Typologie de marches nuptiales, vol. 2 – partie 1

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mariage-kate-william1-500x375Il y a à peu près deux ans, j’ai déjà fait un article à propos des marches nuptiales. A l’époque, je ne m’étais penchée que sur les musiques accompagnant les cérémonies catholiques. Depuis, deux choses m’ont amenée à réfléchir sur la musique dans les cérémonies civiles ou autres.

  • En 2008, lorsque j’étais stagiaire, j’ai contribué à la publication du Guide du mariage civil d’Antoine d’Audiffret aux éditions de l’Atelier, dont j’avais déjà parlé à l’époque.
  • Je me suis mariée civilement récemment. Et la mairie où je me suis mariée intégrait la personnalisation de la bande-son. Etant donné que le Chevalier avait certains rêves de gosses (car entre nous deux, c’est lui, la petite fille qui rêvait du mariage de princesse), il s’en est donné à cœur joie avec les plus grands titres « romantiques » de la brit-pop.

Hier soir, j’ai discuté avec une vieille connaissance blogueuse que je n’ai jamais rencontrée, mais avec laquelle on discute depuis plusieurs années. Elle-même se marie cette année en faisant comme moi deux cérémonies : une cérémonie civile et une cérémonie laïque. Elle-même a décidé d’illustrer cette deuxième cérémonie avec des musiques assez géniales.

Même dans les cérémonies catholiques françaises, on cède de plus en plus à la tentation anglo-saxonne de virer Bach et Mendelssohn des cérémonies, comme je l’ai déjà montré. Et comme on se marie de moins en moins religieusement, la mairie a tendance à intégrer de plus en plus les aspects pompeux qui faisaient le charme des mariages religieux d’antan. Ma discussion d’hier soir m’a menée aussi sur la piste des cérémonies laïques, où on peut exprimer sans contraintes de cadre religieux ou civil son amour, mais où on a envie quand même de symboliser son amour par des textes et de la musique.

Voici donc ma petite sélection à vous qui voulez pimenter vos cérémonies de mariage cet été, en 10 ambiances proposées. Je vais donc faire cet article en deux parties, étant donné que j’ai beaucoup d’idées et que ça risque de vous prendre beaucoup de temps à lire en une seule fois.

Le mariage brit-pop de la grande époque

Je vous le dis tout de suite : c’est ce que nous avons adopté avec le Chevalier pour le mariage civil. Ca a été d’ailleurs une source de gag chez nos invités, surtout chez la famille et les invités de mon tendre époux, du genre Putain, t’as quand même pas osé ? Pourtant, depuis le début de notre relation, il me disait qu’il voulait que je sorte de la mairie sur There She Goes des La’s (1988) et surtout pas sur sa reprise bien plus connue de Six Pence None the Richer. Et pour pousser le délire un peu plus loin, nous avons osé Wonderwall d’Oasis (1995) à l’entrée. So cliché.

C’est pour qui ? Les vieux ados de la classe moyenne cultivée (comme moi et le Chevalier). Nés dans les années 1980, ils se pâment sur tout ce qui est anglais ET ce qui leur semble qualitatif depuis leur enfance : les Monty Pythons, Dr Who, la famille royale… et évidemment la musique (brit-pop, new-wave, electro en presque tout genre, etc.). Mais plus encore que la culture des années 1960 (dont je vais parler plus tard et qui représente un niveau supérieur de culture pour cet avatar), la culture anglaise des années 1990 a servi de puissant référent identitaire chez ces adolescents.

Exemples : outre ce que j’ai balancé au début de la démonstration, et sous contrôle du Chevalier (bien plus inspiré que moi), voici quelques chansons que vous pouvez vous-même réutiliser si tel est votre sensibilité.

The Verve – Lucky Man (1997)

Discussion entre le Chevalier et moi :

  • C’est ma chanson préférée de The Verve
  • C’est la mienne aussi…
  • J’aurais tellement voulu entrer dessus… D’ailleurs, pourquoi on ne l’a pas mise ?

La vie est une question de priorité.

Blur – Tender (1999)

Un peu moins évident à placer dans un mariage mainstream, mais si vous voulez quelque chose de réellement original et brit-pop, vous tapez à la bonne porte.

Le mariage grunge

Cette proposition d’illustration de mariage vient du Chevalier lui-même, parce que, personnellement, je n’y aurais pas pensé. Je ne renie certes pas mes cheveux gras et les chemises à carreaux que je portais, mais, à titre personnel, le mariage doit supporter un minimum de glamour. Mais j’avoue que mon mari, par les exemples qu’il donne, a bien saisi qu’il fallait apporter une dimension d’épique et de romantisme à la playlist. Je lui dis bravo.

C’est pour qui ? Pour les mêmes personnes que précédemment, mais qui ont décidé de construire leur vie sur le même mode dépressif et torturé que leurs atermoiements adolescents. Ou pour les nostalgiques des chemises à carreaux et des jeans troués.

Exemples

Guns’n’Roses – November Rain (1992)

Le Chevalier infirme ce choix, dans la mesure où ce n’est pas du grunge. Dans la mesure où j’ai traîné en classe de quatrième-troisième avec les mecs les plus métalleux et grungeux de la région (en collège privé, ouais ma gueule) et qu’ils rêvaient tous du même mariage que dans le clip, ceci est la raison de mon choix. Et comme dirait ma sœur lorsqu’elle veut préparer une cérémonie religieuse pour la famille : C’est non-négociable.

The Smashing Pumpkins – Tonight, Tonight (1995)

Ce choix de chanson est extrêmement judicieux : elle est épique et romantique, tout en intégrant les codes musicaux du grunge. C’est la chanson qu’on peut mettre lorsqu’un des conjoints est intransigeant sur l’ambiance musicale et que l’autre freine des quatre fers. Autrement dit : un bon compromis de grunge light.

Nirvana – Heart-Shaped Box (1993)

Ceci est la vraie chanson de puristes qui ne veulent pas faire de concessions. En réalité, elle a pour but premier de faire chier les belles-mères, ce qui fera beaucoup rire les personnes aussi cyniques que des grunge revendiqués au-delà de 15 ans. Une version alternative de ce choix serait About A Girl (1991), mais version unplugged.

Le mariage Swinging London et assimilés

Alias notre propre choix d’ambiance musicale pour la cérémonie religieuse. Parce qu’autant que l’Angleterre des années 1990, celle des années 1960 est une source de fascination et d’inspiration pour notre couple (sans déconner). Ce n’est pas pour rien que depuis presque deux ans, je me tape une exégèse en règle des Fab Four et que l’un de mes bandes originales cultes est celle de Good Morning England. Je dis Swinging London et assimilés, puisque dans notre cas, notre musique d’accompagnement se tournera davantage vers le pendant américain du mouvement (je vous laisse imaginer, merde).

C’est pour qui ? Pour les personnes qui ont reçu la musique de leurs parents adolescents en héritage. Ou les tarés de l’Angleterre 90’s qui veulent creuser en amont. Ou les personnes qui se sont rencontrés à une Surpat’. Ou les nostalgiques des Trente Glorieuses allergiques au yé-yé.

Exemples : Evidemment, vu le contexte de libération amoureuse qu’était l’époque, des exemples, il y en aurait à chier, ce pourquoi il s’est avéré trèèèès difficile de vous faire une sélection.

Procol Harum – A Whiter Shade of Pale (1967)

On est limite à la fin de la période du Swinging London qui sera bientôt remplacé par le Flower Power. Mais avec cette chanson, on reste dans une certaine forme de gnan-gnan inhérente aux cérémonies de mariage toutes formes confondues, et en plus, avec l’inspiration bachienne, on se place là dans la cérémonie traditionnelle. Un choix très consensuel, au final.

The Yardbirds – For Your Love (1965)

Une chanson plus énergique, plus dans l’esprit de la période, mais qui ne s’adapte pas à toutes les cérémonies, du fait de cette énergie qui tranche totalement avec le côté solennel. A éventuellement envisager pour la sortie, pour partie sur une note plus festive.

The Beatles – Here, There and Everywhere (1966)

Avoue, lecteur, que tu attendais la bave aux lèvres que je te cale un morceau des Fab Four depuis le moment où j’ai commencé à parler du Swinging London. Ce morceau composé par Paul McCartney a l’avantage d’être moins gnangnan que certains morceaux de la première période (Elle t’aimeuh ouaiiiis ouaiiiis ouais !) et moins psyché/instrumentalement chargé que certains morceaux de la seconde période.

Le mariage Flower Power et assimilés

Suite logique du type d’ambiance précédemment cité, l’ambiance musicale Flower Power se prête au romantisme suranné de l’institution du mariage. C’est également la bande-son idéale pour les cérémonies laïques placées sous le signe de la nature, de l’harmonie et des philosophies new age. Bref, si je n’étais pas catholique – et encore, beaucoup de cantiques que j’ai choisis ont été écrits dans un contexte hippie, sauf que chez nous, on appelle ça le mouvement charismatique –, encore à l’heure actuelle, j’aurais peut-être quarante-cinq ans de retard, mais cela m’aurait beaucoup inspiré sur le plan philosophique.

C’est pour qui ? Pour les enfants qui ont été élevés dans des communautés hippie et qui en revendiquent l’héritage – c’est-à-dire pas grand-monde en vérité. Pour ceux qui ne s’en sont pas remis quand le revival Woodstock est passé dans les années 1990. Pour les militants de la cause tibétaine et des Indiens du Chiapas. Et pour ceux qui fleurissent la tombe de Jim Morrison au Père Lachaise.

Exemples

Tim Hardin – If I Were a Carpenter (1967)

Soit vous êtes super au fait de la variété internationale et vous connaissez davantage la version de Johnny Cash et June Carter (1970). Soit vous êtes calé sur la chanson française et vous connaissez la version de Johnny Halliday en plein délire christique (1970) – c’était son interprétation du Flower Power, prière de ne pas lui en vouloir. Mais cette chanson, si elle ne paraît pas très Flower Power dans l’optique du grand public, reprend pourtant les plus grandes thématiques : musique folk et pacifiste, discours imagé sur l’amour et les relations humaines… Personnellement, ma chanson de référence.

The Fifth Dimension – Aquarius/Let the Sunshine In (1969)

Medley de deux chansons tirées de la comédie musicale Hair (1967), je préfère cette orchestration à l’originale, qui présente moins de dynamisme. J’imagine très bien, après l’échange des vœux, une espèce de ronde avec tous les invités à la cérémonie sur cette chanson. Quand je vous dis que j’aurais tellement pu être une sale babos.

Janis Joplin – Piece of My Heart (1968)

N’oublions pas non plus le côté très rock et parfois très tourmenté de ce que peut être le Flower Power. Si la chanson a été interprété en premier lieu par Erma Franklin – sœur d’Aretha – en 1967, sa reprise par Big Brother and the Holding Company, avec l’amie Janis au chant, l’année suivante, en a fait une chanson de blues comme jamais on n’en fera plus. A réserver aux cérémonies plus « déglinguées » que les cérémonies illustrées par les précédentes chansons.

Le mariage soul

Je sais que je fais plaisir à plusieurs personnes fidèles de mon lectorat – Rose H. et la Siamoise pour ne pas les citer – en proposant ce genre d’ambiance pour un mariage réussi. Comme pour le Swinging London, pour peu que vous trouviez des célébrants assez ouverts, les ressources de la Motown, de la Stax et de Def Jam Records sont juste sans limites.

C’est pour qui ? Je m’adresse encore une fois aux nostalgiques de années 1960, mais côté musique afro-américaine. Je dis bien les années 1960, voire 1970, parce que sinon, je vous aurais collé Say You, Say Me de Lionel Richie, et je veux sincèrement vous épargner un mariage tartignolesque. Restons tout de même dans une limite de ce que je considère être le bon goût.

Exemples

Stevie Wonder – I Was Made To Love Her (1967)

Cette chanson est une contribution spontanée du Chevalier lorsque j’ai commence à parler d’ambiance pour un mariage soul. Outre le fait qu’il ait enregistré ce titre à l’âge de 17 ans, cette chanson pose déjà le style du bonhomme. Alors que d’autres chanteurs de soul peuvent en arriver à faire de la soupe, Stevie Wonder reste classe en toutes circonstances. Même quand il chante Cherie Amour.

Bill Withers – Lean On Me (1973)

Alors oui, quand Bill Withers chante ceci, la chanson prend davantage le sens du témoignage d’amitié ou de la relation entre Dieu et chaque homme. Mais quand tu arrives à méditer sur ces paroles concernant ton couple, c’est que tu as beaucoup avancé sur la construction de ton avenir avec ton conjoint. Dans ce cas, certes, votre avenir ne sera pas radieux, mais vous vous serez déjà entraînés à traverser les épreuves ensemble.

The Supremes – You Can’t Hurry Love (1966)

Si vous vous sentez l’âme d’un troll au point de martyriser vos demoiselles d’honneur à la mode américaine ou toute personne qui espère se caser à votre mariage, voici la chanson idéale. Ce titre fera aussi votre bonheur si vous vous mariez après 40 ans, alors que tout le monde avait perdu espoir de vous marier un jour.

Rendez-vous dans les prochains jours pour de nouvelles suggestions de marches nuptiales encore plus délirantes…

Song’s Story’a #10 : Don’t Leave Me This Way

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Harold_Melvin_y_The_Blue_Notes-Wake_Up_Everybody-FrontalAujourd’hui, dans la série Song’s Story’a, nous allons nous attaquer à un mastodonte du dancefloor, mais dont les véritables origines sont pourtant méconnues de tous. Que vous ayez arpenté les pistes de danse à la fin des années 1970 ou au milieu des années 1980, je vous préviens tout de suite, vous n’avez jamais dansé sur la version originale du titre.

Sachez également que Don’t Leave Me This Way est également une chanson originale de Tina Turner sortie en l’an 2000 et n’a rien à voir avec la composition dont je vais vous parler aujourd’hui.

La version originale : Harold Melvin & The Blue Notes (1975)

Don’t leave me this way                    
I can’t survive, I can’t stay alive
Without you love, oh baby
Don’t leave me this way
I can’t exist, I will surely miss
Your tender kiss
So don’t leave me this way

Oh baby, my heart is full of love and desire for you
So come on down and do what you’ve got to do
You started this fire down in my soul
Now can’t you see it’s burning, out of control
So come down and satisfy the need in me
Cos only your good loving can set me free
Don’t leave me this way
I don’t understand how I’m at your command
So baby please don’t leave me this way

Don’t leave me this way
Cos I can’t exist
I will surely miss
Your tender kiss
So don’t leave me this way

Oh baby, my heart is full of love and desire for you
So come on down and do what you’ve got to do
You started this fire down in my soul
Now can’t you see it’s burning, out of control
So come down and satisfy the need in me
Cos only your good loving can set me free

Don’t leave me this way
I can’t survive, I can’t stay alive
Without you love, oh baby
Don’t leave me this way
I can’t exist, I will surely miss
Your tender kiss
So don’t leave me this way

Oh baby, my heart is full of love and desire for you
So come on down and do what you’ve got to do
You started this fire down in my soul
Now can’t you see it’s burning, out of control
So come down and satisfy the need in me
Cos only your good loving can set me free

A l’origine, donc, cette chanson a été composée par Kenneth Gamble, Leon Huff et Cary Gilbert, les deux premiers larrons étant les fondateurs du label Philadelphia International en 1971. Pour enregistrer cette première version, ils font appel à un groupe de Philadelphie existant depuis le début des années 1950, Harold Melvin and the Blue Notes, qui viennent de changer de leadsinger en la personne de Teddy Pendergrass. Incluse sur l’album Wake up Everybody (1975), la chanson n’a pas été présentée en tant que single, ce qui est fort dommageable, au regard du succès qu’elle aura ne serait-ce que deux ans plus tard avec une autre interprète.

Les autres versions

Thelma Houston (1977)

Si la légende de la Motown s’est faite essentiellement dans les années 1960, il ne faut pas croire que le label est resté les bras croisés par la suite (par respect pour Stevie Wonder, Diana Ross, Lionel Richie ou les Jackson Five). Comme un vieux réflexe de la décennie précédente, les producteurs se sont dit : Tiens, un truc à dimension tubesque et pas exploité à sa juste valeur ? Mmmmm… Ils ont donc fait appel à une artiste maison qui n’avait pas le succès d’un Marvin Gaye à l’époque – bien qu’au départ, la chanson devait être attribuée à Diana Ross. Et là, c’est le jackpot : le single devient n°1 dans plusieurs pays, dont les Etats-Unis, et la prestation est gratifiée d’un Grammy Award de la meilleure prestation vocale R&B féminine en 1978. Ce n’est pas pour autant que la suite de la carrière de Thelma Houston sera mémorable, victime qu’elle est de n’avoir pas su s’émanciper comme d’autres du système Motown. Pour tout vous dire, j’étais persuadée jusqu’à l’élaboration de cet article que cette version, d’une part, était l’originale, et d’autre part, qu’elle était interprétée par Donna Summer.

Jeanie Tracy (1985)

Autre avatar de chanteuse totalement méconnue dont on veut « lancer » la carrière avec une reprise, la pauvre chanteuse de gospel d’origine texane est tombée sous la coupe de Sylvester, qui lui-même ne s’est pas fait connaître par et pour autre chose que You Make Me Feel en 1978. Dans ce cas précis, cela ne lui a pas tellement réussi, mais il se trouve que cette version ressemble beaucoup à celle qui connut davantage de succès l’année suivante.

Jimmy Sommerville and the Communards (1986)

En bonne enfant des années 1980 et party girl précoce, c’est évidemment avec cette version que j’ai connu la chanson. Après son départ de Bronski Beat (avec lequel il avait fait le tube Smalltown Boy en 1984), Jimmy Sommerville forme avec le pianiste classique Richard Coles The Communards entre 1985 et 1988. Avec la reprise de Never Can Say Goodbye (chanson des Jackson 5, mais popularisée par Gloria Gaynor), Don’t Leave Me This Way a permis au duo de marquer durablement les esprits des années 1980, si bien qu’à l’heure actuelle, c’est ce qu’on réclame le plus à Jimmy Sommerville lorsqu’il se produit en solo.

Bonus Track : Sylvie Vartan (1977)

Hé oui, je vous ai même dégoté une version française ! Qui d’autre que Sylvie Vartan, reprenant la tradition des yéyés pour l’adapter au disco à la française, aurait pu se le permettre ? Malgré tout, cette version n’a pas fait l’objet d’un single. Le seul témoignage que l’on ait donc de cette version française est l’enregistrement du spectacle d’octobre 1977 au Palais des Sports. C’est dommage, Bide et Musique ont perdu là une belle occasion !

Si vous avez des chansons à me faire parvenir pour de nouvelles Song’s Story’as, n’hésitez pas à m’en faire parvenir en commentaire.

Du son (pas trop) frais pour le printemps 2015

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tatie-danielle-pourquoi-est-si-mechante-L-1Avoir 32 ans, c’est la plupart du temps écouter des vieux trucs, le plus souvent par nostalgie. J’en vois encore la preuve avec les derniers achats audio du Chevalier, à savoir le best of Ringo Starr et Magical Mystery Tour – le seul mix stéréo des Beatles qui manquait à sa collection déjà pléthorique entre les mixes mono, les mixes stéréo, les anthologies et les pirates gravés. Mais il arrive quelques petites « pépites » un peu oubliées et qui méritent d’être réhabilitées.

En ce moment, mes amis et mon cher et tendre sont à même de me faire découvrir des trucs complètement hallucinants, une bonne partie datant même des années 1970. Peut-être que je fréquente trop de trentenaires. Peut-être que je m’en bats les steaks du départ de Zayn Malik des 1D ou que le nouveau Muse m’insupporte au plus haut point. Mais en tout cas, mes petites découvertes fondantes de ce printemps sentent un peu la naphtaline (qui a dit Comme ton slip ?)

Vous êtes prêts ? Alors allons-y !

Wim Mertens, Struggle for Pleasure (1982)

A cause de la pub SNCF de la fin des années 1980, je me suis prise d’une telle passion pour ce morceau que je suis restée scotchée pendant 25 ans (je ne déconne pas) sur ce morceau. J’étais scotchée parce que je trouvais ça injuste qu’une mélodie si belle et si profonde restait sans référence malgré Internet. Et ce jour béni de novembre 2014, je regardais La France a un incroyable talent. Lors d’une prestation, j’ai reconnu la mélodie. J’ai dégainé mon téléphone en mode Google reconnaissance vocale, et j’ai enfin eu la clé du mystère. Au bout de 25 ans, découvrir le pianiste belge qui se cachait derrière un des morceaux qui a marqué mon enfance, j’en ai pleuré de joie. Merci la reconnaissance vocale, tu es la meilleure invention de l’humanité, quand tu marches bien.

Omega, Gyöngyhajù làny (1969)

Quand le Chevalier ne me traumatise pas avec ses références les plus bizarres, il me fait fondre avec les meilleures références du pays de sa mère, la Hongrie. Après Elsö Emelet (groupe de new-wave qui fait une petite apparition dans le clip de Money for Nothing de Dire Straits), le voilà qui me fait découvrir un groupe de rock psychédélique pour mon anniversaire – tellement culte que ma belle-mère les a vus en concert, et ce n’est pas rien. Omega, donc, tourne depuis 1962 et s’est donc spécialisé dans le prog. Cette chanson a également été soumise à une version anglaise du groupe (Pearls in her hair), elle-même reprise par le groupe allemand Scorpions sous le titre de White Dove en 1995.

Modry Efekt, Ma Hra (1971)

Autre découverte marrante du Chevalier, ce morceau assez funky d’un orchestre de jazz tchécoslovaque (à l’époque), qui se fait appeler Blue Effect à l’international, a rappelé des bons souvenirs à la party girl que j’étais au début des années 2000. Explication en deux vidéos.

Celle-ci date de 2001 :

Celle-ci date de 2003 :

En effet, si ça m’a fait quelque chose d’écouter un obscur groupe de jazz tchécoslovaque, c’est parce le groupe de DJ français One-T, au début des années 2000, a spécifiquement samplé ce morceau sus-cité pour leurs deux principaux tubes : la montée funky entre 1’02” et 1’34” pour Music is the One-T ODC et l’introduction pour The Magic Key. Résultat : la première fois que le Chevalier me l’a passé brut de décoffrage, j’ai chanté spontanément la partie de trompette de la montée funky et j’ai wavé les bras par réflexe pavlovien. Il a dû m’expliquer que c’est grâce aux sites www.samples.fr (je le recommande, vraiment) qu’il a fait cette découverte.

Claudia, Com Mais de 30 (1971)

Ce qui est bien, c’est que j’aime la musique brésilienne dans tout son ensemble. Même Cansei de Ser Sexy et Sepultura, c’est pour vous dire. Donc quand je n’aime pas un artiste brésilien, c’est vraiment qu’il produit de la merde. Là, ce n’est pas le cas. C’est un excellent mélange de bossa nova un peu péchue avec le funk qui commençait à émerger au Brésil au début des années 1970. C’est la continuité de la musique brésilienne qui s’inspire de n’importe quoi pour en faire le meilleur. C’est une découverte de mon cher Tomy Burger–zouk-love-chaton (essayez de le choper sur les Internets, il fait d’excellentes compilations avec, quand il est inspiré, son frère Paul van Eersel dedans). C’est fondant, c’est métissé, c’est comme ça que j’aime le Brésil.

Mestre Ambrosio, Pe-De-Calcada (1996)

On est encore au Brésil, mais avec des sonorités plus traditionnelles, comme le forro et le coco. C’est normal, on se situe plus au nord, et plus exactement à Recife. Là où, au début des années 1990, suite à un rapport sur la paupérisation de la ville de Recife, a été créé le Mangue beat (du nom du marécage où vivaient justement les pauvres parmi les crabes et les déchets industriels), un mélange de toutes les sonorités traditionnelles avec le funk, le rock et la musique électronique. Sous l’impulsion du regretté Chico Science et de son Naçao Zumbi, pas mal de groupes se sont montés dans le nord du Brésil pour redonner une dynamique à un coin qui commençait, selon beaucoup, à se mourir. Mestre Ambrosio fait partie de ces avatars : le groupe a évolué entre 1992 et 2004 sur une formation pagode et nous a offert ce genre de petite pépite.

Je vous laisse, ça m’a fatiguée tout ça, je vais me faire une camomille. A bientôt !

La télévision et les traumatismes enfantins

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Je m’apprête à épouser un homme qui, de par ses références culturelles, a provoqué chez moi – et dans mon entourage familial et amical – un grand nombre de traumatismes. Je revois encore le regard effrayé de ma cousine au repas de Noël quand elle s’est rappelé de l’écoute de Fire des Beach Boys lors de notre pendaison de crémaillère. Elle a tout résumé en une phrase :

  • Nan mais Le Chevalier, il écoute de la musique d’extraterrestre !

Je vous la fais courte : il arrive que je fasse une crise d’angoisse quand Le Chevalier passe un disque, si bien qu’il est maintenant obligé de me prévenir qu’il ne va rien se passer de bizarre dans ce que je vais entendre. Il est vrai que, quand un homme commence votre histoire avec vous en vous faisant découvrir ceci :

(Ce coup-ci, il s’en est tiré avec des traces d’ongles dans l’épaule pendant plusieurs jours)

ou encore ceci :

(le fameux truc qui a crée le malaise à ma pendaison de crémaillère)

ou bien même ceci :

(ça, il me l’a fait découvrir en live sur Arte tard un samedi soir, ce qui a atténué l’aspect anxiogène de la découverte),

une personne normalement constituée lui conseille fortement d’entamer une psychanalyse.

Depuis un certain temps, je m’intéresse dans mon processus d’analyse à mes traumatismes d’enfance et à leurs conséquences. Pour un grand pan de ces traumatismes, il y a évidemment la dimension culturelle et générationnelle. Je me suis aperçue à travers mes discussions et certaines vidéos de Youtubeurs que la culture des années 1980 a laissé des traces profondes dans le psychisme général des trentenaires. Quand on dit que tant le graphisme que la musique de ce qu’on avait l’habitude de regarder enfants nous a tous rendus dépressifs, il y a un peu de ça (même s’il ne faut pas tout imputer à la culture de l’image et du son, c’est très con). A ce titre, je renvoie à cette vidéo du Joueur du Grenier :

et à cette vidéo du Fossoyeur de Films :

Aujourd’hui, je vais m’intéresser à ce média de masse qu’est la télévision et aux peurs qu’il a générées chez moi. Quand j’étais petite, ma mère était persuadée que je n’aimais pas regarder la télévision parce que je m’y faisais chier – alors que ma sœur, à 7 ans, matait des trucs comme V sans souci (et ne s’en porte pas plus mal à 36 ans). Encore aujourd’hui, elle se demande comment il se fait que j’éclate tout le monde à un blind-test spécial télé des années 1980. Maman, je dois t’avouer la vérité : en fait, la télévision ne provoquait pas l’ennui (j’adorais certains dessins animés et j’étais fan absolue du Top 50), mais l’angoisse. En fait, quand je m’en allais d’une pièce où une télévision était allumée, c’est parce que je savais qu’il y avait un truc qui allait me faire peur.

Il faut dire que mon premier souvenir de la télévision et que j’ai encore en tête date de mes trois ans et était effectivement traumatisant pour n’importe qui…

Ma « prise de conscience » de la télévision a commencé donc avec l’horreur, même si je n’avais pas conscience à l’époque de ce que c’était. Autre chose, je ne communiquais pas encore verbalement à l’époque, et par conséquent, comme je ne pouvais pas exprimer mes sentiments face à ce que je voyais, mon entourage n’a pas pu calculer tout l’affect que la télévision provoquait chez moi. En discutant avec le Chevalier, nous nous sommes aperçus que les mêmes choses nous avaient traumatisés l’un et l’autre. Sauf que si ces choses continuent à me provoquer des nœuds dans l’estomac, le Chevalier a, au contraire, recherché dans les « bruits bizarres » et traumatisants de son enfance un peu de réconfort – d’où les musiques que je vous ai diffusées en préambule.

Mais trêve de teasing et d’explication psychanalytique de merde, rentrons dans le vif du sujet.

Si je devais retenir UN truc qui m’a fait flipper dans mon enfance plus que tout à la télévision, c’est ce regard. Il y a une explication très logique : dans certaines formes d’autisme, regarder dans les yeux de son interlocuteur tient lieu de la gageure. Ca fait partie des choses qui demandent le plus d’effort, comme beaucoup d’éléments de communication non-verbale. D’autre part, ce regard se voulait doux et aguicheur, mais je le trouvais réprobateur. J’avais l’impression de voir les yeux de ma mère quand je faisais une connerie. Bref, j’ai passé mon enfance à me barrer en courant de la pièce où se trouvait mon grand-père en attente du Soir 3 régional ou à me boucher les oreilles et fermer les yeux.

Il y a plusieurs jingles qui, même quand je les réécoute à l’heure actuelle, me glacent encore le sang. Réellement. Il y a d’une part ce générique du 6 minutes qui a illustré les JT de M6 entre 1987 et 2005 et qui a vraiment servi d’identité sonore forte. J’avoue, comme générique de JT, c’était extrêmement bien trouvé, dans le sens où c’était assez percutant à l’oreille pour dire au téléspectateur distrait : Putain, ramène-toi devant la télé, c’est les infos et comme on t’explique rapidos, t’as intérêt de tout regarder ! Sauf que mon cerveau de petite fille a juste imprimé des sons bizarres en enfilade. C’est d’autant plus traumatisant quand on associe à 7-8 ans les images de la guerre du Golfe avec ce générique qui venait du coup en « flash ». Le Chevalier, quant à lui, a un traumatisme plus ancien :le générique du JT à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

Explication : musique inquiétante + visuels criards + œil (oui, encore une fois, le putain de problème des yeux chez les autistes…)

Autre traumatisme autant sonore que visuel, Canal + et son jingle qui mêlait des voix de manière un peu audacieuse me faisait trembler étant petite. D’autant plus quand le jingle émergeait de manière que je croyais « inopinée » après tout ce krrr krrr krrr – qui résultait du cryptage à la bonne époque des années 1980, à l’époque où les mecs regardaient le porno du premier samedi du mois avec une passoire, parce qu’ils étaient persuadés qu’ils allaient voir comme ça à travers le cryptage. Je suis bien contente d’avoir retrouvée dans le même temps le jingle Cinéma, où le Tchi-tchaaaa final amenait à un autre niveau de traumatisme (surtout qu’il correspondait au moment où la chaîne se cryptait). Et pourtant, c’était un mal nécessaire, parce que, comme mon oncle, à l’époque, j’attendais ça le samedi soir :

On dit que beaucoup de dessins animés diffusés dans les années 1980 étaient traumatisants. Et quand on voit ne serait-ce que Rémi sans famille, on a compris une bonne partie des angoisses qui touchent une bonne partie des trentenaires français. Personnellement, le dessin animé qui m’a le plus traumatisé est Clémentine. Je n’ai actuellement aucune image précise du dessin animé en soi, mais je sais que dès que j’écoute le générique, j’ai une barrière mentale qui suscite chez moi un sentiment de malaise. Je me souviens juste que je pleurais à chaque fin d’épisode, à cause de cette voix (syndrome jingle de Canal +) à la fois hypnotique et dérangeante. Et puis, quand je me suis mise à vouloir comprendre l’enjeu du dessin animé, mais putain que c’était glauque, cette histoire de petite fille qui se retrouve handicapée et qui s’enferme dans ses rêves…

Il y a un problème consensuel avec Téléchat. Alors que tout le monde s’accorde à dire que cette émission était bizarre, voire malsaine – là-dessus, oui, d’accord – et qu’elle a par conséquent traumatisé des millions d’enfants, je ne vois personnellement pas où est le problème. A titre personnel, je rigolais bien avec Téléchat quand j’étais petite. Je n’avais même pas peur des jingles, de l’autruche, du fer à repasser, du micro ou encore de Léguman, alors que même le Chevalier est effrayé rien qu’à l’évocation.

Les années 1980 et 1990 ont également vu la multiplication à la télévision des émissions et séries d’épouvante diffusés à des heures de grande écoute. Je parlais de V, pas parce que j’ai été traumatisée moi-même, mais parce que les problèmes d’emploi du temps liés à la diffusion de la série en début de samedi après-midi étaient source de conflit à la maison. Mais qui ne se souvient pas de séries comme X-Files ou des Contes de la crypte ? Dans le même registre de traumatisme de masse, l’émission Mystères se posait là aussi. A la maison, cette émission nous a marqués parce qu’elle confirmait notre croyance en des instances supérieures (même si on criait, comme tout le monde, au bidonnage de certains trucs). Et, bizarrement, ce n’est pas ces séries et émissions d’épouvante qui se sont avérées les plus traumatisantes pour moi, mais des trucs comme La petite maison dans la prairie ou Les portes du paradis. A n’y rien comprendre.

Il est d’autant plus intéressant – et de surcroit jouissif – de s’intéresser aux traumatismes générés par les média dans les années 1980 chez les enfants, parce que cela fait le beurre des explications psychologiques à deux balles en 2015 (puisque les enfants ont grandi, ont analysé ces peurs enfantines – ou pas). Et comme l’inconscient collectif en France n’a pas connu de guerre ni de bouleversement social à cette époque, il fallait puiser autre part les éléments de traumatisme collectif qui allaient fonder notre génération. C’est tombé sur le vecteur culturel, je ne sais pas si c’est mieux, au final.

Revue cinématographique et musicale #5 : les films fantasmés par leur BO

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Je l’ai toujours dit : je n’ai jamais été cinéphile, parce que c’est un pan culturel qui a été délaissé par mes parents dans mon éducation. Autant la littérature et la musique – et même les arts graphiques, merci maman, ça m’a un peu servi dans la vie – ont été omniprésents dans ce que mes parents m’ont transmis, autant le cinéma s’est creusé une part congrue.

Il faut dire que mon père se concentrait davantage sur les vieux westerns et les films de guerre. Pour ma mère, aller au cinéma, c’est avant tout se détendre et rigoler. C’est pour cette raison qu’elle privilégie la grosse comédie française, avec quelques infidélités pour Charles Bronson et toute la série de l’inspecteur Harry. Et être sortie avec un apprenti-réalisateur qui m’a fait voir des choses aussi chelous que Brazil (Terry Gilliam – son film préféré), Melancholia (Lars von Trier) et La piel que habito (Pedro Almodovar) n’a pas stimulé ma curiosité inhérente à l’objet culturel, tel qu’il soit. Malgré tout, depuis que j’ai découvert récemment le Fossoyeur de films (aka François Theurel), qui me parle de grammaire cinématographique et de codifications, ça commence à m’exciter un poil. Mais un poil seulement.

Je me suis aperçue qu’il y avait des films que je me suis mise à fantasmer, ne serait-ce que parce que je connais leur bande originale et qu’elle est juste badass. Certains de ces films, je ne les ai pas vus – ou en tout cas, je n’en ai pas le souvenir –, ou si j’ai vu le film, j’ai connu la BO avant. En tout cas, ces musiques de film m’ont permis des expériences cinématographiques réelles ou fantasmées assez intenses. Ou comment, comme souvent, je connais la teneur d’un film par mes oreilles surdouées avant de la connaître par mes yeux défaillants.

Blade Runner (1982)

Réalisateur : Ridley Scott

Compositeur : Vangelis

Pitch Allociné : Dans les dernières années du 20ème siècle, des milliers d’hommes et de femmes partent à la conquête de l’espace, fuyant les mégalopoles devenues insalubres. Sur les colonies, une nouvelle race d’esclaves voit le jour : les répliquants, des androïdes que rien ne peut distinguer de l’être humain. Los Angeles, 2019. Après avoir massacré un équipage et pris le contrôle d’un vaisseau, les répliquants de type Nexus 6, le modèle le plus perfectionné, sont désormais déclarés « hors la loi ». Quatre d’entre eux parviennent cependant à s’échapper et à s’introduire dans Los Angeles. Un agent d’une unité spéciale, un blade-runner, est chargé de les éliminer. Selon la terminologie officielle, on ne parle pas d’exécution, mais de retrait…

Mon expérience : Pour l’instant, elle n’est que musicale et absolument géniale. Tel est le génie de Vangelis dans les années 1980 : pouvoir, avec ses claviers, donner une valeur ajoutée à n’importe quelle ambiance de film. Mais sachant que je ne crache pas sur la science-fiction en littérature – même si je n’ai lu aucune œuvre de Philip K. Dick, un film comme Minority Report (Steven Spielberg, 2001) m’a bien plu –, j’ai tout à penser que ce genre d’expérience cinématographique a tout pour me plaire. Même si, en termes de narration, le film est déjà très vieilli et relève réellement de la science-fiction – 2019, c’est genre dans 4 ans, et je me vois davantage avec deux enfants dans un pavillon de banlieue que dans le décor apocalyptique du film. Ou alors, je peux toujours visionner le film en 2020, quand il sera « périmé » dans sa chronologie, lorsque certaines peurs sur l’avenir se seront dissipées. Un peu comme voir Retour vers le futur 2 cette année 2015 pour le fun, en pensant que le Hoverboard existe bien en termes de prototype. Mais il paraît que Blade Runner 2 est en production, sans Ridley Scott mais avec Harrison Ford, et sortira en 2016. Avec Star Wars VII prévu pour décembre 2015 (I’m so excited), ça commence à faire beaucoup de projets pour Papy Harry.

Les Chariots de feu (1981)

Réalisateur : Hugh Hudson

Compositeur : Vangelis (encore lui ^^)

Pitch Allociné : Dans les années vingt, deux athlètes britanniques prédisposés pour la course à pied se servent de leur don, l’un pour combattre les préjugés xénophobes, l’autre pour affirmer sa foi religieuse.

Mon expérience : Il est évident que le thème des Chariots de feu a totalement dépassé toute l’idée que l’on pouvait se faire du film, même si ce même film a été primé par un Oscar du meilleur film en 1982 et j’en passe. Ai-je réellement envie de voir le film ? Je ne crois pas, puisque ce n’est pas le genre d’histoire qui va pouvoir me galvaniser. Par contre, saluons encore une fois le génie du claviériste grec qui, non content d’insuffler sur le coup une valeur ajoutée dans l’atmosphère du film, a carrément créé un même musical en vigueur depuis près de 35 ans. Même quand je nage ou quand je marche dans la rue – ou que je sprinte pour rattraper le bus –, cette musique illustre l’action que je fais. La culture contemporaine commune associe désormais à n’importe quel exploit sportif le thème des Chariots de feu, comme le montre ce sketch de Rowan Atkinson à l’ouverture des Jeux Olympiques de Londres.

Le mépris (1963)

Réalisateur : Jean-Luc Godard

Compositeur : Georges Delerue

Pitch Allociné : Paul Javal, scénariste, et sa jeune femme semblent former un couple uni. Un incident apparemment anodin avec un producteur va conduire la jeune femme à mépriser profondément son mari.

Mon expérience : Merci Frédéric Mitterrand, qui, à l’instar de son Bonsoiiiiir, a sorti le thème de Camille de son contexte pour en faire l’hymne d’une certaine nostalgie d’un certain cinéma français. Dans ce cas précis, ce certain cinéma français – la Nouvelle Vague, dont fait partie Godard – est considéré comme une partie de l’âge d’or. Perso, à part Mes fesses ? Tu les aimes, mes fesses ?, j’ai assez d’antipathie pour Brigitte Bardot et le personnage qui en découle pour ne pas m’intéresser à ce film. Je suis juste intéressée par la beauté créée par Georges Delerue, qui a également créé en termes de génériques badass celui de la série qui inspira Game of Thrones, je veux bien sûr parler des Rois maudits…

C’te beautay <3

La leçon de piano (1993)

Réalisatrice : Jane Campion

Compositeur : Michael Nyman

Pitch Allociné : Au siècle dernier en Nouvelle-Zélande, Ada, mère d’une fillette de neuf ans, s’apprête à suivre son nouveau mari au fin fond du bush. Il accepte de transporter tous ses meubles à l’exception d’un piano qui échoue chez un voisin illettré. Ne pouvant supporter cette perte, Ada accepte le marché que lui propose ce dernier. Regagner son piano touche par touche en se soumettant à ses fantaisies.

Mon expérience : Déjà, étant donné que le film est un peu sulfureux, j’ai dû attendre qu’il soit diffusé sur Arte dans les années 2000 et d’avoir l’âge requis pour le regarder. Mais c’est un air de piano qui m’a poursuivie toute mon adolescence, puisque cela faisait partie des études de piano de ma meilleure amie. C’est pour cette raison que je n’ai pas été déçue du film quand je l’ai vu, parce que je l’avais déjà en tête depuis au moins dix ans. La force d’un morceau de piano…

L’amant (1992)

Réalisateur : Jean-Jacques Annaud

Compositeur : Gabriel Yared

Pitch Allociné : Les amours d’une jeune fille de quinze ans et demi et d’un Chinois de trente-six ans à la fin des années 1920 en Indochine.

Mon expérience : D’abord, il y a cette figure de Marguerite Duras, cette femme, à mes yeux d’enfant, trop recroquevillée sur elle-même pour que le film qui faisait tant scandale quand j’avais 8 ans puisse être tiré de sa propre vie. Il y eut ensuite, comme La Leçon de piano, l’attente d’avoir l’âge nécessaire pour pouvoir voir ce qui a souvent été décrit comme une ode à la sensualité (et heureusement que Jane March, l’actrice qui jouait Marguerite dans le film, avait bien 18 ans à l’époque, tant elle respire déjà l’érotisme à plein nez). En attendant, je m’imaginais de tendres et délicats baisers adolescents au rythme de la musique de Gabriel Yared.

Ascenceur pour l’échafaud (1958)

Réalisateur : Louis Malle

Compositeur : Miles Davis

Pitch Allociné : Un homme assassine son patron avec l’aide de sa femme dont il est l’amant. Voulant supprimer un indice compromettant, il se retrouve bloqué dans l’ascenseur qui l’emporte sur les lieux du crime.

Mon expérience : Déjà, je suis éberluée par la manière dont Miles Davis a composé cette bande originale. En gros, il a regardé la pellicule montée de Louis Malle et a improvisé dessus. Magnifique, non ? C’est le genre de musique qui colle toute à fait au film noir hollywoodien, sauf que c’est un Français qui l’a réalisé (même s’il a eu une carrière internationale par la suite). Là encore, ce n’est que l’amour du jazz qui me fait fantasmer sur un univers noir (avec Jeanne Moreau et Lino Ventura, donc plus que classe).

Mon expérience du cinéma passe donc par la musique, et je ne compte pas le nombre de bandes originales que j’ai érigées en culte après avoir vu un film – ou avant, ça dépend. Mais je ne compte pas non plus les films que j’ai fantasmés grâce à la musique qui les entoure.

Si j’avais à associer musique et émotions

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gaufrettesNous sommes aujourd’hui le 3 mars 2015, et je vais fêter mon anniversaire à la fin du mois. Je me dis que 32 ans, ce n’est pas vieux, mais cela reste un exploit quand je vois pas mal de personnes de mon entourage qui n’ont pas eu assez de temps pour atteindre cet âge canonique (oui, mon papier est toujours sponsorisé par Prozac TM, mais comme dirait Felt… ). Et pendant ces 32 années, beaucoup de choses se sont passées dans mes oreilles : j’ai dû passer sept ou huit années de ma vie (en totalité) à écouter ou jouer de la musique. Il était donc temps, à l’approche de mon anniversaire, de faire ce que j’aime le plus : associer de la musique à mes souvenirs, mes actions et mes émotions.

Ma madeleine de Proust : Michael Jackson, Man in the Mirror

Je connais d’autres chansons antérieures à 1987, mais celle-ci est la première chanson que je peux resituer dans ma mémoire à l’époque. Je me souviens avec mon père d’écouter Bad en boucle dans la voiture, au point d’user la cassette. Et parmi Smooth Criminal, Bad ou encore The Way You Make Me Feel, il y avait cette chanson dont le début commençait comme une berceuse et finissait comme un cri d’amour général. Bref, une bien belle chanson pour me faire des beaux souvenirs avec mon père.

Mes chansons blacklistées par amour : Leslie Feist, Brandy Alexander

The Beatles, Here Comes the Sun

Chacune de ses chansons est particulière dans le traitement que j’ai eu de mes histoires passées. La première chanson, j’ai dû mettre trois ans post-rupture avant de réécouter l’album The Reminder. Il faut dire que chanter ça en guise de déclaration d’amour avec ma guitare sur la place du Panthéon vers minuit, avec, à la fin de la chanson, la Tour Eiffel qui scintille, ça pose le souvenir romantique qui marque à vie. La deuxième chanson, heureusement que le Chevalier est un exégète absolu des Beatles et qu’il m’a fait découvrir cette merveille absolue qu’est Abbey Road. En effet, grâce à lui, j’ai pu relativiser et oublier le crétin auquel le souvenir de la chanson était associé.

Quand j’ai su que c’était lui : Fauve, Les nuits fauves

Mes premiers mois avec le Chevalier ont revêtu un caractère de violence : ni l’un ni l’autre n’aurait pensé que l’amour nous transformerait de la sorte et aussi vite. Il n’avait pas de vision concrète de ce qui pouvait résulter de l’amour entre deux êtres. J’avais fini par être désabusée sur ma capacité à m’offrir éternellement à une personne. Et puis cette force, indescriptible, est venue nous retourner comme une crêpe. Résultat : on s’apprête quand même à faire de belles conneries ensemble, poussés par cette force qui dévaste tout.

La chanson pour ma meilleure amie : Phil Collins, Another Day in Paradise

Oui, c’est une chanson très triste et qui ne parle pas du tout d’amitié. Mais c’était notre chanson au piano et la chanson avec laquelle on se sentait connectées quand on était adolescentes. J’en veux pour preuve : cette chanson passe à la radio un jour, j’appelle ma meilleure amie pour lui en faire profiter, et elle me répond : Tu vas rire, j’ai coupé le CD, mais c’était ce que j’étais en train d’écouter.

Ma bande-son de l’angoisse : The Beatles, Revolution #9

Avant, quand j’avais une crise d’angoisse, j’avais juste des nœuds au ventre et des crises de tétanie. Mais ça, c’était avant. Avant que le Chevalier me fasse découvrir ce montage musical monté sous une mauvaise descente d’acide. Donc maintenant, quand j’ai une crise d’angoisse, j’ai des nœuds dans le ventre, des crises de tétanie ET des sons chelous dans la tête. Etant donné que je préfère exprimer mes émotions par des extraits musicaux, je ne sais pas si mon angoisse méritait vraiment qu’elle soit exprimée en musique.

Ma bande-son de l’énervement : Ludwig Van Beethoven, Symphonie n°9, deuxième mouvement – Molto vivace

J’ai dit de l’énervement, mais ça peut être aussi de la colère ou de l’excitation liée à une forme d’impatience. Ce début brutal qui annonce qu’il y a quelque chose qui se trame et que ça ne va pas être simple de me maîtriser. Puis la première poussée qui monte doucement avant d’éclater, comme si j’avais envie de courir dans les couloirs en hurlant. Oui, c’est exactement ce qui se passe dans ma tête quand je suis énervée/en colère et que je n’arrive pas à l’exprimer.

Ma bande-son Ricoré : Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour clarinette K622 – Adagio

Quand je me réveille le matin, que je n’ai pas la gueule en vrac et que le soleil est déjà là, quand je me dis que la journée que je vais passer se présente assez bien (je vois des amis, j’ai une fête de famille pas trop chiante), je me fais ce genre de kif pour bien me préparer à la journée qui m’attend. Sinon, c’est ce qui se passe aussi quand je me balade dans mes marais, dans un champ, dans une forêt et que je me sens tout simplement bien.

Mon post-orgasmic chill : Dead Can Dance, Rakim

Testé et approuvé plusieurs fois, tant pour des séances de massages en mode geisha que pour un repos bien mérité après une séance un peu intensive. Ce morceau est limite cliché – le coté sensuel, japanisant, mystérieux, mystique, je ne sais quoi… –, mais il est très efficace quand on veut créer une atmosphère propice à l’érotisme. Et pourtant, ce n’est pas de la sorte que j’ai découvert le morceau, mais en faisant mes barres à la danse durant mon adolescence.

Mes premières barres à la danse ; Ryan Paris, Dolce Vita

Resituons dans le contexte : j’ai commencé la danse en 1986, à l’âge de 3 ans. Mais mes premiers souvenirs de danse datent de 1988-1989, où j’avais comme profs de danse deux copines qui avaient 17-18 ans à l’époque et qui donnaient des cours de modern-jazz pour se faire de l’argent de poche. Et donc, outre le fait de faire des pas de bourrée sur Africa de Toto, je travaillais mes positions, mes battements et ma coordination sur ce morceau qui peut paraître à la limite du ringard. Mais il ne faut pas critiquer, il fallait se figurer ce qu’était la gym et le modern-jazz dans les années 1980.

Quand j’ai eu une journée de merde : Rage Against the Machine, Settle for Nothing

Dire Straits, Brothers in Arms

De ces journées où j’ai gagné les bouboules du Loto de la loi de Murphy. De ces journées où je cumule les grèves de transport matin ET soir, une embrouille avec mon patron, une engueulade avec ma mère et des pains à l’orchestre. De ces journées où j’aurais mieux fait de rester couchée… La première chanson arrive comme un pansement sur tous les coups que je me suis pris au moral, ou comme une catharsis pour éviter d’égorger quelqu’un randomly. La deuxième chanson est efficace quand j’en suis vraiment au point de pleurer toutes les larmes de mon corps et de vouloir me foutre sous un pont. J’ai l’impression en l’écoutant qu’il y aura toujours quelqu’un – Dieu, ma maman, mon parrain qui m’a fait découvrir Dire Straits, le Chevalier – pour me dire que ça va aller en me serrant dans les bras…

Quand j’ai besoin de décompresser : Eddie Warner, générique des Chiffres et des Lettres

Herbert Léonard, Quand tu m’aimes

Michel Sardou, Afrique Adieu

Comme vous le voyez, la plupart du temps, je cherche à comprimer mes émotions négatives. Et de temps en temps, j’explose et j’ai besoin de morceaux pour m’exprimer pleinement. Le premier morceau est gentillet, mais la mélodie est assez accrocheuse pour finir par être malsaine. De plus, il y a un gag avec ce qui est censé être mon métier (à savoir correctrice). Les deux autres sont des cris primaux qui permettent de se défouler. A l’époque où je travaillais encore avec elle, la Siamoise m’a surprise en plein Carême à chanter Quand tu m’aimes dans les couloirs de la boîte, et m’a lancé cette réflexion : Bah putain, il serait temps que tu te remettes à boire…

Et vous, quelle est la compilation de vos émotions ?

10 chansons… de cocus et d’infidèles

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Le 19 février 2015, Ladies Room organise une journée « Gardons notre mauvaise foi » sur l’infidélité. Je leur ai donc concocté une playlist pour l’occasion, que voici.

homme-infidele-trompe-couple-femmeAujourd’hui, je savoure les joies du couple bourgeois et exclusif avec Le Chevalier depuis 18 mois (même si je sais que l’amour dure 3 ans). Quand j’ai vu la thématique de Ladies Room, je me suis demandé si j’étais légitime pour parler d’infidélité, alors que je vis le big love de ouf. Ce n’est pas comme si j’étais une oie blanche qui n’avait rien connu avant son preux sauveur – vous-mêmes, vous savez –, mais quand même, en écrivant ces lignes, j’ai comme un petit goût amer dans la bouche.

Malgré tout, sans entrer dans les détails de ma vie intime, elle a été assez bousculée avant mes 30 ans pour avoir connu deux-trois choses en lien avec la thématique demandée. C’est juste que la trentaine m’a rendue conne et moralisatrice au point de ne pas assumer certaines choses de mon passé. J’ai appris grâce à ces choses, et c’est parce que j’ai vécu ces choses que j’évite de faire les mêmes erreurs aujourd’hui. Finalement, ça me va tellement bien d’être conne et moralisatrice à 32 ans…

Comme je ne peux plus parler de l’infidélité à travers mon œil aguerri, je vais donc le faire comme d’habitude : en musique. Car si les chansons parlent d’amour de manière langoureuse, voire cucul, elles peuvent aussi parler des peines de cœur provoquées par la traîtrise de l’autre. Mais là aussi, on n’est pas à l’abri d’un excès de pathos ou de niaiserie. Comme je suis équilibrée, je vais aussi me placer du côté des chansons qui traitent de l’infidélité côté traîtres (côté que je connais le mieux).

Booooooooooooooooh, tu m’as trompée, connard !

Quand on se retrouve du côté trompé du couple, ou quand on soupçonne l’autre de coucher avec un(e) collègue/un(e) pote super proche, on a l’impression parfois d’avoir bousillé sa vie en faisant confiance à une personne qui n’en est même pas digne. Selon les personnes, on peut prendre la chose avec philosophie ou carrément péter les plombs.

Marvin Gaye, I Heard It Through the Grapevine

Bon, je sais, il n’est pas l’auteur de la chanson, mais force est de constater que même quand il doute que sa meuf est en train de fricoter avec l’ex d’icelle, Marvin garde la classe absolue. Dans la chanson, il est certes question de soupçons d’infidélité, mais tant la voix de Marvin que l’orchestration trompe la vigilance de qui ne comprend pas les paroles (ce qui fut mon cas pendant des années). En effet, il résulte de cette chanson une charge érotique tellement lourde que même la jeune femme censée avoir trompé Marvin en est troublée. Ou alors les publicitaires de Levi’s dans les années 1980 sont de gros pervers.

If you know what I mean…

Sheryfa Luna, Il avait les mots

L’histoire de la meuf concon qui sort de l’adolescence et qui s’installe dans une position de maîtresse malgré elle a beau être so cliché, la recette marche toujours. Avant d’être combattantes et séductrices, à peu près 80% d’entre les femmes se sont fait avoir de la sorte. Qui par leur premier petit copain qui a fini, une fois l’affaire faite, avec leur pire ennemie du lycée. Qui, étudiantes ou jeunes travailleuses, par un mec marié enlevait leur alliance en leur présence. Bref, comment refaire confiance à un mec après ça ?

Patricia Kaas, Je voudrais la connaître

La position de cocu(e) peut parfois générer une curiosité malsaine. Puisque désormais, être soi ne suffit plus à conquérir et garder l’être aimé, savoir ce que l’autre a de plus que soi peut parfois s’avérer obsessionnel au point de le/la désirer soi-même. On se plaît à avoir mal, on se surprend à vouloir prendre son conjoint en faute avec elle… A l’extrême, ce sentiment peut générer une grande pulsion érotique, et c’est ce qu’on appelle le candaulisme.

Jeanne Cherhal, Un couple normal

La situation la plus dure, c’est quand on se retrouve sciemment dans le rôle de maîtresse en espérant qu’il va quitter sa femme et qu’on se retrouve à attendre un mec qui finira par faire un troisième à la femme dont il jurait qu’il ne touchait plus le corps. Dans ce cas, il est nécessaire de quitter le bonhomme avant de se faire vraiment du mal au point de ne plus se respecter.

Serge Lama, Les petites femmes de Pigalle

Je me fais tromper ? So what ? Autant en profiter, moi aussi ! Certes, ce point de vue n’est pas partagé par beaucoup de personnes trompées et on peut également regretter cette vengeance malvenue. Mais si Serge nous dit qu’il est cocu mais content, c’est qu’il a pas mal travaillé sur lui-même pour transformer cette crise d’ego en fête du slip.

Je t’aime, oui mais…

Rester en couple avec quelqu’un n’est pas facile, et il arrive que l’usure arrive plus vite que l’on ne pense. On pensait ne pouvoir chérir qu’une seule personne à la fois, et on se retrouve du jour au lendemain dans le lit d’un autre. Là encore, les réactions sont diverses, entre la flatterie de l’ego et la culpabilité.

Rihanna, Unfaithful

Dans cette chanson, nous sommes typiquement dans la culpabilité que provoque l’infidélité. L’autre sait que tu vas voir ailleurs, mais fait comme si de rien n’était, car il t’aime et est persuadé que tu l’aimes encore. La personne infidèle s’en veut donc de trahir cette confiance absolue, mais elle est persuadée qu’elle ne peut pas s’en empêcher. Quelle belle situation perverse en perspective…

Shaggy, It Wasn’t Me

Oooooh, la belle réaction de fumiste du mec qui se fait prendre en flagrant délit et qui ose dire : C’est pas moi, c’est mon jumeau/un mec qui me ressemble/Dominique Strauss-Kahn avec cette meuf… Ceci est peut-être l’un des pires clichés véhiculés sur les hommes : non seulement ils ne savent pas tenir leur bite, mais en plus, ils n’assument même pas leurs actes.

Brigitte Bardot, Ciel de lit

Pour avoir beaucoup discuté du polyamour à une certaine époque avec certaines personnes, même si être en couple avec le Chevalier est un boulot à plein temps, prendre un amant pour le jour et garder le mari pour la nuit peut paraître tentant, mais j’aurais peur de me lasser de ce schéma. Si ça se trouve, c’est peut-être parce que je suis encore un peu verte en amour, ou au contraire trop vieille. Ou alors, c’est vraiment que ce n’est pas mon truc.

Serge Gainsbourg, La femme des uns sous le corps des autres

Les hommes aiment bien les femmes infidèles… sauf quand c’est la leur. Encore un bel apanage de la virilité mal placée que ce besoin de posséder une femme, puis d’autres (même si manifestement, elles sont déjà « possédées » par d’autres).

Hélène Rollès, Amour secret

Rhôa ça va ! On a le droit d’être infidèle ET cucul, comme nous le prouve Hélène Rollès. Cela me rappelle un Toute une histoire récent (ma vie de chômeuse est pas-sion-nante !) sur les hommes amants de femmes mariés et qui étaient, pour le coup, vraiment niais pour certains. Car il ne faut pas oublier que, derrière l’infidélité, il ne se cache pas que des coups de bite à répétition.

Bien que je vous ai parlé d’infidélité et de ses avatars musicaux, je voudrais malgré tout rassurer le Chevalier : ceci est une commande d’écriture et ne reflète en aucune manière mon avis actuel, wokay ? Coucouche panier, mon cœur.

Diana Krall – Wallflower

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dianakrallwallflowerportadaLa rédaction de Ladies Room m’a envoyé l’album de Diana Krall, Wallflower, sorti le 2 février 2015. Je les en remercie.

Encore merci à Ladies Room de m’avoir envoyé un disque d’une de mes artistes préférées de smooth jazz en écoute. Je l’avais découverte avec The Look of Love, et depuis, mon amour pour elle n’a jamais souffert d’une quelconque déception : quand je décide de m’intéresser à une de ses œuvres, je suis toujours ravie.

Cet hiver 2015, après une pneumonie qui a repoussé à la fois la sortie de l’album (prévue au départ le 9 septembre 2014) et la tournée qui s’en suit, Diana Krall nous présente donc son album Wallflower. N’ayant pu assister au concert privé qu’elle donnait ce mardi 10 février à Paris, mon lot de consolation sera donc de vous chroniquer cet album de reprises qui contient ses petits ratés, mais dans l’ensemble assez bien construit.

Mon humble avis

Comme, finalement, cet album me paraît extrêmement riche et disparate, je vais vous faire un petit point chanson par chanson.

California Dreaming (The Mamas & The Papas) : Pour commencer l’album, on a droit à une reprise très aseptisée, où j’ai l’impression que la voix est autotunée à l’extrême et que la session rythmique en mode bossa nova molle est faite au Bontempi. Même l’orchestre de cordes ne sauve pas la mise. Ca ne se fait tellement pas, d’ouvrir un album comme ça. J’ai dû me faire violence pour avoir envie d’écouter.

Desperado (The Eagles) : Là, on commence à revoir ce qui fait l’identité musicale de Diana Krall : un piano-voix avec un orchestre de cordes discret et une mélodie accrocheuse.

Superstar (The Carpenters) : Ça fond parfaitement dans mes oreilles. L’orchestration est au top, la mélodie est parfaite.

Alone Again (Naturally) (Gilbert O’Sullivan) : J’ai un souci majeur sur cette chanson. En effet, je n’apprécie pas au départ Michael Bublé, car je considère qu’il a perverti le jazz vocal en collant une voix limitée à un style de crooner. Sorti de cet énervement de départ, en dépit d’une impression d’un excès d’autotune, j’ai trouvé la chanson plutôt bien construite par rapport à la version de départ qui était vraiment tarte.

Wallflower  (Bob Dylan) : Cette participation du guitariste Blake Mills à la slide est de très bon aloi. La chanson est mélancolique, mais très bien construite. Et surtout, elle donne une certaine forme de douceur à une chanson de Dylan qui en demandait beaucoup.

If I Take You Home Tonight : Voici la seule chanson composée par Diana Krall. Je suis très touchée par la mélodie et l’orchestration, car ce genre de composition me sert d’inspiration pour les miennes. C’est mélancolique, c’est très beau et ça devrait encourager Diana Krall à composer davantage, tant elle est douée.

 I Can’t Tell You Why (The Eagles) : Décidément, dès lors qu’elle veut se lancer dans la bossa nova, ça a tendance à tomber à plat. Cette reprise est lourde, surorchestrée, et puis ces chœurs qui ne servent à rien, c’est insupportable.

Sorry Seems To Be The Hardest Word (Elton John) : Au départ, je suis très critique envers n’importe quelle reprise de cette chanson, étant donné que c’est ma chanson préférée d’Elton John et qu’elle est juste parfaite sous cette forme. Reprise par Diana Krall, c’est d’une telle platitude sans nom que je saigne des oreilles. Limite, elle me ferait presque regretter la version de Blue, et croyez-moi, ce n’est pas un compliment.

Operator (Jim Croce) : Cette chanson est la seule de l’album où je me retrouve avec des sentiments mêlés. Je ne sais pas si j’aime ou pas. Peut-être que l’orchestration est trop pop pour mon esprit formaté smooth jazz depuis le début de l’écoute de l’album.

I’m Not In Love  (10 CC) : Quand on reprend I’m Not In Love, il se peut qu’on tombe facilement dans la facilité, tant, bien que cette chanson ait des qualités non négligeables, la mélodie peut sembler plate. Ici, l’orchestration est correcte, l’intention est bonne. Ce n’est pas la meilleure chanson de l’album, mais elle se laisse écouter sans énervement, contrairement à d’autres.

Feels Like Home (Chantal Kreviazuk) : La participation de Bryan Adams me fait particulièrement plaisir, et c’est peut-être ce qui a influencé mon avis sur la chanson. Alors que la chanson de départ est très country-tarte, cette version tire vers des sonorités un peu plus classes, qui vont du blues à l’americana. La preuve que cette mélodie et cette orchestration sont accrocheuses : je me suis mise à chanter spontanément dès la première écoute, et je continue à chanter en rédigeant cet article.

Don’t Dream It’s Over (Crowded House) : Pour finir cet album, Diana Krall a décidé de faire une reprise super efficace d’un vieux tube des années 1980 (sur laquelle j’ai aussi chanté spontanément). Alors que la chanson de départ a fini par être morte par excès de kitscherie, la chanteuse réussit à lui redonner des lettres de noblesse par une orchestration dont elle seule connaît le secret.

Bilan

Un album assez inégal, donc, où la différence entre les chansons semble être mue par l’intention mise par Diana Krall dans l’interprétation d’icelles et par des choix d’orchestration plus ou moins adéquats. Malgré tout, quand les chansons sont bonnes, elles sont juste parfaites, tandis que les chansons moins bonnes ne sont pas non plus catastrophiques. Cela reste quand même un album que je conseillerais pour une introduction en douceur au smooth jazz et au jazz vocal, afin d’en voir toute la diversité.

Song’s Story’A #9 : Tomorrow Never Knows

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beatles-revolverPour ce nouvel épisode de Song’s Story’A, je vais vous parler d’une des chansons les plus marquantes de la période psychédélique anglaise qui résulta du Swinging London. Dernier titre du septième album des Beatles, Revolver, qui marque déjà une rupture avec un style plutôt « propre » adopté depuis le début par le groupe, Tomorrow Never Knows est à ce titre extrêmement mythique, tant par la structure atypique que par le contexte de création du titre.

Je vous propose l’écoute de la version originale en deux versions.

La version mono – version originale –, plébiscitée par le Chevalier, mais pas par moi. Pourquoi ? En tant qu’autiste et hyperacousique*, le côté bloc monolithique de tout ce déferlement de son a tendance à me taper sur le système.

*Ceci veut dire que mon oreille interne amplifie la plupart des sons. C’est pour cette raison que j’entends encore des ultrasons, bien que j’aie plus de 25 ans. Le Chevalier me précise également que les versions mono contiennent également une quantité non négligeable d’infrabasses. Ceci explique mon malaise à l’écoute.

Et donc la version stéréo – version mixée avec les pistes de départ –, aux sonorités amplifiées et diffuses. Cette version m’est plus agréable, parce que je n’ai pas l’impression de me prendre toutes les subtilités sonores comme un coup de poing dans la gueule.

Enfin, voici les paroles, pour le moins énigmatique aux esprits les moins avertis.

Turn off your mind, relax and float down stream…
It is not dying, it is not dying…

Lay down all thought surrender to the void…
It is shining, it is shining…

That you may see the meaning of within…
It is being, it is being

That love is all and love is everyone…
It is knowing, it is knowing…

That ignorance and hate may mourn the dead
It is believing, it is believing…

But listen to the color of your dreams
It is not living, it is not living…

Or play the game existence to the end
Of the beginning (ad lib)…

Bref, voici donc une chanson qui mérite une explication de texte un petit peu plus poussée que les autres épisodes de la série.

Contexte de création

John Lennon, en 1966, consomme du LSD depuis deux ans. En parallèle, il lit l’ouvrage des psychologues Timothy Leary, Richard Alpert et Ralph Metzner, The Psychedelic Experience, qui se veut être une adaptation occidentale du Livre des Morts tibétain et également une préparation spirituelle à l’absorption de drogues. Kamoulox. En parallèle encore, George Harrison s’intéresse de près aux musiques indiennes et aux spiritualités orientales, ce qui explique la présence omniprésente du sitar dans tous les albums des Beatles post-Revolver.

Quand les quatre larrons retournent en studio en avril 1966, ils n’ont rien enregistré depuis novembre 1965, et reviennent de quelques semaines de vacances après des tournées un peu mouvementées. C’est la première fois que le groupe fait une pause aussi longue dans sa carrière, et cela va changer la vision artistique et créative du groupe. On passe d’un Rubber Soul encore très propre à des trucs de tarés, où, selon moi, les Beatles puisent leur vérité (le summum selon moi étant les démos d’Esher, en mai 1968, qui furent enregistrées en préambule de l’album blanc et qui auraient très bien pu le surpasser avec un enregistrement professionnel).

Les étapes de création

Il faut savoir que la vision sous acide de John Lennon n’est pas sortie d’un bloc. Il a fallu plusieurs strates et plusieurs personnes pour connaître la version que l’on connaît actuellement.

La première version posée par Lennon sur sa guitare pourrait ressembler à ceci. Précision : c’est une cover, donc ceci est bien une approximation et, je dirais même, la vidéo que je poste est peut-être une pure foutaise. Si c’est le cas, je suis disposée à le reconnaître.

Après moult réunions préliminaires chez George Martin, il est admis que la chanson se déroulerait sur un seul accord de guitare (le Do majeur) et sur diverses expérimentations de bidouillage sonore, soit du fait de Lennon (les guitares en backwards) lui-même, soit du fait de Paul McCartney (les « cris de mouette »), soit du jeune ingénieur du son Geoff Emerick, qui avait à l’époque 20 ans. C’est grâce à lui qu’a été fait le travail sur la voix et la batterie (qui donne l’impression d’être backmashée). Mais entre la première prise le 6 avril 1966 et le mix final le lendemain, il s’est passé beaucoup de choses. Pour s’en apercevoir, voici la prise une de la chanson :

Oui, je sais, c’est moche.

Pour obtenir le résultat final, il a fallu :

  • Travailler sur place les effets sonores. La batterie a été travaillée avec un limiteur Fairchild, sauf la caisse claire qui est amplifiée différemment. D’ailleurs, si cela n’avait pas été amplifié de la sorte, cela aura résulté à la tournerie utilisée par le fils de Ringo Starr, alias Zak Starkey, sur la chanson Falling Down du groupe Oasis.
  • Enregistrer certains instruments isolément (les guitares, notamment), les backmasher et les accélérer si besoin est. L’effet « cris de mouette » proposé par McCartney est notamment fait avec des voix criées, inversées puis accélérées.

Maintenant qu’on a bien analysé toute la chanson, voyons les réinterprétations.

La new-wave : Phil Collins, 1981

Bizarrement, bien qu’une quinzaine d’années aient passé et que les bidouillages sonores soient devenus légion, Phil Collins a décidé de reprendre les éléments qui ont fait le charme de la version originale. Sauf qu’il a décidé de prendre une batterie très planante et des claviers hypnotiques, tout en intégrant des petits « sursauts » sonores pour éviter qu’on s’endorme totalement. Résultat : si Lennon avait pris de la beuh, c’est ce qui aurait résulté de son trip.

La version des héritiers : Noel Gallagher (Oasis), Johnny Marr (The Smiths), Kelly Jones (Stereophonics) et Cornershop, 1998

On a là beaucoup de musiciens britanniques qui officient depuis les années 1980 et 1990 et qui se réclament des Beatles. Que font-ils ? Etant donné que Cornershop s’est fait connaître en mêlant brit-pop et influences indiennes traditionnelles, ce super-groupe a décidé de prendre le contrepied de la base rock. Résultat : une chanson folk, planante et respectant une certaine idée de l’inspiration indienne telle qu’on se la faisait dans les années 1960. Une réussite.

La version contemporaine : Alison Mosshart, 2010

La chanteuse de The Kills, mais aussi de The Dead Weather, entre autres collaborations et projets personnels, a fait une version très rock et glamour pour la bande originale du film Sucker Punch (2010). Le résultat reprend la rythmique hypnotique de Ringo Starr, mais intègre une orchestration rageuse et des violons qui réinterprètent de manière baroque l’aspect planant de la chanson.

Bonus Track : The Chemical Brothers feat. Noel Gallagher, Setting Sun, 1997

Déjà, ce qui saute à l’oreille, c’est la tournerie de batterie reprise pleine balle. Ensuite, les larrons de Manchester ont décidé de reprendre la structure mono-mélodique de la chanson de départ pour faire un remix d’un titre écrit par Noel Gallagher dès 1992.

A bientôt pour de nouvelles aventures musicales…

F.B.I. (Fausses bonnes idées)

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Bazooka-YelleIl y a des chansons dont on se dit que la version originale souffre d’une lacune, dont on ne s’aperçoit pas tout de suite. Il suffit parfois d’un seul changement pour se dire Oh putain, mais bien sûr ! Cela peut s’avérer être un changement de voix, d’orchestration, ou bien même de vitesse d’exécution de la chanson. Il y a également des personnages qui, on ne sait pourquoi, ont voulu se mettre à la chanson, mais là aussi, cela n’a pas été la meilleure idée qu’ils aient eu dans leur vie. Aujourd’hui, nous allons donc pencher sur ces deux avatars de choses qui n’ont rien à voir, mais qui, au final, arrivent au même point.

Essaie encore

Dans le cadre de ces chansons, les versions originales sont pas mal, mais sans plus. Et tout à coup, une erreur de manipulation ou un autre interprète peuvent magnifier ces chansons, si bien qu’on souhaite en oublier la version originale.

1 – Paul McCartney, Hot as Sun (1970)

Nous sommes à la fin des Beatles, et Paul McCartney décide d’enregistrer chez lui, avec sa femme, son premier album éponyme. Pour cela, il ressort des cartons de vieilles compositions, qui dataient parfois de la période des Quarrymen (groupe qui s’est avéré être la proto-formation des Beatles). Au milieu de l’album, il y a ce morceau instrumental, dont plusieurs résidus existent sur Youtube avec des paroles, preuve qu’il voulait soumettre cette composition aux autres membres du groupe pendant la session de Let it Be. Avouez quand même qu’à l’écoute, vous vous faites limite chier.

Un jour, un petit malin a décidé d’écouter le 33T avec sa platine en vitesse 45T, et ça donne ceci :

à savoir une putain de bonne chanson ska, tellement bonne qu’elle a été utilisée dans cette version comme générique de la troisième série sur Popeye entre 1978 et 1983. Seule explication : Paul McCartney ne connaissait pas le ska, et a voulu tellement en finir avec la période Beatles qu’il a fait un disque tout seul à l’arrache. McCartney n’est pas entièrement mauvais, puisqu’il contient cette merveille qu’est Maybe I’m Amazed, mais, quand on a écouté l’album dans son ensemble, globalement, on a connu Macca plus inspiré, même avec les Wings.

2 – Bob Dylan, All Along the Watchtower (1967)

Suite à son accident de moto en 1966, Bob Dylan réfléchit à sa vie et change peu à peu : durant sa convalescence naissent ses deux premiers enfants, il se replie sur lui-même et étudie la Bible. D’où beaucoup de textes qui ont pour référence les textes sacrés dans l’album John Wesley Harding, dont ce All Along the Watchtower. Ce n’est pas une mauvaise chanson de Dylan en soi, mais il a suffi l’année d’après qu’un mec enregistre Electric Ladyland pour balayer complètement cette version qui se trouve dès lors un peu molle.

Bob Dylan lui-même préfère rejouer la version de Jimi Hendrix sur scène à l’heure actuelle, tellement cette perfection de soul a complètement surclassée l’orchestration folk de départ.

J’aurais pu citer beaucoup de F.B.I. en termes de chansons originales :

  • With a Little Help From My Friends des Beatles (mais j’en ai déjà trop parlé)
  • I Shot the Sheriff de Bob Marley : si Eric Clapton n’avait pas fait son Hendrix dessus, jamais on n’aurait entendu parler de Marley ni même du reggae dans le monde occidental.
  • I Heard It Through the Grapevine de Gladys Knight and the Pips : si vous faites un sondage avec comme question : Qui a chanté la VO d’ « I Heard It Through the Grapevine » ?, tout le monde vous répondra : Marvin Gaye. Preuve que la Motown n’a pas eu le nez creux du premier coup.

Définitivement, abandonne.

On a beau avoir beaucoup de talent, quelquefois, pour montrer qu’on a surpasse les autres en talent, on a envie de se mettre à la chanson. F.B.I. : en définitive, non seulement ça s’avère être un échec, mais en plus, on gonfle davantage de monde ou on fait définitivement pitié.

1 – Mélanie Laurent, En t’attendant (2009)

Une des spécificités bien françaises est que, lorsqu’une actrice est beaucoup employée et qu’on parle beaucoup d’elle dans les média, elle se prend à croire qu’elle est aussi connue à l’international qu’une actrice hollywoodienne, alors que, si ça se trouve, au-delà des frontières françaises, les gens se demandent qui est cette connasse qui partage l’affiche avec Brad Pitt. Mélanie Laurent est de celles-ci : ayant un défaut de modestie depuis Inglorious Basterds, et sortant à l’époque avec Damien Rice (trop de hype), elle a décidé de sortir un album. Bien lui en a pris : elle se fait descendre en flèche par la presse musicale et se fait huer au Printemps de Bourges. L’honneur est sauf : elle a décidé qu’elle ne ferait pas de deuxième album (et en plus, elle s’est séparée de Damien Rice, dont la côte ne montait pas assez à son goût).

2 – Paris Hilton, Stars are Blind (2006)

Vaguement chanteuse, comme vaguement DJ, actrice, mannequin, star du X, whatever, Paris Hilton est symptomatique de ces héritiers qui s’emmerdent tellement dans leur vie qu’ils ne savent pas quoi faire. Plus appréciée pour son apologie du vide que pour les divers talents dont elle essaie de faire preuve, Paris a beau avoir eu un succès mitigé – en même temps, je ne dénonce pas, mais la mère de ma meilleure amie se l’ait procuré –, elle persiste et signe avec plusieurs singles sortis en 2013 et 2014, ainsi qu’un album promis en 2015. Holy shit.

3 – Christophe Hondelatte, Dr House (2011)

En dehors de ce véritable pétage de plombs qu’est sa carrière dans la chanson, il faut savoir que l’ancien présentateur de Faites entrer l’accuser qui sommait son auditorat de garder la pêche au journal de 13h est aussi violoncelliste de formation, avait déjà joué des concerts et produit des artistes issus de la Nouvelle Star avant de sortir ce premier album au nom très évocateur : (Ou pas). Mais ce Dr House même désavoué par Hugh Laurie lui-même n’est rien à côté de Cybernight où on ne ressent même plus de la moquerie, mais du malaise. S’il te plaît, Christophe, tiens-t’en à faire ton sous-Bellemare avec les histoires les plus glauques de France, tu es tellement meilleur dans cet exercice.

En général, les F.B.I. en ce qui concerne les chansons ne sont pas catastrophiques, contrairement aux F.B.I concernant les artistes. Car une chanson peut toujours s’améliorer…

 

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