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Ce dimanche 21 août 2016, j’écoute le podcast Encore plus de Bruit, dans lequel collabore le couple mythique que le Mari et moi, on admire et qu’on appellera ici Bouli et Belette. Et l’un des collaborateurs de l’épisode, habitant Long Island, a décidé, dans une émission où le métal a largement droit de cité, de réhabiliter Billy Joel. Et je trouvais que c’était bien couillu, tant le brave monsieur se paie une sale réputation de ringardise en Europe alors qu’il est largement prophète dans son pays.

A force d’écouter Radio Nostalgie, des artistes que je considérais comme dépassés ont repris un peu plus de standing à mes yeux. En effet, quand je vois à quel point la musique est autotunée à l’heure actuelle, et vu comment le Mari m’a lavée le cerveau avec ses rétrospectives sur Gene Clark, j’ai bien l’impression que ma grand-mère écoute du son plus frais que moi. Malgré tout, certains artistes dont j’avais pris l’habitude d’en rire sous cape me donnent envie de redécouvrir leur discographie, tant leur talent m’avait à un moment échappé.

Voici donc les 4 artistes que la vieillesse me fait voir sous un nouveau jour.

Billy Joel

A force de le considérer cet artiste à l’univers pourtant très étendu comme du sous-Elton John, on avait oublié qu’en fait, il envoyait sérieusement du pâté, tant par ses multiples influences musicales que ses différents choix de carrière. C’est pour cette raison, qu’à l’instar d’un Johnny Halliday ricain, il pète encore la classe dans son pays. Le contributeur du podcast cité en intro a, quant à lui, écouté le premier album de Billy Joel, Cold Spring Harbor (1971), qui, d’une part, lui a donné l’impression de s’acclimater plus facilement à son exil états-unien en s’accoquinant avec le son typique du lieu, et, d’autre part, lui a donné envie de se plonger lui-même dans la discographie. C’est tout à son honneur. Voici l’extrait qu’il a présenté à l’émission, si cela peut vous convaincre du bien fondé de cette réhabilitation.

Johnny Hallyday

A l’écoute des extraits de son dernier album, De l’amour (2015), je me dis que, comme tout interprète bourrin, Johnny souffre d’une grande injustice. En effet, s’il n’a pas le bon parolier et le bon compositeur qui le comprennent dans toute sa complexité – enfin surtout le compositeur –, il se retrouve à chanter de la merde sans que personne ne s’en émeuve. Petite mise en situation.

Voici Johnny chantant du Pascal Obispo :

Perso, je trouve qu’il y a une couille dans le potage. Je me dis qu’Obispo a estimé que la chanson était trop bancale pour qu’il l’interprète lui-même – car oui, quand on assume un truc, il faut l’assumer jusqu’au bout. Cela me laisse un sentiment de gêne, car je n’ai pas l’impression que la chanson était faite pour Johnny.

Voici Johnny chantant du Jacques Revaux (un mec qui a notamment collaboré avec Sardou, Aznavour, etc.) :

On observera que les paroles sont de Pierre Billon. Oui, le même qui a chanté ça :

Bref, pour ma chanson préférée de Johnny, il a su s’entourer de mecs très talentueux, mais pas assez pour qu’ils assurent eux-mêmes le devant de la scène. Car Johnny est comme ça : si les mecs au départ n’ont pas compris qui était le Taulier, ils font passer leur discours artistique avant le sien et ça devient du grand n’importe quoi.

François Feldman

Je l’ai vu en concert récemment dans le cadre d’un festival où j’étais bénévole, et ça envoyait bien du fat. Celui qui fut une des nombreuses victimes de la mutation de l’industrie musicale au début des années 1990 ne mérite pas le procès d’intention qu’il a eu après le Téléthon.

Oui, c’était une sacrée boulette, mais cela ne suffit pas à expliquer la traversée du désert qu’il a connue après. En effet, en conflit avec sa maison de disques, il s’est gentiment fait signifier qu’il n’était plus aussi productif qu’il ne le fut et que, bon, ce serait bien qu’il pense à se reconvertir. Je vous le donne en mille, le producteur était… Pascal Nègre.

Giorgio Moroder

Je ne sais pas si je peux parler de réhabilitation pour Giorgio Moroder, je parlerai donc de prise d’importance dans l’industrie musicale. Car non content d’être DJ et d’être un David Guetta classe, il a quand même fait des trucs sacrément fatounes dans les années 1970 – en produisant les Sparks et Donna Summer – et les années 1980 – en signant des BO bien badass (Scarface, Flashdance, L’histoire sans fin, Top Gun). Il a aussi collaboré, que ce soit pour la production, la composition ou le remix, avec France Gall, Mireille Mathieu, David Bowie, Freddie Mercury, Eurythmics, Coldplay, Elton John, Graham Nash, Lady Gaga… Mais le problème est qu’il peut faire dans le bon comme dans le mauvais.

Pour conclure, je dirais qu’il ne faut jamais fermer la porte à un style musical, car on finit toujours par y revenir un jour ou l’autre. Et vous, quels artistes avez-vous redécouverts ?

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