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Je ne sais pas ce qu’ont les chanteurs en ce moment, ils tombent comme des mouches. Déjà que je n’étais pas très joyeuse de devoir rendre hommage à Eric Charden et à Adam MCA Yauch, voilà que je repars un week-end dans ma petite famille, coupée du monde… Et quand je reviens à la vie citadine, j’apprends le décès de deux figures emblématiques des années 1970 et du disco. Ca suffit, quoi ! Vous ne croyez pas que ce temps de merde nous suffisait déjà à nous plomber le moral ?

Que je vous explique à vous, jeunes de la génération Y, pourquoi le monde entier s’émeut du décès de Robin Gibb et de Donna Summer. De 1972 à 1985 environ, est arrivé dans les boîtes de nuit une musique faite à base de lignes de basse de fou et des batteries binaires avec la petite saccade qui va bien en fin de cellule musicale, je veux bien sûr parler de la musique que l’on appelle disco. Vous rigolez, mais quid de David Guetta ou de Taio Cruz sans cette révolution qui permettait de ne plus pouvoir danser avec une partenaire ? Même si la house, puis les différentes sortes d’electro ont définitivement enterré cet avatar de musique dansante et populaire, le disco reste quand même une des époques les plus emblématiques de notre XXe siècle, tant pour la musique que pour le lifestyle.

Penchons-nous donc sur la vie de ces légendes des années 1970 qui viennent de nous quitter :

Robin Gibb (1949-2012)

D’origine britannique, Robin Gibb s’est surtout fait connaître en formant avec trio emblématique avec son frère aîné Barry – la voix de fausset du groupe, extrêmement reconnaissable – et son frère jumeau Maurice (mort en 2002) : les Bee Gees. Sa carrière avec ses deux frères commence en 1958. Le groupe garde la même base, mais change plusieurs fois de nom jusqu’en 1972. Le style du début de carrière est plus ancré dans le folk, tel qu’il se faisait à la fin des années 1960, avec des titres comme Massachussets (1967) et I started a joke (1968). Ils prennent le virage disco avec l’album Children of the world (1976) et surtout le single You should be dancing.

C’est suite à cet album qu’ils ont été contactés par leur producteur pour enregistrer quatre titres d’une bande originale d’un film musical : Saturday night fever (1977). Ils fourniront sept titres au final. Résultat : 30 millions d’exemplaires de la BO vendus, et des chansons qui resteront leurs principaux faits d’armes pour la postérité : Saturday Night Fever, Staying alive, How deep is your love… Même s’ils enregistrèrent d’autres albums par la suite, leur portée fut moindre, car ils resteront indubitablement associés à leur notoriété disco. Le groupe était en sommeil depuis le décès de Maurice, en 2002. Il a essayé de se reformer avec juste Barry et Robin en 2009, mais il n’y eut pas de suite.

Donna Summer (1948-2012)

LaDonna Andrea Gaines, aux 130 millions de disques vendus, après avoir commencé le chant dans le chœur de sa paroisse, commence une carrière musicale en 1967, en chantant dans la version allemande de la comédie musicale Hair. Son début de carrière est ponctué de rôles dans des comédies musicales allemandes et des chœurs dans divers groupes. Elle ne connaît véritablement le succès qu’après l’enregistrement d’un énième single, Love to love you baby (1975), morceau qui dure 16 minutes, entre les différents soli instrumentaux et les soupirs suggestifs de la chanteuse. Pourquoi une telle durée ? Parce qu’à une fête privée, le morceau a tellement plu que les invités insistaient pour repasser le disque.

S’en suit quelques années de succès, avec des titres comme Last dance, I feel love, She works hard for the money, On the radio, Hot Stuff qui ponctuent la fin des années 1970 et le début des années 1980. Sa carrière, déclinante dès le milieu des années 1980, ne trouve un regain qu’à travers les différents remixes et reprises de ses titres. C’est ainsi qu’elle a continué à faire carrière avec un auditorat plus discret. Son dernier album, Crayons, datait de 2008.

Comme la coutume veut que l’on dise dans ces cas précis, les meilleurs partent les premiers. Car il est désolant, avec l’hécatombe de ces derniers jours, que les derniers témoignages vivants du disco restent Patrick Hernandez, Boney M. et Régine. Oui, vraiment désolant. C’est pourquoi il était nécessaire de rendre hommage à ces légendes du disco qu’étaient Robin Gibb et Donna Summer. Bienvenue dans l’un des meilleurs dancefloors de l’univers : le paradis.

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