin passé sous silence.

George Michael (26 juin 1963–25 décembre 2016)

Décidément, 2016 aura payé un lourd tribut à l’univers pop dans lequel j’ai grandi. Si le Mari et moi-même restons persuadés que la plus grande chance de sa carrière aurait été de reprendre la place de Freddy Mercury au sein du groupe Queen, en témoigne la version de Somebody to Love qu’il a interprétée pour le concert en l’hommage de Mercury à Wembley. Nous pensons également que la plus grande injustice qu’il ait subie – et qui a selon nous brisé son élan artistique et sa notoriété – a été son outing forcé au milieu des années 1990. Certes, on se demande en regardant le clip de Wake Me Up Before You Go-Go comment le monde a pu pensé sérieusement qu’il était hétéro – peut-être parce qu’Andrew Ridgeley, au look bien moins viril, vit en l’occurrence avec une ancienne Bananarama –, mais George Michael aurait mérité un autre traitement médiatique à partir des années 2000.

*

2016, des retours fracassants (ou pas)

The Stone Roses

Si le retour des Stone Roses perturbe le Mari au plus haut point, tant il provoque des sentiments mélangés dans sa tête, j’ai l’impression que rien n’a changé depuis 1994 lorsque j’écoutais ce genre de son anglais avec ma sœur. Personnellement, je trouve que mon adolescence est hype et ça rassure l’adulescente de presque 34 ans qui refuse de prendre plus de responsabilités liées à l’âge adulte qu’elle n’en a actuellement (boulot stable, appartement dans quartier tranquille, déclaration commune pour les impôts). Le Mari est bouleversé pour plusieurs raisons :

  • Si album il en résulte (et on n’en voit pas l’ombre arriver), il se pourrait que le Messie Lee Mavers sorte de sa tanière et enregistre ce deuxième album tellement attendu, et il craint de ne pas le supporter émotionnellement.
  • Pourquoi Oasis, Blur, Elastica, Radiohead, Supergrass, tout le bordel, si les Stone Roses en viennent à refaire le même son que le deuxième album ou à faire le même son que tous ces groupes qu’ils ont influencés ?

Nada Surf

Curieuse carrière que celle de ce groupe américain. En effet, depuis 1993, les compositions des trublions New-Yorkais francophiles semblent être touchées par la grâce à peu près tous les dix ans. Après Popular (1996) et Always Love (2005), c’est l’album You Know Who You Are avec les singles Cold To See Clear et Out Of The Dark qui semblent être sollicités par le public. Out Of The Dark a également été élue chanson de l’été, lorsqu’il m’a fallu trouver une chanson pour me motiver à finir mon année dans mon ancien établissement.

Louise Attaque

Après les Innocents en 2015, c’est un autre groupe iconique de la France des années 1990 qui revient en 2016. Même si on a l’impression que Gaétan Roussel a vampirisé le groupe qu’on a l’impression que Tarmac et ses projets personnels peuvent se confondre avec ce premier avatar, le chanteur a justement suffisamment évolué dans sa science de l’orchestration et de la mélodie pour ne pas faire de Louise Attaque un gimmick purement nostalgique de nos soirées de jeunesse. Résultat : Gaétan Roussel serait arrivé à faire la même chose tout seul, mais le fait de retrouver les copains de ses débuts et de les faire évoluer dans le même sens que lui donne aux nouvelles compositions un supplément d’âme.

The Rolling Stones

Non content de concevoir son 8e enfant et de l’assumer, Mick Jagger a estimé que lui et ses copains avaient assez la santé pour faire un disque de blues comme dans les temps anciens. Si c’est le cas pour le chanteur facétieux, ce n’est justement plus le cas du reste du groupe qui est en train de mourir sur place, ou du moins de faire le minimum syndical. C’est moche, très moche, d’autant que ce n’est pas la première fois dans l’année 2016 que je me dis que certaines vieilles gloires feraient mieux de raccrocher au lieu de tourner en sous-régime. Même sur les inédits de GRRRRR !!!! en 2013, ils étaient encore percutants.

Red Hot Chili Peppers

En 2016, il est donc admis que le groupe californien en roue libre depuis Stadium Arcadium (2004) fasse du funk, joue sans lead guitar digne de ce nom, se fasse produire par un producteur d’electro et continue de faire carrière comme si de rien n’était. Je crois que cela me choque davantage que l’effondrement de tout un pan de la culture pop des années 1970 et 1980 par le décès de ses acteurs. 2016 nous aura horrifié jusqu’à la lie.

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2016 en 5 albums express

David Bowie, Blackstar

J’ai donc eu la chance de l’écouter avec le mari ante-mortem, soit dès le 8 janvier 2016 au soir. Je n’ai donc pas eu la « chance » de l’écouter avec l’affect avec lequel beaucoup trop de personnes l’ont écouté par la suite. Que dire de mes sensations à la première écoute, à mon sens la plus importante ? Je me suis sentie comme hébétée, comme prise de sensations contradictoires, entre la stupéfaction, l’incompréhension et l’épiphanie. Bref, un dernier album comme on aimerait beaucoup en écouter pour réaliser la valeur de la vie d’une personne.

Eric Clapton, I Still Do

Deuxième vieille légende – Dieu, quoi – dont je me dis qu’il est temps qu’elle raccroche en 2016. Car je ne peux pas me contenter du minimum syndical, tant par la voix que par le jeu de guitare, avec forces orchestration pour essayer tant bien que mal de soutenir le bouzin. Rico, je ne suis pas contente. La prochaine fois, fais du blues, mais essaie au moins de ne pas t’entourer autant si tu es encore un homme et pas un mec bon pour l’hospice, ce que je te soupçonne d’être au final.

The Last Shadow Puppets, Everything You’ve Come To Expect

8 ans après le dernier album du projet, entre la carrière solo de Miles Kanes et Alex Turner qui fait le kéké avec The Arctic Monkeys, le Mari s’est jeté sur le CD comme la vérole sur le bas-clergé. Il est vite devenu son 2e album fétiche de 2016 et je partage ardemment son avis. Nonobstant l’avis de connerie persistante concernant Alex Turner relayée par une journaliste échaudée par des allusions sexuelles, la fusion entre les deux trublions fait plaisir à voir et à entendre.

Jake Bugg, On My One

Drôle d’album que le troisième de ce jeune homme pour lequel le Mari et moi-même portons beaucoup d’affection – peut-être pour son sens du partage avec les journalistes et le public, just kidding. En effet, non content d’instiller les influences déjà présentes dans le premier album éponyme (2012) et dans Shangri-La (2013), il a décidé d’innover un petit peu, d’une part, en s’affranchissant du patronage de Noel Gallagher, et d’autre part, en injectant un peu plus de blues et de sonorités urbaines. Ce troisième album aurait pu ressembler à de la mélasse, mais chaque titre est cohérent et l’ensemble est très équilibré, quoi que peu accessible au commun des mortels. Peut-être parce que le petit se livre sans filtre et que les émotions qu’il envoie peuvent heurter.

La Femme, Mystère

Immense déception que ce deuxième album qui abandonne la dimension gracieuse de Psycho Tropical Berlin (2013) pour s’installer dans des dimensions de poseur, comme tout bon groupe français d’ambition underground qui se retrouve avec du succès. Je me suis ennuyée, j’en ai même pleuré tellement je me suis mordu les doigts d’avoir acheté cette soupe insipide.

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2016 en 10 chansons

Sachant que je suis passée à côté de tous les phénomènes musicaux mainstream de 2016 – Charlie Puth, Maître Gims, Nekfeu, etc. –, ma playlist sera très subjective et ne représentera 2016 que pour un public limité.

Les nouveautés

Ridsa – Là c’est die (2015)

Passer une année scolaire avec cette chanson dans la tête équivaut à une dizaine d’années en hôpital psychiatrique en termes de traumatisme. Alors profiter d’un recoin discret de l’établissement pour hurler Ouais j’m’enjaille, jaille, jaille, là c’est die die die… parce que ça te trotte dans la tête sans discontinuer entre 8 et 17h… J’ai bien fait de quitter cet établissement définitivement.

Jain – Makeba (2015)

Dans un monde parfait où exploser gratuitement la gueule des gens qui nous énervent sans raison valable serait fortement recommandé, cette brave Toulousaine ferait partie de la charrette. Je m’excuse de tant de cruauté la concernant – si ça se trouve, c’est une meuf super chouette et on deviendrait super copines dans un monde parallèle –, mais tant sa tête que sa musique me donnent des envies de meurtre. C’est d’autant plus irritant que cette chanson a été over utilisée comme illustration publicitaire. Irritant, vous dis-je.

Kings Of Leon – Waste A Moment (2016)

Vous connaissez ma propension pour certains sons bien bourrins. C’est pour cette raison que je suis très contente du retour de Kings Of Leon dans un single mélangeant la brutalité californienne, de beaux accents new-wave et beaucoup de sonorités épiques.

The Temperance Movement – White Bear (2016)

Cela ne m’étonne pas. Si tu ne m’avais pas dit le nom du groupe, j’aurais pensé à du Roger Taylor [NDLR batteur de Queen qui a aussi fait une carrière solo intéressante], tels sont les propos du Mari lorsque j’ai annoncé la nationalité du groupe – anglaise, en l’occurrence. Après avoir sorti un premier album éponyme en 2013 qui leur a permis de faire la première partie des Rolling Stones en Europe en 2014, les cinq Londoniens se font connaître en France avec leur deuxième album, White Bear – d’où est tiré l’extrait – et en faisant la première partie des Insus durant la tournée 2016.

Rag’N’Bone Man, Human (2016)

Si je ne devais choisir qu’une seule chanson pour résumer tout ce que j’ai pu ressentir, vivre, espérer, haïr, aimer durant cette simple année 2016, je pense que cette chanson est assez puissante pour concentrer tous ces moments de vie.

Les vieilleries

William Sheller, Les Miroirs dans la boue (1987)

A la faveur de l’intégrale de l’artiste offerte par le Mari pour mon anniversaire suite à un caprice, j’ai pu lui faire revivre un joli souvenir d’éducation musicale. De toute façon, il était écrit que je devais m’intéresser de près en 2016 au répertoire de William Sheller, tant par le nombre de ses chansons diffusées sur Nostalgie que par l’évolution des sentiments que je vis pour le Mari.

Véronique Sanson, Vancouver (1976)

J’ai déclaré en janvier 2016 que cette chanson était LA chanson française de 1976 qui méritait d’être écoutée quarante ans après. Force est de constater que j’ai suivi cette préconisation jusqu’à la lie et à l’interprétation en karaoké.

Gene Clark, No Other (1974)

Brandie comme une menace par le Mari depuis le début de notre couple, l’exégèse Gene Clark me laissait une part d’appréhension quant à sa réalisation. Après coup, je découvre un univers très riche qui ne se cantonnait pas à country-folk qu’on a pu lui connaître avec les Byrds. Le Mari, s’engouffrant dans la brèche, en a également profité pour me faire connaître Roger McGuinn – autre grand artisan des Byrds – dans ses projets solo.

Crosby, Stills, Nash & Young, Carry On/Questions (1970)

Si on a l’habitude de dire de ce supergroupe que David Crosby (ex-Byrds), Graham Nash (ex-Hollies), Stephen Stills et Neil Young (ex-Buffalo Springfields) ont passé davantage de temps à se foutre sur la gueule qu’autre chose, l’album Déjà-Vu (1970) que le Mari s’est procuré en amont de notre mariage est un exemple d’union, d’équilibre et d’harmonie. C’est quand même assez incroyable pour des mecs à l’ego surdimensionné et au foie aussi résistant.

Petru Guelfucci, Corsica (1993)

Entre la célébration de la fin du cycle de la jeunesse éditoriale chez le Mari et le mariage de ma meilleure amie, 2016 aura été une évocation de la Corse à bien des niveaux. A défaut d’y être déjà allée, j’ai donc continué à la fantasmer ou à la vivre par procuration.

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J’en profite pour vous souhaiter les meilleurs vœux pour 2017 qui, je l’espère pour moi, sera placée sous le signe du changement en termes d’écriture. M’enfin, la dernière personne qui a voulu à vouloir incarner une forme de changement en est venue à scléroser une nation, il vaudrait mieux donc que je me taise. Malgré tout, essayez de survivre à 2017 et à bientôt pour de nouvelles aventures musicales.