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Si j’ai parlé récemment du charisme particulier d’un musicien par rapport au mâle lambda, il est une catégorie de musicien dont le potentiel de charisme est encore multiplié par mille par rapport aux autres. Je veux bien sûr parler du chanteur. En effet, étant davantage sur le devant de la scène que ses collègues – dans le cas où les compositions son chantées, bien évidemment –, il jouit d’une exposition plus grande aux regards des fans énamouré(e)s.

La caractéristique du chanteur est que son instrument principal est lui-même. Il peut s’accompagner au piano, à la guitare, à la basse ou bien même à la batterie, mais il semblerait que Phil Collins ait fait de rares émules (et pour avoir testé moi-même le combo chant/percus, je suis bien placée pour vous dire que ce que fait Phil Collins relève d’un sacré exploit technique…). Mais, dans beaucoup de cas, il préfère se concentrer sur son organe vocal pour hypnotiser les foules. Et à défaut d’avoir une voix sublime, un simple phrasé ou une attitude fait l’affaire.

Il est d’ailleurs une règle tacite dans un groupe : le chanteur doit TOUJOURS être plus charismatique, du moins plus beau, que les autres membres du groupe, sinon, l’équilibre en est rompu. Comme pour la règle 34, il n’y a pas d’exceptions, ou, encore une fois, il faut s’appeler Phil Collins et foutre la merde dans un groupe préexistant comme Genesis. Et quand le chanteur n’est pas assez charismatique, ce sera le guitariste : c’est ce que l’on remarque aisément dans des groupes comme AC/DC (ouais, il est gentil, Brian Johnson avec sa voix de dingue, mais le véritable boss dans le groupe, ça reste Angus Young) ou Guns’n’Roses (depuis que Slash n’est pas revenu, ben Axl Rose y rame un peu).

Mais pourquoi donc le chanteur nous fait craquer, nous les filles ? J’ai quelques idées sur la question :

1 – Il est trop beaaaaaau

Effectivement, la plupart du temps, quand on craque sur un chanteur, c’est qu’il a des qualités graphiques indéniables. Les crises d’hystérie qui accompagnaient certains concerts des Beatles (du temps de nos grands-mères) ou de One Direction aujourd’hui n’ont bien souvent rien à voir avec de quelconques qualités musicales hors du commun (je vous demande pardon pour cette insulte aux Beatles que je viens de proférer). Le phénomène des boy’s bands que j’ai malheureusement connu dans les années 1990 ont bien montré que des tablettes de chocolat pouvaient faire davantage vendre qu’un gratteux tout malingre. Et je vous assure qu’au regard de cette période maudite pour mon éducation musicale, 15 ans après, j’ai encore honte.

Personnellement, je craque aussi pour des chanteurs pour leurs qualités musicales autant que graphiques. En voici quelques exemples :

Justin Nozuka

Là, j’avoue, mon admiration est plus graphique. Parce qu’à part After tonight ou une de ses nombreuses reprises de Bill Withers, je ne saurais pas plus vous parler de sa carrière discographique que je sais pourtant fournie depuis 2007 – il a notamment fait un duo avec Zaho. [Note de service : cette dernière mention est peut-être une explication au fait que je ne porte que très peu d’intérêt à sa musique.]

Richard Ashcroft

De par sa troublante ressemblance avec Mick Jagger – grand sex-symbol s’il en est – et par ses mélodies tout simplement sublimes, Richard Ashcroft reste le seul chanteur que je supplierais d’épouser sur-le-champ. Plus que n’importe quel chanteur de brit-pop – et Dieu sait si les chanteurs de brit-pop se doivent d’avoir le charisme au moins équivalent à +1000 –, il incarne le chanteur dans toute sa quintessence : beau comme un prince charmant, énigmatique comme un criminel, à peu près bon chanteur pour qu’on n’ait pas honte de chanter ses chansons, bref, please marry me Richard.

Alex Trimble

J’ai d’abord écouté, comme beaucoup de monde, Two Door Cinema Club à la radio. Et, comme beaucoup de monde, j’ai aimé Sun. Et puis je suis tombée sur le clip de Sun et je me suis extasiée devant ce petit rouquin qui chantait très bien. Alex, c’est mon nouveau petit pet d’adolescente que je suis encore un peu. Il n’est objectivement pas super beau, mais je le trouve trop craquaaaaant (avec plusieurs a pour bien montrer que ce jeune homme sait provoquer mon côté midinette à deux balles).

2 – Il chante trop bieeeeen !

Là, je ne parle plus de la midinette fan de son mec qui chante dans un obscur groupe d’indie pop. Je te parle du mec qui scotche toute l’assemblée avec une voix de fou. En règle générale, ce sont davantage les chanteurs classiques qui font cet effet-là. C’est sur ce principe assez surprenant que Farinelli (à son époque) ou Luciano Pavarotti plus récemment ont eu une collection de strings jetés sur le coin de la figure (au sens figuré, bien évidemment), alors qu’au départ, physiquement, le pari n’était pas gagné. Ceci est d’autant plus vrai pour Farinelli qu’il n’avait pas de quoi honorer son fan-club précisément pour les raisons qui faisaient son succès. Voici donc ma petite sélection des chanteurs vraiment époustouflants :

Josh Groban

Objectivement, ce mec chante des trucs ringards, mais avec une voix exceptionnelle. C’est un peu le phénomène Susan Boyle avant la lettre. Il ne ressemble à pas grand-chose d’autre qu’à un nerd et pourtant ce mec vend des millions de disques grâce à ce timbre tel qu’on n’en rencontre qu’une fois par décennie. Bon, c’est plus le genre de mec qui plaît à ta mère, mais tout de même, ce genre de success story méritait d’être vue et vécue.

Placido Domingo

Je me souviendrai toute ma vie du jour où j’ai étudié le Carmen filmé de 1983 en cours de musique. Ce jour-là, je découvris un ténor avec un charisme supérieur à Lady Gaga : j’ai nommé Placido Domingo. Pour moi, après lui, il n’y aura plus personne capable d’interpréter don José Lizzarabengoa, pas même Roberto Alagna (qui, pourtant, chante mieux que ledit Placido). Ce qui m’a surtout fait de l’effet chez Dimanche Placide (oui, j’ai le droit !), c’est son regard noir quand il regarde dans l’arène sa Carmen se barrer avec cet enfoiré de torero. Oui, on en revient aux considérations graphiques, et alors ?

Philippe Jaroussky

Que l’on se le tienne pour dit : le Vatican a interdit de castrer des petits garçons pour en faire des contre-ténors en 1912. Il est donc préférable, journaleux de merde, d’arrêter de demander à Philippe s’il est « entier ». Oui, il l’est, tout comme sa voix au-delà du réel. Les véritables contre-ténors sont une perle rare, profitons donc d’en avoir un véritable pour apprécier la prouesse technique et l’émotion donnée par ce chanteur exceptionnel. Et puis vos gueules aussi, il se trouve qu’il n’est pas gay. Enfin, je crois. Puis, de toute façon, ces suppositions sont encore plus ridicules que ses manières.

3 – Il est trop sexyyyy

Là, malheureusement, c’est ce qu’on dit la plupart du temps quand ni les qualités vocales, ni les qualités graphiques ne sont au rendez-vous. C’est ce qui compose le troisième facteur de charisme chez les chanteurs, a priori celui que 50 % des chanteurs ont en commun, à savoir une attitude de séducteur très développée. C’est justement pour cette raison que Serge Gainsbourg a eu autant de succès : il était che-mo et son sens du chant était aléatoire, mais il a emballée les plus belles, il faut l’avouer, grâce à ce génie de la mélodie, d’une part, mais surtout grâce à une attitude de connard fini d’autre part.

Personnellement, ce sont mes chanteurs préférés. Parce qu’ils savent surpasser le calibrage des maisons de disques et des média, ces chanteurs mettent leur attitude, voire même leur absence d’attitude qui en devient une attitude à part entière, au service de leur art. On retrouve notamment ce genre d’avatar parmi les mecs à physique et voix lambda, mais qui savent écrire des mélodies et des paroles ou, mieux, incarner ces mélodies et ses paroles. Encore une fois, je vais vous fournir quelques cas d’étude :

Shane McGowan

Quand je vous dis que l’attitude est très importante pour incarner des idées en chanson. Physiquement, ce mec a moins de charisme que le clochard à côté du Franprix et sa voix se rapproche du bruit de la tronçonneuse un dimanche matin au réveil [note de service : Shane McGowan m’inspire tellement que je trouverai toujours de nouvelles descriptions pour parler de lui], mais il est un emblème pour les alcooliques et autres rebuts du système. C’est ça. Comme Renaud chez nous.

Dave Gahan

L’attitude de garçon-coiffeur qu’adopte Dave depuis 1981, cette espèce d’ambivalence qui trouble aussi bien la midinette en fleur que le garçon pas très sûr de lui, donne un cachet aux mélodies new wave qu’il interprète. Dave Gahan a beau avoir une voix très métallique, en substance, et le physique d’un prof de maths, il sait, par essence, galvaniser les foules en jouant d’une sexyness qui serait comme cachée aux yeux du commun des mortels.

Busta Rhymes

Bon, Monsieur a clairement pris le virage du gangsta rap, où l’apparence et l’attitude sont primordiales. Malgré tout, je trouve que c’est le rappeur qui a le moins besoin d’en rajouter dans le bling, du fait d’un rap couillu et très charismatique en lui-même. Ou alors, conscient que son flow venu de l’espace finirait par bouffer sa personnalité, il se sent le besoin de l’asseoir avec moult tatouages et chaines en diamants et en exécutant moult featurings avec des pétasses à gros seins. Mouais. Ca se vaut.

Par conséquent, si tu es musicien et que tu veux vraiment plaire aux minettes, chante. Ou du moins essaie. Succès garanti par Bibi la Coquillette.

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