étéJe ne suis pas encore partie en vacances d’été, mais ça ne saurait tarder. Enfin si : j’ai passé une semaine bienfaisante chez ma mère pour affronter un début août bien mort. Mais c’est pour mieux repartir en vacances dans un pays qui, musicalement, sonne comme ceci :

ou alors comme ceci :

voire, plus grave encore, comme ceci :

Bref, je ne pars pas en vacances pour apprécier le folklore musical local, étant donné qu’en termes de culture du pays, je préfère Noomi Rapace et Real Humans (qui a dit Voire deux-trois pornos vintage des années 1970 ?). Autant faire alors un premier bilan de mon été musical avant la rentrée des classes.

Musique live

Cette année, pas encore d’Eurockéennes, de Sziget, de Vieilles Charrues et encore moins de Rock en Seine, bien que je bave sur l’affiche de ce dernier festival depuis le mois de janvier, depuis que je sais que la bande de Trent Reznor vient faire un petit coucou bien bruyant. Non, cette année, comme à mon accoutumée, comme j’ai mis mes thunes dans mes vacances, j’ai décidé de me sustenter des festivals gratuits pour Parisiens désœuvrés et des festivals locaux où je suis bénévole. Petit bilan.

Soirs d’été du 3e arrondissement

Sur une place de la République refaite à neuf et de très belle facture, Oüi FM (oüi, encore ^^) a organisé en collaboration avec la mairie du 3e arrondissement de Paris un festival rock gratuit et sympa du lundi 8 au samedi 13 juillet. Je m’y suis rendue le mardi et le mercredi soir, étant donné que c’était les deux soirs où la programmation m’excitait le plus. Certes, la programmation du lundi était aussi bandante sur le papier (Jake Bugg, The Babyshambles et Puggy), mais je n’y suis finalement pas allée. Au dire de certains potes qui y ont assisté, il paraîtrait que j’ai bien fait (Jake Bugg faisant le minimum syndical, The Babyshambles à la bourre, etc.).

Mardi 9 juillet : The Popopopops – Deportivo – Biffy Clyro. La soirée a donc commencé avec un sympathique combo rennais – j’en suis d’autant plus fière – qui fait dans l’électro-rock de base. C’est sympa, c’est dansant, c’est parfait pour un début de soirée. Tout le monde clap des hands pour s’ambiancer et accueille avec joie ce petit son minimaliste. Puis viennent les mecs du 78 un peu vénère. En fait, j’avais surtout hâte de voir Déportivo après un premier rendez-vous un peu manqué à Bobital en 2004. Ça promettait du bordel, ça n’a pas loupé : au rock très énergique a répondu le public par des stage divings qui ont un peu débordé la sécurité. Etant moi-même un peu karatéka dans l’âme, j’accueillis avec forces yokogeri tout malotru qui venait atterrir sur mon épaule. Bilan du concert : je n’avais pas suivi la carrière de Déportivo depuis Parmi eux à mon grand regret. Et j’ai pensé beaucoup de bien de ce concert, malgré les incessants pogos. En tout cas, il me semble qu’un vieux monsieur derrière moi a beaucoup apprécié le concert, mais pas forcément pour des raisons musicales… Pour conclure la soirée, il y eut Biffy Clyro, la sensation écossaise qui rend hystérique Pierre Janaszak depuis le début de l’année et quelques minettes au premier rang ce soir-là. Il faut savoir qu’au départ, je ne sais pas pourquoi, mais Biffy Clyro m’évoque quelques groupes que j’estime de mauvaise facture et que j’ai malencontreusement subis à la fin des années 1990 et au début des années 2000 (de type Nickelback ou Hoobastank, pour vous situer le niveau). Après la lessive que j’ai subie pendant Déportivo, j’ai donc décidé de m’éloigner de la scène et d’attendre que le groupe me fasse changer d’avis. Bilan : oui, sur scène, c’est sympa. Oui, quand ils ne font que jouer, ça sonne plutôt chouette. Donc mon problème avec Biffy Clyro vient du chant, que j’estime trop pop par rapport au déchaînement sonore dont le groupe est capable. C’est comme si on me présentait Joseph Gordon-Levitt avec le charisme d’un bulot. Bref, je suis partie avant la fin du concert. Sorry.

Mercredi 10 juillet : Granville – Naive New Beaters – Bastille. Pour moi, c’était ZE soirée du festival, donc j’y suis allée avec la Siamoise et Nouvelle 30naire. Après des pétasseries entre filles, nous nous installons place de la République, légèrement excentrées par rapport à la scène. Le premier groupe est Granville, les petits Normands qui font de la pop d’inspiration 1960’s et dont j’adore Le Slow. Au final, voici un groupe typiquement calibré pour le studio ou pour les petites salles. En effet, devant les quelque 10.000 personnes rassemblées place de la République, on dirait que la sauce ne prend pas trop. Jeu de scène trop calme, timidité des membres du groupe, il n’y a que Jersey et Le Slow qui prennent l’adhésion du public qui connaît les deux chansons par cœur. Dommage. Viennent ensuite les trublions franco-américains de Naive New Beaters. Autre ambiance : il y a des sketches entre les chansons, une décoration de scène très funky, et même Mickey Mouse qui vient en guest. Nouvelle 30naire est conquise par l’electro-pop qui se dégage de la scène, tandis que j’engage un débat avec la Siamoise qui trouve quand même tout ceci sonne très hip hop, du fait d’un break beat très présent et du phrasé particulier. Soit. Mes comparses me quittent avant le concert de Bastille. J’attendais énormément de ces Anglais qui me font chanter Hey hey oh hey oh hey hey oh hey oh… Beaucoup de personnes qui avaient jeté une oreille sur l’album me disaient qu’il n’était pas à la hauteur de Pompeii. Briefée de la sorte avant le concert, je m’installe au milieu de la foule. Bien qu’on ne retrouve pas le mur de son de l’album (réflexion d’un pote), j’ai été satisfaite par le désir de progression du concert, commençant avec des ballades pop assez sympa à l’écoute, pour grimper en puissance et galvaniser la foule avec le tube qui les a fait connaître, en se payant le luxe au passage de faire un combo Rythm is a dancer/The rythm of the night plutôt chouette. Au final, on sent que les mecs débutent, mais je leur prédis un gros potentiel de carrière dans le créneau groupe de stade à la Coldplay.

Fête du Blé, samedi 10 août

Comme tous les ans depuis 1983, je suis bénévole à la Fête du Blé. Et comme tous les ans depuis 2006, je suis bénévole au concert du samedi soir. Cette année, nous avions à l’affiche Avalon Celtic Dance, The Rabeats et les Ramoneurs de Menhir. Avalon… étant un spectacle visuel de claquettes irlandaises, étant moi-même plutôt occupée, je n’ai pas pu apprécier la performance. En fait, j’attendais, en bonne fan des Beatles, la prestation des Rabeats – ou des Rats béats selon ma chère maman. En termes de sonorités, c’était assez fidèle aux originaux, et ça, ce n’est pas donné à tous ceux qui se permettent de reprendre le répertoire des Fab Four. Par contre, deux petites choses m’ont énervée : le fait qu’ils se soient mélangé les pinceaux dans les paroles de Let it be (Sacrilège !) et leur orchestration bizarroïde de A Day in the Life. Sinon, des mecs sympas à entendre jouer. Quant aux Ramoneurs de Menhir, j’aime beaucoup Loran, j’aime beaucoup Bérurier Noir, j’aime beaucoup la poésie punk en langue française, mais on avait quand même affaire à une bande de… voilà. Exemple : déclarer chanter pour la paix au Moyen-Orient en clamant Intifada. Dafuq. Ce qui m’a fait aussi rigoler, c’est que le groupe débute le concert en clamant Nous, on chante pour la Bretagne liiiiiibre ! Ce à quoi j’ai répondu dans mon coin : Et vous chantez aussi pour les écoles liiiiiibres ! [NDLR : en effet, la Fête du Blé dans mon village a été créée pour financer l’école privée. Par conséquent, les bénéfices de la fête sont dispatchés pour faire en sorte que les frais de scolarité soient dérisoires. A ce propos, la première fois qu’a été organisé un concert de la sorte pour la Fête du Blé, en 2006, les organisateurs ont invité Gilles Servat, connu pour être compagnon de route de l’Armée Révolutionnaire Bretonne. Les journalistes l’ont cueilli ainsi : « Ca ne vous dérange pas, quand on connaît vos engagements politiques, de chanter au profit d’une école catholique ? » Ce à quoi il avait répondu : « Je suis un barde, je chante où l’on me demande de chanter. »]

Musique studio : les nouveautés que je défends

Cet été 2013 a été riche en retours propices et en petites nouveautés sympas sur ma radio préférée. Voici donc ma petite sélection qui a fait bouger mon été :

Prince feat 3rd Eye Girl, Fixurlifeup

Alors que tout le monde le pensait mort et enterré artistiquement, mais que voilà ? Prince… merde Love Symbol… merde TAFKAP… Oh et puis il s’appelle comme il veut, bordel de bois ! Donc le voilà qui revient avec un girls band un peu riot et qu’il réinsuffle son groove si particulier sur des riffs saignants. Personne ne s’y attendait à celle-là. Et personne surtout ne s’attendait à ce que Rogers Nelson soit encore un caïd musicalement parlant. THE sensation rock de l’été, quoi.

Patrice, Cry Cry Cry

Autre retour super sympa de l’été, l’artiste allemand d’origine sierra-léonaise nous fournit ici un son parfait son estival : une base de reggae blanc, donc juste cool mais pas trop pour devenir écœurant. Bref, quelque chose qui parle à la fan de Police et des Clash que je suis.

Yodelice, Fade away

Le brave Maxim Nucci en aura fait, des pirouettes artistiques. Après avoir été arrangeur pour son ex-compagne Jenifer, tourné vers la comédie musicale filmée, puis très folk nonchalant pour les débuts de son double musical, le voilà qui nous revient avec des riffs efficaces et un chant qu’on ne lui connaissait pas et qui lui va plutôt bien. Je lui dirais donc de persister dans cette voie avant de nous pondre un autre concept.

John Newman, Love me again

Ils sont quand même forts, ces Anglais. Ils arrivent à nous sortir une trentaine de rock stars potentielles en un mois de temps. Ce mois d’août, c’est ce petit jeune homme de 23 ans que j’ai écouté un matin chez Marjorie Hache. Et je me suis dis : Mais qu’est-ce que c’est que ce tube en puissance que même ma sœur va se mettre à écouter la même radio que moi ? Rhoâ, ça va bien atterrir sur Virgin d’ici deux-trois mois, mais on pourra toujours troller et en rigoler sur Twitter.

D’ici là, bonne rentrée, moi je pars… euh… en vacances. Bisous !

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