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Alors que tout le monde semble revenue dans son petit train-train quotidien, on en oublierait presque que l’automne vient d’arriver. Et, à l’instar de la rentrée littéraire, qui dit début de l’automne dit aussi rentrée musicale. Et je peux vous dire que, cette année, en termes d’actualités, on a été gâté. Je voudrais d’ailleurs profiter de ce moment pour dénoncer les horreurs qui se déroulent actuellement dans le monde…

Ca fait du bruit, Serge Gainsbourg qui se retourne dans sa tombe…

Non, sans déconner, je vous assure qu’il y a dans l’actualité musicale de ce mois de septembre 2012 des choses bien plus chouettes que Clara Morgane qui massacre la chanson française pour nous montrer le making-of de son calendrier. Oui, parce que, clairement, on regarde le clip sans écouter la musique, sinon ce serait intenable… Enfin bref.

J’ai donc écouté trois albums qui font la sensation dans la presse, à savoir Tempest de Bob Dylan, Coexist de The XX et Places de Lou Doillon. Trois albums aux influences très diverses, ce qui me rassure sur le fait que la rentrée dans mes oreilles ne se réduit pas au matraquage de Ma-ma-ma-ma-ma-ma-d-ness…

Bob Dylan, Tempest

Ce qu’en dit la presse

Un Bob Dylan déconseillé aux débutants (20 minutes )

Juste un Dylan de plus (Les Inrocks)

Dylan fatale et fataliste (Toute la culture)

Mon humble avis

A vrai dire, étant absolument enthousiaste concernant le début de carrière de Bob Dylan, et avisée de sa désormais incapacité à enthousiasmer les foules en concert – en témoigne sa désastreuse prestation aux Vieilles Charrues, témoignage que j’ai eu de première main sans pour autant y être allée –, j’accueillais ce nouvel album avec une certaine appréhension. Tandis que certains de mes amis inconditionnels du Monsieur se répandaient en éloges, je lisais certains articles qui me confortaient dans ma tiédeur du départ.

La bande-son est absolument géniale pour qui aime le son traditionnel américain sans pour autant verser dans la country, que je trouve à mon sens trop caricaturale et insultante pour résumer à cela la musique du Mid-West. Guitares sèches, mandolines, banjo, violon et accordéon, bref, comme à l’accoutumée, une bande-son bien roots telle qu’on la retrouve aussi chez Neil Young. Ca, c’est le son américain, oui Madame !

Par contre, il serait effectivement temps pour Bob Dylan d’arrêter de chanter. J’avoue, comme disait la Siamoise récemment, il n’a jamais eu une voix exceptionnelle, donc ce n’est pas pour sa voix qu’on l’écoute. Mais tout de même, t’as des super musiciens, et t’as un mec bourré avec une trachéotomie qui essaie de placer sa voix éraillée dessus. Avouez que ça fait pitié. Malgré tout, quand il arrive à placer une ou deux notes, ça pourrait presque ressembler à du Springsteen. On pourrait se dire qu’il garderait toujours la grâce de sa scansion légendaire pour raconter des histoires, mais même ça, ça ne marche plus. Désolée, vieux, mais au pire, écris tes chansons et fais-les chanter par des mecs un peu plus frais, merci.

The XX, Coexist

Ce qu’en dit la presse

The XX, toujours amoureux (Obsession – Le nouvel Observateur)

Coexist, l’extase xx (Les Inrocks )

The XX à la croisée des chemins (L’Express)

Mon humble avis

Que de grâce pour ce désormais trio qui nous resservent la même pop minimaliste que sur leur premier album éponyme en 2009. On retrouve les guitares aériennes, la boîte à rythmes et les synthés caractéristique à tout ce qui se faisait de meilleure dans la cold wave de la grande époque, mais surtout, il subsiste une grande fraîcheur dans l’alliance entre Romy et Oliver.

Car plus que la musique aérienne qui sert de bande-son, les voix de Romy Madley Croft et Oliver Sim, les deux copains de lycée londoniens, se confrontent, s’approprient une chanson ou l’autre, se mêlent, voire « coexistent » ; et de cette coexistence se formule une harmonie telle qu’on voudrait la voir tous les jours dans le monde.

Sombre, sûrement, mais aussi très poétique, Coexist continue dans la lancée du premier album à remettre au goût du jour une musique qui exprime à merveille les atermoiements et les affres des adolescents, souvent imitée, voire parodiée, d’où sa mauvaise presse. Personnellement, je trouve une certaine beauté à The Cure et Joy Division, mais la compréhension de leur musique est souvent parasitée par des groupes comme Indochine ou Tokio Hotel. Coexist est donc un cri du cœur pour réhabiliter la cold wave dans ses aspects les plus nobles.

Lou Doillon, Places

Ce qu’en dit la presse

Lou Doillon, renaissance rock (Les Inrocks)

Lou Doillon, la belle surprise musicale de la rentrée (Culturebox – France Télévisions)

Mon humble avis

Avec une mère et une sœur comme la sienne, et avec un CV comme le sien, le fait qu’elle se mette à la chanson m’a d’abord fait m’écarquiller les yeux. Je me suis dit : Si elle a hérité du filet de voix de Jane B. et de Charlotte G., ça risque d’être compromis pour écouter cela. Et puis ma collègue m’a dit l’avoir écouté et en avoir eu les larmes aux yeux. Sachant que ladite collègue ne crache pas sur Patti Smith – influence avouée de dame Lou –, je me suis dit que ça pouvait valoir le coup.

Et effectivement, j’ai été surprise de ne pas trouver un album dégueulasse de poseuse bobo, mais une vraie bande-son travaillée et surtout un timbre très affirmé. À la Patti Smith. À la Cat Power. À la Leslie Feist. Bon, à côté de ça, il n’y avait pas le truc pour que je m’enthousiasme plus que cela, mais je me dis que pour une actrice/mannequin qui se lance dans le chant, je trouve le résultat plutôt correct par rapport à certaines filles. Pari réussi, même si, faut pas déconner, je n’irais pas acheter l’album pour autant.

Parmi les autres albums qui font sensation dans cette rentrée, il y a aussi The Hives, Cat Power, Animal Collective, Emily Loizeau, Franck Ocean, et bientôt Missy Elliott… Autant de raisons de courir chez votre disquaire ou de vous connecter sur votre compte iTunes. 

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