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Demain, mercredi 22 février, j’entre dans le temps du Carême. C’est-à-dire qu’à l’image de Jésus-Christ, je vais passer 40 jours dans le désert et une semaine sainte pour préparer mon cœur à Pâques. Ne vous inquiétez pas, je reste en France et je garde mon travail, mais je prends ce temps de recul spirituel pour faire mon bilan de l’année. Ai-je assez bien servi ma foi ? N’ai-je pas été trop souvent en désaccord avec mon idéal de vie ? Tels sont les questions que je me poserai durant ce temps.

Donc, durant cette période, j’essaie d’avoir le mode de vie le plus vertueux possible, même si je sais que mes copains vont rigoler à me voir au Perrier ou au Coca Zéro à chaque apéro. Je m’en fous, je leur prouve aussi que je suis aussi rigolote et intéressante sans me bourrer la gueule. Evidemment, je perds beaucoup de poids, puisque j’observe le jeûne et l’abstinence. Mais ainsi, je peux me concentrer sur l’essentiel : qu’est-ce qui fait que je vis dans la société ?

L’un des éléments les plus importants de ma quête spirituelle est la musique. En tant que compositrice, j’ai confié mon talent à Dieu pour le faire fructifier. En chantant et en jouant certaines formes de musiques – le maracatu, par exemple –, j’élève mon âme vers Lui pour essayer de mieux comprendre ses intentions pour moi. Quand j’écoute certains morceaux, j’entrevois le dialogue qu’essaient d’établir les artistes avec leur autorité supérieure, et ça me touche.

Donc, pour partager mon état d’esprit, je vous ai sélectionné 5 petites chansons de variétés un peu spirituelles. Beaucoup de ces chansons ont été interprétées dans les années 1970, époque où, entre deux joints et trois paires de nichons, on se questionnait beaucoup sur l’au-delà, la possibilité d’un être supérieur pour régenter la nature.

Genesis, Jesus he knows me

Pour commencer, une petite diatribe concernant tout ce qui tourne autour de la spiritualité et surtout de son commerce. En ce qui concerne l’Eglise catholique romaine – dont je fais partie –, je sais que ces pratiques gangrènent un petit peu la communauté. C’est le cas aussi pour la majorité des communautés religieuses : sous couvert d’entraide aux plus démunis ou de rachat des péchés, certaines personnes sont parfois peu scrupuleuses devant la crédulité de certains croyants. Certes, il est nécessaire d’avoir un peu l’esprit obnubilé pour croire sans voir l’objet de sa croyance, mais le tout est de ne pas perdre le sens commun.

George Harrison, My Sweet Lord

Le plus allumé des Beatles, grand habitué de la route vers Katmandou et des ashrams – ses cendres ont d’ailleurs été jetées dans le Gange –, se cherchait encore lorsqu’il a composé cette chanson, où il dit vouloir voir le Seigneur, mais qu’il sait que cela prendra beaucoup de temps. Mine de rien, avec ce titre, George Harrison vient de nous résumer toute la problématique de Vatican II auprès des croyants catholiques…

Max Romeo & The Upsetters, I chase the devil

Je vais mettre une cotte de maille et chasser Satan de la terre. Pour ceux qui n’auraient pas compris la notion de Carême et de désert spirituel, ce classique du dub multi-samplé par divers groupes électro est un bon résumé. En même temps, nombreuses sont les connexions entre spiritualité judéo-chrétienne et rastafarie. D’où ma compréhension du sens spirituel de cette chanson, qui est devenue mon motto à chaque Carême.

U2, I Still Havent’t Found What I’m Looking For

On sait que Bono est un catholique très pratiquant, même s’il se la pète de temps en temps. Sur le plan spirituel, le refrain peut se traduire de deux manières : soit  je sais l’objet de ma recherche sans pour autant avoir trouvé cet objet, soit je suis perdu dans ma vie et je ne sais pas ce que je dois rechercher. Mais cette chanson me parle d’autant plus suite à un témoignage reçu. En 2005, l’évêque de mon diocèse vient inaugurer les travaux faits dans mon église. Il vient vers moi, on discute et il me dit : Tu sais, j’ai 71 ans et je n’ai toujours pas trouvé ce que je recherche. Ne perds jamais espoir et continue de servir Dieu. Par ce témoignage, comme par les paroles de Bono, je suis tous les jours exhortée à la prière pour trouver ce que je recherche en Dieu.

Bill Withers, Lean on me

Cette chanson est énormément reprise par les chorales gospel pour sa dimension spirituelle, sans pour autant évoquer Dieu clairement. C’est une chanson qui parle d’entraide mutuelle, chose que je veillerai à maintenir avec mes amis et ceux que j’aime par-dessus tout malgré ma situation de recul par rapport au monde. Cette entraide, en vérité, est le but de ma mise à l’écart. Je préfère m’éloigner pour voir véritablement ce monde d’un oeil neuf et de répondre à ses besoins de la manière la plus juste qui soit.

Je souhaite donc à tous mes lecteurs chrétiens qui partent au désert une réflexion fructueuse et de pouvoir trouver Dieu en toute chose. J’espère vous y rencontrer et que nos réflexions bouleversent la vie de chacun. Aux autres lecteurs, je vous souhaite de kiffer la vibe, à défaut de partager la foi.

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