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J’espère que vous passez un bon été et que vous avez célébré la deuxième étoile de l’équipe de France comme il se doit. En ce qui me concerne, je l’ai célébrée au frais à la maison et dans le plus grand des calmes. Parce qu’il y a déjà vingt ans, j’étais déjà saoulée par ce genre de petites choses :

Je l’ai beaucoup chanté à l’époque, mais rien que 20 secondes de cette chanson me donnent désormais de l’urticaire. C’est pour cette raison que, même si j’étais dans l’organisation du concert de Magic System, je n’ai pas cédé à la tentation de sentir la magie dans l’air…

Bref, aujourd’hui, on va s’intéresser à la ma discographie de cette année où on a cru a la concorde éternelle en France grâce à des types s’appelant Zinédine Zidane, Lilian Thuram ou encore Didier Deschamps. Mais en attendant, faisons un petit instant autopromo.

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J’ai donc sorti cet été mon album de musiques religieuses, d’abord en digital, puis prochainement en physique, sous le pseudonyme de Peregryna. Ce sont des compositions que je développe depuis 2002 et, sans le secours moral de mes proches, elles n’auraient jamais vu le jour. J’ai donc l’honneur de vous les présenter ici :

https://open.spotify.com/album/3680U0GZnqyR4do0QeTiKp

*C’était l’instant autopromo*

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Intéressons-nous maintenant à ces disques qui ont rythmé l’année de mes 15 ans et de mes premiers choix.

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1 – Alain Bashung – Fantaisie militaire (janvier)

Après l’album Chatterton (1994), Alain Bashung entre en dépression et se sépare de son épouse. La visite de son ami et parolier Jean Fauque lorsqu’il était en maison de repos lui a permis de reprendre pied et a inspiré Au pavillon des lauriers. Très affecté par ce qu’il vient de traverser, Alain Bashung semble se disperser dans l’enregistrement de ses chansons – il travaille sur plusieurs chansons en même temps, alors qu’il ne se concentrait que sur une seule chanson à la fois sur Chatterton. Pourtant, selon les dires de ses collaborateurs, il semblait à l’affut du travail des autres et essayait d’assurer une bonne ambiance durant les enregistrements. Fantaisie militaire est donc un album crépusculaire, où se mêlent des thématiques sur la fin d’époque, la lutte contre les faux-semblants (La nuit je mens qui se moque de l’héroïsme à deux balles de certains déclarés résistants, etc) et des musiques inspirées par le trip hop – Adrian Utley, guitariste de Portishead, a participé à l’enregistrement de l’album – et la drum’n’bass.

2 – Madonna – Ray of Light (février)

Beaucoup de choses se sont passées depuis Bedtime Stories (1994), album plutôt pop mais faiblard par rapport à ce qu’elle avait l’habitude de sortir et qui lança donc des rumeurs de déclin. L’année 1996 a notamment été prolifique, avec la naissance de sa première fille et sa participation au film Evita, pour lequel elle avait pris des cours de chant. C’est donc auréolée de l’expérience de la maternité, de l’aube de la quarantaine et d’une nouvelle technique vocale qu’elle aborde Ray of Light, qu’elle produit notamment avec l’anglais William Orbit, déjà reconnu avec son travail sur Pop Satori (1986) d’Etienne Daho. Elle signe donc un retour canon avec 20 millions d’albums, chose qui ne lui était pas arrivée depuis True Blue (1986).

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3 – Manu Chao – Clandestino (avril)

Album qui m’a beaucoup accompagnée durant mes voyages d’adolescente, j’avais compris dès l’époque l’intention de Manu Chao d’en faire un carnet d’errances – en l’occurrence, en Amérique du Sud. Depuis 1994 et la séparation de la Mano Negra en Colombie, Manu Chao pète les plombs et erre entre le Brésil, la Colombie et le Sénégal. Cela donne Clandestino, perçu au début comme une simple maquette. La plupart des radios musicales françaises refusent au départ de diffuser le single éponyme, dans la mesure où la chanson ne correspond pas au format d’une chanson qui passe à la radio. Cela ne va pas empêcher le succès de l’album – 3 millions d’exemplaires. Fort de ce succès, Manu Chao s’installe à Barcelone et tourne depuis avec son groupe Radio Bemba.

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4 – Massive Attack – Mezzanine (avril)

15e meilleur album britannique de tous les temps selon le magazine Q en 2000, le troisième album des bidouilleurs trip hopeurs de Bristol a clairement imprégné la pop culture. Ce n’était pourtant pas gagné après le départ de l’emblématique Tricky après le remix No Protection (1995). A des fins promotionnelles, l’album a été placé quelques mois avant sa sortie officielle en téléchargement légal sur Internet. Bien plus sombre que Blue Lines (1991) et Protection (1994), qui s’alignaient davantage sur les canons de la musique électronique du début des années 1990 en termes d’ambiance, Mezzanine a clairement plus à offrir que le sur-utilisé Teardrop. Il est enfin à noter que pour ses vingt ans, l’album a été encodé dans des molécules ADN.

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5 – Suprême NTM – Suprême NTM (avril)

Après Paris sous les bombes (1995), qui contenait des titres aussi mythiques que Qu’est-ce qu’on attend, La fièvre ou Pass pass le oinj et qui a valu une plainte de policiers qui se sont sentis agressés durant la tournée qui s’en est suivi, il fallait frapper fort. Toujours en colère contre la société, les deux acolytes de Bondy pondent un album en 1997 où l’on trouve déjà des indices de leur suite de carrière, Kool Shen avec IV My People et Joey Starr avec B.O.S.S. Avec des morceaux tels que Laisse pas traîner ton fils, Seine-Saint-Denis Style ou Pose ton gun, sans pour autant se calmer dans le débit, les propos des deux acolytes sont plus matures et plus posés. Cela leur permettra de vendre 800.000 exemplaires de l’album.

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6 – Beastie Boys – Hello Nasty (juillet)

Quatre ans après Ill Communication qui contenait le cultissime Sabotage, après quelques EP contenant de vieux titres, des démêlés judiciaires avec leur label et la création pour MCA d’un festival en faveur du Tibet, Hello Nasty, cinquième album du groupe new-yorkais, entre dans le Billboard 200 après 681.000 ventes la première semaine. Le groupe accueille à cette occasion le DJ champion de DMC Michael Schwartz, aka Mix Master Mike, dans son sein, et collabore avec la chanteuse japonaise Miho Hatori et le chanteur de dub jamaïcain Lee Scratch Perry. L’album sera récompensé en 1999 par deux Grammy Awards : Meilleur album de musique alternative et Meilleure performance rap par un duo ou un groupe pour Intergalactic.

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7 – Lauryn Hill – The Miseducation of Lauryn Hill (août)

Après avoir connu le succès avec les Fugees avec le mythique The Score (1996), et après la séparation du groupe en 1997, Lauryn Hill se lance dans la préparation d’un album avec le groupe new-yorkais New Ark. Ne voulant pas faire de contrat de travail et souhaitant se créditer seule sur l’album, elle eut des démêlés judiciaires avec le groupe et l’affaire se régla à l’amiable. Sur cet album-concept où elle joue durant des interludes la petite fille éduquée par un professeur (joué par Ras Baraka), on peut noter la présence de D’Angelo, Mary J. Blige et Carlos Santana. La plupart des chansons parlent de ses différends artistiques avec Wyclef Jean, mais aussi de sa décision de fonder une famille malgré un début de carrière tonitruant. Fort de son succès, The Miseducation of Lauryn Hill rafla 5 Grammy Awards en 1999 et passa devant Ray of Light.

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8 – Zebda – Essence ordinaire (septembre)

Troisième album du groupe de musique  rock fusion toulousain, il est porté à la fois par le cultissime Tomber la chemise, qui remporta une Victoire de la meilleure chanson en 1999, mais aussi par la réputation sulfureuse de l’album précédent, Le bruit et l’odeur (1995). Toujours engagé politiquement, mais de manière festive, les paroles de l’album sont dédiées à Lounès Matoub. Le groupe a fait appel à la collaboration de comiques, que ce soit directement dans leur disque – Dieudonné sur Je crois que ça va pas être possible – ou dans leurs clips – Jamel Debouzze dans Tomber la chemise. L’album restera 89 semaines dans le Top 200, sera vendu à 600.000 exemplaires et a boosté du même coup les ventes de l’album précédent.

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9 – Placebo – Without You I’m Nothing (octobre)

Après un premier album éponyme en 1996, le groupe voit partir son premier batteur, Robert Schultzberg, remplacé par Steve Hewitt. Brian Molko, dans les paroles de ce deuxième album, a voulu parler d’histoires d’amour qui finissaient mal, mais aussi de son adolescence luxembourgeoise et des menaces de mort laissées sur son téléphone sur le titre caché Evil Dildo. Beaucoup moins punk et torturé que Placebo, Without You I’m Nothing emprunte davantage dans le grunge, le rock alternatif, voire la musique électronique avec les loops entêtantes de Pure Morning. L’album reçoit un accueil critique assez bon dans l’ensemble et gagne en notoriété lorsqu’Every You Every Me fut utilisé sur la bande originale du film Sexe Intentions (1999).

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10 – Fatboy Slim – You’ve Come A Long Way, Baby (octobre)

Après diverses expériences en tant que DJ à Brighton, mais aussi en tant que bassiste de jazz, Norman Cook entérine son identité en tant que Fatboy Slim avec ce deuxième album aux accents big beat et aux inspirations très sixties et seventies dans les samples utilisés – que ce soit avec la folk avec Right Here Right Now, le rock avec Rockafeller Skank ou la soul avec Praise You. Fort du succès de cet album – certifié plusieurs fois disque de platine, morceaux utilisés dans des dizaines de pubs et de séries –, Fatboy Slim fut invité par la ville de Brighton à créer un festival de plage gratuit dont le succès a dépassé l’entendement dès sa deuxième édition en 2002 (genre 250.000 participants là où on en attendait 60.000).

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A bientôt pour de nouvelles aventures musicales.

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