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La rentrée des classes est déjà bien entamée du point de vue de mon boulot blandinien – qui contient la définition même de rentrée des classes, mais d’un point de vue gestionnaire. Il est donc temps de faire un petit bilan de cet été et de ce début de septembre qui a enfin cessé d’être caniculaire, pour mon plus grand bonheur.

Mon été a été ponctué par pas mal de musique, et ça m’a fait beaucoup de bien. J’ai pris le temps de me détendre, de rencontrer, d’écouter, bref, d’être moi-même. En effet, entre un été 2013 ponctuée par de grosses interrogations, un été 2014 marquée par le deuil et un été 2015 trop speed pour en profiter, je n’étais plus habituée à profiter de cette coupure sous le soleil chaud. Même en 2015, j’ai eu ma période de fête… en octobre, lors de mon voyage de noces. 2016 a également marqué mon retour à la plage, ce qui n’est pas rien quand on sait mon obsession pour l’eau.

Qu’ai-je donc écouté cet été et cette rentrée 2016 ?

The Limiñanas, El Beach

25 ans après son décès, force est de constater que Serge Gainsbourg n’est pas enterré pour tout le monde. Je dirais même que c’est un croisement habile du poète à la tête de chou avec une personnalité comme celle de Daniel Darc période Taxi Girl. Bref, un son on ne peut plus français dans ce que mon brave pays sait faire de plus chic et de plus exportable dans les pays anglo-saxons. En effet, la notoriété de ce groupe perpignanais s’est forgée outre-Atlantique avant de devenir cet été enfin prophète en son pays.

Nada Surf, Out of the Dark

Je suis tombée en pâmoison pour ce son pour deux raisons précises. La première, le Mari la décrit très bien : Ce son serait sorti il y a 20 ans, ça ne m’aurait pas choqué. Nada Surf semble sur ce point ne jamais être sorti des années 1990 qui furent si bénéfique au groupe, au point de lorgner du côté du jingle jangle si cher à R.E.M. La seconde est que le contenu de la chanson m’a aidée à relativiser l’angoisse que provoquait le changement professionnel qui se profilait à la fin de l’été. J’ai récité cette chanson comme un mantra pour ne pas devenir folle.

Sunset Sons, Remember

Une des chansons qui a tourné en rotation lourde sur ma radio préféré. Si bien que lorsque j’ai rendu visite au mois d’août aux studios et que je me suis extasiée sur cette chanson au contenu si cathartique et lapidaire, les personnes qui m’accompagnaient m’ont balancé : Bordel, ça fait combien de temps que tu n’écoutes plus la radio ? Bah déjà, je ne capte pas cette radio dans mes lieux de villégiature, par conséquent, je ne subis la rotation lourde que de Nostalgie. Et croyez-moi, entre Sunset Sons et Joe Dassin…

The Strumbellas, Spirits

L’autre chanson en rotation lourde, mais beaucoup plus agressive à mes oreilles, vient d’une bande de sales hipsters du Canada. Je ne sais pas ce qui se passe dans la tête des programmateurs et autres marketeux de la musique quand ils veulent faire passer de la musique folk au public français. Genre, les folkeux sont tellement censés ressembler à ce point à la faune du XIXe arrondissement ? Je me considère comme une vraie folkeuse, et pourtant, je n’ai rien à voir avec ces gens… Donc arrêtez de marketer des groupes comme The Strumbellas, vraiment, la musique folk ne mérite pas ça.

Red Hot Chili Peppers, Dark Necessities

Je fais partie des vieux cons qui ont connu le groupe californien avec Blood Sex Sugar Magic (1992) qui est arrivé en même temps en France que One Hot Minute (1995). Je considère qu’ils ont commencé à me gonfler au début de la période Frusciante – donc avec Californication (1999). Et que vois-je en 2016 ? Qu’ils sont tellement vieux qu’ils ont besoin d’ajouter des claviers pour se donner une contenance – ce qui ne serait jamais arrivé du temps de Dave Navarro, et de manière beaucoup plus discrète du temps de John Frusciante (si je crois que je ne vous ai pas grillés sur Stadium Arcadium). Sincèrement, les mecs, vous avez assez de pognon pour passer le reste de votre vie à faire du surf. Cordialement, bisous.

Nathaniel Rateliff & The Night Sweats, I Need Never Get Old

Je m’étais déjà fortement enthousiasmée l’année dernière sur la puissance de la musique du type, qui est une très bonne réinterprétation contemporaine de l’esprit de Creedence Clearwater Revival, à savoir un son entre le blues surburné et la soul blanche. Le voilà de retour avec un nouveau single qui, une fois de plus, échoue à me décevoir. Si je dois deux gros coups de cœur dernièrement en termes de musique afro-américaine grâce à Oüi, ce serait Nathaniel Rateliff et Charles Bradley. Il faut vraiment que je me démerde pour que l’album soit le nouvel achat du foyer.

The Stone Roses, All For One

La grosse barre de rire du Mari depuis la découverte du titre au mois de mai. Je pense que son ressenti est éloquent : En 1994, on disait qu’Oasis pompait les Stone Roses. En 2016, c’est l’inverse. Je me dis : « Tout ça pour ça. » Limite, je n’ai presque pas envie d’une reformation des Smiths ou d’un nouvel album de Lee Mavers. Comme quoi, un groupe, c’est comme une histoire d’amour : une fois que c’est séparé, la reformation a comme un goût de merde.

Richard Ashcroft, Hold On

Richard Ashcroft est comme un amour de lycée : il n’a pas inventé l’eau chaude en termes de musique, mais il lui reste assez de charisme pour encore tendre l’oreille dès qu’il daigne se manifester. Son Hold On est certes un peu moins élégant et plus poussif que ce que j’ai l’habitude d’écouter de lui, mais surpasse encore beaucoup de groupes en quête de notoriété pure – Coldplay et Muse, pour ne citer qu’eux.

Royal Republic, Baby

Parfois, je demande juste au rock d’être ultra-bourrin et de ne pas me laisser le temps de réfléchir à ma réaction lorsque je suis exposée à ses sonorités. Ce titre de Royal Republic, découvert au détour d’une soirée posay à la maison, correspond exactement à cette expectative. Il n’y a aucune revendication, les paroles sont débiles à souhait, la mélodie n’est pas élaborée, mais c’est ce qui me fait vibrer.

Two Door Cinema Club, Are We Ready? (Wreck)

Dernier tube de l’été en puissance que je vais présenter ici, le retour d’un groupe qui m’a valu un bon syndrome de Stockholm à une certaine époque de ma vie. Maintenant que cet épisode est passé, j’ai vécu leur retour comme un léger amusement. Si le titre est effectivement pop et sucré à souhait, il est justement trop léger pour que m’enthousiasme complètement. Comme tout bon tube de l’été, donc, j’apprécie sur le moment, mais je vais sûrement oublier le titre une fois l’hiver venu.

Voici mon petit bilan pour la rentrée 2016. A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

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