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Dans ma vie IRL, j’ai une famille. En l’occurrence, j’ai une cousine, et elle fête ce vendredi 10 février 2012 ses 28 ans. J’ai donc décidé de lui offrir, pour cette visite ORL, un petit florilège des tubes de son année de naissance, à savoir (si vous calculez correctement dans vos petites têtes)… 1984 !

Et qui dit 1984 dit synthés de fous, looks improbables que nous avons aussi bien subis, elle comme moi, rock un peu bâtard et sons tropicaux. La house music et l’italo dance n’avait pas encore déchaîné les dance floors français – à un an près, avec le mythique Tarzan Boy de Baltimora. Bref, on pourrait croire que c’est une année assez calme musicalement après l’immense année 1983 marquée par Let’s Dance de David Bowie, Ride the Lightning de Metallica et surtout Thriller de Michael Jackson (marquée par ma naissance aussi, mais on en parlera plus tard).

Mais 1984 marque aussi la naissance de Canal + et par conséquent du Top 50. Et on peut dire que, si cette émission est aujourd’hui aussi culte, c’est parce qu’elle a commencé sur les chapeaux de roues avec un playlist déjà dingue à l’époque. Voici donc une dizaine de friandises made in 1984, pour tous les petits clous qui fêtent comme ma cousine leurs 28 ans cette année.

En France

1 – Jeanne Mas, Toute première fois

Sortir un premier single qui s’appelle Toute première fois, c’est quand même la classe à Dallas. Mais après avoir étudié les langues, la danse, le chant et le piano, puis avoir émigré en Italie pour monter un groupe punk, l’Espagnole d’origine signe à 25 ans un premier contrat pour sortir son Tout tout premier single. Elle traverse les années 1980 sur la vague du succès, avant de tomber en désuétude et revenir avec la tournée RFM Party 80.

2 – Mylène Farmer, Maman a tort

Répondant au casting du jeune auteur-compositeur Laurent Boutonnat, la jeune Mylène Gautier, alors comédienne et mannequin, change de nom. Maman a tort est un franc succès, mais il lui faudra attendre 1986 et le clip de Libertine pour atteindre la dimension de culte qu’on lui connaît à l’heure actuelle. Déjà, à l’époque, son personnage se construit autour de la fille pas très à l’aise avec ses émotions et recherchant son identité sexuelle.

3 – Peter et Sloane, Besoin de rien, envie de toi

Il fut un temps où Jean-Pierre Savelli et Chantal Richard étaient amoureux, et ils ont ressenti le besoin de le crier sur tous les toits. Et voilà le résultat. Ils ont essayé de sortir d’autres chansons en duo, mais malheureusement, leur succès, comme leur couple, a tourné court. Malgré tout, ça ne leur a pas empêché de rester bons potes et de faire les diverses tournées de nostalgiques qui pullulent depuis quelques années en France.

4 – Téléphone, Une autre monde

Le principal groupe de rock de ce début des années 1980 en France sort cette bombe alors qu’ils vont se séparer deux ans plus tard. Ensemble depuis 1976, minés par le succès triomphal en France et par les échecs aux States, les quatre compères commencent à se fighter. C’est ce que l’on ressent sur ce succès qui constituera le single principal du dernier album studio du groupe.

5 – Jean-Jacques Goldman, Envole-moi

Depuis le début de sa carrière solo en 1981, jusqu’à sa retraite, en 2006, Jean-Jacques Goldman a été un petit peu le boss de la chanson française : toutes les chansons qu’il écrit sont des succès, que ce soit lui qui chante (comme ici) ou d’autres. En tout cas, dans les années 1980, c’était le mec à qui tout réussissait. Même si ses chansons ont à peu près toutes la même mélodie…

Ailleurs

1 – Ray Parker Jr, Ghostbusters

B.O. d’un des principaux blockbusters des années 1980, ce titre a largement contribué au succès de ce film. Il a d’ailleurs été coiffé au poteau aux Oscars comme meilleure chanson de film par I just call to say I love you de Stevie Wonder pour La Fille en rouge. Juste que, 28 ans après, on se souvient davantage de Ghostbusters. Et toc !

2 – Stevie Wonder, I just call to say I love you

Parce que justement, on vient d’en parler. La chanson qui a été intronisée de l’Oscar de la Meilleure chanson en 1985 a été un des plus grands succès de l’aveugle le plus classe de l’histoire de la chanson depuis Ray Charles. En tout cas, même si ce morceau est une immonde guimauve par rapport à ce que Stevie Wonder avait l’habitude de faire, ça vaut bien 1000 chansons de Gilbert Montagné.

3 – Alphaville, Big in Japan

Alors qu’aux States, même dans les années 1980, la musique avait trop la classe, en Europe, on subissait ce genre de new-wave vieillissante. Et on attendait patiemment l’arrivée d’une nouvelle forme de wave, voire de la house et de l’italo pour pouvoir enfin s’éclater en boîte. Parce que ça, avouez que c’est un peu mou de la fesse, non ? En gros, Alphaville, c’était de la wave, mais façon froide à la Kraftwerk.

4 – Frankie Goes To Hollywood, Relax

Je pense personnellement que la perception que la société a des homosexuels ne se remettra jamais de cela. Et encore, je vous montre la version censurée. Mais zut, qui a cru un seul moment que les nuits gays, c’était que Cuir, cuir, cuir, moustache ! un peu à la Village People ? Mais en même temps, quand je dis que les années 1980 sont une période sinistre pour tout ce qui est apparence, ce genre de clip, quand il n’est pas censuré, corrobore mon propos. Sinon, le morceau en lui même est rigolo et est un bon document d’archive pour comprendre un peu comment la musique était créée dans les années 1980.

5 – Jimmy Cliff, Reggae Night

Philippe Lavil, Lionel Richie (dans deux-trois trucs), Kassav’… Les années 1980, du fait de l’explosion du tourisme de masse, ont permis le développement et la propagation des sons tropicaux (pour être honnêtes). La Jamaïque, ce n’est plus un pays d’allumés qui fumaient de la beuh et qui adoraient Jah Rastafari, c’est aussi un pays cool qui sait s’ouvrir aux touristes américains et à leurs goûts. En témoigne ce morceau où les congas et le steel pan se mêlent aux synthés et à une grosse ligne de basse. La mondialisation, que voulez-vous.

En tout cas, 1984 a encore été un millésime assez conséquent en tubes. Et pour ma chère cousine, juste un petit morceau, mais qui date de 1981 :

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