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En attendant une chronique CD que je dois fournir pour Ladies Room, je vais me plaindre en musique du temps qui sévit sur le nord de la France en ce mois de juillet. Il paraît que ça va changer à partir de ce dimanche, mais trouvez-vous ça normal qu’on soit obligés de danser le rock sous des trombes d’eau un 13 juillet ? Même si ça favorise l’imagination et le rapprochement des corps de certains, il se trouve que cela favorise surtout la laryngite.

Donc un été anglais qui ressemble à un temps de Toussaint sur la Côte d’Azur : je me dis qu’heureusement, j’ai pris mes vacances en août. Et dans ma tête, qui dit météo anglaise dit pop larmoyante et suicidaire qui va avec. Ouais, c’est drôle comme j’ai limite pas envie d’écouter du samba en buvant une caïpirinha. Mais plutôt envie de m’exploser à la vodka en regardant le ciel chialer par la fenêtre et en caressant un chat noir et mélancolique. Miossec, si tu me lis, j’ai peut-être quitté la Bretagne, mais grâce à toi, j’y retournerai toujours => effet mélancolique que je trouve fort à propos.

Voici donc la bande-son de ce mois de juillet aussi joyeux qu’une tempête le 11 novembre sur la pointe St-Matthieu :

Rover, Aqualast

Il ressemble à Chateaubriant et sa chanson ressemble à du Thom Yorke qui a oublié son Valium, mais malgré tout, ce monsieur est bel est bien français, même si fils d’expatriés et ayant bourlingué un peu partout dans le monde au point d’avoir été au lycée avec certains membres des Strokes à New-York. Comme Revolver qui copie avec brio les Beatles, Timothée Regnier – qui déclare s’inspirer de Bowie, de Gainsbourg, de Dylan et des Beach Boys (?) – place dans sa musique tout ce qu’il y a de plus dépressif dans la brit-pop, encore une fois avec maestria. Même si ce premier titre, malgré sa beauté, donne envie de se pendre à une corde, ça me donne bien envie d’explorer le reste de l’univers de cet artiste. Il paraît que l’album a été enregistré en Bretagne. A vrai dire, ça ne m’étonne même pas.

Lana del Rey, Blue jeans

Encore une fois, Lana frappe très fort. Sa chanson peut à la fois servir de slow langoureux pour une première nuit caliente qui contrebalancerait la température extérieure et de chanson cathartique quand tu repenses à tes vacances au début octobre en regardant par la fenêtre, un pot de Haagen-Dasz à la main et des pleurs sur les joues – quoique, bien souvent, ce soit la même chanson dans les deux cas la plupart du temps. Tellement langoureux et mielleux qu’elle aurait pu servir de bande originale à des scènes de pleurs dans Bridget Jones.

Radiohead, High and dry

Radiohead, c’est, selon moi, ce que l’on peut faire de plus meurtrier en termes de brit-pop. Ce sont certes de très belles mélodies, mais tellement tristes que, même avec une patate d’enfer et l’envie de gambader partout dans la ville, tu écoutes ne serait-ce que l’intro, et juste t’as envie d’entrer dans la spirale la stratégie de l’échec. Personnellement, quand j’écoute cette chanson, j’ai éternellement 13 ans, on disserte éternellement dans la chambre de ma meilleure amie, sur son lit, et on regarde en boucle Le péril jeune. La mélancolie et les affres de l’adolescence, quoi.

Coldplay, What if

Aaaaah, l’époque bénie où Coldplay ressemblait davantage à Radiohead qu’à U2. C’était avant la rencontre avec Brian Eno, avant le mariage avec Gwyneth Paltrow… A l’époque où Chris Martin n’avait pas besoin de se peinturlurer la gueule en fluo et de sauter partout, quoi. Je ne dis pas que le nouveau Coldplay a perdu cette verve mélancolique inhérente aux groupes de brit-pop, mais ça, en contemplant le front de mer brestois sous le crachin, je peux vous dire que ça vous colle plus un décor que Wow it’s a wa-a-a-a-a-a-terfall ! A wa-a-a-a-a-terfall !

The Verve, The drugs don’t work

S’il y a bien une chanson à ne pas écouter un après-midi d’été pourri et de désoeuvrement, c’est celle-ci. Parce que là, ce n’est pas la mélancolie du soleil caché qui te tombe dessus, mais carrément une grosse déprime. L’écouter en boucle est un signe de sévère dépression, tous les psychiatres vous le diront. Malgré tout, cela reste l’une des plus belles œuvres, selon moi, de ce que la brit-pop  et la musique d’une façon générale est capable d’offrir au monde entier : l’expression des sentiments les plus purs, les plus profonds, voire les plus tourmentés de l’espèce humaine. Dans mes rêves les plus dingues, il suffirait juste qu’on fasse écouter aux autres des morceaux correspondant à notre état d’esprit pour que les autres nous comprennent. Mais je digresse, pardon.

Et parce que la pluie, ce n’est pas forcément que la mélancolie, voici ces bonus tracks :

Georges Brassens, Le parapluie

Parce qu’avec Brassens, il fait beau même quand il fait moche. C’est peut-être l’un des clichés les plus flatteurs que l’on puisse avoir avec les Méditerranéens, c’est qu’ils apportent le soleil partout. Et puis cette chanson d’une rencontre sous un parapluie est tellement mignonne qu’on a presque envie qu’il pleuve tous les jours… Ou alors d’oublier son parapluie en rêvant qu’un charmant jeune homme daigne nous abriter sous sa coupe… Ouais, c’est ça, on peut rêver.

BJ Thomas, Raindrops keep falling on my head

Autre chanson qui donne envie de marcher sous la pluie avec un sourire niais, tel un Gene Kelly dans Chantons sous la pluie. La reprise de Sacha Distel est over-kitschissime, mais on retrouve le même esprit de fête, de joie, de chabada. En fait, c’est ça le secret : pour apprécier la pluie en été, il faut soit avoir emporté sa bouteille de gel douche dans son sac, soit être amoureux.

Allez, gens de la France du Nord, arrêtez de vous plaindre. Puisque Météo France nous dit qu’à partir de dimanche…

 

 

 

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