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Bazooka-YelleIl y a des chansons dont on se dit que la version originale souffre d’une lacune, dont on ne s’aperçoit pas tout de suite. Il suffit parfois d’un seul changement pour se dire Oh putain, mais bien sûr ! Cela peut s’avérer être un changement de voix, d’orchestration, ou bien même de vitesse d’exécution de la chanson. Il y a également des personnages qui, on ne sait pourquoi, ont voulu se mettre à la chanson, mais là aussi, cela n’a pas été la meilleure idée qu’ils aient eu dans leur vie. Aujourd’hui, nous allons donc pencher sur ces deux avatars de choses qui n’ont rien à voir, mais qui, au final, arrivent au même point.

Essaie encore

Dans le cadre de ces chansons, les versions originales sont pas mal, mais sans plus. Et tout à coup, une erreur de manipulation ou un autre interprète peuvent magnifier ces chansons, si bien qu’on souhaite en oublier la version originale.

1 – Paul McCartney, Hot as Sun (1970)

Nous sommes à la fin des Beatles, et Paul McCartney décide d’enregistrer chez lui, avec sa femme, son premier album éponyme. Pour cela, il ressort des cartons de vieilles compositions, qui dataient parfois de la période des Quarrymen (groupe qui s’est avéré être la proto-formation des Beatles). Au milieu de l’album, il y a ce morceau instrumental, dont plusieurs résidus existent sur Youtube avec des paroles, preuve qu’il voulait soumettre cette composition aux autres membres du groupe pendant la session de Let it Be. Avouez quand même qu’à l’écoute, vous vous faites limite chier.

Un jour, un petit malin a décidé d’écouter le 33T avec sa platine en vitesse 45T, et ça donne ceci :

à savoir une putain de bonne chanson ska, tellement bonne qu’elle a été utilisée dans cette version comme générique de la troisième série sur Popeye entre 1978 et 1983. Seule explication : Paul McCartney ne connaissait pas le ska, et a voulu tellement en finir avec la période Beatles qu’il a fait un disque tout seul à l’arrache. McCartney n’est pas entièrement mauvais, puisqu’il contient cette merveille qu’est Maybe I’m Amazed, mais, quand on a écouté l’album dans son ensemble, globalement, on a connu Macca plus inspiré, même avec les Wings.

2 – Bob Dylan, All Along the Watchtower (1967)

Suite à son accident de moto en 1966, Bob Dylan réfléchit à sa vie et change peu à peu : durant sa convalescence naissent ses deux premiers enfants, il se replie sur lui-même et étudie la Bible. D’où beaucoup de textes qui ont pour référence les textes sacrés dans l’album John Wesley Harding, dont ce All Along the Watchtower. Ce n’est pas une mauvaise chanson de Dylan en soi, mais il a suffi l’année d’après qu’un mec enregistre Electric Ladyland pour balayer complètement cette version qui se trouve dès lors un peu molle.

Bob Dylan lui-même préfère rejouer la version de Jimi Hendrix sur scène à l’heure actuelle, tellement cette perfection de soul a complètement surclassée l’orchestration folk de départ.

J’aurais pu citer beaucoup de F.B.I. en termes de chansons originales :

  • With a Little Help From My Friends des Beatles (mais j’en ai déjà trop parlé)
  • I Shot the Sheriff de Bob Marley : si Eric Clapton n’avait pas fait son Hendrix dessus, jamais on n’aurait entendu parler de Marley ni même du reggae dans le monde occidental.
  • I Heard It Through the Grapevine de Gladys Knight and the Pips : si vous faites un sondage avec comme question : Qui a chanté la VO d’ « I Heard It Through the Grapevine » ?, tout le monde vous répondra : Marvin Gaye. Preuve que la Motown n’a pas eu le nez creux du premier coup.

Définitivement, abandonne.

On a beau avoir beaucoup de talent, quelquefois, pour montrer qu’on a surpasse les autres en talent, on a envie de se mettre à la chanson. F.B.I. : en définitive, non seulement ça s’avère être un échec, mais en plus, on gonfle davantage de monde ou on fait définitivement pitié.

1 – Mélanie Laurent, En t’attendant (2009)

Une des spécificités bien françaises est que, lorsqu’une actrice est beaucoup employée et qu’on parle beaucoup d’elle dans les média, elle se prend à croire qu’elle est aussi connue à l’international qu’une actrice hollywoodienne, alors que, si ça se trouve, au-delà des frontières françaises, les gens se demandent qui est cette connasse qui partage l’affiche avec Brad Pitt. Mélanie Laurent est de celles-ci : ayant un défaut de modestie depuis Inglorious Basterds, et sortant à l’époque avec Damien Rice (trop de hype), elle a décidé de sortir un album. Bien lui en a pris : elle se fait descendre en flèche par la presse musicale et se fait huer au Printemps de Bourges. L’honneur est sauf : elle a décidé qu’elle ne ferait pas de deuxième album (et en plus, elle s’est séparée de Damien Rice, dont la côte ne montait pas assez à son goût).

2 – Paris Hilton, Stars are Blind (2006)

Vaguement chanteuse, comme vaguement DJ, actrice, mannequin, star du X, whatever, Paris Hilton est symptomatique de ces héritiers qui s’emmerdent tellement dans leur vie qu’ils ne savent pas quoi faire. Plus appréciée pour son apologie du vide que pour les divers talents dont elle essaie de faire preuve, Paris a beau avoir eu un succès mitigé – en même temps, je ne dénonce pas, mais la mère de ma meilleure amie se l’ait procuré –, elle persiste et signe avec plusieurs singles sortis en 2013 et 2014, ainsi qu’un album promis en 2015. Holy shit.

3 – Christophe Hondelatte, Dr House (2011)

En dehors de ce véritable pétage de plombs qu’est sa carrière dans la chanson, il faut savoir que l’ancien présentateur de Faites entrer l’accuser qui sommait son auditorat de garder la pêche au journal de 13h est aussi violoncelliste de formation, avait déjà joué des concerts et produit des artistes issus de la Nouvelle Star avant de sortir ce premier album au nom très évocateur : (Ou pas). Mais ce Dr House même désavoué par Hugh Laurie lui-même n’est rien à côté de Cybernight où on ne ressent même plus de la moquerie, mais du malaise. S’il te plaît, Christophe, tiens-t’en à faire ton sous-Bellemare avec les histoires les plus glauques de France, tu es tellement meilleur dans cet exercice.

En général, les F.B.I. en ce qui concerne les chansons ne sont pas catastrophiques, contrairement aux F.B.I concernant les artistes. Car une chanson peut toujours s’améliorer…

 

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