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Récemment, avec le Mari, nous avons eu une idée : nous produire ensemble dans un bar, avec les divers instruments que nous avons en notre possession (guitares diverses, basse, banjo, mandoline, yukulélé, guitalélé, clavier, monotron, petites percussions…) et avec nos diverses influences (chanson française, brit-pop, folk, cold-wave, bossa nova, world, jazz…). Si, nous connaissant, il nous prendra beaucoup de temps et de négociation pour nous constituer en duo musical, nous avons estimé que l’idée serait cool.

L’idée germait en vérité depuis un petit bout de temps, depuis que nous nous sommes installés ensemble il y a deux ans. Il est quelque fois où chacun prend un instrument random et nous nous mettons à chanter des trucs random. Mais nous sommes d’autant plus convaincus par l’idée depuis que nous avons vu au mois de décembre 2015 Alain Souchon et Laurent Voulzy au Zénith. C’était mon cadeau d’anniversaire, et nous nous sommes dit en sortant : Ce serait bien si, dans 40 ans, nous pouvions être aussi solide qu’eux.

C’est pour cette raison que j’ai décidé aujourd’hui de dresser une typologie des duos dans mon univers musical. Il me semblait en effet important de savoir ce qui existe au sein même de mon univers – élargi à celui du Mari – en préliminaires d’une constitution d’un répertoire. Voici donc les duos les plus probants pour servir de modèle.

Duos féminin

Brigitte (France – depuis 2008)

Sylvie Hoareau (1970) chante depuis le milieu des années 1990 dans les groupes Topaze et Vendetta. Aurélie Saada (1978) est actrice et chanteuse (sous le nom de Mayane Delem). Elles décident en 2008 de fonder le célèbre duo d’inspiration néo-hippie. Le nom du groupe est pour rendre hommage à la fois à Brigitte Bardot, Brigitte Fontaine et Brigitte Lahaie. Elles accédèrent à la notoriété en 2010 grâce à leur reprise de Ma Benz de NTM feat. Lord Kossity. Elles font depuis leur petit bonhomme de chemin entre albums primés par les Victoires de la musique, albums de reprises et chansons écrites pour d’autres artistes.

t.A.T.u. (Russie – 1999-2011)

A l’origine, Lena Katina (1984) et Julia Volkova (1985) se sont rencontrées adolescentes dans une chorale moscovite assez cotée en 1997. En 1999, un psychologue qui est aussi producteur télé souhaite faire un casting pour former un duo féminin. Lena y est repérée, rejointe au forceps par Julia. Dès le début, les producteurs ont voulu « marketer » le duo autour d’un univers pop et de la supposée homosexualité des deux jeunes filles (t.A.T.u. étant l’acronyme d’une expression russe disant celle-ci aimant celle-là). Après le succès mondial de All The Things She Said (2001), elles représentèrent la Russie et arrivèrent troisièmes du classement de l’Eurovision 2003. Depuis 2009, chacune mène une carrière solo, se reformant à l’occasion.

Ibeyi (France-Venezuela-Cuba – depuis 2013)

Les jumelles Naomi et Lisa-Kaïndé Diaz (1995) sont les filles du percussionniste cubain Anga Diaz (1961-2006), membre du Buena Vista Social Club. Au décès de celui-ci, elles se mirent à étudier le cajon et les musiques folkoriques yoruba, fondatrices de la musique traditionnelle cubaine. Elles ont sorti leur premier EP en 2014, avant un très remarqué album éponyme l’année suivante, dont les influences vont de la soul à la musique expérimentale.

Duos masculins

Simon & Garfunkel (Etats-Unis – 1957-1970, puis reformations diverses)

Paul Simon (1941) et Art Garfunkel (1941), tous deux originaires de New-York et ayant été élevé dans le Queens. La vocation de Garfunkel était particulièrement précoce, puisqu’il a commencé à chanter dans divers crochets dès le CM1. Les deux hommes se rencontrent à 12 ans, lorsqu’ils ont joué dans une adaptation d’Alice au pays des merveilles. Ils connurent leur premier succès en 1957 sous le nom de Tom & Jerry avec Hey Schoolgirl. Mais Garfunkel abandonne vite pour se consacrer à ses études et se brouille avec Simon, qui poursuit une carrière solo en parallèle d’un cycle universitaire. Leur carrière reprend en 1963, mais ils ne connaissent le succès qu’à partir de 1965. En 1967, ils composent la bande originale du Lauréat de Mike Nichols. Leur séparation effective s’est produite en 1970, après Bridge Over Troubled Water. Des reformations ponctuelles ont tout de même lieu, comme lors d’un concert d’anthologie à Central Park en 1981.

Alain Souchon et Laurent Voulzy (France – depuis 1974)

Leur constitution effective en duo n’a été cristallisée qu’en 2014, mais l’album éponyme couronne quarante ans d’amitié et de collaboration musicale entre le parolier Alain Souchon (1944) et le compositeur Laurent Voulzy (1948). Leur rencontre s’est effectuée en 1974, lorsque Bob Sacquet, le producteur d’Alain Souchon, passa une annonce pour recruter un compositeur capable de mettre en valeurs les textes du jeune artiste déjà primé. Depuis, leur collaboration écriture-composition est saluée tant par la critique que le public.

Milli Vanilli (Allemagne – 1987-1998)

Le Français Fabrice Morvan (1966) et l’Américano-Allemand Robert Pilatus (1965-1998) se sont rencontrés à Munich au milieu des années 1980 et décidèrent alors de faire de la musique ensemble. Ils se font repérer par Franck Farian, le producteur de Boney M, qui décident de les signer en 1988. C’est ainsi qu’ils sortirent Girl You Know It’s True en 1989 et qu’ils deviennent un phénomène mondial. Sauf qu’en fait, ni Fabrice Morvan, ni Robert Pilatus n’a chanté une seule note du premier album. C’est ainsi qu’en 1990, au moment d’enregistrer le second opus, ils voulurent négocier de chanter sur l’album. Franck Farian, coutumier du fait (c’est lui qui chantait les parties de Bobby Ferrell de Boney M), dévoila le pot aux roses, ce qui fit crasher la carrière des deux compères qui décidèrent de s’exiler aux Etats-Unis. Rob Pilatus est mort d’une overdose en 1998 et Fab Morvan persiste à vouloir faire son trou.

Les duos mixtes

Rodrigo Y Gabriela (Mexique – Depuis 2000)

A l’origine, en 1993, était le groupe de trash metal Tierra Acida, au sein duquel Rodrigo Sanchez (1974) et Gabriela Quintero (1973) ont évolué. Après la dissolution du groupe, en 1999, ils décidèrent de s’exiler à Dublin et de jouer dans la rue. Ils commencent à se bâtir une petite réputation et se constitue en duo sur les scènes internationales dès 2002. La répartition du duo est la suivante : Rodrigo est à la guitare soliste tandis que Gabriela est à la guitare percussive. Ensemble, ils explorent les territoires du métal, mais aussi du flamenco, du jazz et des musiques orientales.

The White Stripes (Etats-Unis – 1997-2011)

John Anthony Gillis, dit Jack White (1975) et Megan White (1974) ont prétendu être frère et sœur, avant que le monde découvre qu’ils étaient en fait un couple divorcé (ils ont été mariés entre 1996 et 2000). Leur notoriété arriva en 2003 avec l’album Elephant – d’où est tiré cet insupportable hymne de supporters de foot qu’est devenu Seven Nation Army. La collaboration du duo est en fait discontinue durant ces 14 ans, puisque les albums des White Stripes ont été alternés avec d’autres projets de Jack White que sont The Raconteurs et The Dead Weather.

Die Antwoord (Afrique du Sud – Depuis 2007)

Le front de ce groupe de rap-rave sud-africain est composé du duo formé par Watkin Tudor Jones, alias Ninja (1974), et Anri Du Toit, alias Yo-Landi Vi$$er (1984). La première collaboration entre les deux partenaires date de 2002, lorsque Ninja, rappeur reconnu sur la scène du Cap, engage dans le projet The Constructus Corporation Anri à peine majeure. Depuis, les deux artistes partagent la scène, l’affiche et une petite fille de onze ans. Mais c’est réellement avec le projet Die Antwoord qu’ils accèdent à la notoriété internationale, popularisant le zef (courant musical propre au Cap). Leurs textes sont interprétés en xhosa, afrikaans et anglais. Ils ont révélé en interview avoir un plan sur cinq albums ; trois en sont réalisés à ce jour ($O$, Ten$ion et Donker Mag).

J’ai donc matière à travailler avec Mari pour trouver notre style. J’espère sincèrement que ce projet marchera et que vous nous croiserez prochainement dans vos soirées…

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