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gaufrettesNous sommes aujourd’hui le 3 mars 2015, et je vais fêter mon anniversaire à la fin du mois. Je me dis que 32 ans, ce n’est pas vieux, mais cela reste un exploit quand je vois pas mal de personnes de mon entourage qui n’ont pas eu assez de temps pour atteindre cet âge canonique (oui, mon papier est toujours sponsorisé par Prozac TM, mais comme dirait Felt… ). Et pendant ces 32 années, beaucoup de choses se sont passées dans mes oreilles : j’ai dû passer sept ou huit années de ma vie (en totalité) à écouter ou jouer de la musique. Il était donc temps, à l’approche de mon anniversaire, de faire ce que j’aime le plus : associer de la musique à mes souvenirs, mes actions et mes émotions.

Ma madeleine de Proust : Michael Jackson, Man in the Mirror

Je connais d’autres chansons antérieures à 1987, mais celle-ci est la première chanson que je peux resituer dans ma mémoire à l’époque. Je me souviens avec mon père d’écouter Bad en boucle dans la voiture, au point d’user la cassette. Et parmi Smooth Criminal, Bad ou encore The Way You Make Me Feel, il y avait cette chanson dont le début commençait comme une berceuse et finissait comme un cri d’amour général. Bref, une bien belle chanson pour me faire des beaux souvenirs avec mon père.

Mes chansons blacklistées par amour : Leslie Feist, Brandy Alexander

The Beatles, Here Comes the Sun

Chacune de ses chansons est particulière dans le traitement que j’ai eu de mes histoires passées. La première chanson, j’ai dû mettre trois ans post-rupture avant de réécouter l’album The Reminder. Il faut dire que chanter ça en guise de déclaration d’amour avec ma guitare sur la place du Panthéon vers minuit, avec, à la fin de la chanson, la Tour Eiffel qui scintille, ça pose le souvenir romantique qui marque à vie. La deuxième chanson, heureusement que le Chevalier est un exégète absolu des Beatles et qu’il m’a fait découvrir cette merveille absolue qu’est Abbey Road. En effet, grâce à lui, j’ai pu relativiser et oublier le crétin auquel le souvenir de la chanson était associé.

Quand j’ai su que c’était lui : Fauve, Les nuits fauves

Mes premiers mois avec le Chevalier ont revêtu un caractère de violence : ni l’un ni l’autre n’aurait pensé que l’amour nous transformerait de la sorte et aussi vite. Il n’avait pas de vision concrète de ce qui pouvait résulter de l’amour entre deux êtres. J’avais fini par être désabusée sur ma capacité à m’offrir éternellement à une personne. Et puis cette force, indescriptible, est venue nous retourner comme une crêpe. Résultat : on s’apprête quand même à faire de belles conneries ensemble, poussés par cette force qui dévaste tout.

La chanson pour ma meilleure amie : Phil Collins, Another Day in Paradise

Oui, c’est une chanson très triste et qui ne parle pas du tout d’amitié. Mais c’était notre chanson au piano et la chanson avec laquelle on se sentait connectées quand on était adolescentes. J’en veux pour preuve : cette chanson passe à la radio un jour, j’appelle ma meilleure amie pour lui en faire profiter, et elle me répond : Tu vas rire, j’ai coupé le CD, mais c’était ce que j’étais en train d’écouter.

Ma bande-son de l’angoisse : The Beatles, Revolution #9

Avant, quand j’avais une crise d’angoisse, j’avais juste des nœuds au ventre et des crises de tétanie. Mais ça, c’était avant. Avant que le Chevalier me fasse découvrir ce montage musical monté sous une mauvaise descente d’acide. Donc maintenant, quand j’ai une crise d’angoisse, j’ai des nœuds dans le ventre, des crises de tétanie ET des sons chelous dans la tête. Etant donné que je préfère exprimer mes émotions par des extraits musicaux, je ne sais pas si mon angoisse méritait vraiment qu’elle soit exprimée en musique.

Ma bande-son de l’énervement : Ludwig Van Beethoven, Symphonie n°9, deuxième mouvement – Molto vivace

J’ai dit de l’énervement, mais ça peut être aussi de la colère ou de l’excitation liée à une forme d’impatience. Ce début brutal qui annonce qu’il y a quelque chose qui se trame et que ça ne va pas être simple de me maîtriser. Puis la première poussée qui monte doucement avant d’éclater, comme si j’avais envie de courir dans les couloirs en hurlant. Oui, c’est exactement ce qui se passe dans ma tête quand je suis énervée/en colère et que je n’arrive pas à l’exprimer.

Ma bande-son Ricoré : Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour clarinette K622 – Adagio

Quand je me réveille le matin, que je n’ai pas la gueule en vrac et que le soleil est déjà là, quand je me dis que la journée que je vais passer se présente assez bien (je vois des amis, j’ai une fête de famille pas trop chiante), je me fais ce genre de kif pour bien me préparer à la journée qui m’attend. Sinon, c’est ce qui se passe aussi quand je me balade dans mes marais, dans un champ, dans une forêt et que je me sens tout simplement bien.

Mon post-orgasmic chill : Dead Can Dance, Rakim

Testé et approuvé plusieurs fois, tant pour des séances de massages en mode geisha que pour un repos bien mérité après une séance un peu intensive. Ce morceau est limite cliché – le coté sensuel, japanisant, mystérieux, mystique, je ne sais quoi… –, mais il est très efficace quand on veut créer une atmosphère propice à l’érotisme. Et pourtant, ce n’est pas de la sorte que j’ai découvert le morceau, mais en faisant mes barres à la danse durant mon adolescence.

Mes premières barres à la danse ; Ryan Paris, Dolce Vita

Resituons dans le contexte : j’ai commencé la danse en 1986, à l’âge de 3 ans. Mais mes premiers souvenirs de danse datent de 1988-1989, où j’avais comme profs de danse deux copines qui avaient 17-18 ans à l’époque et qui donnaient des cours de modern-jazz pour se faire de l’argent de poche. Et donc, outre le fait de faire des pas de bourrée sur Africa de Toto, je travaillais mes positions, mes battements et ma coordination sur ce morceau qui peut paraître à la limite du ringard. Mais il ne faut pas critiquer, il fallait se figurer ce qu’était la gym et le modern-jazz dans les années 1980.

Quand j’ai eu une journée de merde : Rage Against the Machine, Settle for Nothing

Dire Straits, Brothers in Arms

De ces journées où j’ai gagné les bouboules du Loto de la loi de Murphy. De ces journées où je cumule les grèves de transport matin ET soir, une embrouille avec mon patron, une engueulade avec ma mère et des pains à l’orchestre. De ces journées où j’aurais mieux fait de rester couchée… La première chanson arrive comme un pansement sur tous les coups que je me suis pris au moral, ou comme une catharsis pour éviter d’égorger quelqu’un randomly. La deuxième chanson est efficace quand j’en suis vraiment au point de pleurer toutes les larmes de mon corps et de vouloir me foutre sous un pont. J’ai l’impression en l’écoutant qu’il y aura toujours quelqu’un – Dieu, ma maman, mon parrain qui m’a fait découvrir Dire Straits, le Chevalier – pour me dire que ça va aller en me serrant dans les bras…

Quand j’ai besoin de décompresser : Eddie Warner, générique des Chiffres et des Lettres

Herbert Léonard, Quand tu m’aimes

Michel Sardou, Afrique Adieu

Comme vous le voyez, la plupart du temps, je cherche à comprimer mes émotions négatives. Et de temps en temps, j’explose et j’ai besoin de morceaux pour m’exprimer pleinement. Le premier morceau est gentillet, mais la mélodie est assez accrocheuse pour finir par être malsaine. De plus, il y a un gag avec ce qui est censé être mon métier (à savoir correctrice). Les deux autres sont des cris primaux qui permettent de se défouler. A l’époque où je travaillais encore avec elle, la Siamoise m’a surprise en plein Carême à chanter Quand tu m’aimes dans les couloirs de la boîte, et m’a lancé cette réflexion : Bah putain, il serait temps que tu te remettes à boire…

Et vous, quelle est la compilation de vos émotions ?

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