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angusMon Dieu, je te délaisse, écriture. Mais la vie me joue des tours qui épuisent quelque peu mon inspiration. Donc, en musique, comme en écriture et en beaucoup d’autres choses hédonistes, je m’accorde un repos qui, parfois, je l’avoue, me frustre. Mais force est de constater que je dois retrouver le goût des choses.

Dans cette diète de l’inspiration, j’ai remarqué sur le mur de certains contacts FB deux vidéos assez différentes entre elles, mais qui ont un point commun : l’interprétation virtuose de ma chanson préférée de AC/DC, à savoir Thunderstruck (The Razor’s Edge, 1990) :

I was caught
In the middle of a railroad track (Thunder)
I looked round
And I knew there was no turning back (Thunder)
My mind raced
And I thought what could I do (Thunder)
And I knew
There was no help, no help from you (Thunder)

Sound of the drums
Beatin’ in my heart
The thunder of guns
Tore me apart
You’ve been – thunderstruck

Went down the highway
Broke the limit, we hit the town
Went through to Texas, yeah Texas
And we had some fun
We met some girls
Some dancers who gave a good time
Broke all the rules, played all the fools
Yeah, yeah, they, they, they blew our minds

I was shakin’ at the knees
Could I come again please?
Yeah the ladies were too kind
You’ve been – thunderstruck, thunderstruck
Yeah yeah yeah, thunderstruck

Oh, thunderstruck, yeah

Now we’re shaking at the knees
Could I come again please?

Thunderstruck, thunderstruck
Yeah yeah yeah, thunderstruck
Thunderstruck, yeah, yeah, yeah

Said yeah, it’s alright
We’re doing fine
Yeah, it’s alright
We’re doing fine
(So fine)

Thunderstruck, yeah, yeah, yeah,
Tunderstruck, thunderstruck, thunderstruck
Whoa baby, baby, thunderstruck
You’ve been thunderstruck, thunderstruck
Thunderstruck, thunderstruck
You’ve been thunderstruck

Angus Young dit avoir trouvé l’inspiration du morceau lors de la traversée d’un orage à bord d’un avion : l’électricité statique lui faisait lever les cheveux, et il a trouvé ça marrant. Au final, cela donne la raison pour laquelle le brave Angus mérite sa place dans le panthéon du rock’n’roll, bien plus que pour un vulgaire riff rythmé sur trois accords…

J’aime beaucoup Highway to hell, attention, là n’est pas la question. C’est juste que ça m’emmerde de réduire AC/DC à ça, alors que c’est quand même une sublime alliance de blues et de metal. Bon, il est vrai que, depuis Ballbreaker (2001), les albums du groupe ont tendance à se répéter. Mais, à un moment, quand on veut tenir 40 ans de carrière, il est rare de se renouveler d’une ligne directrice à base de gimmicks aussi puissants qu’une section rythmique ou que des riffs accrocheurs.

Pour moi, justement, c’est cette cellule de 32 doubles croches bouclées sur l’ensemble du morceau qui fait qu’Angus Young fait partie des génies de la musique contemporaine. Bien sûr, ce n’est pas son seul fait d’armes (dans le genre, sur Ballbreaker, il y a aussi le puissant The Furor). La force du morceau réside aussi dans le nappage à la fois minimaliste et puissant de la guitare de Malcolm Young et dans la ligne de basse de Cliff Williams. Le tout fait un morceau de blues extrêmement speed avec ce qu’il faut de guitar heroism pour confisquer la discographie de ton grand-père.

La boucle précédemment citée a permis une chose : elle prouve d’une part que les guitar heroes et les rockers de tout poil peuvent parfois s’inspirer d’une culture classique :

A partir de 1.14 : avoue que tu vois la référence toi aussi… En même temps, ce n’est pas la première fois que ce brave Jean-Sébastien s’immisce dans la culture rock.

D’autre part, cette virtuosité à la guitare est devenue un mètre-étalon pour la maîtrise d’un instrument, en témoignent les différentes vidéos qui fleurissent sur Youtube. Il n’est désormais plus rare de voir des interprétations de Thunderstruck avec des instruments aussi improbables que la flute :

… l’accordéon (il a neuf ans, il faut le préciser) :

… ou bien la cornemuse (avec un lance-flammes intégré) :

Mais, dans mes recherches effrénées sur Youtube pour trouver la meilleure version, j’ai trouvé trois petites pépites de reprises instrumentales barrées :

Le glockenspiel (by la geisha de Manchuria)

Outre le glockenspiel, cette petite reprise offre également une shirley à partir de l’ouverture d’une canette, une section rythmique faite à base de casseroles et du backmash bien dosé. Bref, un petit bijou de créativité.

Le piano (by cruzo57)

C’est justement cette reprise qui m’a fait penser à la référence à la Toccata & fugues en D mineur de Bach. Je dirais même que, du fait de l’évidence de l’adaptabilité du morceau au piano, l’exercice peut s’avérer casse-gueule, du fait de la tentation de réduire le débit. Ce youtubeur a, de surcroît, le bon goût de rendre hommage dans ses arrangements aux tonalités blues du morceau.

Le violoncelle

Les deux violoncellistes croates Luka Sulic et Stjepan Hauser, regroupés sous le duo 2Cellos, en plus d’être craquants, sont spécialistes de reprises de tubes rock avec juste leur instrument de prédilection. Si pour certains titres, c’est un peu poussif, pour leur reprise de Thunderstruck, cela frise le génie pur.

Un morceau tel que Thunderstruck me conforte dans la vision que le rock’n’roll et tous ses avatars sont devenus désormais un canon classique de la musique. Il n’y a qu’à voir ces divers instruments réinterpréter ce riff assassin pour s’en convaincre.

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