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Même si je n’ai aucune attache viscérale avec le plat pays qu’était celui de la plupart de mes ancêtres paternels, force est de constater que j’éprouve une joie renouvelée quand je retourne à Dinant, Bruxelles ou Namur – sans parler de petites excursions dans la poche ardennaise entre Givet et Sedan, berceau grand-paternel. Sans pour autant avoir acquis la culture belge dans mon mode de vie et de pensée, je souligne fréquemment l’apport de la Wallonie et du Brabant dans le répertoire de la chanson francophone.

Aujourd’hui, donc, nous allons parler de musique belge, mais essentiellement de musique belge francophone, parce que c’est le référentiel avec lequel j’envisage la Belgique (déso pas déso). On va surtout parler de tubes ou de trucs extrêmement connus en France, parce que je n’ai surtout pas de curiosité pour aller de l’autre côté plus longtemps qu’une semaine, soit pas assez pour m’imprégner un minimum de la culture du pays.

Par conséquent, ce papier sera rempli de lieux communs sur la Belgique et je m’en excuse à l’avance. Mais j’aime réellement ce pays, de la bière trappiste aux cuberdons, de la forêt aux vastes étendues, des autoroutes à ornières aux citadelles sur la Meuse (car oui, le Mari fait du tourisme de citadelles). Et ses artistes francophones ne sont pas en reste.

Je vous emmène avec moi le long de la N2 pour voir ce qui se chante de l’autre côté de l’Escaut.

1 – César Franck – Prélude, Fugue et Variation en si mineur, op. 18

Dans la lignée des grands musiciens romantiques du nord et de l’Est de l’Europe en ce XIXe siècle, le Liégeois César Franck (naturalisé français en 1870) a occupé pas mal des études de piano et d’orgue de mes copines moins fainéantes que moi à l’exercice de cet instrument. Preuve que ce qu’on appelait encore le Royaume-Uni des Pays-Bas à l’époque savait se mettre à la page.

2 – Jacques Brel – La chanson de Jacky

Tu ne peux pas envisager la musique populaire belge sans parler de Jacky, parce que c’est le patron, point barre. S’il a choisi la Polynésie française pour mourir, il a passé l’intégrité de sa carrière à revendiquer avec ses mots une Belgique que beaucoup de Français ont jusqu’à fantasmé.

3 – Arno – Putain Putain

Arnold Hintjens a longtemps privilégié la langue anglaise avec son groupe TC Matic, avant de se mettre à chanter en français avec cet accent inimitable – même quand tu veux imiter l’accent flamand, tu n’arrives jamais à ce résultat. On le prend pour un sale alcoolique incompréhensible et c’est dommage, parce que certains de ses textes valent la peine d’être écoutés à leur juste valeur.

4 – Sœur Sourire – Dominique

Sœur Luc-Gabriel du couvent des dominicaines de Waterloo, de son vrai nom Jeanne-Paule Deckers, accepta lorsqu’elle enregistra ce titre en 1963 que ses droits d’auteur aillent au couvent, étant donné qu’elle avait fait vœu de pauvreté. SAUF QU’étant donné qu’elle a eu du succès jusqu’aux States, elle s’est dit que, bon, c’était bien gentil, mais le monde avait quand même l’air plus cool de l’autre côté du cloître. Sorti de religion, elle voulut prendre une carrière sous le nom de Luc Dominique et ce fut un gros four.

5 – Frédéric François – Mon cœur te dit je t’aime

Entre Salvatore Adamo, Franco Gabelli (aka Frank Michael) et Francesco Barracoli (aka ledit Frédéric), la Belgique a su booster la carrière de ses chanteurs de charme issus de l’immigration italienne. Si aujourd’hui, ils ne font mouiller que la gaine de ta grand-mère, ils arrivent quand même à déclencher des émeutes dignes des concerts de feu One Direction dans les salles polyvalentes outre-Escaut.

6 – Vaya Con Dios – Just a Friend of Mine

Groupe d’inspiration jazz hispanique formé autour de la Bruxelloise Dani Klein, il a explosé en France et en Belgique avec ce titre. Il connut plusieurs remaniements entre 1986 et 1996, puis entre 2004 et 2014, date à laquelle Dani Klein décida de prendre sa retraite après une série de concerts, notamment à Beyrouth.

7 – Wim Mertens – Struggle For Pleasure

Cette référence est un petit peu ma quête du Graal, dans la mesure où il s’est passé plus de 25 ans entre la première diffusion de la pub SNCF et le moment où j’ai dégainé mon smarphone en mode reconnaissance vocale avec le sentiment d’avoir vu la face de Dieu. S’il s’est d’abord penché sur les sciences politiques, Wim Mertens s’est ensuite extasié sur Philip Glass, au point d’en faire des BO de films. Et c’est donc avec cet habillage sonore pour la SNCF qu’il s’est fait connaître du grand public en 1982.

8 – Benny B. – Vous êtes fou !

Et d’où qu’il vient, Benny B. ? De Molenbeek, qui mérite définitivement son surnom de Saint-Denis belge. Blague mise à part, j’ai beaucoup de respect pour Benny B grâce auquel j’ai pu m’ouvrir au hip hop. Un peu comme mes camarades de fac qui sont devenus antiquistes grâce à Ulysse 31. Bien qu’il ait été pendant un bon moment salarié de l’aéroport de Bruxelles, il revient à la faveur de la tournée Dance Machine.

9 – K’s Choice – Not An Addict

Les Belges les plus inspirés et inspirants des années 1990 et réunis autour du duo Sarah et Gert Bettens ont connu aussi une carrière en pointillés, d’abord de 1993 à 2003, puis depuis 2009. Ils avait séduits un large public grâce à ce titre sorti en 1995 et qui était très dans l’air du temps, tant dans la mélodie que dans la thématique abordée.

10 – Yves Deruyter – The Rebel

La Belgique s’est pas mal défendue en termes de musique électronique. Que ce soit Stromae, très récemment, ou bien dû à sa proximité avec l’Allemagne et les Pays-Bas, il fut une époque où des connaissances m’ont conté des boîtes belges assez démentes. De cette époque, je me souviens essentiellement d’Yves Deruyter, DJ d’Anvers qui a bien rythmé mes soirées étudiantes avec The Rebel.

J’aurais pu parler d’autres artistes, telles que certaines chanteuses dites à voix, mais j’ai préféré montrer un spectre un peu plus étendu de la musique belge. En espérant avoir éveillé votre curiosité…

 

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